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TPO & Tierces Parties Illusions & Faux Semblants
#1
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Le transfert Imbula illustre la nouvelle donne qu’implique la présence des tierces parties dans le foot. Avec le rôle déterminant de Doyen Sports.

Jusqu’à présent, le système consistait majoritairement en Europe à ce qu’un pourcentage des droits d’un joueur soit cédé à un fonds d’investissement.

Voici en trois chapitres le monde de ce qu’on appelle TPO (Third Party Ownership) les tierces parties.

1.Le TPO Késaco : mode d’emploi, réglementation, les pour et contre du système

2.La carte du TPO : d’où vient-il, comment est-il utilisé et où ?


3.Le monde du TPO : dans quel environnement favorable ce système at-il prospéré.

1.Le TPO Késaco ?


La FIFA a décrété la fin des TPO (droits économiques des joueurs détenus par une tierce partie) depuis le 1er mai.
Que recouvre le sigle TPO, qui concerne 1.100 pros en Europe, à quoi et à qui sert ce système ?
Pourquoi s’y intéresser puisqu’il est désormais interdit ? Parce qu’il y a tellement d’intérêts en jeu que son interdiction parait très compliquée à mettre en œuvre.

Etant donné que le TPO est dans une phase transitoire (les contrats en cours sont valides jusqu’à leur terme, l’interdiction n’est pas respectée dans certains pays) par commodité le TPO et son usage sont abordés au présent.


Qu’est-ce que le TPO ?

Le système de tierce partie apparu en Amérique du Sud à la fin des années 80, consiste pour les clubs à trouver des solutions de financement alternatives.

http://www.ecaeurope.com/Research/Extern...Report.pdf

Au Brésil (où le système s’est développé), la tierce partie peut être un individu, y compris le joueur concerné (et/ou sa famille), un agent, une société, c’est-à-dire un fonds d’investissement.

C’est ce qu’on appelle au départ le TPO de recrutement les détenteurs des droits , qui ne versent rien au club, sont rémunérés en proportion de leur pourcentage au moment du transfert du joueur. Les formes suivantes de TPO dont « également utilisées au Brésil.

En Europe, les agents et fonds d’investissements sont les acteurs du TPO sous deux formes.

Le TPO de financement.
Le fonds d’investissement ouvre un crédit au club en échange d’un pourcentage des droits d’un de ses joueurs..

Le TPO d’investissement.
Le fonds d’investissement ouvre un crédit au club afin de lui permettre de faire venir un joueur dont le fonds détient un pourcentage.

Quelle est la rentabilité du TPO ?

La brochure de FairPlay Capital (humour et/ou cynisme ?), fond d’investissement luxembourgeois éclaire parfaitement sur la rentabilité du TPO entre happy few (la page de garde la brochure porte la mention : strictement confidentiel).

http://www.fairplay-capital.com/wp-conte...l-FR_s.pdf



Où le TPO est-il utilisé?


En Europe, le TPO est interdit en France (toutefois très vraisemblablement utilisé à Monaco) en Angleterre et en Pologne. Il concerne une centaine de joueurs au Portugal, essentiellement à Porto, Benfica et Sporting Lisbonne.et il est en progression dans les deux premières divisions.

En Espagne, le TPO est marginal au Real, un peu moins à Barcelone, courant à l’Atletico Madrid et au FC Séville, il a progressé de manière tentaculaire dans les clubs endettés de bas de tableau

Résiduel en Allemagne, Russie, Belgique, Pays Bas le TPO progresse en Italie.
C’est dans l’arc sud de l’Europe de l’Est que le système est le plus installé, concernant 40 à 50 % des joueurs.

En Amérique du Sud, le TPO est le plus souvent la norme,. Au Brésil il est ultra majoritaire (90 % des joueurs).



Pour et contre le TPO ?


Les arguments pour le TPO

Au Brésil, où l’exportation des joueurs est constante, le TPO est le support économique de toute la pyramide du foot, des clubs amateurs aux top clubs ainsi que les joueurs et leurs proches

Il permet aux clubs endettés de trouver une source de financement lorsque les banques ne veulent plus leur consentir de prêts.

http://www.huffingtonpost.fr/thierry-gra...2360.html

Il permet pour les petits et moyens clubs de recruter des joueurs hors de portée de leurs finances s’ils devaient acquérir la totalité de leurs droits.

Il permet aux clubs européens, comme l’Atletico Madrid et le FC Séville, de pouvoir résister sportivement aux tops clubs comme le Real Madrid , Barcelone, le Bayern et ceux de Premier League.

Comme Porto, il permet aux clubs de se financer grâce aux plus-values effectuées sur les ventes de joueurs aux grands clubs.




Les arguments contre le TPO

Le joueur était déjà valorisé au plan comptable comme un actif au montant calculé à la valeur d’achat du contrat. Une déshumanisation qui est renforcée par le TPO. Le joueur perd son autonomie de décision et de mouvement.
Le cas le plus récent étant celui de Gianelli Imbula.

En tant qu’actif, il ne doit pas se déprécier. Si un club revend un joueur à son prix d’achat cela implique une perte en raison des intérêts servis à la tierce partie.
Ce qui implique une rotation accélérée des joueurs sur le marché des transferts, la tierce partie le réclamant afin d’être rémunérée sur le transfert à hauteur de son pourcentage .

Dans ce système, ce que le club gagne en cash ou en capital joueurs, il le perd en autonomie financière et de stratégie à moyen et long terme.

Voir les exemples Porto, Benfica Valence, Atletico Madrid, Monaco et bon nombre de clubs moyens ou de divisions inférieures au Brésil, en Espagne et au Portugal qui sont plus ou moins sujets à diminution de fait de leur autonomie.

http://www.asser.nl/SportsLaw/Blog/post/...bservatory

Pour les clubs endettés, le risque est l’effet subprimes ou crédit revolving. Ce qui les amène soit à déposer leur bilan soit à céder leurs meilleurs joueurs.


Que dit la réglementation ?

Depuis le 1er janvier 2008, le règlement à ce sujet sur le statut du joueur du joueur pro (FIFA) était le suivant, libellé, de manière floue de sorte que les TPO avaient prospéré. :
« Aucun club ne peut signer de contrat permettant à une quelconque autre partie ou à des tiers d’acquérir dans le cadre de travail ou de transferts, la capacité d’influer sur l’indépendance ou la politique du club ou encore sur les performances de ses équipes ».

Depuis le 1er mai 2015, les tierces parties sont interdites par la FIFA par le biais de l’ajout dans le statut du joueur de l’article 18 ter.

