Séisme au Vélodrome (partie 3 et fin) 27/08/1969

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Écrit par Deepbluebdr   
15-10-2006
Voilà ce troisième séisme qui tournera a la catastrophe.

Après ce 1/8 eme et ½ finale ou le volcan Vélodrome s’est réveillé, puis s’est apaisé grâce aux belles victoires de nos joueurs au maillot blanc….L’OM est finalement vainqueur de la Coupe de France devant Bordeaux 2-0. Novi et Joseph règleront leur compte à des Bordelais vaillants mais malheureux deux fois, puisque l’année précédente ils avaient perdu également en finale contre St Etienne 2-1.

Nous étions 150 000 personnes en délire sur la Canebière a fêter nos héros.

Marcel Leclerc sera jeté dans le vieux port sans trop de reticence, car c’est une chose qu’il avait promise de faire dans le cas ou l’OM reviendrai de Paris avec la coupe en poche. Ce qui fut fait de fort belle manière.

Ce lundi 19 mai 1969 beaucoup avait manqué le boulot ou l’école, ce début de semaine fut une journée délirante.

Mais il est temps de penser à la saison suivante pour laquelle l’OM a de grosses ambitions avec un effectif pas très renouvelé, mais très au point.

Pour cette 5 eme journée de championnat de France, après être aller gagner de très belle manière à ….Valenciennes, l’OM vainqueur de la coupe accueille le champion de France en titre…les verts de Saint Etienne, triple champion précédemment.

Les confrontations entre St Etienne et l’OM a l’époque c’est un peu comme OM-Psg d’aujourd’hui, à quelques différence près tout de même

1) Il n’y eu jamais de 1-0 de 0-0

2) Les verts avaient vraiment de grands joueurs

3) St Etienne ne venait pas au vélodrome pour tenter un nul

Il y eu même juste avant la reprise du championnat le trophée de champions au parc de princes St Etienne battant une nouvelle fois l’OM 3-2 dans un match très enlevé et spectaculaire.

Carnus, Bosquié, Beretta, Larqué, Herbin, Kéita, Revelli tous internationaux constituent l’ossature des « verts » fin 1960 début 1970.

Ce mercredi là…d’un coté Magnusson-Skoblar-Loubet, de l’autre Kéita-Beretta-Samardzic cela promet un grand spectacle digne (et ce n’est pas un vain mot) des plus belles soirées de ligue des champions d’aujourd’hui.

A l’intersaison des barrières sont posées tout autour du terrain, juste au bas de la piste cyclable ; afin d’éviter les problèmes rencontrés lors des matches de Coupe de France. Des barrières hautes d’environ 2 mètres 50 et terminées par des pointes,

Je suis de nouveau dans le virage nord pour ce match, arrivé très tôt pour être installé correctement, j’ai d’abord assisté au match de levé de rideau de rugby à 13, entre Marseille XIII et Cavaillon et comme d’habitude ces matches de rugby se sont terminés à coups de poings ce qui a le don si c’est possible de conditionner les supporters.

De voir, les visages tendus ou les traits sont plus tirés, les rictus de crispation ayant remplacé les sourires, chauffés par les rugbymans, tout cela ne me laisse rien présager de bien bon.

Ce soir de plein été ou le mistral souffle assez violemment et énerve les esprits, les 50 000 spectateurs, (invités et resquilleurs compris) sont moins bons enfants que les deux fois précédentes ou les lignes de touches ont été prises d’assaut. Cela se sent, se voit, s’entend.

En effet, une véritable vague déferlante humaine, s’engouffre dans ce cratère, allez, zou maï, le service d’ordre est débordé, les hautes grilles avec pointes en leurs sommets ne résistent pas à la poussée des spectateurs, ce raz de marée aura raison des grilles qui se couchent comme de dociles haies de plantes vertes piétinées, arrachant des gros morceaux de béton

Pensez donc c’est le championnat, c’est comme si l’OM avait reçu Lyon champion de France, l’autre jour et que les spectateurs soient autour des lignes de buts. Ne se contentent plus de s’asseoir gentiment sur les lignes, mais ils s’agitent sur le terrain et cela a quelques minutes du coup d’envoi, en apostrophant les arbitres et joueurs adverses, un fumigène frôle Salif Kéita, alors que les joueurs pénètrent sur la pelouse.

Des supporters sont encore en train de se déchaîner sur la pelouse, tandis que les forces de l’ordre, des appels micro, les officiels, l’arbitre Mr Machin les font reculer et passer derrière les lignes délimitant le terrain. On a peur et comme les deux matches précédents, il ne manque que l’étincelle pour que le volcan s’embrase.

Avec 10 minutes de retard sur l’horaire, le coup d’envoi est donné par « Zé » d’un coté la puissance de l’OM, du coté de St Etienne la belle mécanique bien huilé avec le soliste Salif Kéita qui se soir va être éblouissant. Après 3 corners successifs pour l’OM, ce qui démontre une certaine supériorité a ce moment là du match, le match s’équilibre et St Etienne répond du tac au tac aux attaques de l’OM. Pour deux occasions…un tir de Loubet et une tête de Bonnel déviées en corner par Carnus, les verts réagissent par une percée chaloupée de Salif Kéita bien captée par Escale.

