Il etait une fois dans l'ouest de Marseille- [b]CHAPITRE 1[/b]
[b]OLIVIER[/b]
Fatigué de bon matin, Olivier Martin repoussa sa tasse de café. Le troisième qu'il se servait en un quart d'heure dans le bar encore désert. Il ouvrit le [i]Phocéen[/i] directement à la page des sports, comme toujours, et entreprit de lire la rubrique O.M., qui occupait une demi page grand format, minimum quotidien offert à ses lecteurs par le seul journal régional.
Près de sept ans que le [i]Phocéen[/i], dans le cadre d'une fusion, avait remplacé les deux journaux en place depuis des décennies, l'[i]Eclair du Sud[/i] qui, sous un titre bleu, professait des idées de droite et la [i]Liberté[/i], qui sous un titre rouge, défendait des idées de gauche. Près de sept ans et Olivier ne s'était toujours pas fait à ce [i]Phocéen[/i] qui se disait apolitique mais servait ouvertement la soupe au maire de droite. Et qui, à côté de cela, se gardait bien d'émettre la moindre opinion sur quoi que ce soit ! C'est bien ce qu'Olivier reprochait à la presse moderne en général qui se contentait de rapporter les faits, sans les commenter.
" [i]Par souci d'objectivité[/i] " qu'ils disaient. Tu parles ! Rapporter les faits, quand tu en oublies certains ou que tu en modifies d'autres, c'est vachement objectif.
Chaque fois qu'il ouvrait ce journal dénué de personnalité, il ne pouvait s'empêcher de penser au sketch de Coluche dans lequel il citait une phrase authentique de Lecanuet, alors ministre de la défense : " [i]Je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire [/i]"
" Va savoir ce qu'il pense, cet homme-là ! " ajoutait le génial amuseur...
Ce phénomène de banalisation avait désormais gagné le sport et Olivier regrettait le temps où les journalistes sportifs analysaient et donnaient leur opinion, véhémentement parfois, au lieu de se contenter d'ouvrir les guillemets pour faire parler des jeunes gens n'ayant pour la plupart rien d'intéressant à dire.
Dans la presse écrite comme à la radio et à la télé, il n'en pouvait plus de rencontrer sempiternellement les mêmes clichés, les mêmes phrases désespérément vides, qu'il ne s'amusait même plus à recenser.
" [i]On prend les matches les uns après les autres ", " Il n'y a pas de petit adversaire ", " Un match n'est jamais joué ", " A nous de savoir réagir ", " On a bien joué le coup[/i] "
Quel intérêt pouvait-il y avoir à lire de pareilles banalités ? Même les comptes rendus analytiques des lendemains de matches étaient en voie de disparition, remplacés de plus en plus par d'insipides déclarations de joueurs ou par d'impersonnels autant que sommaires descriptifs écrits au présent, ce qui les rendait plus vite encore obsolètes.
Les journalistes, en somme, faisaient tous de la radio, y compris ceux de la presse écrite qui offraient ainsi à leurs lecteurs ce que tout le monde avait entendu la veille dans le poste ou sur l'écran
Il y en avait bien un ou deux qui s'efforçaient encore de disséquer les matches et d'émettre des opinions originales (bonnes ou erronées d'ailleurs, c'était là tout l'intérêt) mais leur combat semblait perdu d'avance.
D'ailleurs, dans la page des sports du [i]Phocéen[/i], il y avait de moins en moins de texte, désavantageusement remplacé, comme dans tous les canards, par des infographies simplistes qui semblaient ne devoir être destinées qu'aux benêts. Rien n'arrêterait plus l'avancée du tout-puissant royaume de l'iconographie, rebaptisée par ses soins i-connerie-graphie
Et puis ces couleurs que la direction (parisienne) du [i]Phocéen[/i] avait choisies lors de sa naissance !
Le bleu et le rouge représentaient certes les deux journaux dont il était issu. Mais il s'agissait aussi et surtout des couleurs du P-SG ! Olivier comme une immense majorité de supporters marseillais, avait d'abord cru à une blague. Il avait pourtant fallu se rendre à l'évidence : ce n'en était pas une et le journal appelé à raconter quotidiennement la saga de l'OM portait les couleurs de son rival abhorré !
Il en était là de ses réflexions lorsque Titin poussa la porte et vint accrocher sa veste à l'antique porte - manteau sur pied qu'Olivier avait acheté à la salle des ventes. Sous sa veste, Titin portait une chemise blanche et un gilet noir, comme d'habitude, et se trouvait donc prêt à remplir sans transition son office. Le coup de feu des cafés du matin n'allait pas tarder.
Quel âge avait Titin ? Nul n'aurait su le dire, à part Olivier bien sûr qui, en tant qu'employeur, avait découvert avec surprise que ce garçon qui semblait avoir quinze ans de plus que lui en avait en fait dix de moins. Les effets de l'alcool
Les yeux larmoyants, le nez turgescent et le visage prématurément ridé, Titin traînait son mal-être qu'il noyait dans le " jaune " - car pour rien au monde il n'aurait appelé un pastis autrement.
Petit et souffreteux, il s'était présenté un jour en quête de travail et Olivier, qui cherchait justement quelqu'un pour lui donner un coup de main, s'était laissé émouvoir par ce regard d'épagneul dans lequel il avait immédiatement décelé la petite faille des vaincus de la vie, imperceptible pourtant au commun des mortels.
Lui ne s'y trompait jamais, reconnaissant au premier coup d'oeil ceux qui, comme lui-même, avaient souffert ; ceux qui avaient un passé douloureux, parfois caché mais toujours difficile, voire impossible à exprimer et qui traînaient cela comme un fardeau.
" [i]Je veux chanter pour ceux / Qui sont loin de chez eux / Et qui ont dans les yeux / Quelque chose qui fait mal, qui fait mal...[/i]"
Michel Berger avait su trouver les mots pour dire ce que, par lassitude, les blessés de l'existence n'avaient jamais l'envie d'extérioriser. Lui le premier, qui gardait tout au fond de son coeur et en souffrait à petit feu...
Mais, pour Titin, il avait vite compris que le garçon n'était opérationnel que le matin. Sitôt passée l'heure de l'apéro, qui finissait pour lui en véritable supplice, le bougre s'en allait claquer sa paye ailleurs, sans même manger, les " jaunes " - qu'il buvait fort épais - lui servant de nourriture.
" De nourriture terrestre " ajoutait plaisamment Olivier qui avait lu André Gide...
Tant qu'à faire, la logique aurait voulu que le Titin dépensât son bel argent sur place, selon le principe des liquides et des vases communicants, tout à fait en situation dans un bar...
Mais outre qu'il aurait pu se faire traiter d'exploiteur par quelques habitués, Olivier avait vite compris que Titin, lorsqu'il avait trop bu, était mieux chez les voisins que chez lui...
Insupportable, ingérable, déraisonnable et agressif par dessus le marché ! Olivier, par habitude, savait comment s'y prendre avec les clients éméchés, qu'il entortillait avec des phrases toutes faites, sans jamais les prendre de front. Mais Titin était vraiment spécial et mieux valait qu'il aille en d'autres lieux noyer sa déprime en proférant - qui sait - du mal de son patron.
C'est donc seul que celui-ci assurait tous les jours la deuxième tournée des cafés, celle de l'après repas.
Olivier finissait précisément le sien, livré par un petit resto voisin et avalé sur le pouce, lorsque Dédé fit une entrée théâtrale en déclarant :
- " [i]punaise, Olive, je viens de l'entendre à la radio : Mario Zatelli est mort ![/i] "
En un instant, il sentit son sang se glacer et son âge, soudain, lui tomber sur les épaules...
(A suivre)
Théophile Cabot de la Cèze
- [FONT=Georgia]Hum, j'hésite... Balzac ou Zola???[/FONT] :bienjoué:
- [FONT=Georgia]Titin... Titin, je suis sûrque je vais l'aimer..![/FONT]
- Superbe Théophile... :bienjoué:
- théophile gautier dans capitaine rascasse !!! excellent, je sens pas une happy end !!! :bienjoué:
- Moi je dis Môssieur Théophile :chinois:
Beepees a raison, Balzacien en diable :bienjoué:
boeuf mode a écrit :
théophile gautier dans capitaine rascasse !!! excellent, je sens pas une happy end !!! :bienjoué:
Moi non plus sur le coup... ça laisse un goût mélancolique comme annonciateur d'une fin peu burlesque... :allvert:
- Vous avez vu c'est moi qui l'ai posté le message c'est un peu comme si c'etait moi qui l'avait écrit alors :frappé:
Hein ? :langur2: non ? :( mais pourquoi ? :tristebl:
Pixie a écrit :
Vous avez vu c'est moi qui l'ai posté le message c'est un peu comme si c'etait moi qui l'avait écrit alors :frappé:
Hein ? :langur2: non ? :( mais pourquoi ? :tristebl:
ça va aller Onc' Pixou ? :Pixie
Pixie a écrit :
Vous avez vu c'est moi qui l'ai posté le message c'est un peu comme si c'etait moi qui l'avait écrit alors :frappé:
Hein ? :langur2: non ? :( mais pourquoi ? :tristebl:
[FONT=Georgia]Oui, Oui... Comme si c'était toi... ([SIZE=1]il est fou lui...[/SIZE] ) [/FONT]
beepees a écrit :
[FONT=Georgia]Oui, Oui... Comme si c'était toi... ([SIZE=1]il est fou lui...[/SIZE] ) [/FONT]
Le smiley approprié est : :Beep
Campana a écrit :
Moi je dis Môssieur Théophile :chinois:
Beepees a raison, Balzacien en diable :bienjoué:
[FONT=Georgia]Pour des raisons de géographie, Balzac s'est muté en Commandant Cousteau, en fait.
Celui qui me dit pourquoi aura un Roudoudou! [/FONT] :enplace:
beepees a écrit :
[font=Georgia]Pour des raisons de géographie, Balzac s'est muté en Commandant Cousteau, en fait.
Celui qui me dit pourquoi aura un Roudoudou! [/font]:enplace:
Pas compris :enlair:
Beau réflechir moi pas comprendre :(
Ame charitable expliquer moi ? :allvert:
Merci ::crazy.gi
beepees a écrit :
[FONT=Georgia]Pour des raisons de géographie, Balzac s'est muté en Commandant Cousteau, en fait.
Celui qui me dit pourquoi aura un Roudoudou! [/FONT] :enplace:
Moi aussi j'ai pas bien compris... :-/
Sinon moi je dis: "chapeau bas Téophile, repect!!!" :bienjoué:
Pixie a écrit :
Pas compris :enlair:
Beau réflechir moi pas comprendre :(
Ame charitable expliquer moi ? :allvert:
Merci ::crazy.gi
[FONT=Georgia]A l'ouest de Marseille il y a quoi?[/FONT]
- Franchement pas mal du tout mister théophile moi j'aime bcp :amour: c'est TRANKIL un bon début mais il reste la suite et savoir si ça va continuer dans le même sens
Je crois que je vais tomber amoureuse de théophile :langur2: lol!!
beepees a écrit :
[font=Georgia]A l'ouest de Marseille il y a quoi?[/font]
ça ? ::crazy.gi
![[Image: 225300670X.01.LZZZZZZZ.jpg]](http://images-eu.amazon.com/images/P/225300670X.01.LZZZZZZZ.jpg)
- A l'ouest rien de nouveau je l'ai lu : excellent:bienjoué:
beepees a écrit :
[FONT=Georgia]Pour des raisons de géographie, Balzac s'est muté en Commandant Cousteau, en fait.