Article 18 ter
« Aucun club ou joueur ne peut signer d’accord avec un tiers permettant à celui-ci de pouvoir prétendre, en partie ou en intégralité, à une indemnité payable en relation avec le futur transfert d’un joueur d’un club vers un autre club, ou de se voir attribué tout droit en relation avec un transfert ou une indemnité de transfert futur(e). »



Cette nouvelle règlementation interdit elle tous les types de TPO ?

Dans un rapport commandé par la LFP la réponse est non. :

«(…)on constate que la FIFA a donc souhaité mettre un terme au « Recruitment TPO » et à « l’Investment TPO », mais ne ferme pas la porte à une certaine forme de « Financing TPO ». Autrement dit, l’intervention des tiers est autorisée si ceux-ci se bornent à une activité de nature strictement bancaire (remboursement du montant prêté + intérêts, cessions de créances …) ».




L’interdiction des tierces parties par la FIFA est-elle véritablement applicable ?

En février de cette année les ligues du Football espagnol et portugais ont porté plainte pour entrave à la liberté du commerce devant la Commission européenne.

http://www.lemonde.fr/football/article/2...16938.html

Dans le camp adverse, en avril, l’UEFA et FIFpro (Fédération des joueurs professionnels) ont porté eux plainte devant la Commission Européenne contre l’application du TPO.

Le 4 mai, la LFP espagnole a écrit à la Fédération qu’en raison de son opposition à l’interdiction du TPO et de la plainte déposée à la Commission européenne, les clubs qu’elle représente n’appliqueraient pas cette interdiction.


Un litige compliqué du fait de la dénonciation le 23 juin par les Ligues espagnole et portugaise d’un comportement de juge et partie dans ce dossier du fonctionnaire européen chargé du traitement des plaintes

http://www.lequipe.fr/Football/Actualite...tie/568752

Il aurait rédigé une thèse se prononçant pour l’interdiction du TPO.

En mars, c’est Doyen Sports (fonds d’investissement) qui a porté plainte à Paris contre cette interdiction qui serait selon ce fonds en infraction avec plusieurs règlementations européennes.

Selon Pippo Russo (sociologue italien, auteur de Gol di Rapina sur l’économie parallèle du foot), un arrêt du Tribunal Arbitral du Sport pourrait être utilisé par les tierces parties afin de s’opposer à leur interdiction.

Une tierce partie (Dodici Corporation) a en effet été considérée comme partie prenante d’un transfert dans le cadre du transfert de Pastore au Paris SG.
Un précédent qui pourrait bien faire jurisprudence selon Pippo Russo.

Pour Raffaelle Poli du Centre International d’Etude du Sport, l’éradication totale visée par la FIFA est «illusoire. S’il ne fallait s’en prendre qu’à des sociétés totalement extérieures au football, ce serait bien plus simple.» Mais pour lui l’immense majorité de ces «tiers» sont dans le milieu


Le calendrier judiciaire du TPO.

Affaire Doyen Sports et FC Seraing contre la Fédération Belge, l'UEFA et la FIFA
(référé demandé par Doyen et le FC Seraing visant la suspension de l'interdiction du TPO suite au refus de la Fédération belge fait à Doyen Sports d'octoyer un prêt au FC Seraing).
Première audience au tribunal de commerce le 13 juillet dernier où le juge a entendu les deux parties.

Le FC Seraing a été condamné le 17 septembre par la Commission de discipline de la FIFA à 136.743 € d'amende et à une une interdiction de transferts sur les quatre prochains mercatos.

http://www.dhnet.be/sports/football/divi...b92ef8299a

Pippo Russo a expliqué dans calciomercato.com les raisons de ces sanctions. Le FC Seraing et Doyen Sports ont passé le 30 janvier dernier un accord selon lequel à chaque mercato d'été deux joueurs seraient recrutés par le club sous la formule du TPI, Doyen Sports obtenant 30 % des droits de ces joueurs.
Le FC Seraing a recruté avec le TPI un attaquant portugais Pedro Nuno Ferraz Pereira. Un contrat invalidé par le système de vérification de la FIFA, Transfert Matching System.
Pippo Russo s'interroge à juste titre sur la démarche du club belge, le contrat avec Doyen Sports et le transfert réalisé en TPI étant tous les deux illégaux. Il y voit une sorte de ballon d'essai juridique de Doyen Sports. La réponse de la FIFA a été très claire.

http://m.calciomercato.com/news/pippo-ru...ing-271852


Affaire Doyen Sports contre FFF, LFP, UCPF, UEFA et FIFA
(plainte déposée par Doyen au Tribunal de grande instance de Paris contre l'interdiction du TPO appliquée en France).



Affaire Doyen Sports contre UEFA et FIFA
Affaire Doyen Sports contre Fédérations anglaise, française et polonaise, UEFA et FIFA
(plaintes déposées par Doyen à la Direction Générale de la Concurrence de la Commission Européenne pour entrave au commerce et à la concurrence).

La DG de la Concurrence et la CE attendent les décisions des tribunaux de Bruxelles, Paris et du Tribunal Arbitral du Sport avant de se prononcer.

Affaire Doyen Sports contre le Sporting Club du Portugal
(litige examiné par le TAS sur le pourcentage revenant à Doyen sur le transfert de Rojo à Manchester United).

Décision en septembre.
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#2
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2.LA CARTE DU TPO

Qui sont les gros opérateurs du TPO et quelle est la situation en Europe ?

DOYEN SPORTS

Le fonds d’investissement Doyen Sports, apparu en 2011, est devenu un acteur prépondérant du TPO et les circonstances du transfert de Kondogbia de Monaco à l’Inter de Milan l’ont démontré.

Le FC Séville avait cédé 50 % des droits de Kondogbia à Doyen Sports au moment de son transfert en provenance de Lens à l’été 2012.
De nouveau transféré un an plus tard à Monaco, Kondogbia apparait sur le site internet de Doyen Sports à la rubrique « Players Investment »

http://www.doyensports.com/en/GK.html


L’Inter de Milan, dont le propriétaire, Erick Thohir, est actionnaire du fonds d’investissement a « détourné » Kondogbia alors que le transfert au Milan AC était quasiment conclu.
Le Milan AC dont 48 % des parts viennent d’être achetés par Bee Taechaubol, conseillé dans cette acquisition par Doyen Sports.

