Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?- [b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
Toutes les semaines maintenant, un sujet à polémique vous sera proposé. (et non plitique)
Comme ça, plus personne ne sera frustré, et laissera libre court à son éloquence sans en être censuré.
Auteur interdit : Nietzsche (Vous avez compris pourquoi...)
- Encore un discussion a sens unique

Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
.
Pfff!C'est a cause de question comme ca que j'ai arreté l'ecole..
Fanfarlo tu me decois....
- L'interprétation (puisque c'est ce que le sens induit selon moi) relève de celui / celle qui regarde, écoute, lit, goûte...
D'aucuns apprécient la provocatrion quand d'autres s'offusquent d'un genou dénudé.
Donc, non.
Mais je suis une buse en philo et en pas mal d'autres trucs aussi :meuh
- Ui, sinon tu piques un concept et en étant un peu malin, tu le reécris à ta manière et hop... Trop facile, même si le monopole des idées n'existe pas.
Comme en musique, ma foi..
Espigoulien a écrit :
Ui, sinon tu piques un concept et en étant un peu malin, tu le reécris à ta manière et hop... Trop facile, même si le monopole des idées n'existe pas.
Comme en musique, ma foi..
L'oeuvre appartient à son auteur, sans nul doute, mais le sens appartient aussi au spectateur...
C'est bien là tout l'intérêt de la création et ce qui constitue sa richesse !:paysan:
- Quid des surréalistes alors? Ou de l'écriture automatique? mon bon Cétacé

- C'est vachement compliqué tout ça... Quand on a pas fait L on peut faire une réponse en bois? Alors ma réponse en bois de moi que j'ai c'est que tout dépend de l'auteur lui-même et de son objectif dans la création. Si il crée égoïstement (si j'ose dire) alors on peut bien interpréter ce qu'on veut, le sens sera unique. Si il crée pour autrui ou dans le but d'interroger autrui sur un sujet alors la logique est renversée. Toutefois, vu que personne ne sait, à part l'auteur ce point indispendable à la réflexion, ben je vois pas pas. Sinon Nietzsche c'est pas le mec qui a écrit un livre pour qu'un gars fasse une musique dessus dans 2001 Odyssée de l'espace?

Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
Non :blondblush1:
- http://www.eleves.ens.fr/home/sray/moliere/misanthr.html
...l'envoi est à l'auteur, l'usage au destinataire !
Comme eût pu dire Coluche : "si je pète, le pet, dès qu'il est sorti, ne m'appartient plus ! sauf si je le respire, mais en général, je laisse ça aux autres ! " :happy2:
Fanfarlo a écrit :
Quid des surréalistes alors? Ou de l'écriture automatique? mon bon Cétacé 
Et les développeurs du libre on en fait quoi du sens de leur création ?
comme souvent, c'est difficile de parler d'une seule "loi" pour encadrer une multitude de cas particulier.
- Le sens d'une oeuvre appartient à son auteur. Et il n'appartient uniquement à son auteur si le sens n'est pas expliqué aux spectateurs.
Comme le but, et/ou l'intérêt d'une oeuvre est d'être partagé, si l'auteur ne prend pas la précaution de joindre une "notice" son oeuvre est dénuée de sens, puisqu'elle ne donnera au mieux qu'une inspiration à ses contemporains.
Un texte de chanson dans un livret de CD sans explications peut être mal interprété, un ton de réplique dans un livre classique peut tout changer, l'épitaphe d'une tombe ou le titre d'un tableau, la voix d'un perso. de BD...
Jubilet a écrit :
C'est vachement compliqué tout ça... Quand on a pas fait L on peut faire une réponse en bois? Alors ma réponse en bois de moi que j'ai c'est que tout dépend de l'auteur lui-même et de son objectif dans la création. Si il crée égoïstement (si j'ose dire) alors on peut bien interpréter ce qu'on veut, le sens sera unique. Si il crée pour autrui ou dans le but d'interroger autrui sur un sujet alors la logique est renversée. Toutefois, vu que personne ne sait, à part l'auteur ce point indispendable à la réflexion, ben je vois pas pas. Sinon Nietzsche c'est pas le mec qui a écrit un livre pour qu'un gars fasse une musique dessus dans 2001 Odyssée de l'espace? 
Mais à partir du moment où l'auteur publie une oeuvre, il n'y a plus vraiment de création égoïste. On ne partage pas son égoïsme, sinon ça n'en est plus.
Fanfarlo a écrit :
Mais à partir du moment où l'auteur publie une oeuvre, il n'y a plus vraiment de création égoïste. On ne partage pas son égoïsme, sinon ça n'en est plus.
Ben, même si tu publies, ça peut être uniquement pour satisfaire une envie personnelle, l'envie d'être connu peut être une envie égoïste. Tu peux ne rien avoir à faire de ce que les gens vont penser sur ton oeuvre. Ton seul soucis étant d'être connu. Alors oui, tu donnes ton oeuvre aux autres mais son sens réel tu le gardes pour toi.
Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
mais pensez vous surtout qu'il faille dire:
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
ou
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartienne à son auteur?
Il y a debat
Fanfarlo a écrit :
Quid des surréalistes alors? Ou de l'écriture automatique? mon bon Cétacé 
Tu fais un cadavre exquis lorsque tu es en panne des sens !
cetace a écrit :
Tu fais un cadavre exquis lorsque tu es en panne des sens !
Vi mon bon pouette 
- J'exige une reponse à ma question Fanfarlo.
- Parler d'un sens d'une oeuvre me parait réducteur: je serai plus enclin à évoquer "les" sens d'une oeuvre, voire "l'essence" (:blondblush1:) d'une oeuvre...
L'art a effectivement pour but de provoquer une émotion du spectateur, laquelle sera différente suivant le vécu et la perception de chacun où l'époque dans laquelle vit le spectateur. L'art serait donc relatif et parler du sens d'une oeuvre plutôt vain.
On peut lire Tintin a tout âge de la vie et y trouver à chaque lecture un sens différent...
- N'importe quoi. C'est le sens d'une oeuvre qui détermine sa hauteur.

A part bien sur si c'est une boule. 
poluxo a écrit :
J'exige une reponse à ma question Fanfarlo.
J'ai réfléchi au moins 10 minutes avant d'accorder mon verbe. J'ai prévu cet après midi, une heure de travail sur cette phrase.
Promis je te fais une réponse argumentée d'ici ce soir. J'avoue être un peu flottant au niveau des modalités verbales. Je n'arrive même pas à définir si c'est une modalité épistémique ou aléthique :meuh
Fanfarlo a écrit :
J'ai réfléchi au moins 10 minutes avant d'accorder mon verbe. J'ai prévu cet après midi, une heure de travail sur cette phrase.
Promis je te fais une réponse argumentée d'ici ce soir. J'avoue être un peu flottant au niveau des modalités verbales. Je n'arrive même pas à définir si c'est une modalité épistémique ou aléthique :meuh
Bertrand Renard le saurait, lui. :happy2:
Fanfarlo a écrit :
Toutes les semaines maintenant, un sujet à polémique vous sera proposé. (et non plitique)
Comme ça, plus personne ne sera frustré, et laissera libre court à son éloquence sans en être censuré.
Cette session de débat vous est offerte par l'équipe des modérateurs!

- Pensez-vous que le sang d'une pieuvre appartient à son pécheur?
- Si le sens d'une oeuvre appartient à son auteur, cela veut dire qu'une oeuvre ne peut exister qu'a travers créateur. Or il me semble pas necessaire d'expliquer en quoi l'oeuvre peut-etre détacher de son auteur. Il suffit pour ça de regarder toute ces oeuvres qui nous touchent sans en connaitre l'auteur.
Le but d'une oeuvre est d'aprés moi de provoquer une réaction, un sentiment, voir une imconpréhension. Quoiqu'il arrive, celle-ci doit emmener une réaction chez le public et ne pas laisser indifférent. Aprés chaque oeuvres provoquent réactions différentes, et s'adressent à des personnes différentes. Souvent l'auteur créé son oeuvre suivant se propre sensibilité, et donc celle-ci est accessible par des personnes ayant la même sensibilité.
Donc j'aurais tendance à dire qu'une oeuvre n'appartient pas à son auteur mais appartient au domaine de sensibilité de celui-ci.
Voilà... que voulez vous, j'ai pas vraiment envie de parler de foot aprés mon retour de we... 
Steven_SeagAl_du_75 a écrit :
Pensez-vous que le sang d'une pieuvre appartient à son pécheur?
Si le sang d'une pieuvre appartient à son pecheur, cela veut dire qu'une pieuvre ne peut exister qu'a travers son pecheur. Or il me semble pas necessaire d'expliquer en quoi la pieuvre peut-etre détacher de son pecheur. Il suffit pour ça de regarder toute ces pieuvres qui nous touchent sans en connaitre le pecheur.
Le but d'une pieuvre est d'aprés moi de provoquer une réaction, un sentiment, voir une imconpréhension. Quoiqu'il arrive, celle-ci doit emmener une réaction chez le public et ne pas laisser indifférent. Aprés chaque pieuvres provoquent réactions différentes, et s'adressent à des personnes différentes. Souvent le pecheur capture sa pieuvre suivant sa propre sensibilité, et donc celle-ci est accessible par des personnes ayant la même sensibilité.
Donc j'aurais tendance à dire qu'une pieuvre n'appartient pas à son pecheur mais appartient au domaine nautique de celui-ci.
Voilà... que voulez vous, j'ai pas vraiment envie de parler de foot aprés mon retour de we... 
poluxo a écrit :
J'exige une reponse à ma question Fanfarlo.
[b][SIZE="5"][align=center]Attention post très chiant[/align][/SIZE][/b]
Bon alors comme tu le sais il y a beaucoup de guerres dans la grammaire :
_Selon la grammaire en vogue du moment : [i]GMF[/i] de Riegel, Pellat, Rioul.
Soit la phrase : Pensez-vous que [u]le sens d'une oeuvre appartient à son auteur[/u]?
Le verbe qui nous intéresse se trouve dans la subordonnée, plus exactement dans une [b]subordonnée complétive[/b]
Pour eux, les verbes ou locutions verbales dont elles dépendent se réfèrent à des actes psychologiques et ont donc pour sujets des êtres animés, généralement humains (Ils sont sympas quand même:Pixie ). Il peut s'agir de déclarations de jugements, de sentiments, ou encore de volontés. Ils donnent l'exemple du verbe "[b]penser[/b]" qui est le notre. Chouette, on avance!
Alors une fois ces généralités vues, ils disent :
Le [b]problème[/b] du mode (ça veut dire qu'on va en prendre plein la gueule) est le plus important et le plus délicat de ceux que pose ces propositions (ça ça signifie que quand tu auras fini de lire ceci, tu seras dans un flou artistique encore plus déconcertant qu'au départ). Le choix entre l'indicatif et le subjonctif est le plus souvent contraint, mais il est parfois libre (qu'est-ce que je disais!).
On a de la chance
Voilà la suite:
L'indicatif est de règle après des règles comme [i]déclarer, [b]penser[/b] (champagne!
), croire, espérer, décider,[/i] Le subjonctif est obligatoire après [i]craindre, souhaiter, se réjouir, vouloir, permettre.[/i]
Ouais mais bon, nous c'est quand même particulier, puisqu'on est dans le cadre d'un modalité interrogative tout de même.
Alors on continue nos recherches et on tombe sur ceci :
Mais le plus remarquable est qu'un certain nombre de verbes normalement construits avec l'indicatif ADMETTENT (manquait plus que ça:meuh ) le subjonctif lorsqu'ils sont à la forme négative ou [b]interrogative[/b]
Moralité, quand tu prends une grammaire "traditionnelle" t'es pas plus avancé qu'au départ.
[b] Dans notre cas, tu peux mettre les deux.[/b]
Je te ferai grâce du point de vue de la grammaire linguistique, qui hésite tout autant.
Voilà Poluxo :Pixie
Kr1Deg1 a écrit :
Cette session de débat vous est offerte par l'équipe des modérateurs!

Ezactement, tu remarqueras que j'ai soigneusement écarté Nietzsche en pensant à toi :Pixie
Fanfarlo a écrit :
[b][SIZE=5][align=center]Attention post très chiant[/align]
[/SIZE][/b]
Comme 90% des précédents 
Mais merci quand même pour ces explications :meuh
captain olorin a écrit :
Comme 90% des précédents 
Mais merci quand même pour ces explications :meuh
Ouais mais là quand même j'ai la gentillesse de prévenir. :Pixie
captain olorin a écrit :
Comme 90% des précédents 
Mais merci quand même pour ces explications :meuh
en espérant naviguer dans les 10 % 
revenir13 a écrit :
en espérant naviguer dans les 10 % 
Toi toujours, en plus si tu parles de Coluche :incline:
- LE sens d'une oeuvre implique deja que l'oeuvre a un sens, mais qu'est ce que le sens, un des 5 sens dans ce cas la est ce qu'un disque se sent?
Est ce le sens artistique de l'oeuvre, donc doit elle forcement reagir a un code?
est ce le sens meme de pose du tableau, et dans ce cas il est effectif que c'est l'auteur qui choisisse comment le mettre
Sinon qu'appelle ton une oeuvre, quels sont les critères pour qualifier une oeuvre? Un chef d'oeuvre appartient il a la question citée?
Donc quel signification de sens et d'oeuvre applique ton pour savoir si elle appartient a un auteur? Et l'appartenance ne concerne t'il que des objets? dans ce cas la une oeuvre personnelle peut elle existence sans forcement avoir d'appartenance?
Fanfarlo a écrit :
[b][SIZE=5][align=center]Attention post très chiant
[/align]
[/SIZE][/b](...)
Voilà Poluxo :Pixie
Oui, bon j'ai rien compris et je ne te remercie pas Poluxo d'avoir posé cette question. Ca me rappelle de grands moments de solitude pendant les cours de français 
- "Monopole du sens : l'Olympique Lyonnais porte plainte"
melannemesis a écrit :
LE sens d'une oeuvre implique deja que l'oeuvre a un sens, mais qu'est ce que le sens, un des 5 sens dans ce cas la est ce qu'un disque se sent?
Jolie pirouette :Pixie
Sens : sénéfiance, signification, sémantisme, sème.
Par exemple, certaines oeuvres ne se définissent que par leur sens :
romans, poèmes didactiques. roman de chevalerie. Romans d'apprentissage. Contes philosophiques etc.
Pour la convocation des sens dans l'art je t'invite à lire [i]A Rebours[/i] (épisode de l'orgue à bouche par exemple)ou relire les [i]fleurs du mal[/i], le sens se crée dans un complexe réseau de correspondances des sens(ations).
C'est donc l'adéquation des sens qui fait sens. Donc sachant que la sensation est purement personnelle et subjective, le sens d'une oeuvre n'appartient-il pas (aussi) au lecteur?
[b]Est ce le sens artistique de l'oeuvre, donc doit elle forcement reagir a un code?[/b]
Oui : sans le code pas de communication possible, et si l'art est la faculté de toucher l'âme sensible. il ne peut y avoir art quand la communication est rompue.
Non : L'art est une entité autonome et n'a pas d'autre raison qu'elle même. Elle est circulaire en cela qu'elle impose son propre code et ne se lit ou ne se regarde ou ne s'entend que par et pour elle-même.
[b]Sinon qu'appelle ton une oeuvre, quels sont les critères pour qualifier une oeuvre? Un chef d'oeuvre appartient il a la question citée? [/b]
Une oeuvre est le produit d'un travail humain ou divin
un chef-oeuvre est le produit d'une création dans une époque, pour une époque donnée. Il est la résultante d'un goût particulier (qu'il soit dans ou à contre-courant des sensibilités de l'époque).
Donc quel signification de sens et d'oeuvre applique ton pour savoir si elle appartient a un auteur?
Bah toutes les significations.
Et l'appartenance ne concerne t'il que des objets? [b]dans ce cas la une oeuvre personnelle peut elle existence sans forcement avoir d'appartenance?
[/b]
Très bonne question. Mais la question était plutôt l'auteur a t-il l'exclusivité du sens?
- Franchement il était plus marrant le topic d'Oc où on parlait de caca, là j'comprend rien