Celui qui me dit pourquoi aura un Roudoudou! [/FONT] :enplace:
Eureka, c'est Thalassa !
Tu as fait rudement travailler mes cellules grises de poisson mais je pense avoir trouvé ton histoire de commandant Couche Tôt : à l'ouest de Marseille, il y a la mer. A moi donc, le roudoudou mon doudou !
Cela dit, la saga ne s'appelle pas Once upon a time A L'OUEST de Marseille mais DANS l'OUEST de Marseille. Ce qui signifie que mon bistrot préféré se trouve dans les quartiers ouest de la ville, pas dans la grande bleue, glub, glub, glub....
Mais vu le profil psychologique de mon héros, on peut dire aussi que dans l'ouest de Marseille, il y a l'amer...
Allez, je remets mon masque et j'y replonge !
cabotdelaceze a écrit :
Eureka, c'est Thalassa !
Tu as fait rudement travailler mes cellules grises de poisson mais je pense avoir trouvé ton histoire de commandant Couche Tôt : à l'ouest de Marseille, il y a la mer. A moi donc, le roudoudou mon doudou !
Cela dit, la saga ne s'appelle pas Once upon a time A L'OUEST de Marseille mais DANS l'OUEST de Marseille. Ce qui signifie que mon bistrot préféré se trouve dans les quartiers ouest de la ville, pas dans la grande bleue, glub, glub, glub....
Mais vu le profil psychologique de mon héros, on peut dire aussi que dans l'ouest de Marseille, il y a l'amer...
Allez, je remets mon masque et j'y replonge !
[FONT=Georgia][b]Eh Oui ... pschhhhh ... notre gagnant... pschhhh... est ... pschhhh.... Théophile... pschhhh... Cabot...pschhhhh... delacèze...pschhhh...@Nicolas Hulot[/b]
Je savais à l'avance que ma petite supercherie du A était un peu tirée par les cheveux...[/FONT]
- Me présenter faut voir et pourquoi l'huissier ne serait-il ;) pas content???
- tiens regarde c'est là, mon ange ! :D http://www.opiom.net/forums/showthread.php?t=245&page=1
l'huissier c'est le monsieur avec le verre de rouge... :allvert:
- j ai vu monsieur l'huissier je peux ou pas tomber amoureuse de théophile :amour:
P'tit Ange ::crazy.gi
- no problemo, je crois du reste qu'il aime les koalains... :D
P'tit Ange a écrit :
j ai vu monsieur l'huissier je peux ou pas tomber amoureuse de théophile :amour:
P'tit Ange ::crazy.gi
Moi je dit ok aprés une p'tite présentation comme le veux la coutume sur ce site ici :
http://www.opiom.net/forums/showthread.php?p=17473#post17473
voir une photo en accessoire ici (pas obligatoire mais c'est toujours sympa;)) :
http://www.opiom.net/forums/showthread.php?p=12713#post12713
- [FONT=Georgia]J'ai lu la dernière de TCBDLC en avant première, un seul mot: bouse! Le Goncourt est déja passé! [/FONT] :enplace:
- Grand merci mais tous ces compliments risquent de me transformer en poisson rouge (de confusion). Tant qu'à faire, mieux vaudrait que ce soit en ballon de rouge (hips)
Pas à l'eau, pas à l'eau, Théophile....
cabotdelaceze a écrit :
Grand merci mais tous ces compliments risquent de me transformer en poisson rouge (de confusion). Tant qu'à faire, mieux vaudrait que ce soit en ballon de rouge (hips)
Pas à l'eau, pas à l'eau, Théophile....
[FONT=Georgia]Cousteau, tu as raison, n'est jamais entré parmi les lauréats du Goncourt. De plus je suis partisan du no kill, Théophile... Alors que faire, dilemne?![/FONT]
- au fait théophile il y a la suite de il etait une fois dans l'ouest de marseille car j'attend avec impatience
- CHAPITRE II
MARIO
Mario était mort
!
Mario, le Beau Mario, celui qui avait personnifié lO.M. pendant plus de 40 ans, comme joueur, comme entraîneur, comme amuseur public, comme figure emblématique.
" Mais cest pas possible, je lai appelé hier pour lui présenter mes vux ! Il était en pleine forme
"
Olivier ne mit pas longtemps pour réaliser que sa première pensée, heureusement non formulée, était particulièrement stupide et il songea aussitôt à la chanson composée par ses soldats en lhonneur de M. de la Pallice, capitaine de François 1er mort à la bataille de Pavie (1525) si sa mémoire était bonne - mais elle létait, hélas - qui avait donné lieu au mot " lapalissade "
" Un quart dheure avant sa mort / Il faisait encore envie " avaient écrit les auteurs, ce qui constituait déjà une possible (et donc saugrenue) évidence. Mais la gent soldatesque, reprenant le chant en chur, avait transformé la phrase en " Un quart dheure avant sa mort / il était encore en vie " offrant ainsi, sans le savoir, limmortalité à leur chef bien-aimé.
Car dans la foulée, bien sûr, les moqueries avaient fleuri sur ces enfonceurs de portes ouvertes. Jusquà cette chanson populaire, entièrement réécrite en ce sens et pleine de ces " lapalissades " désormais entrées dans le langage courant.
" Messieurs vous plait-il douïr / Lair du fameux La Pallice / Il pourra vous divertir / Pourvu quil vous réjouisse.
La Pallice eut peu de biens / Pour soutenir sa naissance /
Mais il ne manqua de rien / Dès quil fut dans labondance "
Enfant, quand il était malade, sa mère venait le distraire en lui chantant de vieux airs populaires comme celui-là, extraits dun recueil fatigué qui datait de son enfance à elle.
Cet album de chansons enfantines, illustré dimages dEpinal et recouvert dun tissu provençal rouge sombre, il le possédait toujours et la voix de sa mère résonnait encore à ses oreilles...
Eh voilà ! Cela recommençait
Il en avait marre de ce cerveau qui ne sarrêtait jamais et lentraînait dans mille directions, marre de ces références historiques ou littéraires qui lui venaient sans cesse à lesprit et qui faisaient caguer tout le monde.
Cétait usant. Si Olivier était devenu un taciturne, un " taiseux " comme disent les Belges, cétait en bonne partie par crainte de la ramener, de paraître sentencieux. Par lassitude dexpliquer aussi. Et puis, quoi : qui cela pouvait-il intéresser ?
Il avait trop lu, voilà tout et sa mémoire imprimait trop bien
" Boudie, il a le teston trop plein, ce petit ! " disait déjà la vieille Emilie, femme de ménage de ses parents, en le voyant dévorer, à plat ventre sur le tapis du salon, quelque bouquin de limmense bibliothèque familiale ou quelque dictionnaire dont il se délectait.
Il esquissa un sourire attendri, prêt à repartir déjà vers dautres évocations instillées par ce maudit cerveau en éveil perpétuel qui, cette fois, le ramena de façon brutale à Mario.
Mario, son guide, son second père ou presque puisque il navait pas assez connu le sien
Mario, mort bien portant, avec toute sa tête, à 91 ans, dun arrêt cardiaque dans son sommeil !
" La baraka, ptit ! Jai toujours eu la baraka ! " lentendait-il lui dire. Son accent pied-noir, quil navait jamais perdu, résonnait à ses oreilles.
Comme ce jour inoubliable de 1970 où il sétait planté devant lui au sortir dun entraînement au stade de lHuveaune.
" Dis-moi, ptit, ça te plairait de venir tentraîner avec les Pros la semaine prochaine ?" lui avait-il dit avec de la malice dans le regard.
Olivier en était resté tout espaloufi, comme disait la vieille Emilie, abasourdi par cette demande à laquelle il navait su répondre que par un pitoyable " Ben, oui, monsieur, bien sûr
"
Les Pros ! Skoblar, Magnusson, Bonnel, Novi, Loubet, Escale, Kula, Escale, Daniel Leclercq, Jules Zvunka en route vers le titre en cette saison 70-71, emmenés par un flamboyant Skoblar qui allait réussir 44 buts dans ce Championnat, enlevant le Soulier dOr du meilleur buteur européen
" Je tai observé plusieurs fois, ptit. Avec léquipe réserve et à lentraînement. Tu travailles bien, tu tappliques. Alors je pense que tu mérites de venir passer une semaine avec nous
"
De temps à autre, Mario invitait ainsi un jeune espoir du club à partager de façon temporaire lentraînement des professionnels. Un seul à la fois et jamais de façon durable, histoire de ne pas faire enfler les citrouilles. Albert Emon, Gérard Gili, François Bracci, Rolland Courbis, Michel Chaumeton, Alain Maccagno, Yvan Piatti, équipiers dOlivier en équipe réserve, avaient eu ou allaient avoir ainsi ce même privilège.
Mario avait un il infaillible pour déceler les talents en devenir. Furetant partout, guidé par la passion, il assistait à des matches parfois improbables.
Souvent - presque toujours même - pour pas grand chose. Mais de temps à autre, il faisait une trouvaille. Un jour par exemple, il était allé suivre un match de cadets entre lO.M. et lUS Rouet, un autre club marseillais.
Le lendemain, avisant le dirigeant olympien, il lui avait demandé ce quil pensait du grand maigre qui avait joué contre son équipe. Lautre ne lavait même pas remarqué. Alors Mario avait téléphoné à son ami Ange Persoglio, président de lUS Rouet et cest comme cela que la saison suivante, François Bracci, futur international (18 sélections) avait enfilé le maillot de lO.M.
X
XXX
" Deux demis, sil vous plaît, monsieur Olivier " demanda le petit Pascal, un habitué qui sobstinait à lappeler ainsi, comme sil était un capo mafioso.
Lorsquil était plongé dans ses pensées - mais pas toujours, parce quil parlait tout de même souvent avec sa clientèle qui, sans cela, aurait déserté le bar - Olivier arrivait à servir les consommations et à rendre la monnaie sans perdre le fil de ses méditations.
Mais là, le Pascalounet lui mit sous le nez une sorte daffichette qui avait circulé au stade lors dOM Strasbourg, le soir où Barthez avait fait son festival de " pénantis ".
" La honte du samedi soir " pouvait-on lire sur le tract, juste à côté dun portrait en pied de John Travolta en costume blanc moulant, dont la tête avait été remplacée par celle dAlain Perrin.
- Vous trouvez pas que cest ressemblant ? demanda le jeunot.
- Ouais, un petit quelque chose peut-être... Mais franchement, moi, je trouve que Perrin, il ressemble surtout à Charles Trenet jeune. Tu lui mets un chapeau à larrière du crâne, tu lui fais dresser lindex en lair, écarquiller un peu les yeux et il te chante " Y a dla joie, bonjour, bonjour les hirondelles, y a dla joie
"
- Cette saison, ce serait plutôt " Y a pas djoie ", dit un monsieur bien habillé accoudé au comptoir. Et tout le bar éclata de rire.
- Oh, punaise, ça cest bon ! Vous me donnez une super idée !
Le Poète navait pu retenir ce cri du cur. Dégingandé, les cheveux longs et sales, le Poète passait ses journées dans le bar, ne consommant jamais dalcool, juste un café le matin et un autre laprès-midi.
Il nétait pas méchant, même pas jobastre, seulement un peu ahuri, vivait toujours chez sa mère alors quil avait largement dépassé la trentaine. Sylvère, cétait son prénom, touchait une maigre pension et se disait poète, même sil navait jamais écrit que dépouvantables vers de mirliton, quil tentait dinfliger parfois à la cantonade, sous un déluge dimprécations.
- Je la tiens, je la tiens ! sécria-t-il en griffonnant lamorce de sa chanson sur un bout de papier graisseux quil avait extrait dune poche de sa veste élimée.
