Au moment ou l'on s'apprête a fêter la légende de l'OM grâce a la seule LDC remportée par un club Français à ce jour, il est d'autres évènements sportifs qui laissent au fil des années un souvenir impérissable et entrent dans cette légende. Celui qui suit est parmi les plus vivaces de mes souvenirs de supporter. Même s'il ne connut pas de happy end.
L’OM a une effectif pour faire mieux que le classement final: 12ème, certes avec une attaque qui reste unes des meilleures dans cet exercice 78-79 (50 buts) mais une défense très faible ou absente par moment ce qui permettra aux adversaires de l’OM de faire pénétrer le ballon 55 fois au fond des filets de Charrier d’abord et de Migeon ensuite.
Mais ce match de légende n’est pas un match de championnat, non, c’est une rencontre retour de coupe de France, cette compétition dont l’OM est le recordman absolu. Cette Coupe de France déplace les foules a Marseille et pour cause on a coutume de dire que c'est le bébé de l'OM, (10 tu m'étonnes) et combien de 1/4 de 1/2 et finale ?. Un sacré paquet ! Il n'y a guerre que la période Courbis qui ne nous a pas permis de faire sinon une victoire au moins quelques tours de coupe sympas.
Jules Zwunka, entraîneur des olympiens de l'époque dira plus tard « J’ai un souvenir extraordinaire de ce match de coupe de France contre Nantes : quand on a été mené 0-2 au vélodrome, ce qui fait 5-1 sur l’ensemble des deux matches, j’ai vraiment eu l’impression que le banc de touche s’enfonçait dans le sol... »
32eme l’OM élimine Toulon 3-1 16eme l’OM élimine St Dié 3-1 deux fois 8eme l’OM élimine Angers 1-2 puis 3-1 ¼ l’OM rencontre Nantes :
Le FC Nantes club historique du championnat de France, 2eme cette saison là au final du championnat meilleure attaque avec 85 buts et un goal-average de plus 52 excusez du peu.
Au match aller a Marcel Saupin et non pas encore la Beaujoire, les canaris battent l’OM 3-1 un but de Berdoll redonnera espoir aux olympiens. 3-1 ce n’est pas pareil que 3-0 surtout en prévision du match retour...et le match retour nous y voici :
40 000 spectateurs se bousculent dans les gradins, drapeaux, cris, chants, vociférations sont de mise lorsque les Nantais viennent avant le match tester l’ambiance et il ne sont pas déçus. On voit dans leur visage la peur, ils scrutent les uns après les autres les tribunes abondamment garnis. Chacun des spectateurs dont je suis a l’impression que ces Nantais nous regardent individuellement impressionnés. Le coup d’envoi est donné par Mr Wurtz
Les équipes : OM : Migeon-Baulier-Trésor-V.Zwunka-Bracci-Fernandez-Buigues-Linderoth-Boubacar-Berdoll-Six-Sikely rentrera plus tard.
Nantes : Bertrand-Demanes-Bossis-Michel-Tusseau-Rio-Rampillon-Muller-Sahnoun-Trossero-Pecout-Amisse puis Denoueix et Baronchelli ça démarre dans une ambiance de feu....pas pour longtemps L’ambiance tombe d’un cran lorsque a la 9 eme minute... V.Zwunka écarte Pécout du bras, celui-ci s’écroule à l’entrée de la surface. Oscar Muller frappe le coup franc violemment sur Migeon qui ne peut que renvoyer....et Pécout reprend ce ballon comme à la parade, sans opposition d’un quelconque olympien.0-1...
4 à 1 sur l’ensemble des deux match. Le but inscrit par Berdoll à l’aller ne sert plus a rien. Cueilli a froid les olympiens tentent de refaire surface et on y croit encore dans les gradins du vélodrome, car l’OM joue crânement sa chance et puis il reste 80 minutes. on est pas des ** tout de même oh.
Des Allez l'OM, Allez l'OM s'élèvent des tribunes. Mais, oh misère, à la 25eme minute dans une défense une fois de plus bien apathique…Pécout encore lui, déborde et remet en retrait pour Trossero qui rate sa frappe mais le ballon fini sa course au fond des filets de Gérard Migeon.