A 8 minutes de la pause sur un long centre anodin…Carnus renvoi le ballon dans les pieds de Charly Loubet qui face a la cage ne laisse pas la moindre chance au gardien stéphanois, le vélodrome chavire de bonheur, certains spectateurs se précipitent sur le terrain embrassant le buteur, je vous dis ce match sent la poudre, on voit bien que les supporters sont….comment dire hargneux, voire haineux envers cette équipe de St Etienne.

Est-ce un moment de relâchement ? Est ce le fait que l’OM croit avoir fait le plus dur ? où les intrus ont ils fait perdre la boussole aux olympiens ? Toujours est il que la réaction de St Etienne est violente, Kéita égalise 3 minutes plus tard Revelli mettant une frappe canon sur le poteau Et le malien reprenant ce ballon renvoyé de façon spectaculaire sans que Jean Paul Escale ne puisse quoi que ce soit. Et juste avant la mi-temps comme pour démontrer qui étaient les maîtres Kéita sème Djorkaeff et donne un caviar à Larqué, Jean Mimi crucifie Escale dans un silence incroyable, on se croit dans une salle de cinéma, en train de visionner « autant en emporte le vent ».

La pause intervient et cette première période qui a eu un peu de mal à se lancer, s’est tout de même conclue par une belle panoplie d’attaques de toutes part.

Les visages des spectateurs supporters se ferment un peu plus, tout le monde est conscient que ce soir, (et cela sans leur faire injure) ce n’est ni Angoulême, ni Angers qui évolue devant dans ce mur humain.

1-2 à la reprise l’OM a un beau chalenge pour cette deuxième période. Et L’OM l’attaque par le bon bout, nous sommes encore en train de nous poser des questions concernant la tactique que l’OM doit adopter pour se sortir de ce guêpier stéphanois, certains spectateurs ne sont pas encore rassis, qu’à la 48 ème minute Charly Loubet encore lui, qui ce soir éclipse Skoblar et Magnusson… égalise après un crochet et une frappe enchaînés, un vrai délire, un vrai déchaînement…autant pour les matches de coupe les supporters massés derrière les lignes ont été sages de chez sages, autant pour ce match à forte odeur de souffre portée aux narines par ce fort mistral, ils sont comme fous, ils envahissement le terrain une nouvelle fois, pour remercier Charly le magnifique d’avoir effacer l’affront d’avant la mi-temps, il font des doigts et des bras vengeurs en passant devant les joueurs stéphanois qui n’ont pas plus peur que ça. Mais ce St Etienne là est vraiment fort…très fort… fort techniquement, fort mentalement, un collectif en place qui ne tremble pas et ce malgré le fait d’avoir de la lave en feu a ses pieds.

Remise en jeu, le gaucher Gorges Beretta par comme un boulet passe en revue le milieu et la défense olympienne, décoche une transversale en direction de qui ? De Kéita bien sur !!! Et devinez quoi, reprise du gauche en pleine extension…et but.

Si les supporters somme abattus, car l’on se demande bien comment l’OM va s’y prendre pour égaliser de nouveau puis inscrire le but de la victoire. Les fiers joueurs marseillais ne s’en laisse pas compter.

Dés lors le vent aidant, ce match devient un combat de tous les instants, d’une beauté extraordinaire, aux attaques blanches, des déferlantes vertes répondent du tac au tac, Escale et Carnus sont mis à contribution, leur mains doivent être rouges sang, tant ils repoussent les assauts adverses. Des longs ballons, des centres, des tirs, des dribbles, tout y passe, on voit du beau football et cela même si notre OM est mené.

Comme je le disais plus haut les sommets de cette époque n’ont strictement aucun rapport avec les matches fermés et souvent insipides que nous montrent les soit disant sommets du championnat version années 2000.

Skoblar et Magnusson pour cette dernière 1/2 heure se mettent au diapason de Charly Loubet… a savoir qu’ils jètent leurs forces dans une bataille qui fait rage, chaque dribble de Roger, chaque contrôle de Josip, chaque frappe, est détaillé par chaque supporters, on se morfond, tout le monde a le souffle coupé a chaque attaque marseillaise, c’est comme un match de tennis, le ballon va d’un camp à l’autre et 50 000 personnes a l’unisson font des mouvements de va et vient de la tête. Personne ne se préoccupe du voisin quand bien même il aurait un malaise, que dégun n’y ferai cas, tellement pris qu’on est, dans ce match qui va a 200 à l’heure et qui va forcément basculer en notre faveur à un moment ou un autre, avant la fin.

Si St Etienne est toujours bien en place et quadrille bien le terrain, plaçant des attaques très percutantes, l’OM de son coté, fait le forcing, aidé par 50 000 poitrines qui hurlent qui poussent ces joueurs prêts a laisser leur vie sur la pelouse … ça va payer, c’est sur….