- Eh ben, ne la lâche pas ! lui fut-il répondu du tac au tac. Et dabord, cest quoi que tu tiens : la vache par les coroñes ?
Une demi-heure après pourtant, le Poète revint fièrement se camper devant le comptoir. Sa chanson, recopiée sur une feuille blanche empruntée à Olivier, était prête.
Il lentonna dune voix de fausset.
Y pas djoie
punaise de con, cest le bordel
Y pas djoie
On nous les brise, on se les gèle
Y a pas joie
Au Vélodrome cest pas Noël
Y a pas djoie, punaise, y pas djoie
Y a pas djoie
On entend les chèvres qui bêlent
Y a pas djoie
Le pauvre Ohême bat de laile
Y a ps djoie
Les matches sont dplus en plus mortels
Et on gagne une fois sur trois !
Y a pas djoie
Nos joueurs jouent comme des brêles
Y a pas djoie
Et Perrin-Pinpin les harcèle
Y a pas djoie
A croire quon les ensorcèle
Ou bien quils ont perdu la foi
Y a pas djoie
Les points senvolent à tire daile
Y a pas djoie
Mêm Paris nous troue la rondelle
Y pas djoie
punaise de con et macarel
Y a pas djoie, punaise y a pas djoie
Il remporta un véritable triomphe, le plus éclatant (le seul ?) de son humble carrière de poète maudit.
- Eh ben, tu vois, quand tu travailles dans lhumour, tu arrives presque à être bon, lui dit Olivier en lui offrant un café.
Pascal et Dédé, machiavéliques et bien peu charitables envers celui qui venait de les faire rire aux éclats, entreprirent aussitôt de lui jouer un remake du Schpountz, le persuadant quil avait du génie et quil fallait faire écouter ça aux gens de Paris.
- Ecoute-moi bien, lui dit Dédé, tu proposes ça à Patrick Sébastien, il le chante à la télé déguisé en Alain Perrin et ta fortune est faite !
Rayonnant, enfin reconnu, le Poète buvait du petit lait. Il écouta avec délectation les deux traîtres chanter sans retenue ses louanges et lui expliquer le pourquoi du comment il allait devenir célèbre.
Jusquà ce que Sylvère, enivré de bonheur, réalise enfin dans un sursaut de clairvoyance que sa mère ne lui donnerait jamais les sous pour prendre le TGV.
Olivier lui, que cet intermède avait tiré un moment de sa morosité - il avait même ri de bon cur - était déjà reparti dans ses pensées, prêt à revivre, pour la millième fois, son tout premier entraînement avec les Pros, en 1970, au stade Vélodrome, sous la direction du grand Mario Zatelli, avec Skoblar et Magnusson
(A suivre)
Théophile Cabot de la Cèze
- Grande grande Classe Cabot :kola:
Tiens ça merite une danse du :lpouletda
- un vrai baron le sieur Cabot :bienjoué:
chapeau bas :Pixie
- Je vais la faire moderne pour exprimer mon admiration :
:bienjoué: pour te dire, Cher Cabot de la Cèze, que définitivement, je dirais Balzac...
:lprostern Parce ce que là, il n'y rien de plus à faire...
:-/ Parce ce que maintenant, pour oser écrire un truc, y a du boulot.
Vivement la suite !
- Hum :kpassûr: je peux avoir une dedicace s'il vous plait ? :langur2:
C'est pas pour moi c'est pour mon voisin il adoooooore ce que vous faites Mr Cabot
- premiers, second rôles, personnages secondaires !!! Toute une galerie de portraits ! :bienjoué:
- Théophile ! Théophile !!! On va créer le fan club !!! :bienjoué:
- [FONT=Georgia]Rien lu d'aussi passionnant depuis "les mystères de Paris"(Laffrite reprint)@Les nouvelles littéraires.[/FONT] :enplace:
- Toujours autant de classe dans l'ecriture!
Felicitations
- Gloire à toi, Théophile Cabot ! :bienjoué:
Ton talent de conteur se doit de dépasser les portes hermétiques de la fumerie :chinois:
- WHOUAH c'est sublime Franchement une seule chose à dire pour Théophile c'est:
OOOOOOOOOOOLLLLLLLLLLLLLLAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!
:kola:
A vrai dire même
YADORE comme dirai chouchou
A quand la suite???????? J'ai hâte de la lire c'est mille fois mieux que Nietzsche (car ça me saoul ce bouquin)
Au fait ne veut me le lire???ça serait gentil de votre part
P'tit Ange :angail1:
P'tit Ange a écrit :
WHOUAH c'est sublime Franchement une seule chose à dire pour Théophile c'est:
OOOOOOOOOOOLLLLLLLLLLLLLLAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!
:kola:
A vrai dire même
YADORE comme dirai chouchou
A quand la suite???????? J'ai hâte de la lire c'est mille fois mieux que Nietzsche (car ça me saoul ce bouquin)
Au fait personne ne veut me le lire???ça serait gentil de votre part
P'tit Ange :angail1:
- c'est mille fois mieux que Nietzsche
L'OGC Nietzsche vient de perdre à Saint-Etienne (2-0)
- Bah ils sont tous occupés à boire du champagne pour feter le depart d'A.P :enlair:
Mais je te felicite pour ton OGC Nietzsche :bienjoué:
La classe :D
cabotdelaceze a écrit :
c'est mille fois mieux que Nietzsche
L'OGC Nietzsche vient de perdre à Saint-Etienne (2-0)
je suis tout à fait d'accord d'ailleurs tu ne veux pas me lire mes 15 pages et me faire un résumé car c'est hard et c'est :beurk:
moi j'aime pas ça nietsche ça me donne envie de dormir.
- IL ETAIT UNE FOIS DANS LOUEST DE MARSEILLE
CHAPITRE 3
O.M.
Il sétait pointé avec une bonne demi-heure davance et avait préféré aller boire un café de lautre côté du boulevard Michelet, histoire de ne pas se faire remarquer dès le premier jour en arrivant trop tôt.
Olivier avait très peu dormi cette nuit-là, tel un enfant une nuit de Noël. Trop excité à lidée de sentraîner durant toute la semaine avec les Pros. Exactement comme lors de son tout premier match en pupilles, lorsque, après avoir ciré ses chaussures et soigneusement plié ses affaires de sport au pied de son lit, il avait passé les trois-quarts de la nuit à les observer, dans une semi obscurité, en imaginant une succession de phases de jeu dont il était immanquablement le héros. A laube, vaincu, il sétait endormi et il avait eu limpression que ses yeux venaient tout juste de se fermer lorsque son père était venu le secouer doucement par lépaule.
Il nétait vraiment pas frais ce matin-là mais ça ne lavait pas empêché de marquer les deux buts de son équipe, sous le regard attendri du paternel qui ne parlait pas beaucoup, lui non plus, et nextériorisait jamais ses sentiments
Cétait déjà loin, tout ça et sous un beau soleil dautomne, Olivier finissait juste de traverser limmense cour dhonneur du stade Vélodrome lorsquil vit arriver une Austin Mini bleu nuit qui vint se ranger à côté de la rutilante Alfa rouge sang de Mario.
Un costaud souriant sen extirpa : Jules Zvunka, vaillant combattant lorrain dorigine hongroise, à Marseille depuis quatre ans déjà et que le récent départ de Jean Djorkaeff pour Paris avait promu capitaine.
- [i]Olivier, cest ça ? M. Zatelli ma prévenu. Viens au vestiaire, je vais te présenter
[/i]Les clubs professionnels, en ce temps-là, étaient bien moins structurés quaujourdhui : 15 ou 16 joueurs professionnels, pas plus, un seul entraîneur, deux kinés, un prof de gym trois matins par semaine en guise de préparateur physique - innovation due à Mario et que bien peu de clubs avaient encore reprise. Deux journalistes aussi, pas plus, un pour chacun des journaux régionaux, qui faisaient quasiment partie du groupe, allant et venant à leur guise, y compris dans les vestiaires.
Comme le football avait changé en trente ans ! Enfin, son environnement parce que le jeu, lui
Plus rapide certes, pratiqué par des garçons mieux préparés et formés dès la petite enfance. Mais les principes de base étaient les mêmes.
[i]- Un jeu dadresse et dintelligence avant tout[/i], aimait à répéter Mario. [i]Après viennent la vivacité et la disponibilité. Et puis le physique, bien sûr, qui est le plus facile à acquérir
[/i]Il aimait bien la passe à dix, quil faisait pratiquer soit à la main soit au pied à ses hommes, afin que lart du démarquage devienne chez eux une seconde nature.
- [i]Vous avez vu jouer les Nantais, les gars ? Vous avez vu comme leur jeu est fluide ? Le secret du football cest ça, moi je vous le dis. Je donne la balle et hop, je me démarque. Quand le porteur du ballon a, non pas une, ni deux, mais trois ou quatre solutions de passe, alors le foot ça devient vraiment facile. Il ne reste plus quà faire le bon choix
[/i]"
De ce premier entraînement mémorable, Olivier avait par dessus tout retenu le petit match qui lavait conclu, disputé avec de grands buts sur une moitié de terrain, afin de bien utiliser les espaces en largeur.
Et plus particulièrement deux de ses gestes, que sa mémoire avait imprimés à jamais. Il y avait dabord eu cette longue passe aérienne quEdouard Kula lui avait adressée alors quil se trouvait sur le côté droit. Son amorti de la poitrine et le contrôle du pied qui lavait suivi, tous deux parfaits, lui avaient permis de garder la tête haute, comme toujours, et il avait parfaitement vu partir Roger Magnusson devant lui sur son aile.
Mais il ne lui avait pas envoyé le ballon, jugeant le geste trop prévisible ! Extrêmement timide dans la vie, Olivier ne létait plus dès quil se trouvait sur un terrain où sa facilité technique lui permettait même davoir un joli culot. Et il en fallait une belle dose pour négliger ainsi lappel de balle dun monstre sacré tel que le Suédois, véritable phénomène du dribble et, accessoirement, encyclopédie vivante du football
Roger parlait le suédois, langlais, lallemand, litalien et le français, achetait tous les journaux sportifs de ces pays et savait tout sur tout. Cétait aussi et surtout un garçon charmant, dune modestie exemplaire, lanti-star par excellence. Pas le genre à se formaliser dune passe non arrivée et encore moins lorsque cétait pour la grandeur du jeu !
Car ayant aussitôt effacé son opposant en ramenant le ballon vers larrière dun extérieur du pied gauche, Olivier adressa dans le même mouvement et sans élan une transversale de 35 mètres qui tomba très exactement dans la foulée de Charly Loubet, dont le contrôle orienté trompa tout à la fois " Diego " Lopez et Jean-Paul Escale, le gardien de but.
Puis il y avait eu ce but inouï quOlivier sétait repassé sans fin [i]sur lécran noir de ses nuits blanches[/i] et quil revoyait, aujourdhui encore, avec une netteté absolue
Sur ce coup-là, Magnusson avait effacé deux joueurs sur son aile, dans son style si particulier, avant de centrer en retrait en direction du point de penalty et dOlivier qui, lancé en pleine course, avait eu le temps dapercevoir le maillot rouge dEscale au premier poteau et le geste défensif désespéré de Jules Zvunka, mettant tout son corps en opposition. En reprenant ce ballon en première intention, comme laurait fait le commun des footballeurs, Olivier aurait été immanquablement contré.
