Poésie- En ces temps agités pour la fumerie, où les cacas nerveux se disputent aux pétages de plomb
, où la parano virtuelle prend soudain des allures ridicules,:vod: n'oublions jamais qu'à l'aide de super-flux, on cause de superflu,
voici un petit espace réservé à la poésie... :incline:
J'inaugure l'affaire avec quelque chose d'archi-connu mais néanmoins énorme signé le roi Arthur. Chers amibes, déposez-ici vos poémes préférés et qu'un vent pacificateur souffle sur les paillasses... :incline:
[b]Le dormeur du val[/b]
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
[b]Arthur Rimbaud[/b]
- Bien que l'on ait un très bon poète dans la fumerie dont je tairai le nom, mais dont les merveilleux vers gagneraient à être connus. Voici le premier poème qui me vient en tête que je trouve splendide de Musset:
[align=center] [b]Ballade à la lune[/b]
C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?
Es-tu l'oeil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?
N'es-tu rien qu'une boule,
Qu'un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?
Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer ?
Sur ton front qui voyage.
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?
Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S'allonge
En croissant rétréci ?
Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit ? T'étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?
Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
à travers les barreaux.
Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.
Tu n'en es que la face
Et déjà, tout ridé,
S'efface
Ton front dépossédé.
Rends-nous la chasseresse,
Blanche, au sein virginal,
Qui presse
Quelque cerf matinal !
Oh ! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
Diane,
Et ses grands lévriers !
Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
L'écoute,
L'écoute s'approcher.
Et, suivant leurs curées,
Par les vaux, par les blés,
Les prées,
Ses chiens s'en sont allés.
Oh ! le soir, dans la brise,
Phoebé, soeur d'Apollo,
Surprise
A l'ombre, un pied dans l'eau !
Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d'un berger
Se pose,
Comme un oiseau léger.
Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L'histoire
T'embellira toujours.
Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.
T'aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu'à ton front
D'albâtre
Ses dogues aboieront.
T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament !
Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.
Comme un ours à la chaîne,
Toujours sous tes yeux bleus
Se traîne
L'océan montueux.
Et qu'il vente ou qu'il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m'asseoir ?
Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.[/align]
Poème mis en chanson par Brassens de façon divine.
Boeuf une idée merveilleuse 
- [b]Correspondances [/b]
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
[i][b]Baudelaire, Les fleurs du mal IV[/b][/i]
- XIX ème pour tout le monde?
Le premier qui met Nerval
et qui me l'explique est mon héros 
- Sympa comme idée Boeuf :pouce: , je m'en rappelle de ton poème je l'ai appris en primaire je trouvais cela très triste, en plus on devait faire le dessin qui allait avec, ça m'a marqué :vod: :lol: !!!
Voici un de mes poèmes préfèrés, vous le savaz déjà puisque KOKO l'a cité dans un de ses posts. C'est "Les Phares" de Baudelaire :
[b][color=black]Rubens[/color][color=black], fleuve[/color] d'oubli, jardin de la paresse,[/b]
[b][color=black]Oreiller de la chair fraîche où l'on ne peut aimer, [/color][/b]
[b][color=black]Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse, [/color][/b]
[b][color=black]Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer;[/color][/b]
[b][color=black]Léonard de Vinci[/color][color=black], miroir profond et sombre, [/color][/b]
[b][color=black]Où des anges charmants, avec de doux souris [/color][/b]
[b][color=black]Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre [/color][/b]
[b][color=black]Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,[/color][/b]
[b][color=black]Rembrandt[/color][color=black], triste hôpital tout rempli de murmures, [/color][/b]
[b][color=black]Et d'un grand crucifix décoré seulement, [/color][/b]
[b][color=black]Où la prière en pleurs s'exhale des ordures, [/color][/b]
[b][color=black]Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement;[/color][/b]
[b][color=black]Michel-Ange[/color][color=black], lieu vague où l'on voit des Hercules [/color][/b]
[b][color=black]Se mêler à des Christs, et se lever tout droits [/color][/b]
[b][color=black]Des fantômes puissants qui dans les crépuscules [/color][/b]
[b][color=black]Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts;[/color][/b]
[b][color=black]Colères de boxeur, impudences de faune, [/color][/b]
[b][color=black]Toi qui sus ramasser la beauté des goujats, [/color][/b]
[b][color=black]Grand cur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune, [/color][/b]
[b][color=black]Puget[/color][color=black], mélancolique empereur des forçats,[/color][/b]
[b][color=black]Watteau[/color][color=black], ce carnaval où bien des curs illustres, [/color][/b]
[b][color=black]Comme des papillons, errent en flamboyant, [/color][/b]
[b][color=black]Décors frais et légers éclairés par des lustres [/color][/b]
[b][color=black]Qui versent la folie à ce bal tournoyant,[/color][/b]
[b][color=black]Goya[/color][color=black], cauchemar plein de choses inconnues, [/color][/b]
[b][color=black]De ftus qu'on fait cuire au milieu des sabbats, [/color][/b]