Doyen Sports est une des filiales du Doyen Group qui se présente comme un investisseur privé opérant dans les marchés émergents.
http://www.doyen-group.com/

La holding est basée à Istanbul .

http://www.calciomercato.com/news/pippo-...fe-664314

La division financière à Londres (Doyen Capital LLP) et la division sportive à Malte (Doyen Sports Investments).

Parmi les principaux investisseurs dans Doyen Group figure le Turc Fettah Tamince, propriétaire de la chaine Rixos Hotels et de Stars MediaGroup.
Tamice est très lié à Recep Erdogan, le président turc.

En avril 2013 Tamince a par ailleurs vendu 50% de ses parts de Stars Media Group à SOCAR, la société pétrolière nationale de l’Azerbaïdjan.

Trois mois après cette opération, l’Azerbaïdjan est devenu sponsor maillot de l’Atletico Madrid succédant à Rixos Hotel Group.

Le club madrilène est un des principaux dans la galaxie Doyen Sports.
Diego Simeone, l’entraîneur est cité sur le site de Doyen Sports comme une des stars du foot international avec Neymar, Xavi et Janujaz.

http://www.doyensports.com/en/stars_simeone.html

Tevfik Arif (kazakh/turc) est un autre investisseur de Doyen Group
Il est fondateur de Bayrock Group, basé à New York (Investisseur immobilier en partenariat avec Fettah Tamince et Donald Trump)

Erick Thohir, le propriétaire de l’Inter Milan, magnat indonésien des medias, est l’autre investisseur connu de Doyen. Les autres restent soigneusement dans l’anonymat.

Wang Jianlin, le milliardaire chinois qui a pris en janvier dernier 20 % des parts de l’Atletico Madrid est-il actionnaire de Doyen ?

Afin de mesurer le poids de Doyen Sports, on peut citer la liste des témoins d’honorabilité cités par le fonds d’investissement pour l’arbitrage en cours du TAS entre Doyen et le Sporting Portugal à propos de Marcos Rojo :

Pinto Da Costa (Porto), Pérez (Real Madrid), Galliani (Milan), Marin (Atletico Madrid), Monchi (FC Séville).

Les tribulations de Gianelli Imbula cet été indiquent parfaitement dans quelle emprise sont les joueurs et les clubs face aux fonds d’investissement, même après l’interdiction du TPO.

http://www.cahiersdufootball.net/article...anege-5931

JORGE MENDES

L’agent des stars du foot, le plus riche, le plus influent est connu pour sa société Gestifute.
Une enquête du Guardian en septembre dernier a mis en lumière une autre société associée super-agent : Quality Sports.

http://www.theguardian.com/football/2014...ip-players

Un fonds d’investissement de droit irlandais destiné au créneau des droits économiques dans le foot où figure Peter Lim, le propriétaire du FC Valence depuis octobre dernier.

https://en.wikipedia.org/wiki/Quality_Sp...nvestments

Le Guardian fait état d’un prospectus de 2012 dans lequel Jorge Mendes et Peter Kenyon,( ex directeur exécutif de Chelsea et Manchester United) sont présentés comme conseillers, en tant que personnages influents, d’un fonds d’investissement basé à Jersey : Quality Sports V Investments LP.
V puisqu’ils conseillent quatre autres fonds Quality Sports.

Il s’agit de rassembler, via Gibraltar, des fonds destinés à l’achat de droits de joueurs.
Dans ce document de 225 pages qui est un produit d’appel au TPO, il est promis un rendement de départ à hauteur de 32 %.

Jorge Mendes y est vanté comme ayant conclu 68 % des opérations de transfert de Porto, Benfica et Sporting Lisbonne de 2001 à 2010. Une influence encore plus externalisée, depuis, à l’Europe entière.

Avec ses ancrages particuliers (Real Madrid, Mourinho, Chelsea, Manchester City et United, Valence, Monaco).

[i]Comment cette pratique est-elle arrivée en Europe ? [/i]

Par la péninsule ibérique (Espagne et Portugal).
Pour Pippo Russo deux raisons expliquent pourquoi Doyen Sports a commencé à s’implanter par ces deux pays : « L’Espagne est un des cinq championnats européens majeurs et c’est celui où les clubs sont les plus endettés (2,8 milliards d’euros) » Et donc à la recherche de circuits financiers alternatifs.

Et sur le Portugal Russo dit ceci : « c’est non seulement ’l’espace footballistique privilégié pour les flux financiers de tous types, mais aussi celui où l’acquisition des droits économiques des joueurs a été élaborée et structurée."



PORTUGAL

Le TPO y a été introduit par le biais de fonds d’investissement, le premier, en 2004 (First Portuguese Football Players Fund) fonctionnant ainsi : le FC Porto, le Sporting et Boavista vendaient une partie des droits économiques de leurs joueurs à ce fonds.
Ce premier fonds a été dissous en 2008 quand la FIFA a modifié ses règles et interdit cette forme de TPO

La réplique des clubs portugais a consisté à créer eux-mêmes leurs fonds d’investissement comme Benfica Stars Fund devenu Benfica SAD et Sporting Portugal Fund

https://en.wikipedia.org/wiki/Benfica_Stars_Fund

https://en.wikipedia.org/wiki/Sporting Portugal_Fund

Le principe étant que les clubs vendent une partie des droits économiques de leurs joueurs à leurs fonds.

Le TPO est principalement utilisé par Porto, Benfica et le Sporting.

Constat établi par Pippo Russo (dans Gol di Rapina, pp 187 et 188). Le TPO a démarré en 2004 dans ce pays. En 2006, le foot portugais est en crise économique, que la réduction de la 1ere division de 18 à 16 clubs ne stoppe pas.

En 2011, le déficit cumulé de Porto, Benfica et le Sporting est de 350 M€, en 2012 de 400 M€, en 2013 de 660 M€ (cette année-là à 80 % concernant Benfica et le Sporting).

Le cas de Porto symbolise le poids du TPO sur ses finances. Depuis 2004, le club a connu 10 mercatos sur 11 avec un solde positif, au total de 411 M€, soit 37 M€ par an. Mais son équilibre budgétaire n’est pas assuré.

En raison des intérêts servis aux fonds d’investissement, voir le montage financier concernant Yacine Brahimi, transféré de Grenade à Porto l’été dernier pour 6,5 M€.
Deux jours plus tard, Doyen Sports récupérait 80 % des droits du joueur pour 5 M€. Avec une clause de rachat de ces droits par Porto à 8 M€ !