Alors dinstinct et en un quart de seconde, il osa un geste qui peut sembler anodin aujourdhui mais qui ne létait pas du tout en 1970. Parti pour reprendre ce ballon du pied droit, il arrêta en fait sa jambe de frappe au dernier moment et, du talon droit, poussa légèrement le ballon vers lavant et vers la gauche au moment où il passait entre ses jambes. Puis, avec une vivacité incroyable, il entreprit une volte à 180 degrés, le dos tourné au but, voyant défiler devant ses yeux la tribune Ganay, le virage sud et la tribune Jean-Bouin avec les petits pupitres de la presse. Ah, quel dommage quils naient pas été allumés, ces pupitres et que le stade nait pas été plein pour voir ce but sortant vraiment de lordinaire
Car à la sortie de son mouvement, bien sûr, le but était grand ouvert devant lui. Il ne se contenta pas de pousser le ballon néanmoins mais plaça une frappe sèche, au ras du gazon, qui alla se ficher très exactement à lintersection du grand et du petit filet. Le geste, dans sa globalité, était si inattendu, si magnifique, quil déclencha les applaudissements de ses compagnons de jeu, dordinaire avares de ce type de manifestation denthousiasme pourtant.
Et quà la fin de la semaine, le journaliste Louis Dupic, lun des rares témoins de la scène, allait lui consacrer un petit encadré dans la Liberté, sous le titre " Un O.M. pour demain ".
" [i]En quelques séances dentraînement[/i], avait-il écrit en substance, [i]ce jeune homme de 18 ans, pur produit du club, nous a montré plus de choses que certains de ses devanciers en un an[/i].
[i]Olivier Martin, aux initiales prédestinées, possède en lui toutes les virtualités pour devenir le grand O.M. de demain
[/i] "
punaise, cétait il y a 34 ans
X
XXX
[i]- Et voilà, et voilà, et voilà
!
Tu te rends compte de ce que tu as déclenché ? A cause de toi et de ta chanson moqueuse, Bouchet a viré Perrin et on est repartis pour se ronger les sangs pendant des mois
Oh, Sylvère, cest grave ce que tu as fait ! " Y pas djoie " ! Ah, je ten foutrai, moi, du " Y a pas djoie "
!
[/i]Dédé et Pascal, insensibles à la pitié, avaient entrepris de jouer une fois de plus avec la naïveté de leur souffre-douleur préféré.
Le Poète, un peu inquiet tout de même, protestait mollement de son innocence, façon Gaston Lagaffe endiguant la colère de Prunelle.
- [i]Menfin, cest pas moi, arrêtez
Cétait pas grand chose, ce truc-là. Et puis Bouchet la pas vu
- Alors là, tu te trompes[/i], dit Dédé avec lair mystérieux de celui qui en sait plus. Il prit un temps, histoire de laisser saccroître la sourde inquiétude envahissant le Poète, dont les mains étaient soudain devenues toutes moites.
[i]- Tu sais, Lulu, le fils aîné de ma sur ? Eh ben, son meilleur copain, il sort avec une fille qui est en stage en ce moment, au secrétariat de lO.M.. Et elle sait bien, elle, que Bouchet passe sa vie sur le web, à lire tout ce qui se dit sur le club !
- Quoi ? [/i]dit Sylvère, de plus en plus troublé.
[i]- Interné ! Tu connais ça, toi, interné, non ? Oui, à mon avis, tu dois connaître
[/i]Le fourbe prit à nouveau un temps et même deux, afin que le bar tout entier ait le temps de rire de son trait desprit.
[i]- Eh ben, y a un site, là, OpiOM ou je sais pas quoi, dirigé par un petit mickey un peu dingo qui se fait appeler Pixou. Et ils ont mis ta chanson sur le site ! Et Bouchet la lue. Je dis pas quil la chantée, hein ! Mais pour la lire, oui, il la lue
- Quand on est président de lO.M.[/i],[i] on connaît la chanson,[/i] dit sentencieusement son complice Pascal, avec un air den avoir deux.
- [i]La petite, là, celle qui sort avec le copain de mon neveu, eh ben elle a raconté que Bouchet est devenu tout pâle et quil a dit " Cette fois, cest fini, les supporters nous prennent pour cible ". Juste ça, pas plus : " Cette fois, cest fini
" Et il a nommé la caution Marseillaise sur le champ [/i]!
[i]- Avec la caution Marseillaise, on y go ! Et tout droit ![/i] ajouta sobrement le petit Pascal, décidément en verve.
Dans létat de candeur qui était le sien depuis sa naissance, le Poète avait parfois des fulgurances, des éclairs de lucidité ou de méfiance qui le ramenaient de plain-pied dans la réalité.
[i]- Et dabord, comment elle serait parvenue jusquà ton Pixou, ma chanson ?[/i] demanda-t-il, soudain soupçonneux.
[i]- Ca, cest un mystère ! Va savoir, il y a peut-être quelquun qui te veut du bien et qui a fait ça pour taider à te faire connaître
Ou alors il se peut aussi quil y ait un traître ici, [/i]répondit Dédé en faisant lentement du regard le tour de lassistance
.
Théophile Cabot de la Cèze
(A suivre)
- Y a comme un passage étrange :allvert:
Mais sinon encore une fois 
- [i]" je sais pas quoi, dirigé par un petit mickey un peu dingo qui se fait appeler Pixou. " [/i] :smiley_aa ENORME !!!

- Moi, quand je serai grande, je voudrai écrire comme le Cabot de la Cèze
- [i][FONT=Georgia]"Opiom ou je sais pas quoi"[/FONT][/i]
- [FONT=Georgia]Grand joueur ce Cabot!!! [/FONT] :bienjoué:
- rien à dire toujours aussi spectaculaire à chaque chapitre jesuis émerveillée un seul mot J'ADOOOOORRREE :excellent
je tien à dire un énorme :merci: à Cabotdelaceze pour ces moments de lecture sublime.
Yo gusto muito e muito mervilloso
The girl a écrit :
Moi, quand je serai grande, je voudrai écrire comme le Cabot de la Cèze
Mais dis-moi, The Girl, tu t'es mariée à quel âge ....?
cabotdelaceze a écrit :
Mais dis-moi, The Girl, tu t'es mariée à quel âge ....?
Very young, Monsieur Cabot...il en de la chance :Beep
:langur2:
- J'ai failli raté le chapitre 3 !!! Bravo Théophile !!!
Tu nous fous un peu le cafard non ? Magnusson, ZVUNKA, Zatelli... :bienjoué:
- Vachousek, il a du Magnusson en lui... :enlair:
Mathildien75 a écrit :
J'ai failli raté le chapitre 3 !!! Bravo Théophile !!!
Tu nous fous un peu le cafard non ? Magnusson, ZVUNKA, Zatelli... :bienjoué:
"Ecrivaillon mélodramatique cherche sponsor pour fournir mouchoirs à ses lecteurs"
Ecrire à Cabot de la Cèze, In the middle of the river (donc dans le courant)
- Alors Cabot à quand la suite car là je désespère car une fois que l'on commence à lire on ne peut plus s'en passer donc tu vois ce qu'il te reste à faire nous mettre la suite car je suis impatiente presque sous goutte à goutte on ne sent passe plus. :foufou:
:merci:
- je ne voudrais pas dire mais la suite commence à se faire attendre vraiment longtemps c'est pour nous ouvrir encore plus l'appétit ou ???????? :icon_cuss
P'tit Ange a écrit :
je ne voudrais pas dire mais la suite commence à se faire attendre vraiment longtemps c'est pour nous ouvrir encore plus l'appétit ou ???????? :icon_cuss
::crazy.gi M'enfin, les poissons n'ont pas de mains ! Du coup, ça rend le travail d'écriture un peu long :langur2:
T'as qu'à bosser en attendant Cabot :D
cabotdelaceze a écrit :
"Ecrivaillon mélodramatique cherche sponsor pour fournir mouchoirs à ses lecteurs"
Ecrire à Cabot de la Cèze, In the middle of the river (donc dans le courant)
[FONT=Georgia]Et dans le mitant du lit la rivière y est profonde...[/FONT]
beepees a écrit :
[font=Georgia]Et dans le mitant du lit la rivière y est profonde...[/font]
:bienjoué: Je connais, je connais....
C'est dans la chanson
"[i]Hommage du palais, hommage du palais, [/i]
[i]Y a une tant belle fille lon-la, y a une tant belle fille"[/i]
Vu ta dilection avouée pour le jus de la vigne, Beepees, cet hommage du palais est bien de circonstance, en verre et contre tout....:D
- Pour le pinard, y'a un topic !!! :Pixie
Ici c'est le Far West (de Marseille) !!! Il nous faut de la bière... :bienjoué:
Mathildien75 a écrit :
Pour le pinard, y'a un topic !!! :Pixie
Ici c'est le Far West (de Marseille) !!! Il nous faut de la bière... :bienjoué:
Et même de la Canebière ! ;)
cabotdelaceze a écrit :
Et même de la Canebière ! ;)
Tu le mérites là : :excellent
- de la 16!! (cabot de la 16...64!)
:jout1:
Felow a écrit :
de la 16!! (cabot de la 16...64!)
:jout1:
:D Alors, là, moi je dis bravo.
J'adore les jeux de mots et les cronembours:bienjoué:
- Le jeux démos j'aime pas trop !!! :allvert:
cabotdelaceze a écrit :
::crazy.gi M'enfin, les poissons n'ont pas de mains ! Du coup, ça rend le travail d'écriture un peu long :langur2:
T'as qu'à bosser en attendant Cabot :D
C'est ce que je fait mais à force de bosser mon cerveau fume :langur2:
- [b][size=3] CHAPITRE 4[/size][/b]
[b][size=3] Le Capitaine[/size][/b]
La mort de Mario, l’éviction de Perrin, l’arrivée d’la caution Marseillaise…
Ces derniers jours, décidément, les nouvelles s’étaient succédé sans discontinuer, [i]claquant comme l’élastique du slip d’une starlette pendant une panne d’électricité [/i]!
Cette phrase imagée du grand Frédéric Dard, Olivier l’avait lue voilà bien trente ans dans un San-Antonio. Et sa fichue mémoire, labyrinthe obsédant, l’avait imprimée sans jamais l’effacer…
Il l’avait laissé partir, le Frédéric aux yeux bleus, sans lui envoyer la lettre qu’il projetait de lui adresser depuis des années.
Après la mort de Pagnol et de Brassens, il s’était pourtant promis, comme le préconisait Paul Fort ("[i] Il faut nous aimer sur terre/ Il faut nous aimer vivants/ Ne crois pas au cimetière/ Il faut nous aimer avant [/i]") d’écrire aux quelques célébrités qu’il aimait, juste pour le leur dire.
Il savait pertinemment que tous les gens connus reçoivent quotidiennement des missives intéressées : demandes d’aide, d’argent, de boulot ; romans, nouvelles et scénarios consternants, chansons merdiques considérées par leurs auteurs comme d’authentiques chefs-d’½uvre.
Lui, il aurait juste voulu leur dire combien il les aimait, combien ils avaient compté dans sa vie, combien il avait été influencé par leur pensée, leur humanisme, en précisant bien qu’il n’avait rien à vendre et ne quémandait rien.
Tiens, par discrétion, il aurait même pu oublier de signer sa missive, histoire que l’autre ne se sente pas obligé de répondre (de la vraie délicatesse provençale, aurait dit son père, qui était un peu chauvin)...
Qu’il reçoive juste, en plein c½ur, cette bouffée d’amour que ni la gloire ni les records de vente ne sauraient remplacer chez un véritable auteur, dont la sensibilité est nécessairement à fleur de peau.
