|
L’opiomane serait-il bruxomane ?
On peut légitimement se poser la question à l’écoute de ces grincements de dents qui bruissent sur la toile.On dit parfois que l’on grince des dents quand on n’arrive pas à mordre, la faute à trop d’années où l’on s’est contenté de ronger son frein, mâchoires serrées contenant la rage dedans, rêvant d’enfin crever l’abcès…
Presque 6% de la population est atteinte de ce désagrément, combien de supporters olympiens dans ce contingent ?
On dit parfois que l’on grince des dents quand on n’arrive pas à mordre, la faute à trop d’années où l’on s’est contenté de ronger son frein, mâchoires serrées contenant la rage dedans, rêvant d’enfin crever l’abcès…
Presque 6% de la population est atteinte de ce désagrément, combien de supporters olympiens dans ce contingent ?
Le stress est le principal facteur de bruxisme, mais pas seulement.
On retrouve aussi dans ces musiciens des mandibules quelques introvertis qui ne dirigent pas leur agressivité ou leurs frustrations envers autrui mais la retournent contre eux. Comme une forme d'automutilation...
Quinze années d’échecs et le jeune supporter a les dents élimées. Quant aux autres, qui ont connu jadis la victoire, leur dentition est en harmonie accord avec le reste…
On est à des années lumières du supporter lyonnais repu, fort de ses succès ininterrompus, qui a les dents du fond qui baignent. Les nôtres se déchaussent et ça ne sent pas bon.
Perdre ses dents, c’est être dépouillé de puissance agressive, de jeunesse, de protection : c’est un symbole de dépossession, de castration, de ruine. C’est la perte de vitalité, tandis qu’une mâchoire forte et gaillarde authentifie la force virile, celle d’un instrument de possession, qui avec méthode assimile : la meule qui broie, pour fournir nourriture à l’appétence des impatients aux dents longues.
Alors, à défaut de mordre, le marseillais se sert de sa bouche pour produire des sons articulés. Les plus bavards se font traiter de bouches, les plus brillants utilisent cette cavité comme caisse de résonance du verbe et usent et abusent de son pouvoir de création.
Les romains considéraient la bouche comme le vestibule de l’âme.
Organe de la parole et du souffle, elle symbolise aussi un degré élevé de conscience, un pouvoir organisateur par le moyen de la raison…
Mais capable de construire comme de détruire, d’animer comme de tuer, d’élever comme d’abaisser, la bouche renverse aussi vite qu’elle édifie. Ainsi les héros de la veille seront les bannis du jour, les idoles d’un soir les créatures du lendemain et les exilés seront réclamés ! Cissé pas malheureux…
Mais comme le dirait mon dentiste : ne faisons pas d’amalgame, quinze années sans couronnes c’est royal…
Alors à défaut de mordre avec nos dents, ces citadelles qui gardent l’esprit, on agite la langue quitte à mentir comme…des arracheurs de dents ! On a l’âme canine, on cajole nos dents de sagesse.
La grande fratrie des supporters marseillais, dans un collégial mouvement intergénérationnel, des quenottes aux chicots, conserve son amabilité en croquant des pommes, imprudemment car croquer la pomme n’a pas fait que du bien à l’Adam gâté !
A propos de pépins passés et à venir, la rencontre de ce mercredi à Sochaux s’annonce périlleuse.
Les jeunes lionceaux auront les crocs et on à beau ne pas être des éléphants aux pieds d’argile on connaît quelques problèmes de défenses.
La jeune classe biberon franc-comtoise n’ayant qu’un souhait, passer victorieusement du stade anal au stade Bonal, histoire de se faire les dents…
Alors il nous faudra bien colmater, pardon mastiquer les fuites, histoires qu’ils se tiennent à carreau.
Mamadou Samassa en guise de pivot, (à défaut de guère de molaire) Modeste M’Bami qui aura laissé sa roulette au vestiaire, Renato Civelli notre fier cure-dent et ses interventions incisives. Bref une équipe pour manger à tous les râteliers.
Avec le mors au dent, en évitant un prématuré plombage ce sera direct, pan dans les gencives !
A moins que cela ne se termine en séquence tartre à la crème.
Après il sera temps de songer à l’Europe, mordre l’anglais, quand Liverpool aura des dents, croquer du batave en évitant de creuser sa tombe avec l’Edam, tout en goûtant l’haleine vierge du matelassier madrilène.
Morsure ou mort sûre quel que soit le résultat restons souriant histoire de montrer les dents au destin.
Partageons l’optimisme de Pierre-Auguste Renoir : C'est quand on n'a plus de dents qu'on vous donne de la bonne soupe.
Réagir sur le forum |