Sur le modèle économique du FC Porto, pour ceux qui pratiquent le portugais, à lire « Imbuliçao » dans le blog « Tribunal do Dragao »

http://otribunaldodragao.blogspot.ca/201...licao.html

En résumé, le papier aborde le changement de stratégie que représente pour le club l’achat d’Imbula à 20 M€ en détenant 100 % des droits du joueur (pour info dans l’effectif du FC Porto la saison dernière le club ne détenait que 7 joueurs à 100 %).

Il est rappelé que le club a dû faire récemment une plus-value de 66 M€ (sur Mangala, J . Martinez et Danilo) pour équilibrer ses comptes, tout en ayant perçu les meilleures recettes de son histoire.

On en déduit entre les lignes que l’investissement sur Imbula est tellement risqué qu’une vente du joueur en fin de saison prochaine est quasi actée, sauf à payer d’énormes intérêts à son co-financeur (Doyen Sports).

D’autres clubs portugais ont lié leur destin à des tierces parties.
Comme Estoril (Traffic Sports), Belenenses (Codecity Players), Rio Ave et Sporting Braga (Jorge Mendes), Beira Mar (Omar Scafuro) Leixoes (J Winners), Olhanense (les trois frères Pecini, respectivement agent, scout pour Manchester City ; scout pour la Sampdoria).
(Gol di Rapina pp 165 à 187).

Mais c’est au Portugal que l’opposition la plus vive est portée, par Bruno Carvalho, le président du Sporting

http://www.sofoot.com/le-sporting-en-cro...92384.html


ESPAGNE

L’Espagne est la tête de pont de la résistance à l’interdiction du TPO, menée par Javier Tebas Medrano, le président de la Ligue.

Tout en ayant porté plainte auprès de la CEE la LFP espagnole a proposé un encadrement plus strict du TPO :

La Liga propose un encadrement de cette activité avec des règles strictes permettant de limiter les risques. Ainsi, la ligue espagnole propose d’instaurer un pourcentage maximum qu’un fonds d’investissements pourrait acquérir auprès des droits d’un joueur.
Elle souhaite également une limitation du nombre de joueurs par club auprès desquels un fonds d’investissements pourra travailler.

Enfin, la Liga souhaite également la mise en place d’une réglementation renforçant les droits du club et du joueur par rapport aux fonds d’investissements afin que ces derniers ne puissent pas forcer certaines transactions.

http://www.ecofoot.fr/defense-liga-bbva-...rMTRN.dpuf

Historiquement, L’Atletico Madrid a été le premier club approché par Doyen Sports il y a quatre ans.

Mais Jorge Mendes y fait également son miel. Lorsque Diego Costa est transféré de l’Atletico Madrid à Chelsea (où Mourinho est revenu servir les intérêts du super agent) à l’été 2014, les 38 M€ du transfert sont répartis de la manière suivante :

1,9 M€ pour les premiers clubs de Diego Costa
7,6 M€ pour le Sporting Braga, précédent club du joueur contrôlé par Jorge Mendes. ?
3,8 M€ pour Jorge Mendes (commission d’agent).
7,6 M€ pour Quality Sports, le fonds d’investissement de Mendes et Peter Kenyon.
17, 1 M€ pour l’Atletico soit 45 % du total contre 30 % pour Mendes et son fonds.

En 2013 déjà , la moitié des clubs de la Liga utilisait le TPO

http://www.plazadeportiva.com/ver/5692/m...char-.html

Un système utilisé à Getafe (Royal Emirates Group), Grenade (Famille Pozzo, liée également à Watford et l’Udinese), Gijon (Doyen Sports), Tarragone (Promoesport), Alcobendas (Gustavo Mascardi, agent), La Corogne (Jorge Mendes), .

Peter Lim, homme d’affaires singapourien, est depuis octobre dernier propriétaire du FC Valence. Une opération qu’il a menée sur le conseil de Jorge Mendes et Peter Kenyon, ses associés dans Quality Sports. Par le biais de son fonds d’investissement, Meriton Capital Limited, Lim était déjà dans le foot.

En janvier 2014, il avait acheté les droits de deux joueurs de Benfica, Rodrigo et André Gomes pour le compte de Jorge Mendes. Il a recommencé l’été dernier avec Bernardo Silva, que Mendes a transféré à Monaco. Et Ivan Cavaleiro que l’on annonce actuellement dans la principauté.
Nuno Spirito Santo, l’entraîneur du FC Valence est une créature de Jorge Mendes, précédemment à Rio Ave, un autre club satellite du super agent.

La Commission nationale des marchés et de la concurrence espagnole a rendu public ceci le 2 juillet dernier :

« Rapport sur l’interdiction de la propriété des droits économiques des joueurs de fotball par des tierces parties ».

Rapport qui se prononce contre l’interdiction du TPO.

Le 4 mai dernier, le président de la LFP espagnole avait envoyé un courrier à la Fédération espagnole pour lui dire ceci :

« Selon la loi sur le sport, toute modification règlementaire approuvée par les Fédérations doit être ratifiée par le Comité directeur du Conseil supérieur des sports.
Le 27 avril, ce Comité directeur a, sur demande la LFP, suspendu l’application des articles modifiés par le Fédération (interdisant le TPO) jusqu’à ce que la Commission nationale des marchés et de la concurrence se prononce sur la compatibilité de ces articles avec les normes régulatrices de la concurrence et le bon fonctionnement des marchés.
En conséquence, les articles (interdisant le TPO) ne peuvent s’appliquer aux clubs espagnols ».


Le rapport de la Commission nationale des marchés et de la concurrence a été publié le 2 juillet dernier.

http://www.iusport.es/documentos/INFORME...O-2015.pdf


Il se termine ainsi :

"En conclusion, l'interdiction du TPO est dommageable pour le football professionnel, à la fois pour la compétition elle même et pour les clubs et ses joueurs.
Une baisse des salaires et de l'émergence de nouveaux talents résulteront d'une baisse de la compétitivité et du niveau, ce qui en dernier ressort porteront atteinte au bien être du consommateur".


La commission nationale des marchés et de la concurrence dispose d’un avis consultatif. Il revient donc mainenant au Conseil supérieur des sports de trancher entre la Fédération et la Ligue.

A ce propos, la Commission des Marchés a fait valoir que la Fédération espagnole « doit se conformer à l'ordre juridique national, indépendamment de son affiliation à la FIFA », du fait de sa nature juridique, privée, mais avec des « attributions publiques ».

Ceci dans ce contexte. La Fédération Espagnole et le Comité Olympique sont en conflit ouvert avec l’Etat représenté par le président du Conseil Supérieur des Sports.