- Merci Fanfarlo pour cette petite leçon de remise à niveau.
Pour ce qui est du point vue de la grammaire linguistique, tu peux en effet le mettre au chaud pour une prochaine fois.
- j'ai beau réfléchir depuis plus d'une heure je ne trouve pas de réponse...
En revanche j'ai trouvé 3 arrêtes dans mon poisson pané et ça, ça me choque!
Pensez-vous donc que le poisson pané doit posséder des arrêtes?:Pixie
cynik a écrit :
Franchement il était plus marrant le topic d'Oc où on parlait de caca, là j'comprend rien
Au moins on sait que le caca il va toujours du cucu vers la cuvette. Enfin, à part chez certains mais la discussion finirait en débat sur des sujets glissant et salissant...
foutcheubol a écrit :
j'ai beau réfléchir depuis plus d'une heure je ne trouve pas de réponse...
En revanche j'ai trouvé 3 arrêtes dans mon poisson pané et ça, ça me choque!
Pensez-vous donc que le poisson pané doit posséder des arrêtes?:Pixie
Alors là je dis ça dépend!!! Un poisson pané comme à la cantine : non. Pourquoi? Parce que le poisson pané de la cantine est élevé dans des conditions qui ne lui permettent pas de développer des arrêtes. J'ai lu des choses horribles sur les conditions de détention (le mot n'est pas trop fort) des poissons panés et je me demande encore pourquoi Brigitte Bardot n'est pas intervenu au lieu d'aller protéger des phoques qui, comme l'ont souligné plusieurs ministres canadiens, sont responsables de la baisse du nombre de poissons dans les zones côtières du pays et empêchent les navires-usines de s'adonner à des pêches miraculeuses. Alors, s'il vous plaît je vous en prie, reconcentrons-nous sur les vrais débats! Le poisson pané oui mais dans quel sens doit-il être mangé? Par le devant ou le derrière? Les vraies questions restent toujours sans réponses et c'est bien triste mon petit monsieur.
Mais dans le cas du fish and chips, c'est à dire le poisson pané frites anglais, là, il peut y avoir des arrêtes. Car les anglais, eux, respectent le poisson pané et lui donnent des conditions de vie décente. Oui, moi je suis pour le développement de la pisciculture panée anglaise au détriment de l'industrie française. Et je conseille à tous les amoureux de la nature d'aller dans le même sens!
Vive le poisson pané avec des arrêtes, c'est plus naturel!
- le sens de la vie des monty python, sens dessus dessous de devos et les sens interdits pour le côté rebelle urbain...
passiom, je crois que tu peux te lâcher ici, ça semble être fait pour :blondblush1:
allez, ainsi parlait....ecce homo, biscotte la polémique pour l'instant elle est aux gabonais absents :happy2:
Fanfarlo a écrit :
Jolie pirouette :Pixie
C'est donc l'adéquation des sens qui fait sens. Donc sachant que la sensation est purement personnelle et subjective, [b]le sens d'une oeuvre n'appartient-il pas au lecteur?[/b]
il ne peut y avoir art quand la communication est rompue.
L'art est une entité autonome et n'a pas d'autre raison qu'elle même.
Une oeuvre est le produit d'un travail humain ou [b]divin[/b]
un chef-oeuvre est le produit d'une création dans une époque, pour une époque donnée. [b]Il est la résultante d'un goût particulier[/b] (qu'il soit dans ou à contre-courant des sensibilités de l'époque).
[b]la question était plutôt l'auteur a t-il l'exclusivité du sens?[/b]
Donc le sens d'une oeuvre n'est que la perception que recoit de maniere physiologique et psychologique un spectateur ou auditeur au contact d'une oeuvre, l'auteur ne serait que l'intermediaire a un vehicule que lui seul connait et comprend .
Mais comme il a ete dit, les sens sont propres à chacun. Le sens d'une oeuvre appartient a celui qui ressent quelque chose, donc si celui qui ressent peut avoir un droit d'appartenance, l'oeuvre est donc universelle.
Mais un auteur qui n'aime pas ses travaux mais qui se retrouvera adoré, ses oeuvres seront donc ses prostituées en quelque sorte.
Et pour l'art moderne que dire, lorsque Warhol faisait de l'art un objet lucratif pour prouver que l'art appartient a tout le monde mais le probleme est que tout le monde ne ressente vraiment quelque chose pour son travail, donc le sens ne joue pas .
Et dans l'art, ou ce sont pas les sens mais l'instinct qui doit jouer un role que fait on, on a tous un instinct et pourtant ce ne sont pas toutes nos oeuvres.
L'art devrait plutot aller au dela d'une quelconque appartenance et l'artiste pour cela devrait tendre à l'art total
Clarky a écrit :
le sens de la vie des monty python, sens dessus dessous de devos et les sens interdits pour le côté rebelle urbain...
passiom, je crois que tu peux te lâcher ici, ça semble être fait pour :blondblush1:
allez, [b]ainsi parlait[/b]....ecce homo, biscotte la polémique pour l'instant elle est aux gabonais absents :happy2:
Ah non on n'a dit pas de gros mots:happy2:
- Fanfarlo, depuis qu'il est en équipe de France il a un melon gros comme ça !

Fanfarlo a écrit :
Ah non on n'a dit pas de gros mots:happy2:
bah, y'a pas de mâles, y'a que des surhommes @ le gay savoir :blondblush1:
Clarky a écrit :
bah, y'a pas de mâles, y'a que des surhommes @ le gay savoir :blondblush1:
Surhommes ou pas, je crois qu'on est jamais trop'aidé dans la vie @ le savoir gay :blondblush1:
Fanfarlo a écrit :
Pour la convocation des sens dans l'art je t'invite à lire [i]A Rebours[/i]
Si tu lis a rebours tu lis dans quel sens ?
Plus fort...
Si tu lis le chef d'oeuvre de Joris-Karl en langue arabe, peut-on présumer que tu retrouves ton bon sens ...de lecteur ?
- Ainsi donc, Huysmans n'était pas qu'un cycliste grimpeur, compatriote d'Eddy ...