Mais Dard était mort, lui aussi, et le dernier à qui il aurait eu envie d’adresser son cri n’était pas bien portant…
Promis, juré, dès demain il allait écrire tout ça à Renaud, le chanteur, de surcroît supporter de l’OM, en qui il se reconnaissait tout à fait.
Renaud qui, entre autres thèmes, avait su si bien parler de l’enfance (" [i]Le sirop de la rue[/i] ", quelle petite merveille !) et dont la fêlure au fond des yeux était bien visible par tous…
X
XX
"[i]Un coup de rouge, siouplait ! [/i]" dit le petit Claude en poussant la porte, comme tous les matins. Et Olivier savait déjà qu’il allait ajouter, comme tous les matins : "[i]Les coups de blues, ça se soigne avec des coups de rouge[/i]", plaisanterie fine dont il ne se lasserait décidément jamais, à moins que ce gougnafier ne réalisât même pas à quel point cette antienne pouvait être horripilante.
Transposé dans son bar, le comique de répétition, si cher à Molière, lui mettait les nerfs en pelote. Le seul truc, peut-être, qui lui aurait donné l’envie de quitter ce bistrot bien tranquille dans lequel il avait trouvé refuge, sur le tard, pour enfouir les chagrins de sa vie…
Insupportable, vraiment, ces phrases toutes faites et ces formules récurrentes !
Le Capitaine aussi entrait dans cette catégorie de clients difficiles à supporter.
Il n’était évidemment ni militaire ni marin et ne devait son surnom qu’à la casquette blanche ornée d’une ancre dorée qu’il portait hiver comme été.
Un truc digne du surnom dont avait été affublé, dans les années 80, le footballeur camerounais Théophile Abega, Ballon d’Or africain ayant porté le maillot de Toulouse et que l’on appelait " Docteur " parce qu’il avait un cousin brancardier !
Se définissant comme trop rebelle pour être enfermé dans le carcan d’un métier, le Capitaine s’était inventé un travail dont l’inutilité patente était inversement proportionnelle aux revenus qu’il en tirait, l’été surtout, auprès des touristes amusés par sa dégaine autant que par ses expressions typiquement marseillaises - et le roué n’hésitait pas à forcer la note en ce domaine !
Il aidait soi-disant les gens à garer leur voiture et, contre toute attente, arrivait à vivre - ou plus exactement à boire - de cette activité hautement improbable.
En le regardant, Olivier pensait toujours à Pagnol et à sa description si pittoresque du personnage de Pétugue, piochée dans le Temps des Secrets :
" [i]Il cultivait dans la colline une assez grande vigne de jacquez : ce raisin noir à petits grains serrés donne un vin d’une rare violence. Pétugue, qui se contentait d’un oignon le matin, de quelques tomates à midi, et de la moitié d’un pain frotté d’ail, complétait ce régime par cinq ou six litres de ce délicieux nectar, si bien qu’à sa grande indignation, on le considérait comme l’ivrogne du village… "
[/i]La phrase fétiche du Capitaine, c’était "[i] Vrai ou faux ?[/i] ", interrogation qu’il accolait avec véhémence à la moindre de ses assertions, même la plus banale, en frappant vigoureusement le comptoir du plat de la main.
"[i] Les femmes, toutes les mêmes ! Pas une pour racheter l’autre ! Vrai ou faux ?[/i] "
Et il tapait sur le comptoir avec sa paume, de plus en plus violemment au fil des tournées…
Aussitôt après la gent féminine, les footballeurs - trop payés, bien sûr - et plus particulièrement ceux de l’O.M., constituaient l’une de ses cibles favorites, d’autant que sa culture du jeu, héritée en ligne directe du Droit au But de l’entre-deux guerres, était pour le moins sommaire.
"[i]Y tribblent trop ! Vrai ou faux ?[/i] " revenait ainsi immanquablement dans son discours dès lors que la conversation abordait le rivage olympien.
Une fois pour toutes, les habitués du bar avaient renoncé à lui expliquer que l’on disait "dribbler"…
Le Capitaine était un Marseillais à l’ancienne, un vrai de vrai, qui disait mècredi pour mercredi, parlait de galettes plutôt que de biscuits, prenait le car et non pas le bus et prononçait le [i]M[/i] de Reims, le [i]T[/i] de Metz et le [i]X[/i] d’Auxerre…
Visiblement éméché, en dépit de l’heure encore matinale, il entreprit de s’en prendre à Mido "[i]dont le cul,[/i] assurait-il[i], allait bientôt atteindre les proportions de la Porte d’Aix. Vrai ou faux ? [/i]"
Campana, occupé dans un coin à soigner une migraine de cheval, eut beau lui faire observer que le Pharaon, son cigare et son postérieur étaient présentement invités au festival de la CAN, le Capitaine en avait après l’Egyptien, qu’il avait rebaptisé Grosso Mido et qu’il ne pouvait pas voir en peinture, "[i]même de profil sur un obélixe, avec les ziérogliffes…[/i]"
Il eut même à son endroit une formule définitive, bien qu’un peu exagérée, qui fit rire le bar tout entier :
"[i]Ses gros yeux, y sont tellement ézorbités qu’on dirait toujours qu’il vient de voir la Bonne Mère toute nue ! Vrai ou faux ?[/i] "
Puis, d’un postérieur à l’autre, il en vint à évoquer celui, de dimensions respectables aussi, ("et toujours [i]en errière")[/i] de Meïté, dont la technique, visiblement, ne lui semblait pas très sûre.
"[i]Quand il a le ballon, on dirait une poule qui a trouvé un couteau. Et en plus, y veut tribbler ! Eh, dégage, vaï, figure de poupre… ![/i] "
Après quoi, un peu calmé et savourant des yeux le nouveau ballon de rouge que le petit Pascal venait de lui offrir, il se fit malicieux :
-[i] " Moi, le match de Coupe contre Paris, j’aimerais beaucoup que ce soit le petit nouveau qui nous le gagne" [/i]annonça-t-il en ménageant ses effets.
- [i]Qui ça ?[/i], dit Pascal, intrigué.
- [i]Le petit jeune, là, qui est entré contre Lens en fin de match [/i](il prononçait " mache ")...[i]Un noir, costaud…
[/i]- [i]Ah, vous voulez parler de Barry…Et pourquoi ?[/i]
[i]- Parce que s’il nous gagnait le mache, tout le stade pourrait chanter[/i] "Ba-rry, Ba-rry, on t’a-dule… !"
Ayant ainsi provoqué l’hilarité générale, le Capitaine, grisé par son succès autant que par le rouge, commença à dépasser les bornes, sous le regard courroucé d’Olivier qui veillait toujours à ce que les choses ne dégénèrent pas.
Après avoir fustigé l’attitude du Parisien Bernard Mendy qui avait déclaré ne pas connaître José la caution Marseillaise ("[i]Mais qui c’est, cette tronche d’api qui a même pas 60 matches chez les Pros et qui ne connaît pas la caution Marseillaise qui en a 300 ? [/i]"), le Capitaine entreprit ainsi d’aller raconter sa blague préférée, que tout le monde connaissait par coeur, au seul "étranger" présent dans l’établissement, un monsieur bien mis et vraisemblablement trop ponctuel qui semblait attendre l’heure de se rendre à son rendez-vous d’affaires en buvant un café.
- " [i]C’est une histoire qui se passe à la télé, à l’émission le Mot le Plus Long" [/i]expliqua-t-il d’autorité à l’autre qui n’avait rien demandé[i]. Face à face, il y a un Parisien et un Marseillais. Ils se regardent en chiens de faïence, tant et si bien qu’ils ne font pas attention au tirage et qu’ils se retrouvent avec neuf consonnes. L’animateur, il commence à dire que le coup est annulé et puis voilà que le Marseillais annonce : " Sept lettres…"
Tout le monde est étonné et alors, il dit : " P-S-G-C-D-P-D… ![/i] "
Cette fois, le Capitaine essuya un bide total. Seul l’ "étranger du dehors" esquissa un sourire et encore était-ce par pure politesse car, visiblement, le football ne faisait pas partie de ses préoccupations majeures.
-[i] "Allez, Capitaine, maintenant c’est bon ! Vous êtes un peu fatigué et vous devriez aller faire un tour dehors " [/i]dit Olivier en le raccompagnant vers la porte[i]. " Je suis sûr qu’il y a du travail qui vous attend. De l’auto financement, en quelque sorte…"
- "Vu son état, ça pourrait même être de l’auto destruction", [/i]ajouta finement le petit Claude en terminant son verre.
X
XX
- "[i]Allez, O.M., on y va[/i] " avait aussi dit Jules en terminant son verre d’eau minérale dans un geste identique, voilà bien des années. [i]Tout va bien se passer, tu verras…[/i]"
"O.M." ! Le surnom donné par le journaliste Louis Dupic lui était resté et tout le monde l’appelait comme ça, alors.
Que c’était loin, tout ça !
Premier match amical avec les Pros, dans le Vaucluse. Premier " vrai " maillot de l’O.M. qu’il enfilait, lui qui jouait en blanc depuis ses onze ans. En ce temps-là, aucun club ne vous accueillait plus tôt. Pas d’école de football, pas de poussins, il fallait avoir onze ans pour signer une licence. Le foot, on y jouait dans la rue ou dans les terrains vagues, qui étaient légion dans Marseille à l’époque. Voire dans de " vrais " stades, souvent ouverts aux quatre vents et laissés sans surveillance…
Il se revoyait, les yeux noyés de larmes, descendre avec son père l’escalier monumental du siège olympien qui se trouvait en ce temps-là place Félix - Baret, devant la Préfecture.
Il n’avait que dix ans et le secrétaire général du club en personne, le gentil M. Darrason, qu’il allait apprendre à connaître par la suite, venait de leur opposer poliment une fin de non-recevoir. "[i]Revenez dans un an[/i]" leur avait-il dit d’un air désolé.
Sa détresse et ses larmes maladroitement refoulées avaient ému son père et il y avait gagné la promesse solennelle d’avoir de vraies chaussures à crampons. Oh, pas des neuves, bien sûr…
Les souvenirs de la guerre étaient encore très présents dans les mémoires au début des années soixante et l’on ne gaspillait pas.
Selon un principe que Décathlon devait d’ailleurs remettre en vogue des années plus tard avec les vélos et les skis, les magasins d’articles de sport reprenaient régulièrement les chaussures de foot et les revendaient.
C’est comme cela qu’il avait franchi la devanture bleu ciel du magasin d’André Gascard, à droite en descendant la rue de Rome, entre Castellane et la Préfecture.
André Gascard (lui aussi avait des yeux bleu porcelaine) dont Olivier ne savait pas encore qu’il avait été joueur, dirigeant, entraîneur et archiviste d’un club auquel il vouait une véritable passion.
Comme cela qu’il avait fait la connaissance d’un homme fascinant qui allait lui inculquer l’amour de l’O.M. : car une fois devenu Olympien, sur le chemin du siège - où il fallait impérativement passer le samedi si l’on voulait jouer le dimanche - il allait prendre l’habitude, malgré sa timidité, de s’arrêter dans la boutique magique, écoutant sans mot dire M. Gascard et d’autres glorieux anciens - Alcazar, Cabassu, Max Conchy, Joseph Gonzalès, les frères Dard – raconter leur jeunesse et la fabuleuse épopée des joueurs au maillot blanc.
