Il y a 5 heures
Il y a des soirs où l’on regarde encore l’OM avec le cœur grand ouvert, mais l’esprit déjà fatigué. Des soirs où l’on sait très bien pourquoi on sera devant l’écran, pourquoi on espérera encore, pourquoi le maillot blanc continuera de faire quelque chose au ventre. Et pourtant, dans le même mouvement, on sait aussi pourquoi cette saison nous a usés.
C’est peut-être cela, finalement, la dissonance cognitive du supporter marseillais : aimer à fond un club qui, depuis des mois, nous déçoit avec une régularité presque professionnelle. Vouloir y croire encore, alors que tout nous pousse à la prudence. Se dire que ce soir au Havre, il faut gagner, absolument, tout en sachant que cet OM-là nous a trop souvent retiré le pain de la bouche au moment même où l’on croyait pouvoir respirer.
Depuis le début de l’année, la chute libre semble ne jamais s’être vraiment arrêtée. Lorient, Nantes, les voyages ratés, les attitudes parfois absentes, les choix incompréhensibles, cette impression d’un club qui avance avec les lacets défaits. Une saison commencée avec des ambitions, poursuivie dans le doute, et qui se termine dans une forme de bricolage mental : calculer, espérer un faux pas des autres, viser une place européenne qui devait être un minimum naturel et qui ressemble désormais à un moindre mal.
L’Europa League, aujourd’hui, serait presque une consolation. Pas un triomphe. Pas une grande promesse. Juste un pansement posé sur une plaie ouverte. Une victoire au Havre redonnerait un peu d’intérêt à cette fin de saison, un fil à suivre, une raison de ne pas ranger trop tôt nos illusions dans le placard des années gâchées. Mais elle ne lavera pas tout. Elle ne fera pas disparaître cette instabilité permanente, cette mauvaise gestion qui revient comme une vieille chanson qu’on connaît par cœur et qu’on ne supporte plus d’entendre.
Parce que l’OM, pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas seulement un club. C’est une enfance. Un père, un frère, un oncle, un ami. Des soirs de match en famille. Des cris dans un salon. Des souvenirs au stade ou devant une télé qui tremble presque autant que nous. C’est une ville, une mémoire, une folie douce. On aime l’OM parce qu’on ne sait pas vraiment faire autrement. Mais aimer ne veut pas dire tout accepter. Aimer ne veut pas dire applaudir l’instabilité, les saisons sans colonne vertébrale, les projets qui changent tous les six mois, les entraîneurs qui passent, les cadres qui disparaissent, les promesses qui s’évaporent.
Alors ce soir, au Havre, l’OM joue plus qu’un match. Il joue une petite part de dignité. Il joue le droit de nous faire croire encore un peu. Il joue la possibilité de transformer une saison décevante en saison sauvée de justesse. Ce ne serait pas glorieux, mais ce serait déjà ça. Dans notre état actuel, on ne demande même plus des miracles. On demande une équipe qui se bat, qui court, qui assume, qui respecte le maillot et ceux qui continuent de l’aimer malgré tout.
Quand retrouverons-nous cet OM qui donne des frissons, pas seulement des migraines ? Celui qui fait lever un stade, qui gagne des titres, qui impose le respect, qui ne vit pas uniquement dans la nostalgie de ce qu’il a été ? Quand retrouverons-nous un club stable, ambitieux, cohérent, capable d’honorer l’amour immense qu’il reçoit ?
En attendant, comme toujours, nous serons là. Avec nos contradictions, nos colères, nos souvenirs et cette petite flamme ridicule mais increvable. Parce que l’OM nous fatigue, oui. Mais l’OM nous appartient un peu, par l’amour qu’on lui donne depuis toujours.
Ce soir, gagnez. Pas pour faire oublier. Pour rappeler qu’il reste encore quelque chose.
Allez l’OM !!!
Les équipes probables :
Le Havre : Diaw - Nego – Sangante – Lloris – Zouaoui - Ebonog – Seko – Ndiaye – Boufal, Soumaré – Samatta.