[b][color=black]De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues [/color][/b]
[b][color=black]Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas;[/color][/b]
[b][color=black]Delacroix[/color][color=black], lac de sang hanté des mauvais anges, [/color][/b]
[b][color=black]Ombragé par un bois de sapins toujours vert, [/color][/b]
[b][color=black]Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges [/color][/b]
[b][color=black]Passent, comme un soupir étouffé de Weber;[/color][/b]
[b][color=black]Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes, [/color][/b]
[b][color=black]Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces [i]Te Deum[/i], [/color][/b]
[b][color=black]Sont un écho redit par mille labyrinthes; [/color][/b]
[b][color=black]C'est pour les curs mortels un divin opium![/color][/b]
[b][color=black]C'est un cri répété par mille sentinelles, [/color][/b]
[b][color=black]Un ordre renvoyé par mille porte-voix; [/color][/b]
[b][color=black]C'est un phare allumé sur mille citadelles, [/color][/b]
[b][color=black]Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois![/color][/b]
[b][color=black]Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage [/color][/b]
[b][color=black]Que nous puissions donner de notre dignité [/color][/b]
[b][color=black]Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge [/color][/b]
[b][color=black]Et vient mourir au bord de votre éternité![/color][/b]
Moi aussi je fais dans le connu mais je l'adore celui-ci[b] :)[/b]
- Est-il possible de revenir sur son poème préféré? Parce que ça risque de changer tous les jours
En fait je préfère escelui de Villon:
[align=center][b]La ballade des dames du temps jadis[/b]
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ni Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine
Mais où sont les neiges d'antan?
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abelard à Saint-Denis?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?
La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
Où sont-ils, où, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d'antan?[/align]
Ralala Boeuf riche idée 
- La poésie, ce cri aux notes douces... :y:
[b]Allégeance[/b]
[i]Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima ?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ? [/i]
[b]René Char [/b]
Extrait de
"Eloge d'une soupçonnée,
Poésie/Gallimard"
- Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini,tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux,languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
Or,chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit : -
C'est sous Louis treize;et je crois voir s'étendre
Un coteau vert,que le couchant jaunit.
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs,avec une rivière
Baignant ses pieds,qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame,à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs,en ses habits anciens,
Que,dans une autre existence peut-être,
j'ai déjà vue... - et dont je me souviens !
[align=left]N'hésitez pas à visiter le chat noir[/align]
- merci GG plus que l'explication et tu es mon idole :fou:
Ca fait des années que je tente de comprendre un seul vers de Nerval!!! 
- [i]Apprendre à versifier est rassurant.
Les premiers balbutiements passés, l’esprit s’accommode d’un rythme sécurisant par ses contraintes.
La prose, elle, s’apprivoise plus lentement, comme toute liberté.[/i]
[b]Extrait de[/b] [b]FRAGMENTS D'INCERTITUDE[/b] Spicilège en ligne 
Fanfarlo a écrit :
merci GG plus que l'explication et tu es mon idole :fou:
Ca fait des années que je tente de comprendre un seul vers de Nerval!!! 
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule Etoile est morte,et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie .
Dans la nuit du Tombeau,Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La Fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.
Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la Sirène...
Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
[align=left]Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée. [/align]
[align=left]Empathie et musique des vers ....... pour toute explication :( [/align]
- [b]La cigarette[/b]
[indent]Oui, ce monde est bien plat ; quant à l'autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.
Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes.
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord
Me plonge en une extase infinie et m'endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.
Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Ou l'on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des choeurs de moustiques.
Et puis, quand je m'éveille en songeant à mes vers,
Je contemple, le coeur plein d'une douce joie,
Mon cher pouce rôti comme une cuisse d'oie.
[indent][b][i]Jules Laforgue[/i][/b]
[size=-1]
[/size][/indent]
[/indent]
- [b][size=3]Une négresse...[/size][/b]
Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leur robe trouée
Cette goinfre s'apprête à de rusés travaux:
À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que la main ne le saura saisir,
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir
Contre la nudité peureuse de gazelle
Qui tremble, sur le dos tel un fol éléphant
Renversée elle attend et s'admire avec zèle,
En riant de ses dents naïves à l'enfant;
Et, dans ses jambes où la victime se couche,
Levant une peau noire ouverte sous le crin,
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.
[b]Stéphane Mallarmé[/b]
boeuf mode a écrit :
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.