- Hors sujet total, ou presque :
Fanfarlo, tu as sincèrement aimé[i] A rebours[/i] ? :blondblush1:
Gamba a écrit :
Hors sujet total, ou presque :
Fanfarlo, tu as sincèrement aimé[i] A rebours[/i] ? :blondblush1:
Roh là là à rebours
Lis les fleurs du mal, les petits poèmes en prose, Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand puis pourquoi pas L'Assommoir de Zola (et mais je sais j'abuse, Platon quand il parle du monde des idées).
Et ensuite, tu relis A Rebours. Et là!!! C'est une perle
Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
Alors pour moi:
1° partie: Oui,
2° partie: Non,
Conclusion: Peut-être!
Et ouais les gars, c'est comme ça que j'ai eut 5 en philo...
Fanfarlo a écrit :
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur ?
Ca dépend, pour faire un raccourci douteux je dirais que tant que l'oeuvre n'est pas publiée, tout ce qui la compose (sens, imaginaire, univers, etc... ) n'est connu que de son créateur, partagé uniquement entre lui-même (d'ailleurs qui a vu himself récemment ?).
Une fois que le publique n'en découvre ne serait-ce qu'une infime partie, chaque personne va construire autour son propre imaginaire, avec lequel elle s'approprie l'oeuvre.
Quand vous prennez une canette de Coca dans un distributeur, appartient-elle à Coca® ou à vous ? :blondblush1:
Le sens appartient uniquement à Coca® ?
Sachant que celui que Coca® donne à la canettte est de la vendre pour ramasser de la caillasse, tandis que pour nous ce sera un moyen de se désaltérer, ou de délayer ce whisky bas de gamme vendu 80€ dans cette boîte glauque :blondblush1:
Conclusion : comment ais-je fait pour avoir 14 au bac de philo ? 
Maussanais a écrit :
Alors pour moi:
1° partie: Oui,
2° partie: Non,
Conclusion: Peut-être!
Et ouais les gars, c'est comme ça que j'ai [b]eut[/b] 5 en philo...
-2 pour l'ortographe 
_Mazargues a écrit :
-2 pour [b]l'ortographe[/b] 
:blondblush1:
Altaturk a écrit :
:blondblush1:
:meuh
:Pixie :vodevill
Elephant Bird a écrit :
Ca dépend, pour faire un raccourci douteux je dirais que tant que l'oeuvre n'est pas publiée, tout ce qui la compose (sens, imaginaire, univers, etc... ) n'est connu que de son créateur, partagé uniquement entre lui-même (d'ailleurs qui a vu himself récemment ?).
Une fois que le publique n'en découvre ne serait-ce qu'une infime partie, chaque personne va construire autour son propre imaginaire, avec lequel elle s'approprie l'oeuvre.
Quand vous prennez une canette de Coca dans un distributeur, appartient-elle à Coca® ou à vous ? :blondblush1:
Le sens appartient uniquement à Coca® ?
Sachant que celui que Coca® donne à la canettte est de la vendre pour ramasser de la caillasse, tandis que pour nous ce sera un moyen de se désaltérer, ou de délayer ce whisky bas de gamme vendu 80€ dans cette boîte glauque :blondblush1:
Conclusion : comment ais-je fait pour avoir 14 au bac de philo ? 
_Mazargues a écrit :
-2 pour l'ortographe 
[color=LemonChiffon](maintenant je vais parler en quote et en smiley, comme ça je suis sur de pas faire de fautes...)[/color]
Fanfarlo a écrit :
Mais à partir du moment où l'auteur publie une oeuvre, il n'y a plus vraiment de création égoïste. On ne partage pas son égoïsme, sinon ça n'en est plus.
Ui. Par contre la mégalomanie s'expose sinon elle n'existe plus.
La création mégalomane, ça existe ?
Espigoulien a écrit :
Ui. Par contre la mégalomanie s'expose sinon elle n'existe plus.
La création mégalomane, ça existe ?
Les oeuvres monumentales, les emballages de christo?
- L'auteur est une catégorie herméneutique, une référence pour l'interprétation, ou une norme du sens littéraire. La question de la place herméneutique de l'auteur a été introduite dans les premières leçons, notamment la deuxième. Il s'agit de revenir maintenant à la querelle sur l'intention d'auteur, sur le rôle de cette intention dans la détermination du sens du texte. Je survolerai ce débat, qui est traité plus en détail dans le chapitre « L'auteur » du Démon de la théorie, auquel je vous renvoie.
La querelle de l'intention a été particulièrement vive durant la grande époque de la Nouvelle Critique, lors de la controverse entre Roland Barthes et Raymond Picard sur Racine. Deux thèses polémiques extrêmes sur l'interprétation - intentionnaliste et anti-intentionnaliste - se sont alors opposées :
(1) Il faut et il suffit de chercher dans le texte ce que l'auteur a voulu dire, son « intention claire et lucide », comme disait Picard ; c'est le seul critère de la validité de l'interprétation.
(2) On ne trouve jamais dans le texte que ce qu'il (nous) dit, indépendamment des intentions de son auteur ; il n'y a pas de critère de la validité de l'interprétation.
De fait, même les partisans les plus durs de la mort de l'auteur maintiennent dans le texte littéraire une certaine présomption d'intentionnalité (au minimum, la cohérence d'une ½uvre ou simplement d'un texte). Dans Le Démon de la théorie, je montrais que Barthes lui-même, là où il est le plus radical comme dans S/Z, pratique quand même à l'occasion la « méthode des passages parallèles », procédé essentiel des études et de la recherche littéraires. Lorsqu'un passage d'un texte nous pose problème par sa difficulté, son obscurité ou son ambiguïté, nous cherchons un passage parallèle, dans le même texte ou dans un autre texte, afin d'éclairer le sens du passage litigieux. Or on tend à préférer, pour éclairer un passage obscur d'un texte, un autre passage du même auteur à un passage d'un autre auteur. Cela témoigne, chez les plus sceptiques, de la persistance d'un certaine foi en l'intention d'auteur. Ils ne traitent pas le texte comme s'il était le produit du hasard (un singe tapant à la machine, une pierre érodée par l'eau, un ordinateur). Ils ne confondent pas en pratique la notion d'intention d'auteur comme critère de l'interprétation avec les excès de la critique biographique.
On peut du coup faire valoir que l'alternative de l'objectivisme du sens et du subjectivisme de l'interprétation, ou du déterminisme et du relativisme, est un piège, car l'intention est le seul critère concevable de la validité de l'interprétation, mais elle ne s'identifie pas à la préméditation « claire et lucide ». L'alternative de l'intentionnalisme et de l'anti-intentionnalisme peut alors être récrite comme ceci :
(1') On peut chercher dans le texte ce qu'il dit en référence à son propre contexte d'origine (linguistique, historique, culturel).
(2') On peut chercher dans le texte ce qu'il dit en référence au contexte contemporain du lecteur.
Les deux thèses ne sont plus exclusives mais complémentaires ; elles nous ramènent au cercle herméneutique liant précompréhension et compréhension, et postulent que, si l'autre ne peut être intrégralement pénétré, il peut du moins être un tant soit peu compris.
Les deux arguments habituels contre l'intention
Les arguments contre l'intention d'auteur comme critère de la validité de l'interprétation sont de deux ordres : (1) l'intention d'auteur n'est pas pertinente ; (2) l'½uvre survit à l'intention d'auteur. Résumons-les.
(1) Quand quelqu'un écrit, il a l'intention d'exprimer quelque chose, il veut dire quelque chose par les mots qu'il écrit. Mais la relation entre une suite de mots écrits et ce que l'auteur voulait dire par cette suite de mots n'a rien d'assuré, entre le sens d'une ½uvre et ce que l'auteur voulait exprimer à travers elle. Bien que la coïncidence soit possible (il n'est pas interdit qu'un auteur réalise parfois strictement ce qu'il voulait), il n'y a pas d'équation nécessaire entre le sens d'une ½uvre et l'intention de l'auteur. Ainsi va la réfutation la plus fréquente et modérée de la notion. Non seulement une intention d'auteur est difficile à reconstituer, mais, à supposer que cela soit possible, elle est le plus souvent sans pertinence pour l'interprétation du texte. Wimsatt et Beardsley, dans « The Intentional Fallacy » (1946), article fondateur, jugaient que l'expérience de l'auteur et son intention, objets d'intérêt historique, étaient indifférentes pour la compréhension du sens de l'½uvre : « Le dessein ou l'intention de l'auteur n'est ni disponible ni souhaitable comme norme pour juger de la réussite d'une ½uvre d'art littéraire. » De deux choses l'une. Ou bien l'auteur a échoué à réaliser ses intentions, et le sens de son ½uvre ne coïncide pas avec elles : alors, son témoignage est sans importance, puisqu'il ne dira rien du sens de l'½uvre mais énoncera seulement ce qu'il voulait lui faire dire. Ou bien l'auteur a réussi dans ses intentions, et le sens de l'½uvre coïncide avec l'intention de son auteur : mais si elle veut dire ce qu'il voulait lui faire dire, son témoignage n'apportera rien de plus. S'il n'y a pas lieu de se priver par principe des témoignages sur l'intention, qu'ils viennent de l'auteur ou de ses contemporains, parce que ce sont des indices parfois utiles pour comprendre le sens du texte, il faut éviter de substituer l'intention au texte, car le sens d'une ½uvre n'est pas nécessairement identique à l'intention de l'auteur, et il est même probable qu'il ne l'est pas.
L'anti-intentionnalisme des structuralistes et des poststructuralistes a été plus radical, car, suivant Saussure, il reposait sur l'idée de l'autosuffisance de la langue. Il ne s'agissait plus seulement de se garder des excès de l'intentionnalisme, car la signification n'est nullement déterminée par les intentions, mais par le système de la langue. Aussi l'exclusion de l'auteur devenait-elle le point de départ de l'interprétation. À la limite, le texte lui-même était identifié à une langue, et non à une parole ou à un discours ; il était tenu pour un énoncé, et non pour une énonciation. Comme langue, le texte n'était plus la parole de quelqu'un.
(2) Le second argument courant contre l'intention tient à la survie des ½uvres. La recherche de l'intention d'auteur serait inséparable du projet de reconstruction philologique. Mais la signification d'une ½uvre n'est pas épuisée par, ni donc équivalente à son intention. L'½uvre vit sa vie. Aussi la signification totale d'une ½uvre ne peut-elle pas être définie simplement dans les termes de sa signification pour l'auteur et ses contemporains (la première réception), mais doit plutôt être décrite comme le produit d'une accumulation, l'histoire de ses interprétations par les lecteurs jusqu'aujourd'hui. L'historicisme décrète ce processus non pertinent et exige un retour à l'origine. Mais le propre du texte littéraire, par opposition au document historique, est justement d'échapper à son contexte d'origine, de continuer à être lu après lui, de durer. Paradoxalement, l'intentionnalisme ramène ce texte à la non-littérature, nie le processus qui en a fait un texte littéraire (sa survivance). Reste quand même un problème : si la signification d'un texte est la somme des interprétations qu'il a reçues, quel critère permet de séparer une interprétation valide d'une mésinterprétation ? La notion de validité peut-elle être maintenue ?
Retour à l'intention
L'injonction anti-intentionnaliste de Wimsatt et Beardsley, puis des structuralistes, a eu des effets toniques dans les études littéraires, mais elle ne présente pas moins des incohérences qui ont été souvent relevées, notamment par la philosophie analytique, comme dans le livre de G.E.M. Anscombe, Intention (1957). Quand les littéraires réfutent la pertinence de l'intention d'auteur pour l'interprétation de la littérature, l'intention n'est en général pas bien définie : est-ce la biographie de l'auteur ? Ou son dessein, son projet ? Ou les sens auxquels l'auteur n'avait pas pensé, mais qu'il admettrait volontiers si le « suffisant lecteur » les lui soumettait ? La littérature recouvre des degrés d'intention très variables : un poème et un traité philosophique ne doivent sans doute pas être traités identiquement.
Pour Anscombe, demander ce que veulent dire les mots, ce n'est jamais autre chose que demander ce que veut dire l'auteur, à condition de bien définir ce vouloir-dire. La distinction entre intentionnalisme et anti-intentionnalisme est par conséquent mal posée, car d'authentiques anti-intentionnalistes seraient indifférents non seulement à ce que veut dire l'auteur mais aussi à ce que veut dire le texte.
Les deux grands arguments contre l'intention (non-pertinence du dessein et survivance de l'½uvre) sont donc réfutables. Reprenons-les dans l'ordre inverse.
Sens n'est pas signification
Les ½uvres d'art transcendent l'intention première de leurs auteurs et veulent dire quelque chose de nouveau à chaque époque. La signification d'une ½uvre ne pourrait pas être déterminée par l'intention de l'auteur ni par le contexte d'origine (historique, social, culturel), car certaines ½uvres du passé continuent à avoir pour nous de l'intérêt et de la valeur. Si une ½uvre peut continuer à avoir de l'intérêt et de la valeur pour les générations futures, alors son sens ne peut pas être arrêté par l'intention de l'auteur ni par le contexte originel. Cette série d'inférences est-elle correcte ? On prend en général le contre-exemple des textes satiriques, comme les « Cannibales » de Montaigne ou Les Caractères de La Bruyère. Une satire décrit et attaque une société particulière, dans laquelle elle prend la valeur d'un acte. Si elle nous fait encore de l'effet, si elle est à nos yeux toujours une satire, cela résulte de l'existence d'une certaine analogie entre le contexte originel de son énonciation et le contexte actuel de sa réception, mais cette satire ne reste pas moins la satire d'une autre société que la nôtre. Nous sommes toujours sensibles à la satire des moines dans Gargantua, non pas parce que l'intention de Rabelais est indifférente, mais parce qu'il y a encore des hypocrites dans notre monde, même si ce ne sont plus des moines.
E.D. Hirsch sépare ainsi la sens (meaning) d'un texte, et sa signifiance (significance) ou son application (using). Je distinguerai sens et signification, avec Montaigne, qui disait des vers des poètes : « Ils signifient plus qu'ils ne disent. » Le sens désigne ce qui reste stable dans la réception d'un texte ; il répond à la question : « Que veut dire ce texte ? » La signification désigne ce qui change dans la réception d'un texte ; elle répond à la question : « Quelle valeur a ce texte ? » Le sens est singulier ; la signification, qui met le sens en relation avec une situation, est variable, ouverte, et peut-être infinie. Lorsque nous lisons un texte, nous relions son sens à notre expérience, nous lui donnons une valeur hors de son contexte d'origine. Le sens est l'objet de l'interprétation du texte ; la signification, de l'application du texte au contexte de sa réception.