OM : Rulli ou De Lange, Pavard – Balerdi – Medina – Emerson, Nnadi – Højbjerg, Greenwood – Timber – Paixão, Gouiri.
C’est peut-être cela, finalement, la dissonance cognitive du supporter marseillais : aimer à fond un club qui, depuis des mois, nous déçoit avec une régularité presque professionnelle. Vouloir y croire encore, alors que tout nous pousse à la prudence. Se dire que ce soir au Havre, il faut gagner, absolument, tout en sachant que cet OM-là nous a trop souvent retiré le pain de la bouche au moment même où l’on croyait pouvoir respirer.
Depuis le début de l’année, la chute libre semble ne jamais s’être vraiment arrêtée. Lorient, Nantes, les voyages ratés, les attitudes parfois absentes, les choix incompréhensibles, cette impression d’un club qui avance avec les lacets défaits. Une saison commencée avec des ambitions, poursuivie dans le doute, et qui se termine dans une forme de bricolage mental : calculer, espérer un faux pas des autres, viser une place européenne qui devait être un minimum naturel et qui ressemble désormais à un moindre mal.
L’Europa League, aujourd’hui, serait presque une consolation. Pas un triomphe. Pas une grande promesse. Juste un pansement posé sur une plaie ouverte. Une victoire au Havre redonnerait un peu d’intérêt à cette fin de saison, un fil à suivre, une raison de ne pas ranger trop tôt nos illusions dans le placard des années gâchées. Mais elle ne lavera pas tout. Elle ne fera pas disparaître cette instabilité permanente, cette mauvaise gestion qui revient comme une vieille chanson qu’on connaît par cœur et qu’on ne supporte plus d’entendre.
Parce que l’OM, pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas seulement un club. C’est une enfance. Un père, un frère, un oncle, un ami. Des soirs de match en famille. Des cris dans un salon. Des souvenirs au stade ou devant une télé qui tremble presque autant que nous. C’est une ville, une mémoire, une folie douce. On aime l’OM parce qu’on ne sait pas vraiment faire autrement. Mais aimer ne veut pas dire tout accepter. Aimer ne veut pas dire applaudir l’instabilité, les saisons sans colonne vertébrale, les projets qui changent tous les six mois, les entraîneurs qui passent, les cadres qui disparaissent, les promesses qui s’évaporent.
Alors ce soir, au Havre, l’OM joue plus qu’un match. Il joue une petite part de dignité. Il joue le droit de nous faire croire encore un peu. Il joue la possibilité de transformer une saison décevante en saison sauvée de justesse. Ce ne serait pas glorieux, mais ce serait déjà ça. Dans notre état actuel, on ne demande même plus des miracles. On demande une équipe qui se bat, qui court, qui assume, qui respecte le maillot et ceux qui continuent de l’aimer malgré tout.
Quand retrouverons-nous cet OM qui donne des frissons, pas seulement des migraines ? Celui qui fait lever un stade, qui gagne des titres, qui impose le respect, qui ne vit pas uniquement dans la nostalgie de ce qu’il a été ? Quand retrouverons-nous un club stable, ambitieux, cohérent, capable d’honorer l’amour immense qu’il reçoit ?
En attendant, comme toujours, nous serons là. Avec nos contradictions, nos colères, nos souvenirs et cette petite flamme ridicule mais increvable. Parce que l’OM nous fatigue, oui. Mais l’OM nous appartient un peu, par l’amour qu’on lui donne depuis toujours.
Ce soir, gagnez. Pas pour faire oublier. Pour rappeler qu’il reste encore quelque chose.
Allez l’OM !!!
Les équipes probables :
Le Havre : Diaw - Nego – Sangante – Lloris – Zouaoui - Ebonog – Seko – Ndiaye – Boufal, Soumaré – Samatta.
OM : Rulli ou De Lange, Pavard – Balerdi – Medina – Emerson, Nnadi – Højbjerg, Greenwood – Timber – Paixão, Gouiri.
C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son que certains paraissent brillants avant d' avoir l' air con.