C’est comme cela enfin qu’il avait découvert, alignées à même le sol, ces merveilles de chaussures Hungaria qui allaient tant le faire souffrir, avec leurs crampons en cuir aux clous impitoyables…
Les souliers Adidas n’existaient pas encore, du moins pas en France où leur apparition allait constituer une véritable révolution. On ne trouvait sur le marché que des Hours ou des Kopa Resistex. Et puis ces Hungaria (la grande marque de ballons de l’époque, dont les panneaux ronds évoquaient un casque de scaphandrier) qui, en dépit et au-delà de la douleur, allaient constituer, et de loin, le plus beau cadeau qu’il ait reçu dans son enfance…
Très bon élève, Olivier bénéficiait d’une paix royale au sein de sa famille pour assouvir sa dévorante passion pour le foot.
Il se revoyait, jouant interminablement dans la cour, derrière la maison familiale, avec une vieille balle de tennis usée jusqu’à la trame. C’est là qu’il avait forgé son talent, son sens du rebond, son adresse étonnante sur les reprises de volée qui semblaient si faciles à effectuer, ensuite, avec un vrai ballon.
Il jouait des heures, tout seul, infatigable, s’inventant des finales, des buts, des situations désespérées qu’il parvenait in extremis à renverser.
Il revoyait ces matches endiablés avec ses copains, sur des mauvais morceaux de terrain herbus ou même carrément dans quelque rue tranquille. Les voitures, alors n’étaient pas si nombreuses…
Quatre cartables jetés à terre, je-chante-et-je-demande-impair, les bons devant et les autres derrière, à-trois-corners-y-a-péno…
Quelle belle jeunesse il avait eue ! Libre, joyeuse, insouciante, parsemée de succès…
Tout ça pour rencontrer tant de malheurs ensuite, comme si le meilleur était irrémédiablement concentré au début…
Comment il avait chanté ça Renaud ? Ah, oui !
[i]" Le jour où j’mourirai[/i]
[i]Puisque c’est écrit[/i]
[i]Qu’après l’enfance c’est[/i]
[i]Quasiment fini[/i]
[i]Devant l’autre charlot[/i]
[i]J’espère arriver[/i]
[i]La boule à zéro[/i]
[i]Et la morve au nez[/i]
[i]Du mercurochrome[/i]
[i]Sur mes genoux pointus[/i]
[i]Qu’il connaisse l’arôme[/i]
[i]Du sirop de la rue[/i]
[i]Lui qui a eu tant de mômes[/i]
[i]Et qui les a perdus "[/i]
[i](A suivre)[/i]
[b]Théophile Cabot de la Cèze
[/b]
- :bienjoué: :bienjoué: :bienjoué:
Tu vas faire une heureuse dans ton fan club Théo !!! Encore une fois bravo... :Pixie
Tu es un écrivain réaliste...
- J'ai jamais le courage de lire... :frappé:
- :étonmax: La classe Cabot la grande classe meme :bienjoué:
Mais tu sembles bien connaitre les bistrots dis donc :allvert:
- donc y'a désormais jules et campana dans l'affaire... :allvert: l'énigme progresse... :laclasse:
- Ca se lit comme du p'tit lait...Vrai ou Faux ? :bienjoué:
Nil Sanyas a écrit :
C'est long :étonmax:
[FONT=Georgia]
Mais c'est bon![/FONT]
- C'est mon épisode préféré... :langur2: Du grand Théophile, as usual :bienjoué:
- Frédéric Dard, l'idole de tout un peuple !!! :bienjoué:
[b]« C'est beau la langue française. Si elle n'existait pas, je crois que j'aimerais mieux faire des dessins ! », Du poulet au menu, 1958[/b]
Pixie a écrit :
:étonmax: La classe Cabot la grande classe meme :bienjoué:
Mais tu sembles bien connaitre les bistrots dis donc :allvert:
:D Le cabot étant un poisson, il est normal que j'aie des amis dans les bars, mon loup;)
- Huhu mouché je suis ::crazy.gi
- Magnifique j'adore le meilleur de tous les chapitres :bienjoué: j'aime beaucoup le vrai ou faux.
Ceux qui disent qu'il ait trop long c'est qu'il n'ont pas l'habitude de lire c'est même :étonmax: qu'il ne lisent pas et en plus c'est des parisiens donc ils n'ont pas de cerveau c'est pi être pour ça car les neuronnes ne doivent pas fonctionner à fond dûe à l'influx nerveux avec les synapses il doit y avoir un court circuit ou ils ont eu le feu dans le berceau et on les a éteint à coups de pelle.
Encore une fois :bienjoué: Cabot de la cèze
Muito bem senor Cabot yo gusto muito e fantastico
P'tit Ange a écrit :
Magnifique j'adore le meilleur de tous les chapitres :bienjoué: j'aime beaucoup le vrai ou faux.
Ceux qui disent qu'il ait trop long c'est qu'il n'ont pas l'habitude de lire c'est même :étonmax: qu'il ne lisent pas et en plus c'est des parisiens donc ils n'ont pas de cerveau c'est pi être pour ça car les neuronnes ne doivent pas fonctionner à fond dûe à l'influx nerveux avec les synapses il doit y avoir un court circuit ou ils ont eu le feu dans le berceau et on les a éteint à coups de pelle.
Encore une fois :bienjoué: Cabot de la cèze
Muito bem senor Cabot yo gusto muito e fantastico
.
Oh, là ! Du calme, la diablesse....
Merci pour tes compliments mais ici on fraternise et on n'attaque personne. Les Parisiens, on les aime bien. On va juste se contenter de les battre cet aprem', à la régulière....:langur2:
cabotdelaceze a écrit :
.
Oh, là ! Du calme, la diablesse....
Merci pour tes compliments mais ici on fraternise et on n'attaque personne. Les Parisiens, on les aime bien. On va juste se contenter de les battre cet aprem', à la régulière....:langur2:
Ouais ouais mais c'est plus fort que moi bon sinon je leur donnerai une lecture encore plus pationnante à lire du style Nietzsche!!!!!! :langur2:
P'tit Ange a écrit :
Ouais ouais mais c'est plus fort que moi bon sinon je leur donnerai une lecture encore plus pationnante à lire du style Nietzsche!!!!!! :langur2:
Passionnante ça prend deux S, P'tit Ange, comme Narcissique (avec deux S et un beau Q, c'est pas de moi, c'est de Sébastien Japrisot, alias Jean-Baptiste Rossi, un écrivain marseillais, un vrai lui, je veux dire un vrai écrivain pas un vrai Marseillais ....
Mais la lecture de Nietzsche (dit Fredo les Moustaches) devrait te rendre un peu plus philosophe....:langur2:
Seb_ a écrit :
J'ai jamais le courage de lire... :frappé:
;) Seb, je dois te remercier et il n'y a aucune ironie dans mes propos. Que tu ne me lises pas ne me dérange pas du tout. Comme dit l'autre truffe insolente à la télé, on ne peut pas plaire à tout le monde.
En revanche ton avatar m'a interpellé (quelque part) et, plongeant dans un de mes grimoires, j'ai découvert l'existence de John Maynard Keynes et de sa théorie de la probabilité.
Ayant toujours eu horreur de la mathématique (1 sur 20 au bac, coef 3 et je me vante de l'avoir eu quand même !) j'ignorais jusqu'au nom de cet honorable citoyen britannique.
Grâce à toi me voilà un peu moins inculte. Mais de là à dire que je vais me mettre à aimer les maths, faut pas déconner non plus ! Non plus...:allvert:
- [QUOTE=cabotdelaceze]Passionnante ça prend deux S, P'tit Ange, comme Narcissique (avec deux S et un beau Q, c'est pas de moi, c'est de Sébastien Japrisot, alias Jean-Baptiste Rossi, un écrivain marseillais, un vrai lui, je veux dire un vrai écrivain pas un vrai Marseillais ....
Mais la lecture de Nietzsche (dit Fredo les Moustaches) devrait te rendre un peu plus philosophe....:langur2
Pas besoin je le suis déjà surtout quand Nietzsche parle de l'homme et la femme qui sont incapable d'amitié. Et toi es tu philosophe???? Si oui qu'est ce que l'amitié???? as tu la même pensée que N. et que les textes sacrés????? :-/
- Pas besoin je le suis déjà surtout quand Nietzsche parle de l'homme et la femme qui sont incapable d'amitié. Et toi es tu philosophe???? Si oui qu'est ce que l'amitié???? as tu la même pensée que N. et que les textes sacrés????? :-/
O, Bonne Mère ! Mais qué, textes sacrés ?
Elle va pas me prendre la tête, celle-là, parole de Titin..?
Tè, Monsieur Olivier, servez-moi plutôt un verre d'anietzsche, que c'est bientôt midi....:D
__________________
cabotdelaceze a écrit :
Pas besoin je le suis déjà surtout quand Nietzsche parle de l'homme et la femme qui sont incapable d'amitié. Et toi es tu philosophe???? Si oui qu'est ce que l'amitié???? as tu la même pensée que N. et que les textes sacrés????? :-/
O, Bonne Mère !
Elle va pas me prendre la tête, celle-là, parole de Titin...
Tè, Monsieur Olivier, servez-moi plutôt un verre d'anietzsche, que c'est bientôt midi....:D
__________________
Oh!!!! comment est ce que tu m'parle toi???? et bah moi j'préfère un verre de martini mais joli pour ta phrase chapeau
- :étonmax: La star et sa fan :D
Va y avoir du sport dans le coin :Pixie
Pixie a écrit :
:étonmax: La star et sa fan :D
Va y avoir du sport dans le coin :Pixie
La fan de Chichourle, en somme...;)
cabotdelaceze a écrit :
La fan de Chichourle, en somme...;)
Huhu c'est un véritable festival dis moi :D
P'tit Ange a écrit :
Magnifique j'adore le meilleur de tous les chapitres :bienjoué: j'aime beaucoup le vrai ou faux.
Ceux qui disent qu'il ait trop long c'est qu'il n'ont pas l'habitude de lire c'est même :étonmax: qu'il ne lisent pas et en plus c'est des parisiens donc ils n'ont pas de cerveau c'est pi être pour ça car les neuronnes ne doivent pas fonctionner à fond dûe à l'influx nerveux avec les synapses il doit y avoir un court circuit ou ils ont eu le feu dans le berceau et on les a éteint à coups de pelle.
C'est surtout le contraire oui, je lis trop et je manque de temps ma chère :allvert:
cabotdelaceze a écrit :
;) Seb, je dois te remercier et il n'y a aucune ironie dans mes propos. Que tu ne me lises pas ne me dérange pas du tout. Comme dit l'autre truffe insolente à la télé, on ne peut pas plaire à tout le monde.
En revanche ton avatar m'a interpellé (quelque part) et, plongeant dans un de mes grimoires, j'ai découvert l'existence de John Maynard Keynes et de sa théorie de la probabilité.
Ayant toujours eu horreur de la mathématique (1 sur 20 au bac, coef 3 et je me vante de l'avoir eu quand même !) j'ignorais jusqu'au nom de cet honorable citoyen britannique.
Grâce à toi me voilà un peu moins inculte. Mais de là à dire que je vais me mettre à aimer les maths, faut pas déconner non plus ! Non plus...:allvert:
J.M.Keynes était surtout un économiste.
Fondateur d'une nouvelle lignées d'économistes (les Néo Classiques Keynesiens), il est surtout opposés aux classiques.
Ainsi pour lui le chomage est involontaire, que la sphère financière surpassait la sphère réelle (en gros en peu importe les résultats des entreprises, en bourse ce qui compte, c'est comment fonctionnent les autres détenteurs d'actions), etc.
Il est bon en maths, mais il est surtout connu pour sa "Théorie Générale" de l'économie (rapport avec le chomage, etc).