Cette distinction du sens et de la signification peut avoir l'air d'une dernière ruse conservatrice pour sauver l'intention d'auteur (le sens), tout en concédant aux libéraux la liberté d'utiliser les textes à leur gré (la signification). Toutefois, on doit pouvoir s'accorder pour juger que l'évaluation d'un poème qui se fonde sur un contresens n'est pas une évaluation de ce poème-ci, mais d'un autre poème :
« Comprendre un poème - disait Eliot -, cela revient au même que de l'aimer pour les bonnes raisons. […] Aimer un poème sur la base d'un contresens sur ce qu'il est, c'est aimer une simple projection de notre esprit. […] nous n'aimons pas pleinement un poème si nous ne le comprenons pas ; et d'autre part, il est également vrai que nous ne comprenons pas pleinement un poème si nous ne l'aimons pas. »
La distinction du sens et de la signification, de l'interprétation et de l'application, supprime la contradiction entre la thèse intentionnaliste et la survivance des ½uvres. Une satire qui ne nous dirait plus rien, pour laquelle il n'y aurait plus aucun rapport entre son contexte d'origine et le nôtre, n'aurait pas de signification pour nous, mais elle n'en conserverait pas moins son sens et sa signification originels. Les grandes ½uvres sont inépuisables ; chaque génération les comprend à sa manière : cela veut dire que les lecteurs y trouvent de quoi éclairer un aspect de leur expérience. Mais si une ½uvre est inépuisable, cela ne veut pas dire qu'elle n'ait pas de sens originel, ni que l'intention de l'auteur ne soit pas le critère de ce sens originel. Ce qui est inépuisable, c'est sa signification, sa pertinence hors de son contexte d'apparition.
La plupart des conflits d'interprétation ont l'air de porter sur l'intention d'auteur, notion qui leur donne une allure dramatique. En fait, l'existence du sens originel est très rarement remise en question de façon explicite, mais certains commentateurs (les philologues) mettent plutôt l'accent sur le sens originel, les autres (les critiques, les allégoristes) sur la signification actuelle. Personne, ou presque, ne préfère expressément un sens anachronique au sens originel, ni ne rejette en connaissance de cause une information qui éclairerait le sens originel. Implicitement, tous les commentateurs (ou presque tous) admettent l'existence d'un sens originel, mais tous ne sont pas prêts au même effort pour l'élucider. Dans l'enseignement, la contradiction entre l'intérêt pour le sens originel des textes et le souci de leur pertinence pour la formation des hommes d'aujourd'hui est une donnée inéluctable. Le professeur peut insister sur le temps de l'auteur ou sur notre temps, sur l'autre ou sur le même, partir de l'autre pour rejoindre le même, ou inversement, mais, sans ces deux foyers, l'enseignement n'est sans doute pas complet.
Dans la querelle entre Barthes et Picard, on se serait trouvé, suivant Hirsch, dans un cas extrême où l'un (Barthes) aurait nié tout intérêt pour le sens originel du texte de Racine, tandis que l'autre (Picard) aurait refusé de faire la moindre différence non seulement entre sens originel et signification actuelle, mais même entre sens originel et signification originelle (« l'intention claire et lucide »). Il me semble au contraire que même ce dialogue de sourds, qui atteste la division des études littéraires entre partisans du sens originel et adeptes de la signification actuelle, confirme que l'existence d'un sens originel reste un présupposé à peu près consensuel.
Soit l'exemple le plus connu de cette polémique. Barthes disait de Néron dans Britannicus : « Ce que cet étouffé recherche frénétiquement, comme un noyé l'air, c'est la respiration. » À l'appui de cette affirmation, il citait cette réplique de Néron à Junie :
Si […]
Je ne vais quelquefois respirer à vos pieds (II, 3).
Picard lui reprocha son ignorance de la langue du xviie siècle et corrigea son contresens sur un mot de l'époque : « respirer signifie ici se détendre, avoir quelque répit […]. La coloration pneumatique (dirait M. Barthes) a entièrement disparu ». Et de conseiller à Barthes de consulter les lexiques et les dictionnaires. Mais Barthes n'eut qu'à s'en prendre à cette banalisation de l'image : « On exige de ne reconnaître en elle qu'un cliché d'époque (il ne faut sentir aucune respiration dans respirer, puisque respirer veut dire au xviie siècle se détendre). » Il reconnaît le sens originel (en l'occurrence figuré, et toujours actuel) de respirer (« se détendre ») : le problème n'est donc pas celui de la préférence d'un sens anachronique au sens originel, mais celui de la rémanence du sens propre derrière le sens figuré (« la coloration pneumatique »), et donc de sa contribution à la signification originelle. Le conflit oppose deux préférences, l'une pour le sens originel, l'autre pour la signification actuelle, mais Barthes ne nie pas que le texte ait un sens originel, même si ce dernier n'est pas son souci principal.
Intention n'est pas préméditation
Un auteur, dit-on, n'a pas pu vouloir dire toutes les significations que les lecteurs attribuent aux détails de son texte. Quel est donc le statut intentionnel des significations implicites d'un texte ? Un texte, suivant le New Critic américain William Empson (1930), est une entité complexe de significations simultanées. L'auteur peut-il avoir eu l'intention de toutes les significations et implications que nous voyons dans le texte, même s'il n'y avait pas pensé en l'écrivant ? L'argument paraît définitif. Il est en fait très fragile, et nombreux sont les philosophes du langage qui identifient tout simplement intention de l'auteur et sens des mots.
Selon John Austin (1962), toute énonciation engage un acte illocutoire, comme demander ou répondre, menacer ou promettre, qui transforme les rapports entre les interlocuteurs. Distinguons avec lui l'acte illocutoire principal réalisé par une énonciation et la signification complexe de l'énoncé, résultant des implications et associations multiples de ses détails. Interpréter un texte littéraire, c'est d'abord identifier l'acte illocutoire principal accompli par l'auteur lorsqu'il a écrit le texte (par exemple son appartenance générique : est-ce une supplique ? une élégie ?). Or les actes illocutoires sont intentionnels. Interpréter un texte, c'est donc retrouver les intentions de son auteur. Mais la reconnaissance de l'acte illocutoire principal accompli par un texte reste très générale et insuffisante, et ne constitue jamais que le début de l'interprétation. Nombreuses sont les implications et associations de détail qui ne contredisent pas l'intention principale : elles ne sont pas intentionnelles au sens de préméditées. Toutefois, ce n'est pas parce que l'auteur n'y a pas pensé que ce n'est pas ce qu'il voulait dire. La signification réalisée est intentionnelle dans son entier, puisqu'elle accompagne un acte illocutoire qui est intentionnel.
L'intention d'auteur ne se réduit donc pas à un projet ni à une préméditation intégralement consciente (« l'intention claire et lucide » de Picard). Il existe de nombreuses activités intentionnelles qui ne sont ni préméditées ni conscientes. Écrire, ce n'est pas jouer aux échecs, activité où tous les mouvements sont calculés ; c'est plutôt jouer au tennis, sport où le détail des mouvements est imprévisible, mais où l'intention principale n'en est pas moins ferme : renvoyer la balle de l'autre côté du filet de la manière qui rendra le plus difficile à l'adversaire de la renvoyer à son tour. L'intention d'auteur n'implique pas une conscience de tous les détails que l'écriture accomplit, ni ne constitue un événement séparé qui précéderait ou accompagnerait la performance. Avoir l'intention de faire quelque chose - renvoyer la balle de l'autre côté du filet ou composer des vers -, ce n'est pas faire avec conscience ni projeter. John Searle comparait l'écriture à la marche à pied : bouger les jambes, soulever les pieds, tendre les muscles, l'ensemble de ces actions n'est pas prémédité, mais elles ne sont pas pour autant sans intention ; nous avons donc l'intention de les faire quand nous marchons ; notre intention de marcher contient l'ensemble des détails que la marche à pied implique. Comme Searle, polémiquant avec Derrida, le rappelait :
« Peu de nos intentions parviennent à la conscience comme intentions. Parler et écrire sont des activités intentionnelles mais le caractère intentionnel des actes illocutoires n'implique pas qu'il y ait des états de conscience séparés de l'écriture et de la parole. »
Autrement dit, la thèse anti-intentionnaliste se fonde sur une conception simpliste de l'intention. « Intenter de dire quelque chose », « vouloir dire quelque chose », « dire quelque chose intentionnellement », ce n'est pas « préméditer de dire quelque chose », « dire quelque chose avec préméditation ». Les détails du poème ne sont pas projetés, non plus que tous les gestes de la marche à pied, et le poète ne pense pas en écrivant aux implications des mots, mais il ne s'ensuit pas que ces détails ne soient pas intentionnels, ni que le poète n'ait pas voulu dire les sens associés aux mots en question.
Proust, lorsqu'il contestait que le moi biographique et social fût au principe de la création esthétique, loin d'éliminer toute intention, substituait à l'intention superficielle et attestée dans la vie une autre intention profonde, dont l'½uvre était un meilleur témoignage que le curriculum vitae, mais l'intention restait au centre. L'intention ne se limite pas à ce qu'un auteur s'est proposé d'écrire - par exemple à une déclaration d'intention -, non plus qu'aux motivations qui ont pu l'inciter à écrire, comme le désir d'acquérir de la gloire, ou l'envie de gagner de l'argent, ni enfin à la cohérence d'une ½uvre. L'intention, dans une succession de mots écrits par un auteur, c'est ce qu'il voulait dire par les mots utilisés. L'intention de l'auteur qui a écrit une ½uvre est logiquement équivalente à ce qu'il voulait dire par les énoncés qui constituent le texte. Et son projet, ses motivations, la cohérence du texte pour une interprétation donnée sont des indices de cette intention.
Ainsi, pour bien des philosophes contemporains, il n'y a pas lieu de distinguer intention de l'auteur et sens des mots. Ce que nous interprétons quand nous lisons un texte, c'est, indifféremment, le sens des mots et l'intention de l'auteur. Mais cela n'implique pas de revenir à l'homme et l'½uvre, puisque l'intention n'est pas le dessein, mais le sens intenté.
La présomption d'intentionnalité
Grâce aux distinctions entre sens et signification, entre projet et intention, il semble qu'on ait levé les deux obstacles les plus sérieux au maintien de l'intention comme critère de l'interprétation : l'interprétation a pour objet le sens, non la signification ; l'intention, non le projet. L'intention d'auteur n'est pas la seule norme possible pour la lecture des textes (la tradition allégorique y a longtemps substitué l'exigence d'une signification présentement acceptable), et il n'est pas de lecture littéraire qui n'actualise aussi la signification d'une ½uvre, qui ne s'approprie l'½uvre, voire la trahisse de manière féconde (le propre d'une ½uvre littéraire est de signifier hors de son contexte initial).
Intentionnalisme et anti-intentionnalisme extrêmes rencontrent des impasses. Notre conception du sens d'une ½uvre créée par l'homme diffère de notre conception du sens d'un texte produit par le hasard. C'est un poncif auquel Proust, après bien d'autres, a songé :
« Mettez devant un piano pendant six mois quelqu'un qui ne connaît ni Wagner, ni Beethoven et laissez-le essayer sur les touches toutes les combinaisons de notes que le hasard lui fournira, jamais de ce tapotage ne naîtront le thème du Printemps de la Walkyrie, ou la phrase prémendelssohnienne (ou plutôt infiniment surmendelssohnienne) du XVe quatuor. »
L'appel au texte contre l'intention d'auteur revient en fait le plus souvent à invoquer un critère de cohérence et de complexité immanentes que seule l'hypothèse d'une intention justifie. On préfère une interprétation à une autre parce qu'elle rend le texte plus cohérent et plus complexe. Une interprétation est une hypothèse dont nous mettons à l'épreuve la capacité de rendre compte d'un maximum d'éléments du texte. Or, que vaut le critère de cohérence et de complexité si on suppose que le poème est le produit du hasard ? Le recours à la cohérence ou à la complexité en faveur d'une interprétation n'a de sens qu'en référence à l'intention probable de l'auteur.
Cohérence et complexité ne sont des critères de l'interprétation d'un texte qu'en tant qu'elles présupposent une intention d'auteur. Si cela n'est pas le cas, comme dans les textes produits par le hasard, cohérence et complexité ne sont pas des critères de l'interprétation. Toute interprétation est une assertion sur une intention, et si l'intention d'auteur est niée, une autre intention prend sa place, comme dans le Don Quichotte de Pierre Ménard. Extraire une ½uvre de son contexte littéraire et historique, c'est lui donner une autre intention (un autre auteur : le lecteur), c'est en faire une autre ½uvre, et ce n'est donc plus la même ½uvre que nous interprétons. En revanche, quand on fait appel aux règles linguistiques, au contexte historique ainsi qu'à la cohérence et à la complexité pour comparer des interprétations, on fait appel à l'intention, dont ce sont de meilleurs indices que les déclarations d'intention.
Ainsi, la présomption d'intentionnalité reste au principe des études littéraires, même chez les anti-intentionnalistes les plus extrêmes, mais la thèse anti-intentionnelle, même si elle est illusoire, met légitimement en garde contre les excès de la contextualisation historique et biographique. La responsabilité critique vis-à-vis du sens de l'auteur, surtout si ce sens n'est pas de ceux vers lesquels nous inclinons, dépend d'un principe éthique de respect de l'autre.