Le débat juridique et judiciaire à propos du TPO ne fait que commencer. Il porte aussi sur l’indépendance des Etats par rapport à la FIFA.

Il a également pour conséquence que l’Espagne dispose depuis le 1er mai d’un régime particulier par rapport au TPO, qu’il continue à pratiquer.


ITALIE

L’influence de Doyen Sports en Italie a été révélée avec son rôle de conseil de Bee Taechaubol (48 % du Milan AC depuis juin)., mandataire d’investisseurs chinois et du Golfe. .
Erick Thohir, le propriétaire de l’Inter Milan, est actionnaire de Doyen.
La Lazio, Genoa et Catane sont en relation d’affaires avec Doyen.
Une dizaine de clubs utilisent le TPO en Italie : Milan, Inter, Roma, Lazio, Juventus, Genoa, Palerme, Catane, Cesena.


ANGLETERRE

C’est dans ce pays qu’est apparu publiquement le système TPO avec l’affaire de Tevez et Mascherano à West Ham. Tous deux arrivés de Corinthians à l’été 2006, il est apparu que leurs droits étaient détenus par une société (MSI) détenue par Kim Joorabchian, à l’encontre des règles de la Premier League. Mascherano a été transféré à l’hiver à Liverpool.
Il n’y a pas eu de sanction sportive pour les deux joueurs et West Ham mais une amende de 8,5 Millions de livres.

Pini Zahavi, l’agent israélien était dans cette affaire. C’est lui qui a amené Roman Abramovitch à Chelsea. C’est Zahavi qui vient d’illustrer la facilité avec laquelle les clubs vont détourner l’interdiction du TPO. La semaine dernière, il a racheté le club belge de Mouscron, une opération derrière laquelle Pippo Russo voit la main de Chelsea:

http://www.calciomercato.com/news/pippo-...cro-996513

Mouscron serait pour le club londonien un club filiale et gare de triage comme l’est déjà Vitesse Arnhem, ce qui permet des flux financiers par le biais de prêts et transferts.



L’Angleterre fait partie des trois pays où le TPO était interdit avant le 1er mai 2015 (interdiction par la FIFA).

Mais une interdiction plus souple, sinon symbolique que celle appliquée en France. En effet, les clubs anglais peuvent acheter aux détenteurs des droits qui ne sont pas les clubs le pourcentage qui manque pour atteindre les 100 %.
D’autant plus qu’il suffit de faire une déclaration sur l’honneur pour cette opération sans réelle investigation de contrôle .


FRANCE

Un rapport de la LFP sur le TPO remis en juin dernier a recensé les positions des clubs français.
A priori 73 % sont contre, 20 % pour, 6% ni pour ni contre (le même règlement doit s’adapter à tous).


Arguments des clubs français pour le TPO:

Besoin urgent de nouvelles sources de financement suite à la frilosité des banques.

Impossibilité de concurrencer les clubs espagnols et portugais puisqu’aucun correctif n’est apporté par les instances contre cette concurrence inégale.

Rationalisation des indemnités de transferts. Avec le TPO, ces montats sont gérés dans des fonds d’investissement par des spécialistes dont le métier est de valoriser les produits financiers.

Arguments des clubs français contre le TPO :

Raisons éthiques : le joueur ne doit pas devenir un pur produit de spéculation. Le montage du TPO est assimilé à de l’esclavage moderne.

Méconnaissance des fonds d’investissement, de leurs ramifications, de leurs dirigeants. Manque de transparence sur l’origine de l’argent des fonds.

Crainte d’une forte influence et/ou pression des fonds afin de revendre un joueur pour une plus value maximale sans intégrer la dimension sportive (le conserver) pour le club. Donc risque d’instabilité contractuelle.

Impact sur la capacité de gouvernance des clubs soumis aux impératifs de rentabilité des fonds.

Risque sur l’intégrité des compétitions (joueurs de clubs adversaires mais appartenant au même fond).

Risque inutile par rapport aux ressources financières existantes.

Danger de spéculation sur les joueurs qui augmentent de manière artificielle le montant des transferts.


En France , le TPO est interdit. On peut raisonnablement penser qu’il est utilisé à Monaco par le biais de clauses sous seing privé et de contre lettres qui n’apparaissent pas dans les contrats adressés à la LFP pour homologation.

D’où la présence au club monégasque d’une forte colonie en provenance de la Péninsule ibérique dans l’encadrement et l’effectif, Jorge Mendes, le super agent étant bien représenté à tous les échelons du club.

A Bordeaux et à Lyon, on a sans doute jonglé il y a quelques années entre les règlements et les tierces parties. A Lyon à l’époque des transferts par le biais de Marcelo, son recruteur brésilien. A Bordeaux, conseillé par Charles Camporro, l’ex directeur sportif, devenu consultant au Brésil pour des clubs européens.

A Marseille, Doria appartenait avant de venir à l’OM à un fonds, Elenka Sports. Qu’en est-il de sa situation aujourd’hui ?

Quant à Kondogbia, Aboubakar, Varane , Imbula et d’autres c’est en quittant la France qu’ils sont passés sous le régime du TPO.
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#3
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3.LE MONDE DU TPO


Le foot pro est gangréné par la dérégulation et la dérèglementation.

http://www.tnova.fr/note/il-y-urgence-r-...e-football

Le TPO est une des trouvailles du monde du foot côté obscur où Guignol gagne quasiment toujours contre le gendarme. Dans le monde du foot, les chances d’échapper aux contrôles, aux sanctions et à la justice sont beaucoup plus grandes (paradis fiscaux, sociétés écrans, prête noms).

Du fait du laxisme des institutions, d’instances de contrôles insuffisantes, de services de répressions moins organisés et donc d’une justice moins efficace et sévère.

Le TPO est interdit depuis le 1er mai 2015 ? En déposant une plainte contre cette interdiction devant la Commission Européenne, la Ligue Espagnole considère que cette action est suspensive.
L
es Ligues Espagnoles et Portugaises ont un argument commun. Par rapport à la puissance financière de la Premier League, elles mènent avec le TPO un juste combat par le biais d’un financement alternatif. Avec le TPO, on peut réduire l’écart avec le foot business anglais.

Deux objections viennent à l’esprit.

Le TPO est majoritairement utilisé par des clubs endettés. A tel point que les banques ne veulent plus leur prêter, faute de garanties. Le surendettement comme remède au surendettement, c’est l’effet subprimes.