[b]Stéphane Mallarmé[/b]
Arghh, l'avait la pompe facile finalement, le grand Serge 
Campana a écrit :
Arghh, l'avait la pompe facile finalement, le grand Serge 
remarque bien, doc... c'est pas pour le défendre, le tête de chou (quoique) mais il le dit lui même dans la chanson [size=+1][color=green][b]Glass securit ( fin)[/b][/color][/size]
...
Oh et puis bouse je quitte
Tes muqueuses shit
J'ouvre mon lexique
Mallarmé dixit
Je cite
Et dans ses jambes où la victime se couche
Levant une peau noire ouverte sous le crin
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin
[i]tiens pendant qu'on est avec lui, une de mes préférés point de vue texte...[/i]:incline:
[b][size=4][color=#008000]Flash forward[/color][/size][/b]
Un soir qu'à l'improviste chtac
Je frappe à ma porte toc toc
Sans réponse je pousse le loqu
Et j'écoute gémir le hamac
Grincer les ressorts du paddock
J'avance dans le block
Out et mon kodak
Impressionne sur les plaques
Sensibles de mon cerveau une vision de claque
Je sens mon rythme cardiaque
Qui passe brusquement à mach
Deux tic tac tic tac tic tac tic tac
Comme sous un électrochoc
Elle était entre deux macaques
Du genre festival à Woodstock
Et semblait une guitare rock
A deux jacks
L'un à son trou d'obus l'autre à son trou de balle
Crac
Eh doc...
Qui moi paranoïaque ?
Demandez donc un peu au vioque
Qui est portier de nuit au Rox
Y Hôtel si je débloque
C'est là à jamais sur le bloc
Notes de ma mémoire black
Sur white et quoique
Je fasse ça me reviendra en flash back
Bordel jusqu'à ce que j'en claque.
- Voyez, au milieu, les flottes armées d'airain, la bataille d'Actium,
tout Leucate bouillonnant des armements guerriers et les flots étincelants de reflets d'or,
D'un côté César Auguste pousse au combat l'Italie,
Avec le Sénat et le peuple, les pénates et les grands dieux,
Il se dresse sur une haute poupe, et ses tempes heureuses
Lancent une double flamme; l'astre paternel brille sur sa tête.
Non loin Agrippa secondé par les vents et les dieux,
Conduit de haut son escadre, le front resplendissant d'un fier insigne guerrier
Une couronne navale ornée de rostres d'or.
De l'autre coté avec les forces barbares et les armes disparates,
Antoine revenu vainqueur des peuples de l'Aurore et des rivages de la mer rouge
Traîne à sa suite l'Egypte, les troupes de l'Orient, le fond de la Bactriane,
A ses côtés horreur, son épouse égyptienne !
Enéide de [b]Virgile[/b], le plus grand 
boeuf mode a écrit :
remarque bien, doc... c'est pas pour le défendre, le tête de chou (quoique) mais il le dit lui même dans la chanson
Hu hu, thanx beef, je ne savais plus de quel titre ginzburgien étaient tirés ces superbes vers - j'imaginais une chanson beaucoup plus ancienne - et le "Mallarmé dixit" l'exonère pour cette fois 
- Un contemporain génial touche-à-tout...
[b][size=4]Je voudrais pas crever [/b]
[b][/size][/b]Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraimment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurais l'etrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algue
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
- entre 1951 et 1952 -
![[Image: signature.gif]](http://www.borisvian.fr/images/signature.gif)
- Et les calligrammes de l'ami Guillaume ! Vous connaissez !?
![[Image: calligramme.jpg]](http://lecastelet.free.fr/calligramme.jpg)
- Bueno vu que Cétacé m'a devancé, j'en mets un autre de Vian que j'adore, sissi vraiment :incline:
Je bois
Systématiquement
Pour oublier les amis de ma femme
Je bois
Systématiquement
Pour oublier tous mes emmerdements
Je bois
N'importe quel jaja
Pourvu qu'il fasse ses douze degrés cinque
Je bois
La pire des vinasses
C'est dégueulasse, mais ça fait passer l'temps
La vie est-elle tell'ment marrante
La vie est-elle tell'ment vivante
Je pose ces deux questions
La vie vaut-elle d'être vécue
L'amour vaut-il qu'on soit cocu
Je pose ces deux questions
Auxquelles personne ne répond... et
Je bois
Systématiquement
Pour oublier le prochain jour du terme
Je bois
Systématiquement
Pour oublier que je n'ai plus vingt ans
Je bois
Dès que j'ai des loisirs
Pour être saoul, pour ne plus voir ma gueule
Je bois
Sans y prendre plaisir
Pour pas me dire qu'il faudrait en finir...