- C'est utile un bon Compagnon ! :paysan:
RAI96 a écrit :
L'auteur est une catégorie herméneutique, une référence pour l'interprétation, ou une norme du sens littéraire. La question de la place herméneutique de l'auteur a été introduite dans les premières leçons, notamment la deuxième. Il s'agit de revenir maintenant à la querelle sur l'intention d'auteur, sur le rôle de cette intention dans la détermination du sens du texte. Je survolerai ce débat, qui est traité plus en détail dans le chapitre « L'auteur » du Démon de la théorie, auquel je vous renvoie.
La querelle de l'intention a été particulièrement vive durant la grande époque de la Nouvelle Critique, lors de la controverse entre Roland Barthes et Raymond Picard sur Racine. Deux thèses polémiques extrêmes sur l'interprétation - intentionnaliste et anti-intentionnaliste - se sont alors opposées :
(1) Il faut et il suffit de chercher dans le texte ce que l'auteur a voulu dire, son « intention claire et lucide », comme disait Picard ; c'est le seul critère de la validité de l'interprétation.
(2) On ne trouve jamais dans le texte que ce qu'il (nous) dit, indépendamment des intentions de son auteur ; il n'y a pas de critère de la validité de l'interprétation.
De fait, même les partisans les plus durs de la mort de l'auteur maintiennent dans le texte littéraire une certaine présomption d'intentionnalité (au minimum, la cohérence d'une ½uvre ou simplement d'un texte). Dans Le Démon de la théorie, je montrais que Barthes lui-même, là où il est le plus radical comme dans S/Z, pratique quand même à l'occasion la « méthode des passages parallèles », procédé essentiel des études et de la recherche littéraires. Lorsqu'un passage d'un texte nous pose problème par sa difficulté, son obscurité ou son ambiguïté, nous cherchons un passage parallèle, dans le même texte ou dans un autre texte, afin d'éclairer le sens du passage litigieux. Or on tend à préférer, pour éclairer un passage obscur d'un texte, un autre passage du même auteur à un passage d'un autre auteur. Cela témoigne, chez les plus sceptiques, de la persistance d'un certaine foi en l'intention d'auteur. Ils ne traitent pas le texte comme s'il était le produit du hasard (un singe tapant à la machine, une pierre érodée par l'eau, un ordinateur). Ils ne confondent pas en pratique la notion d'intention d'auteur comme critère de l'interprétation avec les excès de la critique biographique.
On peut du coup faire valoir que l'alternative de l'objectivisme du sens et du subjectivisme de l'interprétation, ou du déterminisme et du relativisme, est un piège, car l'intention est le seul critère concevable de la validité de l'interprétation, mais elle ne s'identifie pas à la préméditation « claire et lucide ». L'alternative de l'intentionnalisme et de l'anti-intentionnalisme peut alors être récrite comme ceci :
(1') On peut chercher dans le texte ce qu'il dit en référence à son propre contexte d'origine (linguistique, historique, culturel).
(2') On peut chercher dans le texte ce qu'il dit en référence au contexte contemporain du lecteur.
Les deux thèses ne sont plus exclusives mais complémentaires ; elles nous ramènent au cercle herméneutique liant précompréhension et compréhension, et postulent que, si l'autre ne peut être intrégralement pénétré, il peut du moins être un tant soit peu compris.
Les deux arguments habituels contre l'intention
Les arguments contre l'intention d'auteur comme critère de la validité de l'interprétation sont de deux ordres : (1) l'intention d'auteur n'est pas pertinente ; (2) l'½uvre survit à l'intention d'auteur. Résumons-les.
(1) Quand quelqu'un écrit, il a l'intention d'exprimer quelque chose, il veut dire quelque chose par les mots qu'il écrit. Mais la relation entre une suite de mots écrits et ce que l'auteur voulait dire par cette suite de mots n'a rien d'assuré, entre le sens d'une ½uvre et ce que l'auteur voulait exprimer à travers elle. Bien que la coïncidence soit possible (il n'est pas interdit qu'un auteur réalise parfois strictement ce qu'il voulait), il n'y a pas d'équation nécessaire entre le sens d'une ½uvre et l'intention de l'auteur. Ainsi va la réfutation la plus fréquente et modérée de la notion. Non seulement une intention d'auteur est difficile à reconstituer, mais, à supposer que cela soit possible, elle est le plus souvent sans pertinence pour l'interprétation du texte. Wimsatt et Beardsley, dans « The Intentional Fallacy » (1946), article fondateur, jugaient que l'expérience de l'auteur et son intention, objets d'intérêt historique, étaient indifférentes pour la compréhension du sens de l'½uvre : « Le dessein ou l'intention de l'auteur n'est ni disponible ni souhaitable comme norme pour juger de la réussite d'une ½uvre d'art littéraire. » De deux choses l'une. Ou bien l'auteur a échoué à réaliser ses intentions, et le sens de son ½uvre ne coïncide pas avec elles : alors, son témoignage est sans importance, puisqu'il ne dira rien du sens de l'½uvre mais énoncera seulement ce qu'il voulait lui faire dire. Ou bien l'auteur a réussi dans ses intentions, et le sens de l'½uvre coïncide avec l'intention de son auteur : mais si elle veut dire ce qu'il voulait lui faire dire, son témoignage n'apportera rien de plus. S'il n'y a pas lieu de se priver par principe des témoignages sur l'intention, qu'ils viennent de l'auteur ou de ses contemporains, parce que ce sont des indices parfois utiles pour comprendre le sens du texte, il faut éviter de substituer l'intention au texte, car le sens d'une ½uvre n'est pas nécessairement identique à l'intention de l'auteur, et il est même probable qu'il ne l'est pas.
L'anti-intentionnalisme des structuralistes et des poststructuralistes a été plus radical, car, suivant Saussure, il reposait sur l'idée de l'autosuffisance de la langue. Il ne s'agissait plus seulement de se garder des excès de l'intentionnalisme, car la signification n'est nullement déterminée par les intentions, mais par le système de la langue. Aussi l'exclusion de l'auteur devenait-elle le point de départ de l'interprétation. À la limite, le texte lui-même était identifié à une langue, et non à une parole ou à un discours ; il était tenu pour un énoncé, et non pour une énonciation. Comme langue, le texte n'était plus la parole de quelqu'un.
(2) Le second argument courant contre l'intention tient à la survie des ½uvres. La recherche de l'intention d'auteur serait inséparable du projet de reconstruction philologique. Mais la signification d'une ½uvre n'est pas épuisée par, ni donc équivalente à son intention. L'½uvre vit sa vie. Aussi la signification totale d'une ½uvre ne peut-elle pas être définie simplement dans les termes de sa signification pour l'auteur et ses contemporains (la première réception), mais doit plutôt être décrite comme le produit d'une accumulation, l'histoire de ses interprétations par les lecteurs jusqu'aujourd'hui. L'historicisme décrète ce processus non pertinent et exige un retour à l'origine. Mais le propre du texte littéraire, par opposition au document historique, est justement d'échapper à son contexte d'origine, de continuer à être lu après lui, de durer. Paradoxalement, l'intentionnalisme ramène ce texte à la non-littérature, nie le processus qui en a fait un texte littéraire (sa survivance). Reste quand même un problème : si la signification d'un texte est la somme des interprétations qu'il a reçues, quel critère permet de séparer une interprétation valide d'une mésinterprétation ? La notion de validité peut-elle être maintenue ?
Retour à l'intention
L'injonction anti-intentionnaliste de Wimsatt et Beardsley, puis des structuralistes, a eu des effets toniques dans les études littéraires, mais elle ne présente pas moins des incohérences qui ont été souvent relevées, notamment par la philosophie analytique, comme dans le livre de G.E.M. Anscombe, Intention (1957). Quand les littéraires réfutent la pertinence de l'intention d'auteur pour l'interprétation de la littérature, l'intention n'est en général pas bien définie : est-ce la biographie de l'auteur ? Ou son dessein, son projet ? Ou les sens auxquels l'auteur n'avait pas pensé, mais qu'il admettrait volontiers si le « suffisant lecteur » les lui soumettait ? La littérature recouvre des degrés d'intention très variables : un poème et un traité philosophique ne doivent sans doute pas être traités identiquement.
Pour Anscombe, demander ce que veulent dire les mots, ce n'est jamais autre chose que demander ce que veut dire l'auteur, à condition de bien définir ce vouloir-dire. La distinction entre intentionnalisme et anti-intentionnalisme est par conséquent mal posée, car d'authentiques anti-intentionnalistes seraient indifférents non seulement à ce que veut dire l'auteur mais aussi à ce que veut dire le texte.
Les deux grands arguments contre l'intention (non-pertinence du dessein et survivance de l'½uvre) sont donc réfutables. Reprenons-les dans l'ordre inverse.
Sens n'est pas signification
Les ½uvres d'art transcendent l'intention première de leurs auteurs et veulent dire quelque chose de nouveau à chaque époque. La signification d'une ½uvre ne pourrait pas être déterminée par l'intention de l'auteur ni par le contexte d'origine (historique, social, culturel), car certaines ½uvres du passé continuent à avoir pour nous de l'intérêt et de la valeur. Si une ½uvre peut continuer à avoir de l'intérêt et de la valeur pour les générations futures, alors son sens ne peut pas être arrêté par l'intention de l'auteur ni par le contexte originel. Cette série d'inférences est-elle correcte ? On prend en général le contre-exemple des textes satiriques, comme les « Cannibales » de Montaigne ou Les Caractères de La Bruyère. Une satire décrit et attaque une société particulière, dans laquelle elle prend la valeur d'un acte. Si elle nous fait encore de l'effet, si elle est à nos yeux toujours une satire, cela résulte de l'existence d'une certaine analogie entre le contexte originel de son énonciation et le contexte actuel de sa réception, mais cette satire ne reste pas moins la satire d'une autre société que la nôtre. Nous sommes toujours sensibles à la satire des moines dans Gargantua, non pas parce que l'intention de Rabelais est indifférente, mais parce qu'il y a encore des hypocrites dans notre monde, même si ce ne sont plus des moines.
E.D. Hirsch sépare ainsi la sens (meaning) d'un texte, et sa signifiance (significance) ou son application (using). Je distinguerai sens et signification, avec Montaigne, qui disait des vers des poètes : « Ils signifient plus qu'ils ne disent. » Le sens désigne ce qui reste stable dans la réception d'un texte ; il répond à la question : « Que veut dire ce texte ? » La signification désigne ce qui change dans la réception d'un texte ; elle répond à la question : « Quelle valeur a ce texte ? » Le sens est singulier ; la signification, qui met le sens en relation avec une situation, est variable, ouverte, et peut-être infinie. Lorsque nous lisons un texte, nous relions son sens à notre expérience, nous lui donnons une valeur hors de son contexte d'origine. Le sens est l'objet de l'interprétation du texte ; la signification, de l'application du texte au contexte de sa réception.
Cette distinction du sens et de la signification peut avoir l'air d'une dernière ruse conservatrice pour sauver l'intention d'auteur (le sens), tout en concédant aux libéraux la liberté d'utiliser les textes à leur gré (la signification). Toutefois, on doit pouvoir s'accorder pour juger que l'évaluation d'un poème qui se fonde sur un contresens n'est pas une évaluation de ce poème-ci, mais d'un autre poème :
« Comprendre un poème - disait Eliot -, cela revient au même que de l'aimer pour les bonnes raisons. [
] Aimer un poème sur la base d'un contresens sur ce qu'il est, c'est aimer une simple projection de notre esprit. [
] nous n'aimons pas pleinement un poème si nous ne le comprenons pas ; et d'autre part, il est également vrai que nous ne comprenons pas pleinement un poème si nous ne l'aimons pas. »
La distinction du sens et de la signification, de l'interprétation et de l'application, supprime la contradiction entre la thèse intentionnaliste et la survivance des ½uvres. Une satire qui ne nous dirait plus rien, pour laquelle il n'y aurait plus aucun rapport entre son contexte d'origine et le nôtre, n'aurait pas de signification pour nous, mais elle n'en conserverait pas moins son sens et sa signification originels. Les grandes ½uvres sont inépuisables ; chaque génération les comprend à sa manière : cela veut dire que les lecteurs y trouvent de quoi éclairer un aspect de leur expérience. Mais si une ½uvre est inépuisable, cela ne veut pas dire qu'elle n'ait pas de sens originel, ni que l'intention de l'auteur ne soit pas le critère de ce sens originel. Ce qui est inépuisable, c'est sa signification, sa pertinence hors de son contexte d'apparition.
La plupart des conflits d'interprétation ont l'air de porter sur l'intention d'auteur, notion qui leur donne une allure dramatique. En fait, l'existence du sens originel est très rarement remise en question de façon explicite, mais certains commentateurs (les philologues) mettent plutôt l'accent sur le sens originel, les autres (les critiques, les allégoristes) sur la signification actuelle. Personne, ou presque, ne préfère expressément un sens anachronique au sens originel, ni ne rejette en connaissance de cause une information qui éclairerait le sens originel. Implicitement, tous les commentateurs (ou presque tous) admettent l'existence d'un sens originel, mais tous ne sont pas prêts au même effort pour l'élucider. Dans l'enseignement, la contradiction entre l'intérêt pour le sens originel des textes et le souci de leur pertinence pour la formation des hommes d'aujourd'hui est une donnée inéluctable. Le professeur peut insister sur le temps de l'auteur ou sur notre temps, sur l'autre ou sur le même, partir de l'autre pour rejoindre le même, ou inversement, mais, sans ces deux foyers, l'enseignement n'est sans doute pas complet.
Dans la querelle entre Barthes et Picard, on se serait trouvé, suivant Hirsch, dans un cas extrême où l'un (Barthes) aurait nié tout intérêt pour le sens originel du texte de Racine, tandis que l'autre (Picard) aurait refusé de faire la moindre différence non seulement entre sens originel et signification actuelle, mais même entre sens originel et signification originelle (« l'intention claire et lucide »). Il me semble au contraire que même ce dialogue de sourds, qui atteste la division des études littéraires entre partisans du sens originel et adeptes de la signification actuelle, confirme que l'existence d'un sens originel reste un présupposé à peu près consensuel.
Soit l'exemple le plus connu de cette polémique. Barthes disait de Néron dans Britannicus : « Ce que cet étouffé recherche frénétiquement, comme un noyé l'air, c'est la respiration. » À l'appui de cette affirmation, il citait cette réplique de Néron à Junie :
Si [
]
Je ne vais quelquefois respirer à vos pieds (II, 3).
Picard lui reprocha son ignorance de la langue du xviie siècle et corrigea son contresens sur un mot de l'époque : « respirer signifie ici se détendre, avoir quelque répit [
]. La coloration pneumatique (dirait M. Barthes) a entièrement disparu ». Et de conseiller à Barthes de consulter les lexiques et les dictionnaires. Mais Barthes n'eut qu'à s'en prendre à cette banalisation de l'image : « On exige de ne reconnaître en elle qu'un cliché d'époque (il ne faut sentir aucune respiration dans respirer, puisque respirer veut dire au xviie siècle se détendre). » Il reconnaît le sens originel (en l'occurrence figuré, et toujours actuel) de respirer (« se détendre ») : le problème n'est donc pas celui de la préférence d'un sens anachronique au sens originel, mais celui de la rémanence du sens propre derrière le sens figuré (« la coloration pneumatique »), et donc de sa contribution à la signification originelle. Le conflit oppose deux préférences, l'une pour le sens originel, l'autre pour la signification actuelle, mais Barthes ne nie pas que le texte ait un sens originel, même si ce dernier n'est pas son souci principal.
Intention n'est pas préméditation
Un auteur, dit-on, n'a pas pu vouloir dire toutes les significations que les lecteurs attribuent aux détails de son texte. Quel est donc le statut intentionnel des significations implicites d'un texte ? Un texte, suivant le New Critic américain William Empson (1930), est une entité complexe de significations simultanées. L'auteur peut-il avoir eu l'intention de toutes les significations et implications que nous voyons dans le texte, même s'il n'y avait pas pensé en l'écrivant ? L'argument paraît définitif. Il est en fait très fragile, et nombreux sont les philosophes du langage qui identifient tout simplement intention de l'auteur et sens des mots.
Selon John Austin (1962), toute énonciation engage un acte illocutoire, comme demander ou répondre, menacer ou promettre, qui transforme les rapports entre les interlocuteurs. Distinguons avec lui l'acte illocutoire principal réalisé par une énonciation et la signification complexe de l'énoncé, résultant des implications et associations multiples de ses détails. Interpréter un texte littéraire, c'est d'abord identifier l'acte illocutoire principal accompli par l'auteur lorsqu'il a écrit le texte (par exemple son appartenance générique : est-ce une supplique ? une élégie ?). Or les actes illocutoires sont intentionnels. Interpréter un texte, c'est donc retrouver les intentions de son auteur. Mais la reconnaissance de l'acte illocutoire principal accompli par un texte reste très générale et insuffisante, et ne constitue jamais que le début de l'interprétation. Nombreuses sont les implications et associations de détail qui ne contredisent pas l'intention principale : elles ne sont pas intentionnelles au sens de préméditées. Toutefois, ce n'est pas parce que l'auteur n'y a pas pensé que ce n'est pas ce qu'il voulait dire. La signification réalisée est intentionnelle dans son entier, puisqu'elle accompagne un acte illocutoire qui est intentionnel.
L'intention d'auteur ne se réduit donc pas à un projet ni à une préméditation intégralement consciente (« l'intention claire et lucide » de Picard). Il existe de nombreuses activités intentionnelles qui ne sont ni préméditées ni conscientes. Écrire, ce n'est pas jouer aux échecs, activité où tous les mouvements sont calculés ; c'est plutôt jouer au tennis, sport où le détail des mouvements est imprévisible, mais où l'intention principale n'en est pas moins ferme : renvoyer la balle de l'autre côté du filet de la manière qui rendra le plus difficile à l'adversaire de la renvoyer à son tour. L'intention d'auteur n'implique pas une conscience de tous les détails que l'écriture accomplit, ni ne constitue un événement séparé qui précéderait ou accompagnerait la performance. Avoir l'intention de faire quelque chose - renvoyer la balle de l'autre côté du filet ou composer des vers -, ce n'est pas faire avec conscience ni projeter. John Searle comparait l'écriture à la marche à pied : bouger les jambes, soulever les pieds, tendre les muscles, l'ensemble de ces actions n'est pas prémédité, mais elles ne sont pas pour autant sans intention ; nous avons donc l'intention de les faire quand nous marchons ; notre intention de marcher contient l'ensemble des détails que la marche à pied implique. Comme Searle, polémiquant avec Derrida, le rappelait :
« Peu de nos intentions parviennent à la conscience comme intentions. Parler et écrire sont des activités intentionnelles mais le caractère intentionnel des actes illocutoires n'implique pas qu'il y ait des états de conscience séparés de l'écriture et de la parole. »
Autrement dit, la thèse anti-intentionnaliste se fonde sur une conception simpliste de l'intention. « Intenter de dire quelque chose », « vouloir dire quelque chose », « dire quelque chose intentionnellement », ce n'est pas « préméditer de dire quelque chose », « dire quelque chose avec préméditation ». Les détails du poème ne sont pas projetés, non plus que tous les gestes de la marche à pied, et le poète ne pense pas en écrivant aux implications des mots, mais il ne s'ensuit pas que ces détails ne soient pas intentionnels, ni que le poète n'ait pas voulu dire les sens associés aux mots en question.
Proust, lorsqu'il contestait que le moi biographique et social fût au principe de la création esthétique, loin d'éliminer toute intention, substituait à l'intention superficielle et attestée dans la vie une autre intention profonde, dont l'½uvre était un meilleur témoignage que le curriculum vitae, mais l'intention restait au centre. L'intention ne se limite pas à ce qu'un auteur s'est proposé d'écrire - par exemple à une déclaration d'intention -, non plus qu'aux motivations qui ont pu l'inciter à écrire, comme le désir d'acquérir de la gloire, ou l'envie de gagner de l'argent, ni enfin à la cohérence d'une ½uvre. L'intention, dans une succession de mots écrits par un auteur, c'est ce qu'il voulait dire par les mots utilisés. L'intention de l'auteur qui a écrit une ½uvre est logiquement équivalente à ce qu'il voulait dire par les énoncés qui constituent le texte. Et son projet, ses motivations, la cohérence du texte pour une interprétation donnée sont des indices de cette intention.
Ainsi, pour bien des philosophes contemporains, il n'y a pas lieu de distinguer intention de l'auteur et sens des mots. Ce que nous interprétons quand nous lisons un texte, c'est, indifféremment, le sens des mots et l'intention de l'auteur. Mais cela n'implique pas de revenir à l'homme et l'½uvre, puisque l'intention n'est pas le dessein, mais le sens intenté.
La présomption d'intentionnalité
Grâce aux distinctions entre sens et signification, entre projet et intention, il semble qu'on ait levé les deux obstacles les plus sérieux au maintien de l'intention comme critère de l'interprétation : l'interprétation a pour objet le sens, non la signification ; l'intention, non le projet. L'intention d'auteur n'est pas la seule norme possible pour la lecture des textes (la tradition allégorique y a longtemps substitué l'exigence d'une signification présentement acceptable), et il n'est pas de lecture littéraire qui n'actualise aussi la signification d'une ½uvre, qui ne s'approprie l'½uvre, voire la trahisse de manière féconde (le propre d'une ½uvre littéraire est de signifier hors de son contexte initial).
Intentionnalisme et anti-intentionnalisme extrêmes rencontrent des impasses. Notre conception du sens d'une ½uvre créée par l'homme diffère de notre conception du sens d'un texte produit par le hasard. C'est un poncif auquel Proust, après bien d'autres, a songé :
« Mettez devant un piano pendant six mois quelqu'un qui ne connaît ni Wagner, ni Beethoven et laissez-le essayer sur les touches toutes les combinaisons de notes que le hasard lui fournira, jamais de ce tapotage ne naîtront le thème du Printemps de la Walkyrie, ou la phrase prémendelssohnienne (ou plutôt infiniment surmendelssohnienne) du XVe quatuor. »
L'appel au texte contre l'intention d'auteur revient en fait le plus souvent à invoquer un critère de cohérence et de complexité immanentes que seule l'hypothèse d'une intention justifie. On préfère une interprétation à une autre parce qu'elle rend le texte plus cohérent et plus complexe. Une interprétation est une hypothèse dont nous mettons à l'épreuve la capacité de rendre compte d'un maximum d'éléments du texte. Or, que vaut le critère de cohérence et de complexité si on suppose que le poème est le produit du hasard ? Le recours à la cohérence ou à la complexité en faveur d'une interprétation n'a de sens qu'en référence à l'intention probable de l'auteur.
Cohérence et complexité ne sont des critères de l'interprétation d'un texte qu'en tant qu'elles présupposent une intention d'auteur. Si cela n'est pas le cas, comme dans les textes produits par le hasard, cohérence et complexité ne sont pas des critères de l'interprétation. Toute interprétation est une assertion sur une intention, et si l'intention d'auteur est niée, une autre intention prend sa place, comme dans le Don Quichotte de Pierre Ménard. Extraire une ½uvre de son contexte littéraire et historique, c'est lui donner une autre intention (un autre auteur : le lecteur), c'est en faire une autre ½uvre, et ce n'est donc plus la même ½uvre que nous interprétons. En revanche, quand on fait appel aux règles linguistiques, au contexte historique ainsi qu'à la cohérence et à la complexité pour comparer des interprétations, on fait appel à l'intention, dont ce sont de meilleurs indices que les déclarations d'intention.
Ainsi, la présomption d'intentionnalité reste au principe des études littéraires, même chez les anti-intentionnalistes les plus extrêmes, mais la thèse anti-intentionnelle, même si elle est illusoire, met légitimement en garde contre les excès de la contextualisation historique et biographique. La responsabilité critique vis-à-vis du sens de l'auteur, surtout si ce sens n'est pas de ceux vers lesquels nous inclinons, dépend d'un principe éthique de respect de l'autre.