Ce qui fait dire à Pippo Russo, le sociologue italien que l’Inter de Milan n’a pas été racheté par Erick Thohir (actionnaire de Doyen Sports) mais par Goldman Sachs la banque d’affaires attirée par la dette du club (250 M€).

Porto fait perpétuellement la course pour échapper aux difficultés financières bien qu’ayant dégagé plus de 400 M€ de plus-value sur ses joueurs depuis 11 ans

Surendetté par les intérêts, Benfica a cédé plusieurs de ses joueurs à Peter Lim, pour le compte de Jorge Mendes.

Le TPO sur-endette les clubs, met à chaque mercato plus de joueurs sur le marché, la rotation favorisant les plus-values pour les fonds d’investissements.

La deuxième objection est la suivante. Dans le foot d’aujourd’hui la situation entre les clubs et les joueurs devient de plus en plus tendue.
Il y a les joueurs qui vont volontairement au bout de leur contrat (Ayew, Gignac, Gourcuff, Gomis, Briand)°.

Et il y a les joueurs comme Imbula (voir le micmac Doyen/Milan/Inter/Porto) qui deviennent la créature des fonds d’investissement. Une forme d’esclavage moderne, certes doré, mais pour une minorité.

Raffaelle Poli du CIES pointe l’hystérisation qu’apporte le TPO. Présidents, entraîneurs, directeurs sportifs, managers, employés des clubs, joueurs, tout le monde est gagné par le raccourcissement de la présence des joueurs dans les clubs.

Une saison d’exposition, sur le marché lors de la seconde, c’est l’effet TPO qu’Imbula vient d’illustrer.


En interdisant le TPO, la FIFA feint de faire preuve de régulation, de moralisation. C’est la deuxième tentative. En 2008, l’instance avait édicté un article qui interdisait aux tierces parties d’influer sur la gestion du club.


Un article édicté après le scandale de l’affaire West Ham/Tevez.
Le club londonien s’était sauvé en 2007 de la relégation lors de la dernière journée à Old Trafford en battant Manchester United (1-0 but de Tevez qui jouera à MU la saison suivante).
Convaincu d’avoir introduit une tierce partie à l’arrivée de Tevez et d’avoir menti aux enquêteurs, West Ham n’avait pas subi de pénalités en points et le joueur n’avait pas été suspendu.

L’article passoire édicté en 2008 par la FIFA a vu l’utilisation du TPO exploser.
Avec son lot d’hypocrisie.

Quand Mangala a été transféré de Porto à Manchester City, Porto détenait 56 ;6 % du joueur, Doyen Sports 10 % et Robi Plus 10%. Impossible en Angleterre ? City a payé le montant du transfert à Porto, qui a fait ensuite la redistribution.

Laquelle comprenait Robi Plus, la société de Luciano d’Onofrio, l’homme cité dans tous les procès de foot en France, actuellement jugé pour son rôle au Standard de Liège, condamné à de la prison ferme au procès des comptes de l’OM.

Interdit d’exercer le métier d’agent, il gère benoitement un fonds d’investissement, la FIFA n’ayant pas imaginé lui interdire d’exercer dans le foot, ce qui coule pourtant de source vu ses méfaits répétés.

D’Onofrio était à l’origine du transfert de Mangala du Standard à Porto. Une des nombreuses commissions plus ou moins occultes qui lui ont permis d’être propriétaire d’une villa à Saint Tropez laquelle lui a été rachetée 47 millions par Bernard Tapie.

La FIFA n’imagine pas non plus interdire à Alain Migliaccio d’exercer dans le foot. L’agent condamné dans le 1er procès des comptes de l’OM, puis dans le 2e pour des faits délictueux commis pendant le 1er procès…

Condamné en mai 2012 à Valence (Espagne) à cinq ans de prison ferme pour plusieurs délits de fraudes , évasion et fausse comptabilité, il a quitté l’Espagne pour un autre pays afin d’échapper à l’extradition.et il continue d’exercer
De Lausanne, en Suisse, où siègent la FIFA et l’UEFA.

Jorge Mendes multiplie les infractions aux règlements de la FIFA.
On vante dans une brochure pour un fonds d’investissement le fait qu’il ait conclu 68 % des opérations de transfert de Porto, Benfica et Sporting Lisbonne de 2001 à 2010.
Abus de position dominante.

Il est donc conseil d’un fonds d’investissement à but de TPO.
Interdit.

Il est à la fois conseil d’un fonds et agent de joueurs.
Conflit d’intérêts.
Réaction de la FIFA après les révélations du Guardian sur Jorge Mendes et donc ses infractions ? Aucune.

Il a été écrit à plusieurs reprises que Rybolovlev, le propriétaire de Monaco, était actionnaire de Gestifute, la société de Jorge Mendes.
Conflits d’intérêts si c’est établi.
Pas de démenti, pas d’enquête connue de la FIFA

La FIFA a interdit le TPO depuis le 1er mai 2015 ?
Des retombées sans doute marginales pour les fonds d’investissements qui ont pris l’habitude de se lover dans l’environnement juridique permissif du foot.

Et dans le bloc portugais Tribunal do Dragao une objection intéressante sur le prétendu souci de transparence.

http://otribunaldodragao.blogspot.pt/201...om-os.html

Avec l’interdiction des tierces parties, les fonds d’investissement vont consentir des prêts aux clubs à des taux d'intérêts importants pour les joueurs.

Ce qui va continuer à pousser les clubs à transférer le plus vite possible les joueurs afin d'engranger des plus-values. Au bénéfice encore plus des fonds d'investissements prêteurs selon des modalités devenues maintenant encore plus opaques.

Car le côté pernicieux de l'interdiction des TPO c'est que les clubs comme Porto ne vont plus, en tant que société cotée déclarer les cessions de parts de joueurs comme ils en ont l'obligation (à la Commission de Contrôle des Valeurs mobilières...).
Par exemple, dans son bilan annuel, Porto était obligé de faire figurer ces cessions et nommément les sociétés détenant des parts de joueurs.
Une forme de traçabilité potentielle pour la FIFA.

Avec le système de prêts directs avec des sociétés et des fonds cette traçabilité disparait.
La FIFA ne pourra plus les identifier (si un jour elle en a eu envie...).
Entre l’instance censée réguler et qui édicte des règlements passoire et tout un monde qui renifle dans le foot une occasion de s’enrichir sur la bête, le match est inégal.
A chacun de se faire son opinion sur cette question.

La FIFA veut-elle vraiment ne pas perdre ?