B.Vian
Pis c'est une chanson mais c'est aussi un poème en quelque sorte, bref c'est du Renaud et ce gars là sait écrire aussi, j'vous mets celle là mais j'aurais pu en mettre plein d'autres tant ses ecrits sont fameux.
Quand il est arrivé
A la Belle de Mai
Y connaissait dégun
Le parisien,
Qu'es aco ce fadòli
Avéses yeux de gòbi ?
A dit tout le quartier
Qui l'espinchait
Y fait le fier ce pébronnasse !
Oh, Bonne Mère, qué counas !
L'est pas de la Marsiale
C'est un con à la voile
On va lui esquicher
Le bout du nez
Premier jour au bistrot
L'a payé l'apéro
A tous ces enfévés
Pas rancunier !
Y se sont empégués
Jusqu'à la nuit tombée
A la santé peuchère
De l'estranger
Y fait le fier parc'qu'il est riche
Oh, Bonne Mère, qué stoquefiche!
C'est un vrai rompe-figue
Dis, il est de Martigues ?
Qu'est-c'qu'on peut s'en séguer
De ses lovés !
Le lendemain le cacou
Se promenait partout
Avè sa fiancée
Comme un trophée
C'était un belle nine
Au long cou de galine
L'avait dû la furer
Au poulailler
Y fait le fier le parigot !
Oh, Bonne mère, qué cafalo !
Vé, elle a le cul presque
Comme la porte d'aix !
Va caguer à Endoume,
Oh, fangoule !
Un jour, à des nistons
Qui jouaient au ballon
Il dit : "Oh, les minots !
Y a du boulot !
pour remporter le match
Faut se lever le maffre,
Et allez ! Bouleguez
Les bras-cassés ! "
Y fait le fier, fatche de con !
Mets-y peuchère un pastisson !
Et qu'il aille au Vieux Port
Faire ses estrambords
Peut même s'y néguer
L'estranger !
La caraque était née
Avé la crépine
Son équipe a brillé
A été digne !
Avé le cul, ma foi,
Un peu bordé déanchois
L'a fait des Phocéens
Européens
Y fait le fier et y parade
La Cannebière elle le bade !
Mais il nous casse aussi
Un peu les alibòfi
Car si on a la Coupe,
Il l'a aussi !
Après cette aventure
L'est devenu madur
L'a voulu remplacé
Le député !
Il est bon, ce jobastre,
Pour le 54 !
Y va se retrouver
A Montfavet !
Y fait le fier et y voudrait
Oh, Bonne Mère, nous escaner !
R'tourne à la capitale
Ou bien au pégal !
Ou au PSG
Chez les papés !
A la belle de Mai,
Aux Goudes et au Panier,
Il a salut dégun
Le Parisien
Quand il est remonté
Dedans son TGV
Avé sa fiancée
Et ses lovés !
Y fait le fier, ce pebronnasse !
Oh, Bonne Mère, c'est une estrasse !
Méfi ! Les trains s'arrêtent
Quelques fois aux Baumettes
Aprés un pénéquet
A l'Evêché !
Ecoute ma quique belle,
Cette histoire c'est celle
D'un fada, d'une brêle,
D'une bordille
Qui savait pas qu'ici
On aime les bandits,
Qu'on donne l'amitié
Aux estrangers
Mais si y sont fiers comme le pape
Oh, Bonne Mère, allez, escape !
Fais du bien à Bertrand
Il te le rend en caguant !
Donne lui le ballon
De nos nistons,
Dès qu'il sera champion
Il voudra, ce pébron,
Remplacer le Gaston !
Ça pas question, fatche de con !!!
Renaud :incline:
- Ouaip! Et Appolinaire a aussi fait dans un style encore plus graphique...
![[Image: appolinaire4.jpg]](http://users.skynet.be/artexpo/images/appolinaire4.jpg)
![[Image: appolinaire2.jpg]](http://users.skynet.be/artexpo/images/appolinaire2.jpg)
- [SIZE=1]Petit cadeau pour Fanfarlo... :mf_bluesb [/SIZE]
[align=center]![[Image: stances.jpg]](http://gula.chez.tiscali.fr//stances.jpg)
Ce ruisseau, dont l'onde tremblante
Réfléchit la clarté des cieux,
Paraît dans sa course brillante
Étinceler de mille feux;
Tandis qu'au fond du lit paisible,
Où, par une pente insensible,
Lentement s'écoulent ses flots,
Il entraîne une fange impure
Qui d'amertume et de souillure
Partout empoisonne ses eaux.
De même un passager délire,
Un éclair rapide et joyeux
Entrouvre ma bouche au sourire,
Et la gaîté brille en mes yeux;
Cependant mon âme est de glace,
Et rien n'effacera la trace
Des malheurs qui m'ont terrassé.
