Il y a 4 heures
Ce soir, l’OM entre dans le volcan de Besiktas avec la sérénité d’un homme qui aurait oublié son parachute, mais qui se dirait, en tombant : « Jusqu’ici, tout va bien. »
Soyons honnêtes : nous n’y croyons pas vraiment. Enfin, pas avec la tête. La tête se souvient de Rennes, du mercato aussi animé qu’une salle d’attente un dimanche matin, des ambitions européennes plus grandes que la profondeur du banc et de cette fâcheuse habitude qu’a l’OM de transformer chaque match supposément abordable en tragédie grecque — même lorsqu’il se joue en Turquie.
En face, il y aura Besiktas, son stade en fusion, ses tribunes qui grondent et ses anciens Marseillais prêts à découvrir subitement qu’ils possèdent le pied droit de Roberto Carlos. Amir Murillo, évidemment, pourrait choisir ce soir pour réaliser le match de sa vie. C’est une tradition : tout ancien Olympien qui retrouve l’OM gagne immédiatement quinze points de technique et une irrésistible envie de marquer.
Et nous, dans tout ça ?
Nous arriverons avec nos doutes, nos blessés, nos remplaçants, notre jeu encore en travaux et Bruno Genesio qui cherche peut-être toujours le mode d’emploi au fond de la boîte. Nous arriverons aussi avec Paris qui se profile dimanche, parce qu’à Marseille, lorsqu’une semaine paraît déjà compliquée, le calendrier s’empresse généralement d’y ajouter un piano qui tombe du ciel.
Alors, pourquoi espérer ?
Parce que c’est précisément lorsque l’OM semble condamné à l’avance qu’il devient capable de l’impossible. Quand tout paraît logique, nous trouvons souvent le moyen de tout gâcher. Mais quand tout paraît perdu, il arrive que cette équipe se souvienne soudain qu’elle porte un maillot particulier.
Peut-être qu’un ballon traînera dans la surface. Peut-être qu’un défenseur turc glissera. Peut-être que Paixão retrouvera la lumière, que Gouiri surgira, que Maupay transformera un duel en règlement de comptes ou que De Lange décidera de fermer la boutique à double tour. Peut-être même que nous marquerons sur corner — n’exagérons rien, mais puisque nous sommes dans la fiction…
Et si, au milieu du vacarme, l’OM faisait enfin silence ?
Un nul courageux ? Nous le signerions probablement avec un stylo volé à l’UEFA. Une victoire ? Nous passerions immédiatement de « cette équipe n’a aucune âme » à « rendez-vous en finale », car la mesure n’a jamais été une vertu marseillaise.
Nous n’y croyons pas. C’est entendu.
Mais nous regarderons quand même. Nous râlerons avant le coup d’envoi, pendant la composition, à la première passe en retrait et probablement dès la troisième minute. Pourtant, au fond de nous, bien cachée derrière les traumatismes, les colères et les promesses déjà fanées, subsiste cette petite voix ridicule, naïve et indestructible.
Elle ne connaît ni les statistiques, ni la logique, ni la prudence.
Elle murmure simplement :
Et pourquoi pas ?
Pourquoi pas une équipe soudain solidaire ?
Pourquoi pas un match héroïque dans l’enfer d’Istanbul ?
Pourquoi pas trois points ramenés contre toute attente ?
Pourquoi pas l’OM, justement parce que personne ne l’attend ?
Ce soir, nous partirons sans certitudes, mais pas sans espoir. Et parfois, à Marseille, l’espoir est le seul joueur qui ne déclare jamais forfait.
Allez l’OM !
Les équipes probables :
Besiktas (4-1-4-1) : Alexander Nübel - Amir Murillo, Emmanuel Agbadou, Emirhan Topçu, Kassoum Ouattara - Salih Özcan - Vaclav Cerny, Junior Olaitan, Orkun Kökçü, Leandro Trossard - Dusan Vlahovic.
OM (4-2-3-1) : Jeffrey De Lange - Emerson, Nayef Aguerd, CJ Egan-Riley, Timothy Weah - Pierre-Emile Hojbjerg, Himad Abdelli - Igor Paixão, Angel Gomes, Amine Harit - Amine Gouiri.