Quel talent, PassiOM ! :blondblush1:
Fanfarlo a écrit :
Lis les fleurs du mal, les petits poèmes en prose, Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand puis pourquoi pas L'Assommoir de Zola (et mais je sais j'abuse, Platon quand il parle du monde des idées).
Et ensuite, tu relis A Rebours. Et là!!! C'est une perle
Ben mis à part Aloysius Bertrand, j'ai lu tout ça (surtout Platon, qui plus est) et je cherche encore la perle dans l'huître
Enfin bon, là n'est pas le sujet, et si je n'ai pas envie de ramener du boulot à la maison en écrivant un pavé passiomesque, ma foi le niveau des réflexions apportées à la question confirme une bonne fois pour toute qu'opiOM, c'est quelques grammes de finesse dans un monde de brutes. 
- Bon c'est bon pour le fond? On peut passer à Nietzsche et se mettre sur la gueule maintenant??

Espigoulien a écrit :
Quel talent, PassiOM ! :blondblush1:
Ouhlà, je vois que j'ai trouvé un sérieux rival à ma portée là :lol:
Ca rigole plus, Seb, tu m'excuseras mais je ne me suis pas encore tapé ces belles lignes
[color=black](çà ne saurai tarder)[/color]
Tu vois Espi', finalement dans ces moments, tu apprécies mieux mes posts :Pixie
Enfin, celui-ci est intello', c'est la différence.
A côté, moi je peux allez me rhabiller avec ma pseudo-"philosophie footballistique"
Fanfarlo a écrit :
[b][SIZE=5]
[align=center]Attention post très chiant[/align]
[/SIZE][/b]
P'têtre que je devrai mettre çà moi avant mes posts.
Mais bon, à la longue, ca ne fait plus d'effet...
:jout1:
RAI96 a écrit :
L'auteur est une catégorie herméneutique, une référence pour l'interprétation, ou une norme du sens littéraire. La question de la place herméneutique de l'auteur a été introduite dans les premières leçons, notamment la deuxième. Il s'agit de revenir maintenant à la querelle sur l'intention d'auteur, sur le rôle de cette intention dans la détermination du sens du texte. Je survolerai ce débat, qui est traité plus en détail dans le chapitre « L'auteur » du Démon de la théorie, auquel je vous renvoie.
La querelle de l'intention a été particulièrement vive durant la grande époque de la Nouvelle Critique, lors de la controverse entre Roland Barthes et Raymond Picard sur Racine. Deux thèses polémiques extrêmes sur l'interprétation - intentionnaliste et anti-intentionnaliste - se sont alors opposées :
(1) Il faut et il suffit de chercher dans le texte ce que l'auteur a voulu dire, son « intention claire et lucide », comme disait Picard ; c'est le seul critère de la validité de l'interprétation.
(2) On ne trouve jamais dans le texte que ce qu'il (nous) dit, indépendamment des intentions de son auteur ; il n'y a pas de critère de la validité de l'interprétation.
De fait, même les partisans les plus durs de la mort de l'auteur maintiennent dans le texte littéraire une certaine présomption d'intentionnalité (au minimum, la cohérence d'une ½uvre ou simplement d'un texte). Dans Le Démon de la théorie, je montrais que Barthes lui-même, là où il est le plus radical comme dans S/Z, pratique quand même à l'occasion la « méthode des passages parallèles », procédé essentiel des études et de la recherche littéraires. Lorsqu'un passage d'un texte nous pose problème par sa difficulté, son obscurité ou son ambiguïté, nous cherchons un passage parallèle, dans le même texte ou dans un autre texte, afin d'éclairer le sens du passage litigieux. Or on tend à préférer, pour éclairer un passage obscur d'un texte, un autre passage du même auteur à un passage d'un autre auteur. Cela témoigne, chez les plus sceptiques, de la persistance d'un certaine foi en l'intention d'auteur. Ils ne traitent pas le texte comme s'il était le produit du hasard (un singe tapant à la machine, une pierre érodée par l'eau, un ordinateur). Ils ne confondent pas en pratique la notion d'intention d'auteur comme critère de l'interprétation avec les excès de la critique biographique.
On peut du coup faire valoir que l'alternative de l'objectivisme du sens et du subjectivisme de l'interprétation, ou du déterminisme et du relativisme, est un piège, car l'intention est le seul critère concevable de la validité de l'interprétation, mais elle ne s'identifie pas à la préméditation « claire et lucide ». L'alternative de l'intentionnalisme et de l'anti-intentionnalisme peut alors être récrite comme ceci :
(1') On peut chercher dans le texte ce qu'il dit en référence à son propre contexte d'origine (linguistique, historique, culturel).
(2') On peut chercher dans le texte ce qu'il dit en référence au contexte contemporain du lecteur.
Les deux thèses ne sont plus exclusives mais complémentaires ; elles nous ramènent au cercle herméneutique liant précompréhension et compréhension, et postulent que, si l'autre ne peut être intrégralement pénétré, il peut du moins être un tant soit peu compris.
Les deux arguments habituels contre l'intention
Les arguments contre l'intention d'auteur comme critère de la validité de l'interprétation sont de deux ordres : (1) l'intention d'auteur n'est pas pertinente ; (2) l'½uvre survit à l'intention d'auteur. Résumons-les.
(1) Quand quelqu'un écrit, il a l'intention d'exprimer quelque chose, il veut dire quelque chose par les mots qu'il écrit. Mais la relation entre une suite de mots écrits et ce que l'auteur voulait dire par cette suite de mots n'a rien d'assuré, entre le sens d'une ½uvre et ce que l'auteur voulait exprimer à travers elle. Bien que la coïncidence soit possible (il n'est pas interdit qu'un auteur réalise parfois strictement ce qu'il voulait), il n'y a pas d'équation nécessaire entre le sens d'une ½uvre et l'intention de l'auteur. Ainsi va la réfutation la plus fréquente et modérée de la notion. Non seulement une intention d'auteur est difficile à reconstituer, mais, à supposer que cela soit possible, elle est le plus souvent sans pertinence pour l'interprétation du texte. Wimsatt et Beardsley, dans « The Intentional Fallacy » (1946), article fondateur, jugaient que l'expérience de l'auteur et son intention, objets d'intérêt historique, étaient indifférentes pour la compréhension du sens de l'½uvre : « Le dessein ou l'intention de l'auteur n'est ni disponible ni souhaitable comme norme pour juger de la réussite d'une ½uvre d'art littéraire. » De deux choses l'une. Ou bien l'auteur a échoué à réaliser ses intentions, et le sens de son ½uvre ne coïncide pas avec elles : alors, son témoignage est sans importance, puisqu'il ne dira rien du sens de l'½uvre mais énoncera seulement ce qu'il voulait lui faire dire. Ou bien l'auteur a réussi dans ses intentions, et le sens de l'½uvre coïncide avec l'intention de son auteur : mais si elle veut dire ce qu'il voulait lui faire dire, son témoignage n'apportera rien de plus. S'il n'y a pas lieu de se priver par principe des témoignages sur l'intention, qu'ils viennent de l'auteur ou de ses contemporains, parce que ce sont des indices parfois utiles pour comprendre le sens du texte, il faut éviter de substituer l'intention au texte, car le sens d'une ½uvre n'est pas nécessairement identique à l'intention de l'auteur, et il est même probable qu'il ne l'est pas.
L'anti-intentionnalisme des structuralistes et des poststructuralistes a été plus radical, car, suivant Saussure, il reposait sur l'idée de l'autosuffisance de la langue. Il ne s'agissait plus seulement de se garder des excès de l'intentionnalisme, car la signification n'est nullement déterminée par les intentions, mais par le système de la langue. Aussi l'exclusion de l'auteur devenait-elle le point de départ de l'interprétation. À la limite, le texte lui-même était identifié à une langue, et non à une parole ou à un discours ; il était tenu pour un énoncé, et non pour une énonciation. Comme langue, le texte n'était plus la parole de quelqu'un.
(2) Le second argument courant contre l'intention tient à la survie des ½uvres. La recherche de l'intention d'auteur serait inséparable du projet de reconstruction philologique. Mais la signification d'une ½uvre n'est pas épuisée par, ni donc équivalente à son intention. L'½uvre vit sa vie. Aussi la signification totale d'une ½uvre ne peut-elle pas être définie simplement dans les termes de sa signification pour l'auteur et ses contemporains (la première réception), mais doit plutôt être décrite comme le produit d'une accumulation, l'histoire de ses interprétations par les lecteurs jusqu'aujourd'hui. L'historicisme décrète ce processus non pertinent et exige un retour à l'origine. Mais le propre du texte littéraire, par opposition au document historique, est justement d'échapper à son contexte d'origine, de continuer à être lu après lui, de durer. Paradoxalement, l'intentionnalisme ramène ce texte à la non-littérature, nie le processus qui en a fait un texte littéraire (sa survivance). Reste quand même un problème : si la signification d'un texte est la somme des interprétations qu'il a reçues, quel critère permet de séparer une interprétation valide d'une mésinterprétation ? La notion de validité peut-elle être maintenue ?
Retour à l'intention
L'injonction anti-intentionnaliste de Wimsatt et Beardsley, puis des structuralistes, a eu des effets toniques dans les études littéraires, mais elle ne présente pas moins des incohérences qui ont été souvent relevées, notamment par la philosophie analytique, comme dans le livre de G.E.M. Anscombe, Intention (1957). Quand les littéraires réfutent la pertinence de l'intention d'auteur pour l'interprétation de la littérature, l'intention n'est en général pas bien définie : est-ce la biographie de l'auteur ? Ou son dessein, son projet ? Ou les sens auxquels l'auteur n'avait pas pensé, mais qu'il admettrait volontiers si le « suffisant lecteur » les lui soumettait ? La littérature recouvre des degrés d'intention très variables : un poème et un traité philosophique ne doivent sans doute pas être traités identiquement.
Pour Anscombe, demander ce que veulent dire les mots, ce n'est jamais autre chose que demander ce que veut dire l'auteur, à condition de bien définir ce vouloir-dire. La distinction entre intentionnalisme et anti-intentionnalisme est par conséquent mal posée, car d'authentiques anti-intentionnalistes seraient indifférents non seulement à ce que veut dire l'auteur mais aussi à ce que veut dire le texte.
Les deux grands arguments contre l'intention (non-pertinence du dessein et survivance de l'½uvre) sont donc réfutables. Reprenons-les dans l'ordre inverse.
Sens n'est pas signification
Les ½uvres d'art transcendent l'intention première de leurs auteurs et veulent dire quelque chose de nouveau à chaque époque. La signification d'une ½uvre ne pourrait pas être déterminée par l'intention de l'auteur ni par le contexte d'origine (historique, social, culturel), car certaines ½uvres du passé continuent à avoir pour nous de l'intérêt et de la valeur. Si une ½uvre peut continuer à avoir de l'intérêt et de la valeur pour les générations futures, alors son sens ne peut pas être arrêté par l'intention de l'auteur ni par le contexte originel. Cette série d'inférences est-elle correcte ? On prend en général le contre-exemple des textes satiriques, comme les « Cannibales » de Montaigne ou Les Caractères de La Bruyère. Une satire décrit et attaque une société particulière, dans laquelle elle prend la valeur d'un acte. Si elle nous fait encore de l'effet, si elle est à nos yeux toujours une satire, cela résulte de l'existence d'une certaine analogie entre le contexte originel de son énonciation et le contexte actuel de sa réception, mais cette satire ne reste pas moins la satire d'une autre société que la nôtre. Nous sommes toujours sensibles à la satire des moines dans Gargantua, non pas parce que l'intention de Rabelais est indifférente, mais parce qu'il y a encore des hypocrites dans notre monde, même si ce ne sont plus des moines.
E.D. Hirsch sépare ainsi la sens (meaning) d'un texte, et sa signifiance (significance) ou son application (using). Je distinguerai sens et signification, avec Montaigne, qui disait des vers des poètes : « Ils signifient plus qu'ils ne disent. » Le sens désigne ce qui reste stable dans la réception d'un texte ; il répond à la question : « Que veut dire ce texte ? » La signification désigne ce qui change dans la réception d'un texte ; elle répond à la question : « Quelle valeur a ce texte ? » Le sens est singulier ; la signification, qui met le sens en relation avec une situation, est variable, ouverte, et peut-être infinie. Lorsque nous lisons un texte, nous relions son sens à notre expérience, nous lui donnons une valeur hors de son contexte d'origine. Le sens est l'objet de l'interprétation du texte ; la signification, de l'application du texte au contexte de sa réception.
Cette distinction du sens et de la signification peut avoir l'air d'une dernière ruse conservatrice pour sauver l'intention d'auteur (le sens), tout en concédant aux libéraux la liberté d'utiliser les textes à leur gré (la signification). Toutefois, on doit pouvoir s'accorder pour juger que l'évaluation d'un poème qui se fonde sur un contresens n'est pas une évaluation de ce poème-ci, mais d'un autre poème :
« Comprendre un poème - disait Eliot -, cela revient au même que de l'aimer pour les bonnes raisons. […] Aimer un poème sur la base d'un contresens sur ce qu'il est, c'est aimer une simple projection de notre esprit. […] nous n'aimons pas pleinement un poème si nous ne le comprenons pas ; et d'autre part, il est également vrai que nous ne comprenons pas pleinement un poème si nous ne l'aimons pas. »