De quoi être vraiment dégoûté, nous n’en croyons pas nos yeux. 0-2...5-1 sur l’ensemble des deux matches, on se dit que Nantes a éliminé l’OM de la coupe de France. Les drapeaux sont plus ou moins en berne, mais une partie des 40 000 supporters y croient encore il reste une heure de jeu, alors pourquoi pas ?
Cet OM là a du cœur et compte dans ses rangs le capitaine courage...Robert Buigues, joueur exemplaire de volonté, jamais battu, à l’instar d’un Marcel Dib ou d’un Bernard Pardo, c’est un meneur d’homme, qui est capable de rameuter ses troupes, ce n’est pas un grand technicien, mais sur un terrain de foot il se bat durant 90 minutes. C’est le type de joueurs que le public Marseillais, que l’on accuse trop souvent a tord de n’aimer que les stars, se régale de voir sur un terrain, tant leur bravoure et l’amour du maillot font plaisir a voir. Il sonne donc la charge à la 37eme minute, Boubacar qui est descendu par Thierry Tusseau a l’entrée de la surface en coin, obtient un coup franc, frappé par Michel Beaulier dans le paquet, Buigues s’élève au milieu de la défense Nantaise, pour mettre un coup de tronche hyper puissant que, ni Bertrand-Demanes dans une envolée spectaculaire, ni Rio sur la ligne, dans une dernière tentative désespérée ne pourront empêcher Braveheart de réduire la marque. Robert avait mis exactement le même but, 6 jours auparavant contre le futur champion Strasbourg, occasionnant l’une des 4 seules défaites des alsaciens cette saison là.
La belle mécanique Nantaise est quelque peu bouléguée et elle a un sérieux passage a vide au alentour de la 43eme minute. Buigues encore lui, au sortir d’un méga cafouillage dans la surface Nantaise, en pivot, déclenche une frappe subite, difficilement renvoyée par Bertrand Demanes, sur.....devinez qui ? ...Buigues of-course, qui au lieu de frapper comme un bourrin, donne de la tête un caviar à Marius Trésor qui, encore de la tête balance le ballon au fond des filets Nantais. Ma foi ... C’est alors du délire dans les gradins. Imaginez ! en 5 minutes l’OM est revenu 2-2 après avoir été menés 0-2 c’est donc un impensable scénario que nous nous mettons tous a espérer lors des 45 prochaines minutes et cela grâce pour beaucoup à la volonté de son capitaine. remonteur de pendule, admirable de volonté. Ben...du coup…2-2 avant la mi-temps ce n’est plus les figues du même panier. La ferveur qui s’élève des tribunes ne s’apaisera que pour l’entracte.
Etant placé en haut du virage sud, j’observe ces Nantais qui reviennent sur la pelouse. Les cris s’élèvent a nouveau des gradins, ils sont hués, sifflés, je décèle chez eux, une espèce de crainte, j’en vois de nombreux regarder à nouveau la foule, ils ont peur, ils se caguent dessus.
Leur crainte s’avère justifié, 4 minutes après la reprise, et pour le plus grand bonheur des 40 000 spectateurs, l’OM obtient un penalty, pour une faute sur V.Zwunka, qui a sonné la charge dés la reprise. Didier Six le frappe et le marque dans une ambiance de folie, les drapeaux sont déployés, les cornes de brumes actionnés, les chants et les encouragements s’élèvent dans le ciel marseillais, on y croit. En 9 minutes l’OM vient de refaire une partie de son retard 3-2 a la 50eme minute 4-5 sur l’ensemble des deux match, il faut inscrire encore deux buts pour la qualification, ma foi, il reste alors 40 minutes à jouer, il est ou le problème ?
L’OM qui depuis la 33eme minute écrase des Nantais (un peu comme une certaine 1/2 contre Auxerre, alors que l'OM était en D2) comme jamais ils l’ont été cette saisons là, fini ce match en une véritable course poursuite, un véritable contre-la-montre....par équipe. Ça joue a 200 a l'heure.