Ernesto a écrit :
Ca se lit comme du p'tit lait...Vrai ou Faux ? :bienjoué:
Tu m'as devancé pour la réplique ! :D
Chapeau Cabot :bienjoué:
- Bravo Nil, tu as bien appris ta leçon :bienjoué:
Ernesto a écrit :
Bravo Nil, tu as bien appris ta leçon :bienjoué:
J'en ai bouffé du Keynes :D
Spas une raison pour se moquer :D (je sens de l'ironie dans ta phrase :langur2: )
Nil Sanyas a écrit :
J.M.Keynes était surtout un économiste.
Fondateur d'une nouvelle lignées d'économistes (les Néo Classiques Keynesiens), il est surtout opposés aux classiques.
Ainsi pour lui le chomage est involontaire, que la sphère financière surpassait la sphère réelle (en gros en peu importe les résultats des entreprises, en bourse ce qui compte, c'est comment fonctionnent les autres détenteurs d'actions), etc.
Il est bon en maths, mais il est surtout connu pour sa "Théorie Générale" de l'économie (rapport avec le chomage, etc).
Et l'investissement, l'offre précedant la demande...non, voilà, c'était pour faire genre...pardon
- Cher Monsieur Cabot de la Cèze,
Je reviens vers vous suite à votre dernier post sur Opiom.net.
Je me dois de vous faire part de toute mon admiration. Encore une fois un texte, certes mélancolique mais bucolique. Un petit coin de paradis…
Je vous prie de me croire, Cher Monsieur Cabot de la Cèze, une fervente admiratrice, derrière p’tit ange ! ::crazy.gi
Largement inspirée par « [i]J’en connais [/i] » de et par Carla Bruni.
Les opiomanes :
J’en connais des qui parlent
Des qui me laissent blâme
J’en connais qui me traquent
J’en connais des polis
Des qui pleurent comme des filles,
Des qui sont des génies
J’en connais tant tellement ça me prend trop de temps
Et même mon doux Jules qui m’adore tendrement
Il me dit « C’est pas bien, ce n’est pas bon ces écrits,
Mais que va dire Pixie ?
J’en connais dans chaque club,
Des ruminants, des blupblup
J’en connais qui vont dire,
Que je suis bête à mourir,
Et moi ça me fait sourire…
The girl a écrit :
Cher Monsieur Cabot de la Cèze,
Je reviens vers vous suite à votre dernier post sur Opiom.net.
Je me dois de vous faire part de toute mon admiration. Encore une fois un texte, certes mélancolique mais bucolique. Un petit coin de paradis…
Je vous prie de me croire, Cher Monsieur Cabot de la Cèze, une fervente admiratrice, derrière p’tit ange ! ::crazy.gi
Largement inspirée par « [i]J’en connais [/i]» de et par Carla Bruni.
Les opiomanes :
J’en connais des qui parlent
Des qui me laissent blâme
J’en connais qui me traquent
J’en connais des polis
Des qui pleurent comme des filles,
Des qui sont des génies
J’en connais tant tellement ça me prend trop de temps
Et même mon doux Jules qui m’adore tendrement
Il me dit « C’est pas bien, ce n’est pas bon ces écrits,
Mais que va dire Pixie ?
J’en connais dans chaque club,
Des ruminants, des blupblup
J’en connais qui vont dire,
Que je suis bête à mourir,
Et moi ça me fait sourire…
;) :bienjoué: :D :langur2:
Nil Sanyas a écrit :
C'est surtout le contraire oui, je lis trop et je manque de temps ma chère :allvert:
tu fait comme moi je l'imprime et je le lis dans le rer ou dans le métro par exemple enfin dès que j'ai une minute c'est pas difficile car comme on dit: "quand on veut on peut" :langur2:
cabotdelaceze a écrit :
;) Seb, je dois te remercier et il n'y a aucune ironie dans mes propos. Que tu ne me lises pas ne me dérange pas du tout. Comme dit l'autre truffe insolente à la télé, on ne peut pas plaire à tout le monde.
En revanche ton avatar m'a interpellé (quelque part) et, plongeant dans un de mes grimoires, j'ai découvert l'existence de John Maynard Keynes et de sa théorie de la probabilité.
Ayant toujours eu horreur de la mathématique (1 sur 20 au bac, coef 3 et je me vante de l'avoir eu quand même !) j'ignorais jusqu'au nom de cet honorable citoyen britannique.
Grâce à toi me voilà un peu moins inculte. Mais de là à dire que je vais me mettre à aimer les maths, faut pas déconner non plus ! Non plus...:allvert:
Keynes est effectivement un économiste comme l'a précisé Nil Sanyas, et honnêtement, l'économie j'adore ça, s'il y'a vraiment quelques chose que je prend plaisir a lire, c'est, de manière générale, les analyses économiques ou encore parfois ce qui touche a la géopolitique, finalement je lis pour apprendre.
Mais en dehors de ça, je ne supporte pas de lire, je ne prends aucun plaisir, pire cela m'énerve, parceque j'en trouve pas l'utilité, je n'ai jamais lu les bouquins qu'on me demandait de lire, sauf un : une saison blanche et sèche de Brink.
Ensuite, j'accepte toutes les critiques sur le fait que puisse être fainéant parceque c'est vrais également...
- Sans vouloir faire de la philosophie à deux balles, c'est ça qui est bien dans ce forum (pardon, M. Pixie, sur ce site) qui est à l'image de la vie ou de l'équipe de France multi-raciale de 98. Chacun peut s'y nourrir des différences de l'autre...
Que te répondre ? Avec l'amour, l'amitié et le foot, la lecture m'a donné les meilleurs moments de ma vie. J'ai énormément lu, aujourd'hui un peu moins à cause de cette punaise de télé devant laquelle je passe beaucoup trop de temps quand je ne travaille pas. Mais, même maintenant, chaque fois que j'ai un problème grave, un chagrin, c'est dans la lecture que je me réfugie et que j'essaie de panser mes plaies.
Je ne vais pas essayer de te convaincre. Chacun va vers ce qui l'attire.
Mais je reste convaincu tout de même que rien n'est jamais incompatible.
Quand j'étais jeune, je me suis heurté à un certain ostracisme des intellos bornés de l'époque, qui pensaient que si on aimait le sport on était un con. Les choses ont bien évolué de ce côté là et maintenant le foot est même très à la mode chez ceux qui se disent intelligents. Mais ça n'a pas toujours été le cas, loin s'en faut. Et pourtant, pourquoi ne pourrait-on pas aimer à la fois la littérature et le foot ?
Tiens, voilà un bon sujet pour l'une de mes prochaînes digressions dans un chapitre à venir de "Il était une fois dans l'ouest de Marseille" ...que tu ne liras pas et tu as bien raison ! Il ne faut surtout pas s'emmerder à faire des choses que l'on n'aime pas !
En revanche, ce serait super sympa si tu pouvais enlever ta pancarte, là, avec l'écusson de ton club préféré. Au début c'était drôle et de bonne guerre, maintenant ça devient un peu lourd.....
cabotdelaceze a écrit :
En revanche, ce serait super sympa si tu pouvais enlever ta pancarte, là, avec l'écusson de ton club préféré. Au début c'était drôle et de bonne guerre, maintenant ça devient un peu lourd.....
:up:
- Arf, c'est que je l'aime bien, mais je vais l'enlever...
- On est que lundi c'est trop tot :D
Bon sinon, rien que sur internet déjà je lis beaucoup (en anglais notamment), par contre il faut que cela m'intéresse donc France Football, article de l'excellent Courrier International ou meme tout simplement les éditos de boeufs mode et ceux des autres, aucun problème:bienjoué:
C'est vrai que lire un truc inintéressant, c'est difficile (et tu lis lentement en plus).
Nil Sanyas a écrit :
On est que lundi c'est trop tot :D
Bon sinon, rien que sur internet déjà je lis beaucoup (en anglais notamment), par contre il faut que cela m'intéresse donc France Football, article de l'excellent Courrier International ou meme tout simplement les éditos de boeufs mode et ceux des autres, aucun problème:bienjoué:
C'est vrai que lire un truc inintéressant, c'est difficile (et tu lis lentement en plus).
si tu veux je te passe du nietzsche tu verras que la lecture après plus simple et plus intéressante tu l'apprécies grave.
moi je me suis lancé dans le dernier livre de Harry Potter super mais plus de 800 pages
- Nietzche, Hegel et compagnie, c'est illisible, on dirait qu'ils ne veulent pas qu'on puisse les comprendre, c'est même plus de la lecture, c'est de la traduction, ils parlent pas le même language que moi...
- Ca dépend les traductions.
J'aime profondément la littérature mais je ne lis quasiment jamais
J'aime le cinéma, mais j'y vais 1 fois par an
J'aime la musique mais je n'achète presque pas de disques. (mais je pratique)
Les écrans d'informatiques me crèvent les yeux, mais les éditos du bovidé, de Campana et les nouveaux du cabot de la 16, je ne peux m'en passer, je suis souvent mort de rire tout seul devant mon ordi, même si je ne comprends pas toutes les nuances, les jeux de mots (faites gaffe les mecs, trop de jeux de mot, tue...).
PS: les femmes ont trouvé leur Elie semoun: Carla Bruni :enlair:
- Au fait, il me semble que l'ami Bouvier, reprenant le langage marseillais, dit que "L'estrangé du dedans" = Français et "L'Estrangé du dehors"= les autres, Chinois, américain etc... non?
Donc cet "Estrangé du dehors" que le capitaine arrange de sa blague est peut-être canadiens, en tout cas francophone mais pas "français".
Le cabot, j'attends ton wouah wouah.
P'tit Ange a écrit :
si tu veux je te passe du nietzsche tu verras que la lecture après plus simple et plus intéressante tu l'apprécies grave.
moi je me suis lancé dans le dernier livre de Harry Potter super mais plus de 800 pages
J'ai lu les deux et trois (ils trainaient par là), c'est sympa mais simpliste je trouve. Enfin du moins c'est que des reprises de faits connus et déjà utilisés auparavant.
Pour un enfant qui découvre ça va, mais pour moi... :fâché:
Sinon le dernier c'est 900 pages mais écrit très gros donc bon faut pas déconner. Ca en vaut 400 pour un livre normal.
Lis toute la série des Dune de Franck Herbert tu vas voir :D C'est du lourd (surtout à partir du Messie de Dune, c'est une tuerie).
Nil Sanyas a écrit :
J'ai lu les deux et trois (ils trainaient par là), c'est sympa mais simpliste je trouve. Enfin du moins c'est que des reprises de faits connus et déjà utilisés auparavant.
Pour un enfant qui découvre ça va, mais pour moi... :fâché:
Sinon le dernier c'est 900 pages mais écrit très gros donc bon faut pas déconner. Ca en vaut 400 pour un livre normal.
Lis toute la série des Dune de Franck Herbert tu vas voir :D C'est du lourd (surtout à partir du Messie de Dune, c'est une tuerie).
Ouais ok c'est 900 pages mais j'aime bien et en plus la lecture c'est terrible pour l'orthographe. ;)
enfin sinon après chacun son type de lecture
Felow a écrit :
Au fait, il me semble que l'ami Bouvier, reprenant le langage marseillais, dit que "L'estrangé du dedans" = Français et "L'Estrangé du dehors"= les autres, Chinois, américain etc... non?
Donc cet "Estrangé du dehors" que le capitaine arrange de sa blague est peut-être canadiens, en tout cas francophone mais pas "français".
Le cabot, j'attends ton wouah wouah.
[size=2]Dear Old Felow,
Que je t'explique: il y a les cabots ouah-ouah et puis les cabots poissons de rivière, dont je fais partie.