En vain passera ma jeunesse,
Toujours l'importune tristesse
Gonflera mon c½ur oppressé.
Car il est un nuage sombre,
Un souvenir mouillé de pleurs,
Qui m'accable et répand son ombre
Sur mes plaisirs et mes douleurs.
Dans ma profonde indifférence,
De la joie ou de la souffrance
L'aiguillon ne peut m'émouvoir;
Les biens que le vulgaire envie
Peut-être embelliront ma vie,
Mais rien ne me rendra l'espoir.
Du tronc à demi détachée
Par le souffle des noirs autans,
Lorsque la branche desséchée
Revoit les beaux jours du printemps,
Si parfois un rayon mobile,
Errant sur sa tête stérile,
Vient brillanter ses rameaux nus,
Elle sourit à la lumière;
Mais la verdure printanière
Sur son front ne renaîtra plus.
[b]Gérard De Nerval. Stances Elégiaques[/b][/align]

- Remontée de topic
Je viens de faire une découverte, je sais j'ai honte mais bon. Lisez cette merveille.
[b]RACAN, Stances sur la Retraite.[/b]
TIRCIS, il faut penser à faire la retraite;
La course de nos jours est plus qu’à demi faite;
L’âge insensiblement nous conduit à la mort:
Nous avons assez vu sur la mer de ce monde
Errer au gré des flots notre nef vagabonde;
II est temps de jouir des délices du port.
Le bien de la fortune est un bien périssable;
Quand on bâtit sur elle, on bâtit sur le sable;
Plus on est élevé, plus on court de dangers;
Les grands pins sont en butte aux coups de la tempête,
Et la rage des vents brise plutôt le faîte
Des maisons de nos rois que les toits des bergers.
O bienheureux celui qui peut de sa mémoire
Effacer pour jamais ce vain espoir de gloire,
Dont l’inutile soin traverse nos plaisirs;
Et qui, loin retiré de la foule importune,
Vivant dans sa maison, content de sa fortune,
A, selon son pouvoir, mesuré ses désirs!
Il laboure le champ que labourait son père;
Il ne s’informe point de ce qu’on délibère
Dans ces graves conseils d’affaires accablés;
Il voit sans intérêt la mer grosse d’orages,
Et n’observe des vents les sinistres présages,
Que pour le soin qu’il a du salut de ses blés.
Roi de ses passions, il a ce qu’il désire.
Son fertile domaine est son petit empire,
Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau;
Ses champs et ses jardins sont autant de provinces,
Et sans porter envie à la pompe des princes
Se contente chez lui de les voir en tableau.
Il voit de toutes parts combler d’heur sa famille,
La javelle à plein poing tomber sous sa faucille,
Le vendangeur ployer sous le faix des paniers;
Et semble qu’à l’envi les fertiles montagnes,
Les humides vallons, et les grasses campagnes
S’efforcent à remplir sa cave et ses greniers.
Il suit aucune fois un cerf par les foulées,
Dans ces vieilles forêts du peuple reculées,
Et qui même du jour ignorent le flambeau;
Aucune fois des chiens il suit les voix confuses,
Et voit enfin le lièvre, après toutes ses ruses,
Du lieu de sa naissance en faire son tombeau.
Tantôt il se promène au long de ses fontaines,
De qui les petits flots font luire dans les plaines
L’argent de leurs ruisseaux parmi l’or des moissons;
Tantôt il se repose, avecque les bergères,
Sur des lits naturels de mousse et de fougères,
Qui n’ont d’autres rideaux que l’ombre des buissons.
Il soupire en repos l’ennui de sa vieillesse,
Dans ce même foyer où sa tendre jeunesse
A vu dans le berceau ses bras emmaillotés;
Il tient par les moissons registre des années,
Et voit de temps en temps leurs courses enchaînées
Vieillir avecque lui les bois qu’il a plantés.
Il ne va point fouiller aux terres inconnues,
A la merci des vents et des ondes chenues,
Ce que nature avare a caché de trésors;
Et ne recherche point, pour honorer sa vie
De plus illustre mort, ni plus digne d’envie,
Que de mourir au lit où ses pères sont morts.
Il contemple, du port, les insolentes rages
Des vents de la faveur, auteurs de nos orages,
Allumer des mutins les desseins factieux;
Et voit en un clin d’œil, par un contraire échange,
L’un déchiré du peuple au milieu de la fange
Et l’autre à même temps élevé dans les cieux.
S’il ne possède point ces maisons magnifiques,
Ces tours, ces chapiteaux, ces superbes portiques
Où la magnificence étale ses attraits,
Il jouit des beautés qu’ont les saisons nouvelles;
Il voit de la verdure et des fleurs naturelles,
Qu’en ces riches lambris l’on ne voit qu’en portraits.
