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« Que de bonheurs possibles dont on sacrifie ainsi la réalisation à l'impatience d'un plaisir immédiat. » Marcel Proust
Si il est bien en ces temps agités un point commun entre notre club Ô combien vénéré et Naoned, c’est bien une nostalgie qui devient de plus en plus pressante. Le jeu à la nantaise ou la légende olympienne, comme des mythes improbables d’un autre siècle, une légende footballistique dont les plus jeunes d’entre nous n’ont entendu qu’un écho redondant de supporters autistes d’un autre temps. Se souvenir, c’est entretenir l’antan et souffrir le présent, en attendant.
Non pas qu’on ne se satisfasse pas d’un début de saison somme toute honorable, mais la criante fragilité de notre bloc reste bien inquiétante, et tenir sur la longueur ce rythme semble bien hypothétique. Gerets l’enchanteur mélange tant bien que mal ses ingrédients pour trouver une potion équilibrée et performante, mais quand certains apparaissent périmés ou à contre-usage, il est bien évident que l’élixir ne peut pas prendre. On ne demande qu’à être envoutés, match après match. Force est de constater que l’illusion ne dure qu’un temps, les anciens démons réapparaissent subrepticement au détour de quelques déroutes. Une défense perméable et toujours pas fixée quant à ses titulaires, Dieu redescendu d’un nuage, des joueurs à potentiel qui confondent pied gauche et pied droit, une attaque en berne qui erre comme une âme en peine … Sur fond de médiatisation à outrance d’un caprice de gosse. Rageant quand on regarde ligne par ligne la qualité de l’effectif. Il manque une pincée de quelque chose, un soupçon de zeste de saupoudrage d’un minimum de concentration, appliquer calmement les directives d’un technicien dont on peut difficilement remettre en cause la compétence.
D’une situation que beaucoup définissaient comme apaisée (et c’est assez rare pour le souligner), avec un entraineur qui nous a sorti des affres de la zone rouge, hissé sur un podium improbable, un recrutement cohérent et ambitieux (Cissé compliquant l’équation), un début de saison idyllique, on se retrouve irrémédiablement devant nos propres contradictions, un manque d’implication en Ligue des Champions, un relâchement fatal face à Paris, et le cours de l’OM suit celui du CAC40. Tout n’est pas noir bien évidemment, on s’accroche aux 3 premières places, on plante plus qu’on ne se plante, mais le fatalisme s’immisce, et une défaite à Nantes attiserait encore un peu plus les flammes de l’ire. Sur le papier, Nantes c’est géographiquement au-dessus et footballistiquement en-dessous de nous. Mais la topographie étant plus fiable qu’un pronostic sportif, on ne s’amusera pas à prédire victoire ou défaite cette fois-çi … Un effectif amoindri, le moral en berne, des incertitudes sur la cohésion du groupe, les premières questions mercatales arrivant, on se retrouve au pied du mur breton, contraints par nous-mêmes à un résultat permettant de relancer la machine olympienne.
En face, rien d’important. Pas besoin d’analyser l’effectif, les performances ou la tactique envisagée. Si on joue ensemble, avec nos qualités, peu importe l’adversaire, on gagne.
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