C'est alors que Didier Six, qui vient de transformer un penalty hyper important, assez tranquillement et facilement....échappe à la 52eme minute à la défense Nantaise sur son coté gauche, au triple galop il s’enfonce dans la surface avec Bossis a ses trousses nous sommes tous (les 40 milles) debout a attendre ce 4eme but qui sonnera très certainement le glas des Nantais nous crions, nous sautons en attendant la jouissance suprême.... que le ballon fasse trembler les filets, le voici qui se présente seul devant Bertrand-Demanes.... ça va faire but.... il ne peut en être autrement… oui oui oui.....Aaaaaaaaaaaaaaahh, noooooooon putain non il frappe de l’intérieur du pieds gauche trop mollement et Bertrand-Demanes détourne suffisamment pour mettre en corner, on s’arrache les cheveux, à 4-2, 5-5 sur l’ensemble des deux matches, il y a avait la place d’inscrire le but de la qualif... ben, non !
Curieux joueur que Didier Six, très doué, capable du meilleur comme du pire, on sentait chez lui comme un désintéressement de la cause olympienne, il n’a de ce fait jamais fait l’unanimité parmi les supporters marseillais. Plus tard, lors d’un France-Ecosse au vélodrome, préparation a l’Euro 84, il a été copieusement sifflé. Les marseillais comme chacun sait n’ont pas la mémoire courte. Enfin bon fermons la parenthèse Six.
Quelques minutes plus tard il est remplacé par Sykély prétextant une blessure. Malgré ce manque de gnac de l’international sur ce coup-là, les olympiens ne se laissent pas abattre, ils repartent de plus belles, submergeant des Nantais aux abois et sur les talons. La fabuleuse chevauchée de l’OM, va une nouvelle fois payer : 71eme minute, sur le coté gauche encore une fois, Bracci pour Linderoth qui balance un long centre dans le paquet Nantais, Bertand-Demanes, sort et se troue quelque peu en ratant plus ou moins son dégagement du point, Sykély qui à l’angle des 16 mètres recentre ce ballon acrobatiquement en ciseau, pour Saar Boubacar qui de la tête défonce (le mot est faible) la défense Nantais comme un jeu de quilles et trompe Bertrand-Demanes revenu dans ses cages en vain. Un but a l’anglaise plein de volonté. Les Nantais sont a terre, je me souviens d'avoir vu Tusseau faire un signe de la main vers Rio...poing fermé, pouce vers le bas qui voulait dire quelque chose comme "on est mort !!" C’est évidemment du délire dans le stade, Nous voilà a égalité, mais Nantes a inscrit un but de plus que l’OM a l’extérieur il nous faut en mettre encore un, juste un, un tout petit, et se sera les ½ finales. Il reste quasiment 20 minutes durant lesquelles les attaques fusent de tous les cotés, tour à tour Berdoll, Buigues, Sikely, auront le but au bout du pieds ou de la tête. A 4-2 les fondations Nantaises tremblent sérieusement sur leur base, les Nantais et leur gardien parviennent tant bien que mal a repousser les tentatives de 11 joueurs au maillot blanc ils essaient ces nantais....race à leur technique, avec Henri Michel à la baguette de ressortir de leur camp, mais si tôt passé la ligne médiane, il sont étouffés par la déferlante olympienne, il sont renvoyés dans leur camp qu’il défendent de plus en plus difficilement.
Mais ...la fantastique fantasia de 11 magnifiques olympiens...qui s’écroulent au coup de sifflet final, se termine avec un goût d’inachevé. 5-5 sur l’ensemble des deux matchs, ils ont tout donné, mais Nantes amis un but de plus a l'extérieur. On a rien a reprocher a des joueurs qui donne un tel spectacle aussi prenant, il y a eu des buts, des actions spectaculaires. La cicatrice a mis longtemps à se refermer, d’autant que Nantes gagnera haut la main cette édition de la coupe de France contre un Auxerre naissant, certes après prolongations, mais 4-1. Et surtout qu’une éventuelle victoire en coupe de France cette année là, nous aurait évité très certainement les sombres années de galère qui ont suivi dès la saison suivante.