Crois-moi, retirons-nous hors de la multitude,
Et vivons désormais loin de la servitude
De ces palais dorés où tout le monde accourt:
Sous un chêne élevé les arbrisseaux s’ennuient,
Et devant le soleil tous les astres s’enfuient,
De peur d’être obligés de lui faire la cour.
Après qu’on a suivi sans aucune assurance
Cette vaine faveur qui nous paît d’espérance,
L’envie en un moment tous nos desseins détruit;
Ce n’est qu’une fumée; il n’est rien de si frêle;
Sa plus belle moisson est sujette à la grêle,
Et souvent elle n’a que des fleurs pour du fruit.
Agréables déserts, séjour de l’innocence,
Où loin des vanités, de la magnificence,
Commence mon repos et finit mon tourment,
Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,
Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,
Soyez-le désormais de mon contentement!

- Très joli en effet, je connaissais pas non plus

- 1618 ! :blondblush1: Surprenant , ça évoque plutôt le 19ème siècle !
Je ne connaissais pas!
cetace a écrit :
1618 ! :blondblush1: Surprenant , ça évoque plutôt le 19ème siècle !
Je ne connaissais pas!
Surprenant n'est pas? Je vais faire un tour chez le bouquiniste demain :paysan:
Fanfarlo a écrit :
Surprenant n'est pas? Je faire un tour chez le bouquiniste demain :paysan:
Bien reçu [b]stop[/b] mais toi pas trouver [b]stop [/b]édition rare [b]stop :happy2: [/b]
- [align=center][FONT=Century Gothic][/FONT]
[FONT=Century Gothic]
[align=center]
[/align]
[/FONT]
[FONT=Century Gothic][/FONT]
[FONT=Arial Black][SIZE=4]A Saint Hubert[/SIZE][/FONT]
[FONT=Century Gothic]A coup sur en Provence, peut être plus quailleurs,
Lautomne étant venu, et ce chaque matin,
Plaines, vallons et bois sont parcourus sans fin
Par des meutes formées de chiens et de chasseurs.
Depuis que Cro-Magnon, un natif dEspigoule,
A compris quil pourrait avec la farigoule,
Donner un nouveau goût aux repas quotidiens,
Il choisit de traquer, lièvres, perdreaux, lapins.
Pour ce faire il fallait de limagination,
Quant à prendre un gibier plus rapide que lui.
Du silex à la flèche, il passa au fusil,
Qui transforme la chasse, mais cest lévolution.
Aujourdhui Ecolos, Elus européens,
Votent textes sur textes pour sa disparition.
Ils méprisent cet acte de la Révolution,
Qui accorda ce droit à chaque Citoyen.
Suggérons aux nemrods un peu de discipline,
Relative à la faune, à leurs prélèvements.
Nous devons préserver pour nos petits enfants,
Les souches qui encore vivent dans nos collines.
Dans cet esprit, la chasse doit rester « passe temps « .
En tirer trop profit donne raison aux « verts ».
Les us et les coutumes ont aussi leurs revers ;
Sachons les adapter à lenvironnement.
Puisse donc Saint Hubert, notre très cher Patron,
Constatant nos erreurs, accorder notre pardon.
Et que la croix dressée entre les bois du Cerf,
Protège pour toujours cet acquis de nos Pairs.
[b]Aôut 1996
J. BASTIDE, poète d'Espigoule[/b]
[/FONT][/align]
- [align=center][b][SIZE=3][color=black]La pêche à la grenouille[/color][/SIZE][/b]
Allant à la pêche à la grenouille
je me suis retrouver avec de l'eau jusqu'aux
genoux[/align]
chichiman a écrit :
[align=center][b][SIZE=3][color=black]La pêche à la grenouille[/color][/SIZE][/b]
Allant à la pêche à la grenouille
je me suis retrouver avec de l'eau jusqu'aux
genoux[/align]
Je trouve ta poésie vaseuse Chichi :D
- [align=center][b]Le Loriot[/b]
Le loriot entra dans la capitale de l'aube
L'épée de son chant ferma le lit triste.
Tout à jamais prit fin.
[b]Post-Scriptum[/b]
Ecartez-vous de moi qui suis patiente sans bouche;
A vos pieds je suis né, mais vous m'avez perdu;
Mes feux ont trop précisé leur royaume;
Mon trésor a coulé contre votre billot.
Le désert comme asile au seul tison suave
Jamais ne m'a nommé, jamais ne m'a rendu.
Ecartez-vous de moi qui patiente sans bouche:
Le trèfle de la passion est de fer dans ma main.
Dans la stupeur de l'air où s'ouvrent mes allées,
Le temps émondera peu à peu mon visage,
Comme un cheval sans fin dans un labour aigri.