Ces données proviennent pour beaucoup des travaux , interviewes, articles de Pippo Russo.
Pippo Russo enseigne la sociologie à l’Université de Florence. Il écrit des chroniques pour plusieurs journaux italiens. Il a écrit plusieurs livres sur le sport et le foot en particulier, le dernier étant « Gol di Rapina « aux éditions Clichy» sur les côtés obscurs du foot global.
Il a donné à horsjeu.net une interview sur tous les thèmes abordés ici.

http://horsjeu.net/fil-info/la-face-cach...re-partie/

http://horsjeu.net/fil-info/la-face-cach...de-partie/
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#4
Merci beaucoup Douanier Wub

De la lecture pour ce soir Happy
[Image: pK7d6Yw.gif]
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#5
Love2
Les enfants déposés chez les grands Parents, je vais pouvoir lire ça tranquillou !
Big Tks Douanier !!!
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#6
Ah oui, faut lire à tête reposée, il y a du lourd et de l'instructif là, un travail de référence.

Merci Douanier Cheers

Secret je remarque quand même que tu fais des posts plus longs que ceux de Mr 12 cms
Optimiste modéré, voire tiédasse, mais toujours politiquement correct
[Image: kursor10.gif]
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#7
(05-07-2015, 18:18)imerle a écrit : Ah oui, faut lire à tête reposée, il y a du lourd et de l'instructif là, un travail de référence.

Merci Douanier Cheers

Secret je remarque quand même que tu fais des posts plus longs que ceux de Mr 12 cms

Moi le txt. je l'écrisMf_bluesbrother
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#8
Merci mille fois. Première lecture rapide et déjà beaucoup de questions. Je vais relire cela tranquillement ce soir mais c'est un vrai délice. Cela fait tout de même peur...

Si j'ai bien compris et en prenant le cas Imbula.
Supposons que sa valeur vénal avant d'être vendu à Porto était de 15 millions (talent reconnu, jeune mais n'ayant jamais joué dans un grand championnat ni de coupe d'Europe). Il est vendu 25 millions d'euros à Porto. Il y a donc aujourd'hui un écart de 10 millions entre sa valeur sportive et sa valeur financière. Pour que l'opération soit rentable pour le fonds d'investissement, Imbula devra être revendu très rapidement à un prix au moins égal à 25 millions auxquels s'ajouteront les intérêts et éventuellement une plus-value pour toutes les parties. Cela peut monter très vite d'autant plus que Imbula étant très jeune, l'opération pourra se reproduire au moins 5 fois. Le prix affiché pour ce joueur pourra alors dépasser allègrement les 100 millions.
Mendes joue exactement le même rôle que Medoff. A savoir, revendre des actifs dont la valeur vénale n'a rien à voir avec la valeur réelle. Bref, on reproduit dans le foot les conditions de l'explosion de la bulle financière. Les conséquences seraient alors les mêmes, la disparition des petits clubs endettés (versus les expropriations de centaines de milliers de petits propriétaires américains).
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#9
Bravo et merci douanier!

C'est intéressant de voir que le président du Sporting veut enrayer ce mécanisme. Mais en a-t-il vraiment les moyens?...

On a des cas de plantage pour un de ces fonds, qui aurait parié sur un joueur et perdu sa mise? J'ai l'impression que, dans le pire des cas, ils récupèrent toujours leurs billes.
[Image: 536042NierAutomata.jpg]
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#10
En cours de lecture. Merci pour tous ces éclaircissements Bowdown

Douanier, il doit manquer un mot après quasi (Partie 2, Portugal), non ? actée ou équivalent probablement.
Citation :On en déduit entre les lignes que l’investissement sur Imbula est tellement risqué qu’une vente du joueur en fin de saison prochaine est quasi, sauf à payer d’énormes intérêts à son co-financeur (Doyen Sports).
[Image: 25-Pulp-Fiction-2.gif]
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#11
Sur le lien KPMG que tu m'avais donné, je lisais qu'en Europe de l'est c est largement répandu. Tu as un peu travaillé la question?

Qui détient les joueurs, et si des dirigeants détiennent des joueurs via leurs sociétés ? Et donc matches truqués pour solder des comptes ou mettre en valeur des joueurs. Le Dinamo Zagreb à de nouvelles affaires aux fesses avec encore un mélange des genres pour l'ami de JM À.ulas (le 7.1)
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#12
(05-07-2015, 19:56)Darkfly a écrit : En cours de lecture. Merci pour tous ces éclaircissements Bowdown

Douanier, il doit manquer un mot après quasi (Partie 2, Portugal), non ? actée ou équivalent probablement.
Citation :On en déduit entre les lignes que l’investissement sur Imbula est tellement risqué qu’une vente du joueur en fin de saison prochaine est quasi, sauf à payer d’énormes intérêts à son co-financeur (Doyen Sports).

quasi actée en effet. Merci j'ai relu mais c'est très longAdd_vache

(05-07-2015, 19:01)efulan a écrit : Merci mille fois. Première lecture rapide et déjà beaucoup de questions. Je vais relire cela tranquillement ce soir mais c'est un vrai délice. Cela fait tout de même peur...

Si j'ai bien compris et en prenant le cas Imbula.
Supposons que sa valeur vénal avant d'être vendu à Porto était de 15 millions (talent reconnu, jeune mais n'ayant jamais joué dans un grand championnat ni de coupe d'Europe). Il est vendu 25 millions d'euros à Porto. Il y a donc aujourd'hui un écart de 10 millions entre sa valeur sportive et sa valeur financière. Pour que l'opération soit rentable pour le fonds d'investissement, Imbula devra être revendu très rapidement à un prix au moins égal à 25 millions auxquels s'ajouteront les intérêts et éventuellement une plus-value pour toutes les parties. Cela peut monter très vite d'autant plus que Imbula étant très jeune, l'opération pourra se reproduire au moins 5 fois. Le prix affiché pour ce joueur pourra alors dépasser allègrement les 100 millions.
Mendes joue exactement le même rôle que Medoff. A savoir, revendre des actifs dont la valeur vénale n'a rien à voir avec la valeur réelle. Bref, on reproduit dans le foot les conditions de l'explosion de la bulle financière. Les conséquences seraient alors les mêmes, la disparition des petits clubs endettés (versus les expropriations de centaines de milliers de petits propriétaires américains).

On est potentiellement dans du Madoff du revolving et des subprimes.
Mais en même temps les fonds d'investissement ne peuvent tuer le métier en mettant des clubs ou trop de clubs sur la paille.
Ce n'est pas la FIFa qui fait la régulation mais les fonds prêteurs. Le truc c'est de maintenir les clubs endettés en assez bonne santé pour qu'ils continuent à pouvoir être ponctionnés.