Soyons honnêtes : nous n’y croyons pas vraiment. Enfin, pas avec la tête. La tête se souvient de Rennes, du mercato aussi animé qu’une salle d’attente un dimanche matin, des ambitions européennes plus grandes que la profondeur du banc et de cette fâcheuse habitude qu’a l’OM de transformer chaque match supposément abordable en tragédie grecque — même lorsqu’il se joue en Turquie.
En face, il y aura Besiktas, son stade en fusion, ses tribunes qui grondent et ses anciens Marseillais prêts à découvrir subitement qu’ils possèdent le pied droit de Roberto Carlos. Amir Murillo, évidemment, pourrait choisir ce soir pour réaliser le match de sa vie. C’est une tradition : tout ancien Olympien qui retrouve l’OM gagne immédiatement quinze points de technique et une irrésistible envie de marquer.
Et nous, dans tout ça ?
Nous arriverons avec nos doutes, nos blessés, nos remplaçants, notre jeu encore en travaux et Bruno Genesio qui cherche peut-être toujours le mode d’emploi au fond de la boîte. Nous arriverons aussi avec Paris qui se profile dimanche, parce qu’à Marseille, lorsqu’une semaine paraît déjà compliquée, le calendrier s’empresse généralement d’y ajouter un piano qui tombe du ciel.
Alors, pourquoi espérer ?
Parce que c’est précisément lorsque l’OM semble condamné à l’avance qu’il devient capable de l’impossible. Quand tout paraît logique, nous trouvons souvent le moyen de tout gâcher. Mais quand tout paraît perdu, il arrive que cette équipe se souvienne soudain qu’elle porte un maillot particulier.
Peut-être qu’un ballon traînera dans la surface. Peut-être qu’un défenseur turc glissera. Peut-être que Paixão retrouvera la lumière, que Gouiri surgira, que Maupay transformera un duel en règlement de comptes ou que De Lange décidera de fermer la boutique à double tour. Peut-être même que nous marquerons sur corner — n’exagérons rien, mais puisque nous sommes dans la fiction…
Et si, au milieu du vacarme, l’OM faisait enfin silence ?
Un nul courageux ? Nous le signerions probablement avec un stylo volé à l’UEFA. Une victoire ? Nous passerions immédiatement de « cette équipe n’a aucune âme » à « rendez-vous en finale », car la mesure n’a jamais été une vertu marseillaise.
Nous n’y croyons pas. C’est entendu.
Mais nous regarderons quand même. Nous râlerons avant le coup d’envoi, pendant la composition, à la première passe en retrait et probablement dès la troisième minute. Pourtant, au fond de nous, bien cachée derrière les traumatismes, les colères et les promesses déjà fanées, subsiste cette petite voix ridicule, naïve et indestructible.
Elle ne connaît ni les statistiques, ni la logique, ni la prudence.
Elle murmure simplement :
Et pourquoi pas ?
Pourquoi pas une équipe soudain solidaire ?
Pourquoi pas un match héroïque dans l’enfer d’Istanbul ?
Pourquoi pas trois points ramenés contre toute attente ?
Pourquoi pas l’OM, justement parce que personne ne l’attend ?
Ce soir, nous partirons sans certitudes, mais pas sans espoir. Et parfois, à Marseille, l’espoir est le seul joueur qui ne déclare jamais forfait.
Allez l’OM !
Les équipes probables :
Besiktas (4-1-4-1) : Alexander Nübel - Amir Murillo, Emmanuel Agbadou, Emirhan Topçu, Kassoum Ouattara - Salih Özcan - Vaclav Cerny, Junior Olaitan, Orkun Kökçü, Leandro Trossard - Dusan Vlahovic.
OM (4-2-3-1) : Jeffrey De Lange - Emerson, Nayef Aguerd, CJ Egan-Riley, Timothy Weah - Pierre-Emile Hojbjerg, Himad Abdelli - Igor Paixão, Angel Gomes, Amine Harit - Amine Gouiri.