La distinction du sens et de la signification, de l'interprétation et de l'application, supprime la contradiction entre la thèse intentionnaliste et la survivance des ½uvres. Une satire qui ne nous dirait plus rien, pour laquelle il n'y aurait plus aucun rapport entre son contexte d'origine et le nôtre, n'aurait pas de signification pour nous, mais elle n'en conserverait pas moins son sens et sa signification originels. Les grandes ½uvres sont inépuisables ; chaque génération les comprend à sa manière : cela veut dire que les lecteurs y trouvent de quoi éclairer un aspect de leur expérience. Mais si une ½uvre est inépuisable, cela ne veut pas dire qu'elle n'ait pas de sens originel, ni que l'intention de l'auteur ne soit pas le critère de ce sens originel. Ce qui est inépuisable, c'est sa signification, sa pertinence hors de son contexte d'apparition.
La plupart des conflits d'interprétation ont l'air de porter sur l'intention d'auteur, notion qui leur donne une allure dramatique. En fait, l'existence du sens originel est très rarement remise en question de façon explicite, mais certains commentateurs (les philologues) mettent plutôt l'accent sur le sens originel, les autres (les critiques, les allégoristes) sur la signification actuelle. Personne, ou presque, ne préfère expressément un sens anachronique au sens originel, ni ne rejette en connaissance de cause une information qui éclairerait le sens originel. Implicitement, tous les commentateurs (ou presque tous) admettent l'existence d'un sens originel, mais tous ne sont pas prêts au même effort pour l'élucider. Dans l'enseignement, la contradiction entre l'intérêt pour le sens originel des textes et le souci de leur pertinence pour la formation des hommes d'aujourd'hui est une donnée inéluctable. Le professeur peut insister sur le temps de l'auteur ou sur notre temps, sur l'autre ou sur le même, partir de l'autre pour rejoindre le même, ou inversement, mais, sans ces deux foyers, l'enseignement n'est sans doute pas complet.
Dans la querelle entre Barthes et Picard, on se serait trouvé, suivant Hirsch, dans un cas extrême où l'un (Barthes) aurait nié tout intérêt pour le sens originel du texte de Racine, tandis que l'autre (Picard) aurait refusé de faire la moindre différence non seulement entre sens originel et signification actuelle, mais même entre sens originel et signification originelle (« l'intention claire et lucide »). Il me semble au contraire que même ce dialogue de sourds, qui atteste la division des études littéraires entre partisans du sens originel et adeptes de la signification actuelle, confirme que l'existence d'un sens originel reste un présupposé à peu près consensuel.
Soit l'exemple le plus connu de cette polémique. Barthes disait de Néron dans Britannicus : « Ce que cet étouffé recherche frénétiquement, comme un noyé l'air, c'est la respiration. » À l'appui de cette affirmation, il citait cette réplique de Néron à Junie :
Si […]
Je ne vais quelquefois respirer à vos pieds (II, 3).
Picard lui reprocha son ignorance de la langue du xviie siècle et corrigea son contresens sur un mot de l'époque : « respirer signifie ici se détendre, avoir quelque répit […]. La coloration pneumatique (dirait M. Barthes) a entièrement disparu ». Et de conseiller à Barthes de consulter les lexiques et les dictionnaires. Mais Barthes n'eut qu'à s'en prendre à cette banalisation de l'image : « On exige de ne reconnaître en elle qu'un cliché d'époque (il ne faut sentir aucune respiration dans respirer, puisque respirer veut dire au xviie siècle se détendre). » Il reconnaît le sens originel (en l'occurrence figuré, et toujours actuel) de respirer (« se détendre ») : le problème n'est donc pas celui de la préférence d'un sens anachronique au sens originel, mais celui de la rémanence du sens propre derrière le sens figuré (« la coloration pneumatique »), et donc de sa contribution à la signification originelle. Le conflit oppose deux préférences, l'une pour le sens originel, l'autre pour la signification actuelle, mais Barthes ne nie pas que le texte ait un sens originel, même si ce dernier n'est pas son souci principal.
Intention n'est pas préméditation
Un auteur, dit-on, n'a pas pu vouloir dire toutes les significations que les lecteurs attribuent aux détails de son texte. Quel est donc le statut intentionnel des significations implicites d'un texte ? Un texte, suivant le New Critic américain William Empson (1930), est une entité complexe de significations simultanées. L'auteur peut-il avoir eu l'intention de toutes les significations et implications que nous voyons dans le texte, même s'il n'y avait pas pensé en l'écrivant ? L'argument paraît définitif. Il est en fait très fragile, et nombreux sont les philosophes du langage qui identifient tout simplement intention de l'auteur et sens des mots.
Selon John Austin (1962), toute énonciation engage un acte illocutoire, comme demander ou répondre, menacer ou promettre, qui transforme les rapports entre les interlocuteurs. Distinguons avec lui l'acte illocutoire principal réalisé par une énonciation et la signification complexe de l'énoncé, résultant des implications et associations multiples de ses détails. Interpréter un texte littéraire, c'est d'abord identifier l'acte illocutoire principal accompli par l'auteur lorsqu'il a écrit le texte (par exemple son appartenance générique : est-ce une supplique ? une élégie ?). Or les actes illocutoires sont intentionnels. Interpréter un texte, c'est donc retrouver les intentions de son auteur. Mais la reconnaissance de l'acte illocutoire principal accompli par un texte reste très générale et insuffisante, et ne constitue jamais que le début de l'interprétation. Nombreuses sont les implications et associations de détail qui ne contredisent pas l'intention principale : elles ne sont pas intentionnelles au sens de préméditées. Toutefois, ce n'est pas parce que l'auteur n'y a pas pensé que ce n'est pas ce qu'il voulait dire. La signification réalisée est intentionnelle dans son entier, puisqu'elle accompagne un acte illocutoire qui est intentionnel.
L'intention d'auteur ne se réduit donc pas à un projet ni à une préméditation intégralement consciente (« l'intention claire et lucide » de Picard). Il existe de nombreuses activités intentionnelles qui ne sont ni préméditées ni conscientes. Écrire, ce n'est pas jouer aux échecs, activité où tous les mouvements sont calculés ; c'est plutôt jouer au tennis, sport où le détail des mouvements est imprévisible, mais où l'intention principale n'en est pas moins ferme : renvoyer la balle de l'autre côté du filet de la manière qui rendra le plus difficile à l'adversaire de la renvoyer à son tour. L'intention d'auteur n'implique pas une conscience de tous les détails que l'écriture accomplit, ni ne constitue un événement séparé qui précéderait ou accompagnerait la performance. Avoir l'intention de faire quelque chose - renvoyer la balle de l'autre côté du filet ou composer des vers -, ce n'est pas faire avec conscience ni projeter. John Searle comparait l'écriture à la marche à pied : bouger les jambes, soulever les pieds, tendre les muscles, l'ensemble de ces actions n'est pas prémédité, mais elles ne sont pas pour autant sans intention ; nous avons donc l'intention de les faire quand nous marchons ; notre intention de marcher contient l'ensemble des détails que la marche à pied implique. Comme Searle, polémiquant avec Derrida, le rappelait :
« Peu de nos intentions parviennent à la conscience comme intentions. Parler et écrire sont des activités intentionnelles mais le caractère intentionnel des actes illocutoires n'implique pas qu'il y ait des états de conscience séparés de l'écriture et de la parole. »
Autrement dit, la thèse anti-intentionnaliste se fonde sur une conception simpliste de l'intention. « Intenter de dire quelque chose », « vouloir dire quelque chose », « dire quelque chose intentionnellement », ce n'est pas « préméditer de dire quelque chose », « dire quelque chose avec préméditation ». Les détails du poème ne sont pas projetés, non plus que tous les gestes de la marche à pied, et le poète ne pense pas en écrivant aux implications des mots, mais il ne s'ensuit pas que ces détails ne soient pas intentionnels, ni que le poète n'ait pas voulu dire les sens associés aux mots en question.
Proust, lorsqu'il contestait que le moi biographique et social fût au principe de la création esthétique, loin d'éliminer toute intention, substituait à l'intention superficielle et attestée dans la vie une autre intention profonde, dont l'½uvre était un meilleur témoignage que le curriculum vitae, mais l'intention restait au centre. L'intention ne se limite pas à ce qu'un auteur s'est proposé d'écrire - par exemple à une déclaration d'intention -, non plus qu'aux motivations qui ont pu l'inciter à écrire, comme le désir d'acquérir de la gloire, ou l'envie de gagner de l'argent, ni enfin à la cohérence d'une ½uvre. L'intention, dans une succession de mots écrits par un auteur, c'est ce qu'il voulait dire par les mots utilisés. L'intention de l'auteur qui a écrit une ½uvre est logiquement équivalente à ce qu'il voulait dire par les énoncés qui constituent le texte. Et son projet, ses motivations, la cohérence du texte pour une interprétation donnée sont des indices de cette intention.
Ainsi, pour bien des philosophes contemporains, il n'y a pas lieu de distinguer intention de l'auteur et sens des mots. Ce que nous interprétons quand nous lisons un texte, c'est, indifféremment, le sens des mots et l'intention de l'auteur. Mais cela n'implique pas de revenir à l'homme et l'½uvre, puisque l'intention n'est pas le dessein, mais le sens intenté.
La présomption d'intentionnalité
Grâce aux distinctions entre sens et signification, entre projet et intention, il semble qu'on ait levé les deux obstacles les plus sérieux au maintien de l'intention comme critère de l'interprétation : l'interprétation a pour objet le sens, non la signification ; l'intention, non le projet. L'intention d'auteur n'est pas la seule norme possible pour la lecture des textes (la tradition allégorique y a longtemps substitué l'exigence d'une signification présentement acceptable), et il n'est pas de lecture littéraire qui n'actualise aussi la signification d'une ½uvre, qui ne s'approprie l'½uvre, voire la trahisse de manière féconde (le propre d'une ½uvre littéraire est de signifier hors de son contexte initial).
Intentionnalisme et anti-intentionnalisme extrêmes rencontrent des impasses. Notre conception du sens d'une ½uvre créée par l'homme diffère de notre conception du sens d'un texte produit par le hasard. C'est un poncif auquel Proust, après bien d'autres, a songé :
« Mettez devant un piano pendant six mois quelqu'un qui ne connaît ni Wagner, ni Beethoven et laissez-le essayer sur les touches toutes les combinaisons de notes que le hasard lui fournira, jamais de ce tapotage ne naîtront le thème du Printemps de la Walkyrie, ou la phrase prémendelssohnienne (ou plutôt infiniment surmendelssohnienne) du XVe quatuor. »
L'appel au texte contre l'intention d'auteur revient en fait le plus souvent à invoquer un critère de cohérence et de complexité immanentes que seule l'hypothèse d'une intention justifie. On préfère une interprétation à une autre parce qu'elle rend le texte plus cohérent et plus complexe. Une interprétation est une hypothèse dont nous mettons à l'épreuve la capacité de rendre compte d'un maximum d'éléments du texte. Or, que vaut le critère de cohérence et de complexité si on suppose que le poème est le produit du hasard ? Le recours à la cohérence ou à la complexité en faveur d'une interprétation n'a de sens qu'en référence à l'intention probable de l'auteur.
Cohérence et complexité ne sont des critères de l'interprétation d'un texte qu'en tant qu'elles présupposent une intention d'auteur. Si cela n'est pas le cas, comme dans les textes produits par le hasard, cohérence et complexité ne sont pas des critères de l'interprétation. Toute interprétation est une assertion sur une intention, et si l'intention d'auteur est niée, une autre intention prend sa place, comme dans le Don Quichotte de Pierre Ménard. Extraire une ½uvre de son contexte littéraire et historique, c'est lui donner une autre intention (un autre auteur : le lecteur), c'est en faire une autre ½uvre, et ce n'est donc plus la même ½uvre que nous interprétons. En revanche, quand on fait appel aux règles linguistiques, au contexte historique ainsi qu'à la cohérence et à la complexité pour comparer des interprétations, on fait appel à l'intention, dont ce sont de meilleurs indices que les déclarations d'intention.
Ainsi, la présomption d'intentionnalité reste au principe des études littéraires, même chez les anti-intentionnalistes les plus extrêmes, mais la thèse anti-intentionnelle, même si elle est illusoire, met légitimement en garde contre les excès de la contextualisation historique et biographique. La responsabilité critique vis-à-vis du sens de l'auteur, surtout si ce sens n'est pas de ceux vers lesquels nous inclinons, dépend d'un principe éthique de respect de l'autre.