(05-07-2015, 20:12)Godfather a écrit : Sur le lien KPMG que tu m'avais donné, je lisais qu'en Europe de l'est c est largement répandu. Tu as un peu travaillé la question?

Qui détient les joueurs, et si des dirigeants détiennent des joueurs via leurs sociétés ? Et donc matches truqués pour solder des comptes ou mettre en valeur des joueurs. Le Dinamo Zagreb à de nouvelles affaires aux fesses avec encore un mélange des genres pour l'ami de JM À.ulas (le 7.1)

Je n'ai pas regardé la situation en Europe de l'Est de près.

Je vais regarder si Pippo Russo n'a rien écrit sur le TPO et le sud est de l'Europe de l'est.
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#13
(05-07-2015, 17:43)douanier rousseau a écrit : Le cas de Porto symbolise le poids du TPO sur ses finances. Depuis 2004, le club a connu 10 mercatos sur 11 avec un solde positif, au total de 411 M€, soit 37 M€ par an. Mais son équilibre budgétaire n’est pas assuré.

En raison des intérêts servis aux fonds d’investissement, voir le montage financier concernant Yacine Brahimi, transféré de Grenade à Porto l’été dernier pour 6,5 M€.
Deux jours plus tard, Doyen Sports récupérait 80 % des droits du joueur pour 5 M€. Avec une clause de rachat de ces droits par Porto à 8 M€ !

Comme ils ont détruit les états. Ces systèmes détruiront les clubs. Certains sont d’ailleurs déjà tenus en laisse. La question n’est pas où est l’intérêt ? Mais plutôt pour qui ? Certainement pas pour le football.

Ce monde part vraiment en couille.


Forza Gazélec !

Forza Syriza !



Merci Douanier pour l'énorme boulot. Bowdown
[Image: njyq.jpg][Image: h52r.jpg]
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#14
(05-07-2015, 19:47)Miki a écrit : Bravo et merci douanier!

C'est intéressant de voir que le président du Sporting veut enrayer ce mécanisme. Mais en a-t-il vraiment les moyens?...

On a des cas de plantage pour un de ces fonds, qui aurait parié sur un joueur et perdu sa mise? J'ai l'impression que, dans le pire des cas, ils récupèrent toujours leurs billes.

Les fonds ne vont dans le foot qu'à coup sûr donc les plantages sont rarissimmes.

Mais Falcao représente un cas intéressant. Sa valeur sportive est en nette baisse. Compliqué de le transférer ce serait à perte.
Donc il est de nouveau en prêt. Ce qui permet d'être toujours lié à Monaco et de ne pas casser le vraisemblable
TPO en vigueur jusqu'â la fin de contrat.
En ce moment il ne génère que de la moins value. Donc la solution trouvée cela a été qu'il compense
lui même la moins value avec une grosse baisse de son salaire.
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#15
Douanier, tous mes respects pour ce travail !
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#16
(05-07-2015, 18:18)imerle a écrit : Ah oui, faut lire à tête reposée, il y a du lourd et de l'instructif là, un travail de référence.

Merci Douanier Cheers

Secret je remarque quand même que tu fais des posts plus longs que ceux de Mr 12 cms

Merci à toi pour les illustrations de ce pavé et de m'avoir guidé à le mettre en forme.

Un travail d'équipeCheers
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#17
Douanier, je n'ose même pas imaginer la conjonction de l'explosion des droits Tv en Angleterre avec le TPO. L'inflation des prix occasionnée par la hausse des droits TV devrait renforcer encore l'écart entre la valeur sportive d'un joueur et son prix de vente. Non?
Sinon les fonds n'ont naturellement pas intérêt à ce que les clubs endettés fassent faillite mais que leur endettement augmente. Le problème est qu'à un moment l'écart sera tel que les joueurs sront invendable, d'où chute du cours, non respect des remboursements, rachat des clubs pour une misère... explosion du système. La faillite d'un club aura un effet en chaîne.
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#18
(05-07-2015, 21:14)efulan a écrit : Douanier, je n'ose même pas imaginer la conjonction de l'explosion des droits Tv en Angleterre avec le TPO. L'inflation des prix occasionnée par la hausse des droits TV devrait renforcer encore l'écart entre la valeur sportive d'un joueur et son prix de vente. Non?
Sinon les fonds n'ont naturellement pas intérêt à ce que les clubs endettés fassent faillite mais que leur endettement augmente. Le problème est qu'à un moment l'écart sera tel que les joueurs sront invendable, d'où chute du cours, non respect des remboursements, rachat des clubs pour une misère... explosion du système. La faillite d'un club aura un effet en chaîne.

Le pillage par la Premier League enrichit au passage de plus en plus de monde à commencer par les agents.
La Premier League est une économie en circuit fermé dont on ne perçoit pas encore les effets inflationnistes des prochains droits télés

Les clubs appartiennent de plus en plus à des étrangers les joueurs anglais vont disparaitre de plus en plus et l'équipe d'Angleterre déjà anonyme va encore plus péricliter.

L'autre effet c'est celui de l'afflux d'argent dépensé dans les clubs par des incapables et/ou des escrocs comme à Tottenham et Liverpool.

C'est du libéralisme effrené celui des traders qui s'en mettent plein les narines sur une place financière du foot complètement déconnectée du reste de l'Europe

On a donc des goinfres qui se servent à la louche dans des clubs nécessiteux et des joueurs qui se précipitent pour travaiiler sous les ordres de certains entraîneurs en place parce qu'ils sont combinards avec dans les bureaux un Board incompétent mais friqué.
Et des propriétaires qui investissent dans le foot comme dans les chevaux.

Banned
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#19
Merci pour ce tableau excellent mr le douanier qui, sur ce coup, a oublié d'être un naïf ! Bowdown

La longueur de ce post me rappelle avec embarras mes premiers éditos qui avaient pourtant beaucoup moins à dire. laughbounce
JE SUIS CHARLIE
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#20
(05-07-2015, 22:05)Fly a écrit : Merci pour ce tableau excellent mr le douanier qui, sur ce coup, a oublié d'être un naïf ! Bowdown

La longueur de ce post me rappelle avec embarras mes premiers éditos qui avaient pourtant beaucoup moins à dire. laughbounce

Moi je voyais plutôt ça



Sleep
[Image: Lesindicessontmaigres.jpg]
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