[b]Sur la nappe d'un étang glacé[/b]
Je t'aime,
Hiver aux graine belliqueuses.
Maintenant ton image luit
Là où son coeur s'est penché.
[b]Un oiseau...[/b]
Un oiseau chante sur un fil
Cette vie simple, à fleur de terre.
Notre enfer s'en réjouit.
Puis le vent commence à souffrir
Et les étoiles s'en avisent.
Ô folles, de parcourir
Tant de fatalité profonde !
[b]Sur le volet d'une fenêtre[/b]
Visage, chaleur blanche,
Soeur passante, soeur disant,
Suave persévérance,
Visage, chaleur blanche.
[b]Dis...[/b]
Dis ce que le feu hésite à dire
Soleil de l'air, clarté qui ose,
Et meurs de l'avoir dit pour tous.
[SIZE="3"][b]René Char. Fureur et Mystère.[/b][/SIZE][/align]
- Là c'est du favoritisme régional !
cetace a écrit :
Là c'est du favoritisme régional !
Ce n'est que hasard evidemment s'il est le grand poète de l'Isle-sur-la-Sorgue. :smoke1:
Mais çà en rajoute encore un peu à son génie. René... je l'aime d'amour. 
- [b][SIZE="3"]J'habite une douleur[/SIZE][/b]
[i]Le poème pulvérisé (1945-1947) [/i]
Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l'automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L'oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n'a plus de vitres. Tu es impatient de t'unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D'autres chanteront l'incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t'identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l'impossible.
Pourtant.
Tu n'as fait qu'augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d'une entente qui s'affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l'abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires...
Qu'est-ce qui t'a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?
Il n'y a pas de siège pur.
- [b][SIZE="3"]Allégeance[/SIZE][/b]
[i]Eloge D'une Soupçonnée[/i]
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?
- [b][i][SIZE=3][color=black]Etre jeune[/color][/SIZE][/i][/b]
La jeunesse n'est pas une periode de la vie,
elle est un etat d'esprit, un effet de la volonte,
une qualite de l'imagination, une intensite emotive,
une victoire du courage sur la timidite,
du gout de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vecu un certain nombre d'annees :
on devient vieux parce qu'on a deserte son ideal.
Les annees rident la peau ; renoncer a son ideal ride l'ame.
Les preoccupations, les doutes, les craintes et les desespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussiere avant la mort.
Jeune est celui qui s'etonne et s'emerveille.
Il demande comme l'enfant insatiable :
Et apres ? Il defie les evenements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous etes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-meme.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez receptif.
Receptif a ce qui est beau, bon et grand.
Receptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.
Si un jour, votre coeur allait etre mordu par le pessimisme et ronge par le cynisme,
puisse Dieu avoir pitie de votre ame de vieillard.
[i][b]
.[/b][/i]
- Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
Boris Vian
- Très très bon choix Bedo, magnifique ce poème

Il me semblait bien que Cali était un hermétique
Zorg c'est de qui ton poème?
- Merci Fanfarlo.
Un autre que j'aime beaucoup:
![[Image: L%27affiche%20rouge.jpg]](http://www.centremichelet.org/L%27affiche%20rouge.jpg)
[align=center][color=Red]L'affiche rouge[/color]
[/align]
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
Poème de Louis Aragon, chanté par Léo Ferré
Fanfarlo a écrit :
Zorg c'est de qui ton poème?
C'est mac !
Fanfarlo a écrit :
Très très bon choix Bedo, magnifique ce poème 
Et pour moi pas un seul mot d'encouragement...
cetace a écrit :
Et pour moi pas un seul mot d'encouragement...
Mais tu sais bien Cétacé que tu es la poésie incarnée et le bon goût littéraire 
Fanfarlo a écrit :
Très très bon choix Bedo, magnifique ce poème 
Il me semblait bien que Cali était un hermétique
Zorg c'est de qui ton poème?
merdia j'ai oublié de le citer c'est du général Mac Arthur:rld
- Dans ces temps de sècheresse olympienne, relisons le poème le plus connu de la langue française, car certainement un des plus beaux :
[b]Le pont Mirabeau[/b]
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passait
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
[b]
"Le Pont Mirabeau"
Apollinaire, Alcools (1912)[/b]
- [b][SIZE=3]Les mendiants[/SIZE][/b]
Les jours d'hiver quand le froid serre
Le bourg, le clos, le bois, la fange,
Poteaux de haine et de misère,
Par l'infini de la campagne,
Les mendiants ont l'air de fous.