Je suis donc un cyprinidé téléostéen (sans rapport avec l'illustre Cyprien qui porta d'inoubliable façon (!) le maillot blanc naguère), ainsi nommé à cause de ma grosse tête (au sens propre bien sûr pas au sens figuré, bien qu'un cabotin ait évidemment une haute idée de lui), le mot cabot étant directement dérivé du latin caput (tête).
Pour ce qui est de l'expression "estrangèou du dehors" je l'ai toujours entendue dans ma famille (fixée en Provence depuis des générations) et autour de moi. Je l'ai retrouvée dans Pagnol (il faudra que je relève où exactement pour t'envoyer le passage un de ces quatre) ce qui semble l'authentifier. Et elle était bien employée dans le sens usité par le Capitaine (Vrai ou faux ?).
C'est ainsi que les paysans, jadis, appelaient tous ceux qui n'étaient pas de leurs villages. Pour les "étrangers" du Nord, il y avait aussi le terme "Franchiments" dont je ne sais pas s'il était dérivé du mot "Français" ou du terme "franchir, franchissement" car il désignait en gros tous les gens vivant au Nord de la Loire.
"Estrangèou du dehors" en fait, est une forme doublement fautive. C'est un pléonasme, d'une part (mais ce type de redondance était assez fréquent dans le langage populaire pour accentuer l'effet) et d'autre part, l'expression est composée d'un mot provençal et d'un mot français car "dehors" se dit bien "foro" en Provençal.
Mon édition du Bouvier est assez ancienne. Elle ne mentionne pas le mot estrangeou (peut-être y a-t-il eu des corrections dans une version postérieure, encore que l'auteur ait disparu il y a déjà pas mal d'années...?).
Le dico marseillais (Armogathe et Kasbarian) lui, nous dit que "les étrangers du dehors ne sont plus aujourd'hui les voyageurs découvrant la ville mais les diverses populations immigrées de la ville" ce qui constitue une interprétation assez subjective. De façon générale d'ailleurs, ce 2e ouvrage est plus "marseillais" et moins "provençal" que le Bouvier que, personnellement, je préfère et trouve beaucoup plus près de la tradition orale.
Mais pour moi (et pour le capitaine) un estrangèou du dehors reste "un qui n'est pas de cette ville".
Ni plusss ni moinsss,
Adessias, garçon et grand merci pour tes compliments. :langur2:
[/size]
Felow a écrit :
Ca dépend les traductions.
J'aime profondément la littérature mais je ne lis quasiment jamais
J'aime le cinéma, mais j'y vais 1 fois par an
J'aime la musique mais je n'achète presque pas de disques. (mais je pratique)
Les écrans d'informatiques me crèvent les yeux, mais les éditos du bovidé, de Campana et les nouveaux du cabot de la 16, je ne peux m'en passer, je suis souvent mort de rire tout seul devant mon ordi, même si je ne comprends pas toutes les nuances, les jeux de mots (faites gaffe les mecs, trop de jeux de mot, tue...).
PS: les femmes ont trouvé leur Elie semoun: Carla Bruni :enlair:
le but de la manoeuvre est effectivement de faire marrer cher felow ! quand ça marche, on est content ! ;)
Felow a écrit :
Au fait, il me semble que l'ami Bouvier, reprenant le langage marseillais, dit que "L'estrangé du dedans" = Français et "L'Estrangé du dehors"= les autres, Chinois, américain etc... non?
Donc cet "Estrangé du dehors" que le capitaine arrange de sa blague est peut-être canadiens, en tout cas francophone mais pas "français".
Le cabot, j'attends ton wouah wouah.
Oups, ça y est, Felow, j'ai trouvé dans Pagnol le passage que je cherchais. C'est dans Jean de Florette, presque au début du livre.
"[i]Six mois plus tôt, un "[b]étranger du dehors[/b]" était venu un jour s'installer au village des Ombrées, de l'autre côté de la colline.[/i]
[i]Il arrivait on ne savait d'où, mais certainement du Nord, car il avait cet accent ridicule qui supprime les "e" muets comme dans les chansons de Paris, et de plus, il ne quittait jamais un grand chapeau noir parce qu'il avait peur du soleil.[/i]"
C'est cet étranger, ce Simeon, que Pique - Bouffigue va tuer parce que l'autre lui dérobait ses pièges....
Jean de Florette (et le volume qui le suit, Manon des Sources), pour moi, c'est le vrai chef d'oeuvre de Pagnol. Plus fort que les Souvenirs d'Enfance.
Le plus étonnant, c'est qu'il l'a écrit dix ans après avoir fait son film (plus ou moins raté) qui n'était qu'une sorte d'ébauche de l'intrigue, bien plus fouillée dans le bouquin. Et Berri aussi en a tiré des films magnifiques, en respectant parfaitement l'esprit de l'auteur.
boeuf mode a écrit :
le but de la manoeuvre est effectivement de faire marrer cher felow ! quand ça marche, on est content ! ;)
A la première lecture, j'ai lu (...)faire marrer CE felow... :bienjoué:
Je connaissais pas le Cabot "pescadou".
Alors le quartier où j'habitait : "LA CABOT" c'est pour le poisson, et pas le toutou...fichtre.
Je pensais que c'était un cabot (chien) qui était aller s'implanter vers la Calade pour y faire sa Crotte, d'où le nom du quartier "Les Crottes"...
Felow a écrit :
A la première lecture, j'ai lu (...)faire marrer CE felow... :bienjoué:
Je connaissais pas le Cabot "pescadou".
Alors le quartier où j'habitait : "LA CABOT" c'est pour le poisson, et pas le toutou...fichtre.
Je pensais que c'était un cabot (chien) qui était aller s'implanter vers la Calade pour y faire sa Crotte, d'où le nom du quartier "Les Crottes"...
Ton hypothèse LE CABOT - LES CROTTES, bien qu'un peu glissante, aurait pu tenir la route. Mais en fait, le quartier du Cabot n'a rien à voir avec le poisson (exclusivement de rivière), ni avec le chien.
Dans son incontournable bouquin (Evocation du vieux Marseille, Editions de Minuit) le grand historien de la Provence, André Bouyala d'Arnaud, nous donne la réponse:
"Quartier rural devenu résidentiel, de formation récente. [i]Cabot[/i], en provençal, signifie [i]hutte en pierres sèches[/i]."
De même le quartier du Merlan n'a rien à voir avec le poisson : le lieu appartenait jadis à un nommé Morlan...
Sale temps pour les poissons !
cabotdelaceze a écrit :
Ton hypothèse LE CABOT - LES CROTTES, bien qu'un peu glissante, aurait pu tenir la route. Mais en fait, le quartier du Cabot n'a rien à voir avec le poisson (exclusivement de rivière), ni avec le chien.
Dans son incontournable bouquin (Evocation du vieux Marseille, Editions de Minuit) le grand historien de la Provence, André Bouyala d'Arnaud, nous donne la réponse:
"Quartier rural devenu résidentiel, de formation récente. [i]Cabot[/i], en provençal, signifie [i]hutte en pierres sèches[/i]."
De même le quartier du Merlan n'a rien à voir avec le poisson : le lieu appartenait jadis à un nommé Morlan...
Sale temps pour les poissons !
[FONT=Georgia]D'autant qu'en Bourgogne il reste des centaines de vestige de "cabottes", huttes en pierres sèches que l'on retrouve au sommet des collines dans les forêts... En effet, il y a quelques siècles les vignes étaient en haut des collines et non pas à flanc de côteaux comme maintenant.
Ces huttes servaient d'abris, d'endroits de repos etc...
Donc le mot est loin d'être provençal.[/FONT]
beepees a écrit :
[font=Georgia]D'autant qu'en Bourgogne il reste des centaines de vestige de "cabottes", huttes en pierres sèches que l'on retrouve au sommet des collines dans les forêts... En effet, il y a quelques siècles les vignes étaient en haut des collines et non pas à flanc de côteaux comme maintenant.
Ces huttes servaient d'abris, d'endroits de repos etc...
Donc le mot est loin d'être provençal.[/font]
Bah, j'ai pas dit ça non plus...
;)
- Bon au fait Cabot c'est pour quand la suite car la tu te fais attendre on veut savoir la suite le plus vite possible

cabotdelaceze a écrit :
Bah, j'ai pas dit ça non plus...
;)
[FONT=Georgia]Bah, j'ai jamais dit que tu avais dit ça, non plus... non plus..! [/FONT] :enplace:
- et,à la fin,en 2010,l'om redevient champion d'europe....:Pixie
- Bon cabot à quand la suite je commence à devenir vraiment impatiente car quand on commence il faut que l'on continue à lire c'est un peu comme l'alcool :drinks_wi donc tu sais ce qu'il te reste à faire....
- Racine qui, apparemment, ne se faisait jamais de cheveux, avait coutume de dire:
"[i]Ma pièce est faite, je n'ai plus qu'à l'écrire...[/i]"
Ben, j'en suis là aussi. Je sais, grosso Mido, ce qui va arriver dans cette histoire, il faut juste que je trouve un peu de temps pour l'écrire. Pour l'instant j'ai pas fait une ligne....
Very busy. 
Tu sais ce que disent les livreurs quand ils déchargent leur camion en pleine rue ?
"[i]Je travaille moi, Madame !!! [/i]"
:fish:
cabotdelaceze a écrit :
Racine qui, apparemment, ne se faisait jamais de cheveux, avait coutume de dire:
"[i]Ma pièce est faite, je n'ai plus qu'à l'écrire...[/i]"
Ben, j'en suis là aussi. Je sais, grosso Mido, ce qui va arriver dans cette histoire, il faut juste que je trouve un peu de temps pour l'écrire. Pour l'instant j'ai pas fait une ligne....
Very busy. 
Tu sais ce que disent les livreurs quand ils déchargent leur camion en pleine rue ?
"[i]Je travaille moi, Madame !!! [/i]"
:fish:
bah oui mais tit'ange, qu'est ce qu'elle va devenir ??? 
- Si je me fie aux smileys qu'elle utilise, elle a une occupation toute trouvée...
:drinks_wi
- L'alcoolisme en milieu éducatif...tout une histoire... :p
- Merci c'est gentil pour ma réputation ça fait très plaisir mais manque de chance je ne suis pas comme ça j'ai de meilleur occupations dans la vie :soccer_h4
car je ne voudrais pas finir à chaque fois comme ça :beurk:
cabotdelaceze a écrit :
Si je me fie aux smileys qu'elle utilise, elle a une occupation toute trouvée...
:drinks_wi
mais tu sais bien,cabot, dans ta ford intérieure que tit'ange ne boit... que tes paroles ! 
boeuf mode a écrit :
mais tu sais bien,cabot, dans ta ford intérieure que tit'ange ne boit... que tes paroles ! 
Doit-on en déduire pour autant qu'elle descend de Boileau ou du dernier des Bevilacqua ?
Ce serait un peu Ford de café, tout de même ! 
- Alors Cabot il y aura une suite ou pas à cette histoire??????
On connaîtra la fin??? Un jour peut être????
On reste pour le moment sur notre fin....
P'tit Ange a écrit :
Alors Cabot il y aura une suite ou pas à cette histoire??????
On connaîtra la fin??? Un jour peut être????
On reste pour le moment sur notre fin....
arf tit ange, Cabot ! :pouce: y'avait une niche avé sézigue... :smoke1: Le roman-feuilleton remis au goût de l'OM, le suce-pince façon Omar m'a tuer, il nous avait fait salivé plus qu'un hot-dogues ! Il a disparu corps et bien, tel l'Alain Colas du manureva... pet à ton âme et reviens nous fissa, sphinx (qui se) terre ! 