Roger, le magicien, après une série de dribbles dont il a le secret ajuste un centre a la perfection pour Rolland Mershel bien placé a l’entrée de la surface qui écrase son tir qui passe a coté…. « ho putain, c’est pas vrai bordel », on s’arrache les cheveux.

C’est alors qu’arrive la 75 eme minute, le moment ou tout bascule, l’instant ou l’arbitre Mr Machin va être le détonateur, ou plus exactement son assistant va être la fameuse allumette qui va faire péter le volcan, dont les frémissements intervenus a deux reprises étaient prémonitoires de la colère incontrôlée qu’il pouvait afficher, il ne fallait pas lui donner matière a secouer la terre marseillaise.

Magnusson une nouvelle fois sur son coté de prédilection…le droit, dribble un joueur, harangué par un public en folie, se sort d’un paquet de stéphanois par un tour de passe-passe

Après une foulée pour voir ce qui se passe dans la surface, déclenche un centre qui trouve papa Djorkaeff, celui-ci d’un plat du pied gauche bat Carnus dans une hystérie collective.

Mon voisin me secoue comme un prunier, il reste alors un ¼ d’heure tout est encore possible, pour faire tomber le grand St Etienne tant la domination olympienne devient pesante pour des stéphanois en nette perte de vitesse sur la fin.

Mais !! Quoi ? Non, qu’est ce qui se passe ? L’arbitre se dirige vers son juge de touche, ça discute, un bon moment. Puis le but est annulé, il semble… et le lendemain cela est confirmé par la presse, il y a eu un hors jeu sur le but. En tous les cas c’est pour cette raison non valable que cette égalisation est refusée à l’OM, un hors jeu de position de Joseph Bonnel, qui en fait n’y ai pas.

Enfin…si vous voulez mon avis…si moi, je suis arbitre et que j’arbitre un match au sommet dans des conditions de celle de ce mercredi 27 août 1969, c'est-à-dire avec une meute de pit-bull enragés me mordillant les mollets…et ben moi je l’accorde ce but voyez-vous.

Hé Bèh non… Mr Martin continuera dans son refus d’accorder ce but, malgré l’insistance des protestations des spectateurs qui sont à proximité de lui, malgré l’insistance des joueurs de l’OM également.

Ce qui se passe par la suite et tout simplement le fait de la colère du volcan qui a force de bouillir à finalement explosé…match interrompu, envahissement du terrain, palabres, discussions, les joueurs ; les dirigeants, la police, les spectateurs tout ce monde est sur la pelouse, un séisme de puissance 8 sur l’échelle de Mr Machin.

L’arbitre du match sera le premier à se prendre un coup de pied dans les coucougnettes, les joueurs stéphanois veulent alors s’interposer. Camérini finit son match au fond des filets, le nez en sang et dans le gazon, Salif Kéita se transforme en gazelle, coursée par des guêpards affamés. Ce match se termine en queue de poisson, une méga bouillabaisse ou tout est mélangé dans la marmite dont la température est hyper élevée…joueurs, arbitres, supporters, flics, officiels.

Les joueurs et dirigeants olympiens tentent de protéger les arbitres, ça siffle, ça hue, c’est une vraie panique indescr1ptible. Ils arrivent a gagner tant bien que mal les vestiaires et sont enfin en sécurité.

Les gens des gradins comme moi nous regardons ce spectacle hallucinant de haut et de loin, alors que d’autres veulent en découdre avec les forces de l’ordre ils enjambent et bousculent les spectateurs.

Il reste ¼ d’heures a jouer le match va-t-il reprendre ou non, les supporters ne regagnant pas leurs places ce match ne se terminera jamais.

Contrairement aux matches de coupe, la colère d’un volcan au nom de « stade vélodrome » ne s’apaise pas cette fois-ci, sa lave bouillante s’écoule de longues heures, détruisant tout ce qui se trouve sur son passage, arrachant poteaux de corner, banc de touche poteaux et filets de buts, jetant tout ça a la face des forces de l’ordre.

Avant que la pelouse ne soit vide de toute personne il s’en faut d’une bonne partie de la nuit.

C’est un vrai séisme footballistique que Marseille a vécu en ce mercredi 27 août 1969, la presse en fait de larges échos le lendemain à la une des journaux écrits et télévisés.

L’OM est puni d’une lourde sanction financière et sportive, le gain du match est accordé à St Etienne sur le score ou le match a été interrompu c'est-à-dire 2-3 en faveur de St Etienne.

La France du foot et des actualité est touchée par ce séisme du jamais vu encore en sport en France.

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L’OM vainqueur de la coupe de France 1969.

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Mr Machin, en grande discussion avec les supporters, après le but refusé a Djorkaeff.

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Les supporters visiblement ne veulent pas comprendre pourquoi Mr l’arbitre a refuser ce but !

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Après le Séisme !
 
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