Dans le matin, lourds de leur nuit,
Ils s'enfoncent au creux des routes,
Avec leur pain trempé de pluie
Et leur chapeau comme la suie
Et leurs grands dos comme des voûtes
Et leurs pas lents rythmant l'ennui ;
Midi les arrête dans les fossés
Pour leur repas ou leur sieste ;
On les dirait immensément lassés
Et résignés aux mêmes gestes ;
Pourtant, au seuil des fermes solitaires,
Ils surgissent, parfois, tels des filous,
Le soir, dans la brusque lumière
D'une porte ouverte tout à coup.
Les mendiants ont l'air de fous.
Ils s'avancent, par l'âpreté
Et la stérilité du paysage,
Qu'ils reflètent, au fond des yeux
Tristes de leur visage ;
Avec leurs hardes et leurs loques
Et leur marche qui les disloque,
L'été, parmi les champs nouveaux,
Ils épouvantent les oiseaux ;
Et maintenant que Décembre sur les bruyères
S'acharne et mord
Et gèle, au fond des bières,
Les morts,
Un à un, ils s'immobilisent
Sur des chemins d'église,
Mornes, têtus et droits,
Les mendiants, comme des croix.
Avec leur dos comme un fardeau
Et leur chapeau comme la suie,
Ils habitent les carrefours
Du vent et de la pluie.
Ils sont le monotone pas
- Celui qui vient et qui s'en va
Toujours le même et jamais las -
De l'horizon vers l'horizon.
Ils sont l'angoisse et le mystère
Et leurs bâtons sont les battants
Des cloches de misère
Qui sonnent à mort sur la terre.
Aussi, lorsqu'ils tombent enfin,
Séchés de soif, troués de faim,
Et se terrent comme des loups,
Au fond d'un trou,
Ceux qui s'en viennent,
Après les besognes quotidiennes,
Ensevelir à la hâte leur corps
Ont peur de regarder en face
L'éternelle menace
Qui luit sous leur paupière, encor.
[b]Emile Verhaeren[/b] (1855 - 1916), in [i]Les Campagnes hallucinées[/i]
- [b]Les enfants de Louxor[/b]
Quand je sens, certains soirs, ma vie qui s'effiloche
Et qu'un vol de vautours s'agite autour de moi,
Pour garder mon sang froid, je tâte dans ma poche
Un caillou ramassé dans la Vallée des Rois.
Si je mourrais demain, j'aurais dans la mémoire
L'impeccable dessin d'un sarcophage d'or
Et pour m'accompagner au long des rives noires
Le sourire éclatant des enfants de Louxor.
À l'intérieur de soi, je sais qu'il faut descendre
À pas lents, dans le noir et sans lâcher le fil,
Calme et silencieux, sans chercher à comprendre,
Au rythme des bateaux qui glissent sur le Nil,
C'est vrai, la vie n'est rien, le songe est trop rapide,
On s'aime, on se déchire, on se montre les dents,
J'aurais aimé pourtant bâtir ma Pyramide
Et que tous mes amis puissent dormir dedans.
Combien de papyrus enroulés dans ma tête
Ne verront pas le jour... ou seront oubliés
Aussi vite que moi?... Ma légende s'apprête,
Je suis comme un désert qu'on aurait mal fouillé.
Si je mourais demain, je n'aurais plus la crainte
Ni du bec du vautour ni de l'oeil du cobra.
Ils ont régné sur tant de dynasties éteintes...
Et le temps, comme un fleuve, à la force des bras...
Les enfants de Louxor ont quatre millénaires,
Ils dansent sur les murs et toujours de profil,
Mais savent sans effort se dégager des pierres
À l'heure où le soleil se couche sur le Nil.
Je pense m'en aller sans que nul ne remarque
Ni le bien ni le mal que l'on dira de moi
Mais je déposerai tout au fond de ma barque
Le caillou ramassé dans la Vallée des Rois.
Bernard Dimey :y:
cetace a écrit :
Bernard Dimey :y:
Ahhhh, les Musclés ! Toute une jeunesse...
:jout1:
PS : Il ne triche pas sur les pieds, lui... 
PS bis : Merci Cétacé ;o)
- T'as pas fini d'épier les pieds ?
[color=white]PS Ca m'étonnerai qu'il en manque je les ai fait vérifier par Anthony Rocco ![/color] 
- De la poesie inédite et même un tantinet ....
!!!!!
les fables de l'ami Polo
Allez donc z'y voir ! On en reparle à votre retour !
Erby KEZAKO a écrit :
De la poesie inédite et même un tantinet ....
!!!!!
les fables de l'ami Polo
Allez donc z'y voir ! On en reparle à votre retour !
En voilà un qui prend littéralement son pied ! 
- Prout

- alors ca c'est du deterrage

merci 
- Déterrer les vers c'est un travail de pêcheur !