:biker_h4h http://www.fabula.org/compagnon/auteur11.php:artist:
cetace a écrit :
C'est utile un bon Compagnon ! :paysan:
boeuf mode a écrit :
:biker_h4h http://www.fabula.org/compagnon/auteur11.php:artist:

boeuf mode a écrit :
:biker_h4h http://www.fabula.org/compagnon/auteur11.php:artist:
Ca va de soit, l'auteur de ce pavé avait déja été identifié tout en finesse.:paysan:
- ou en d'autres mots, la vie de Mike Tyson lui appartient-elle encore? ou encore, le sens qu'elle prend est-il celui qu'il veut réellement lui donner?
http://fr.news.yahoo.com/04012007/5/mike-tyson-inculpe-de-possession-de-drogue.html
- Tyson, Naceri, même combat ?
cetace a écrit :
Tu fais un cadavre exquis lorsque tu es en panne des sens !
[b]
L'accident, ou la panne de sens :
[i] les œufs dans l'eau[/i][/b]
[i]…De fait, même les partisans les plus durs de la mort de l'auteur maintiennent dans le texte littéraire une certaine présomption d'intentionnalité (au minimum, [b]la cohérence d'une ½uvre[/b] ou simplement d'un texte)
…
[b] Ils ne traitent pas le texte comme s'il était le produit du hasard (un singe tapant à la machine, une pierre érodée par l'eau, un ordinateur)…[/b]
(2) [b]l'½uvre survit à l'intention d'auteur[/b].
(1) Quand quelqu'un écrit, il a l'intention d'exprimer quelque chose, il veut dire quelque chose par les mots qu'il écrit. Mais la relation entre une suite de mots écrits et ce que l'auteur voulait dire par cette suite de mots n'a rien d'assuré, [b]entre le sens d'une ½uvre et ce que l'auteur voulait exprimer à travers elle.[/b] Bien que la coïncidence soit possible (il n'est pas interdit qu'un auteur réalise parfois strictement ce qu'il voulait), [b]il n'y a pas d'équation nécessaire entre le sens d'une ½uvre et l'intention de l'auteur…L'½uvre vit sa vie[/b].[/i]
D'ailleurs, si on remplace 1/2 par π, pour les adeptes du poulpisme, on retombe dans le sens interdit (la pieuvre et le Roi pêcheur).
Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
Il y a un cas de figure qui illustre actuellement la complexité de cette question d'une certaine façon (et d'une certaine façon seulement). C'est dans le cadre de l'exposition actuelle de certaines oeuvres du Louvre au High Museum d'Atlanta (qui provoque une polémique en France depuis décembre).
Parmi les oeuvres exposées au High Museum figurent le "Portrait de Baldassare Castiglione" de l'italien Raphaël et "Saint Mathieu et l'Ange" du peintre flamand Rembrandt. Rien de bien extraordinaire jusqu'ici. Sauf que le Louvre n'expose jamais les oeuvres flamandes et italiennes ensemble, contrairement au High Museum qui a placé les 2 peintures l'une face à l'autre (à distance). Ainsi, le regard bleu de Baldassare Castiglione fixe Saint Mathieu pendant que l'ange chuchote à l'oreille de ce dernier.
Sauf encore que Rembrandt aimait beaucoup ce portrait de Raphaël, qu'il avait participé aux enchères lors desquelles le portrait fut vendu, qu'il avait été beaucoup influencé par Raphaël et que les chercheurs ont découvert une esquisse du portrait par Rembrandt. Telles qu'elles sont aujourd'hui exposées, il est possible de retracer la généalogie visuelle entre les deux peintures - ce qui n'était pas le cas jusqu'ici. "Saint Mathieu et l'Ange" de Rembrandt acquière-t-elle plus de sens pour autant ou alors se rapproche-t-on du sens que lui donnait Rembrandt ? 
Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
Toutes les semaines maintenant, un sujet à polémique vous sera proposé. (et non plitique)
Comme ça, plus personne ne sera frustré, et laissera libre court à son éloquence sans en être censuré.
Auteur interdit : Nietzsche (Vous avez compris pourquoi...)
Réponse formelle oui.
En tant qu' auteur, j' ai le droit de faire retirer mes images de toute publication ou article qui ne me convient pas, c' est le droit de retrait, c' est la loi.
iMerle a écrit :
Réponse formelle oui.
En tant qu' auteur, j' ai le droit de faire retirer mes images de toute publication ou article qui ne me convient pas, c' est le droit de retrait, c' est la loi.
:mf_popean
Fanfarlo a écrit :
[b]Sujet de la semaine :[/b]
Pensez-vous que le sens d'une oeuvre appartient à son auteur?
En deux mots NON.
TrésorBlanc a écrit :
En deux mots NON.
deux mots ?
- Mais pourquoi je viens là moi?

Faites pas attention, je fais que passer :biker_h4h
iMerle a écrit :
deux mots ?
momo 
:jout1:
- Dune, voyons !
Déjà que je te dois ma belle signature, en plus tu me coupes mes effets !
- Déja que Fanfarlo avait promis un sujet par semaine, si en plus si vous faites les zouaves sur son topic...:Pixie
Old Trafford a écrit :
Déja que Fanfarlo avait promis un sujet par semaine, si en plus si vous faites les zouaves sur son topic...:Pixie
Comme il va plus en cours, il a plus de sujets pour nous faire bosser dessus et se recolter de bonnes notes grâce au travail collégial des opiomanes
Fanfarlo a écrit :
Toutes les semaines maintenant, un sujet à polémique vous sera proposé. (et non plitique)
Comme ça, plus personne ne sera frustré, et laissera libre court à son éloquence sans en être censuré.
Cher Monsieur Fanfarlo, je me permet de vous soumettre un sujet.
"Quelle que soit la façon dont on partage les gens, tranches d' âges, métiers, races, religions, sexes ou couleurs de cheveux, on retrouve la même proportion d' imbéciles."
-1-retrouvez la citation exacte ainsi que son auteur.
-2-cette constation est-elle pour vous de nature optimiste ou pessimiste?
-3-Pensez-vous que cela soit de nature à réduire les problèmes de racismes divers, les régionalismes pervers et autres intégrismes?
Bien à vous.
iMerle a écrit :
Cher Monsieur Fanfarlo, je me permet de vous soumettre un sujet.
"Quelle que soit la façon dont on partage les gens, tranches d' âges, métiers, races, religions, sexes ou couleurs de cheveux, on retrouve la même proportion d' imbéciles."
-1-retrouvez la citation exacte ainsi que son auteur..
Barenton, le confiseur. :paysan:
- Merci Old, bientôt opiOM va remplacer Google :happy2:
petite recherche rapide:
http://www.evene.fr/livres/livre/auguste-detoeuf-propos-d-ol-barenton-confiseur-10805.php
ça semble prometteur !
iMerle a écrit :
Merci Old
De rien, c'est normal. Je ne crois pas que Barenton puisse se gauss(er) d'avoir été original avec cette citation. :happy2: Mais, j'aime beaucoup son livre.
dune a écrit :
Mais pourquoi je viens là moi? 
Faites pas attention, je fais que passer :biker_h4h
momo 
Artaud, le momo ?
:jout1:
Old Trafford a écrit :
De rien, c'est normal. Je ne crois pas que Barenton puisse se gauss(er) d'avoir été original avec cette citation. :happy2: Mais, j'aime beaucoup son livre.
Oh, Barenton n' a peut-être pas été très original, au même titre que La Palisse d' ailleurs ... mais se remémorer quelques évidences dans des débats genre vrais et moins vrais supporters, supporter ou footix, vrais Marseillais ou un peu moins ...c' est presque novateur.:Pixie
iMerle a écrit :
se remémorer quelques évidences dans des débats genre vrais et moins vrais supporters, supporter ou footix, vrais Marseillais ou un peu moins ...c' est presque novateur.:Pixie
Ca, j'avoue que faire le lien entre les écrits du confiseur et la bêtise de certains supporters, il fallait y penser. :paysan:
En ce qui concerne Barenton, c'est étonnant le nombre de maximes et d'aphorismes appartenant au langage populaire qu'on lui doit (contrairement à ce que mon post ci-dessus pourrait laisser croire :Pixie ).
- En guise de réponse ?
A mettre en plein écran et pour une fois ne pas fermer les yeux en écoutant la musique...
cetace a écrit :
En guise de réponse ?
A mettre en plein écran et pour une fois ne pas fermer les yeux en écoutant la musique...
Incroyable, c'est magnifique, elles sont vraiment belle ces femmes.
Voilà comment faire de l'art avec d'autres oeuvres d'art.
Espigoulien a écrit :
Ui, sinon tu piques un concept et en étant un peu malin, tu le reécris à ta manière et hop... Trop facile, même si le monopole des idées n'existe pas.
Comme en musique, ma foi..
C'est pour ça que vive les concerts et les lives, et vive la mule.

Fanfarlo a écrit :
Toutes les semaines maintenant, un sujet à polémique vous sera proposé.
Fanfarlo demission. 
- Les gars, arrêtez de lui répondre, il en profite pour préparer ces fiches de cours...
T'as qu'à bosser branleur !
- J'ai trouvé une belle phrase de Picasso sur une affiche dans le bus : "S'il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème."
Old Trafford a écrit :
J'ai trouvé une belle phrase de Picasso sur une affiche dans le bus : "S'il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème."
+1 
mais, pour les croyants l'Absolu existe et il en découle que la Vérité existe. Elle est unique et elle est la composante de leur existence. Si tu as athée ou agnostique alors oui cette phrase de Picasso est vraie. Hein quoi? Comment dire que la phrase est Vraie alors que le sujet dit qu'il n'y a pas de vérité unique ? Gödel detected 
- Sur la religion, cocasse de voir que toutes ont la même histoire du prophète/personnage trahi, tué puis ressuscité.
Coïncidence troublante ou même histoire racontée différemment ?
- Sur ce sujet, je vous renvoie à la prophétie selon Frana
Elephant Bird a écrit :
Sur la religion, cocasse de voir que toutes ont la même histoire du prophète/personnage trahi, tué puis ressuscité.
Coïncidence troublante ou même histoire racontée différemment ?
Pas toutes, seulement celles venant du proche-orient (et qui reprennent toutes les légendes sumériennes, mésopotamiennes,etc...)
Old Trafford a écrit :
J'ai trouvé une belle phrase de Picasso sur une affiche dans le bus : "S'il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème."
Malin le gars. Où comment justifier de refaire cent fois la même toile en changeant juste la couleur parce qu'il avait des fonds de pot de chez Mr Bricolage sur les bras 
Hellborg a écrit :
Pas toutes, seulement celles venant du proche-orient (et qui reprennent toutes les légendes sumériennes, mésopotamiennes,etc...)
+1
Il ne faut pas oublier que les trois religions monothéistes majeures actuelles ont les même origines c'est pourquoi cette notion de prophète.
Quand on s'éloigne du côté de l'Inde par exemple on y trouve pas ce genre de schéma mais de multiples dieux , il y a quasiment une religion par village ...
Ensuite sur ce que "raconte" les religions il me parait normal qu'elles reflètent la vie quotidienne de l'Homme puisque c'est le sujet principal d'autant plus que pour certaines c'est l'homme lui même qui a écrit les livres sacrés (Il y a eu une sacrée Star'Ac chez l'empereur Constantin pour choisir les Evangiles) . Normal donc d'y retrouver les trahisons, les douleurs, les joies, les buts CSC de Zubar et la coupe de cheveux de Cissé (choisissez celui qui vous convient).
- pour en revenir au sujet du topic : "le sens du monde appartient il à Dieu?"
Le réchauffement climatique (si l'homme est coupable, encore faut il le prouver) appartient donc à Dieu : "DIEU AU RAPPORT!"
Hellborg a écrit :
Pas toutes, seulement celles venant du proche-orient (et qui reprennent toutes les légendes sumériennes, mésopotamiennes,etc...)
L'épopée de Gilgamesh, une des premières uvres littéraires connues, dans laquelle on trouve beaucoup beaucoup de choses en commun avec de nombreux mythes et/ou religions forcément plus récentes.
papaver somniferum a écrit :
L'épopée de Gilgamesh, une des premières uvres littéraires connues, dans laquelle on trouve beaucoup beaucoup de choses en commun avec de nombreux mythes et/ou religions forcément plus récentes.
Ou la mythologie égyptienne, qui présente de cocasses ressemblances avec les 3 grandes religions.
- tous des escrocs

- Et de cinq

- que nenni

- flute

- 1° Oui
2° Non
3° Peut-être.
3 en philo.
- Ca dépend de la grosseur de l'oeuvre.
- [align=center][FONT=Courier New, Courier, mono][color=#666666][SIZE=6]allégeance[/SIZE][/color][/FONT]
[/align]
[FONT=Courier New, Courier, mono][SIZE=5][color=#666666]Dans les rues de la ville il y a mon amour.[/color][/SIZE][/FONT][FONT=Courier New, Courier, mono][color=#666666] [SIZE=5]Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ? [/SIZE][/color][/FONT]
[FONT=Courier New, Courier, mono][SIZE=5][color=#666666]Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part. [/color][/SIZE][/FONT]
[FONT=Courier New, Courier, mono][SIZE=5][color=#666666]Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse. [/color][/SIZE][/FONT]
[FONT=Courier New, Courier, mono][SIZE=5][color=#666666]Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ? [/color][/SIZE][/FONT]
[FONT=Courier New, Courier, mono][SIZE=5][color=#666666]---[/color][/SIZE][/FONT]
[FONT=Courier New, Courier, mono][SIZE=3][color=#666666]rené char[/color][/SIZE][/FONT]
- Évidemment je précise pour les nOObs que dans [FONT=arial]ce poème René Char de déclame pas bêtement son amour à une jeune fille, mais parle du sentiment qu'il éprouve en voyant son poème, ou son uvre, "prostitué" par le lecteur, pour répondre à la question de Fanfarlo.

[/FONT]
- Arrête ton Char !...s'il n'était pas de ta terre d'adoption l'aimerais-tu ?
Ah les gensses ! 
Moi je trouve le Char bon, et en faisant détournements mineurs ou en passant du coke à ce que l'âne aime au maître on mesure que sous vent d'ange est ce qui ne sent pas mauvais, comme, entre tacites consentis, des cadavres exquis, des canaris en cage ou des rougets de l'Isle sur Sorgues
- D'ailleurs, le jeu des références n'est point irrévérence, bien au contraire. Avec respect, pas piller s'il vous plaît, certains auteurs ascétiques comme vinaigre blanc, sont même devenus rois de la jongle pour montrer leur déférence !

- Cela dépend de l'hauteur de vue. [i]Précipice élevé.[/i]..Le chef d'oeuvre donne le vertige et travaille aux dérèglements de tous les sens...peut-être ou pas (être).
Nous voilà bien avancé dans un sens.
Sinon L.F. Céline dit:
[i]"Les grandes oeuvres sont celles qui réveillent notre[u][/u] génie[/i]."
...Sans bouillir. rajouterait Desproges
- Chef d'uvre, mouais.
Moi, de toutes façons, partout ou y'a des chefs, tsssssssss...