Du temps de l'estimé Président Bez (paix à son âme) ?
Écrit par montagnard bordeaux
27-10-2007
C'était un Monsieur qui savait reconnaître la valeur du travail: Il est même possible qu'une place dans l'encadrement fût proposée à un tel talent capable de renforcer l'ardeur de l'effectif. A condition toutefois que le scapulaire aparaisse sur les bas résille: Le Grand Homme était très à cheval sur l'étiquette.
Ca aurait pu donner ceci, sous l'immense lustre Louis-XV du vaste bureau présidentiel, l'Eternel se serait galamment lissé les moustaches en prenant un sourire cajoleur derrière son incroyable bureau pesant plusieurs tonnes, en marbre blanc, en forme d'immense pastille Valda:
- Chère Madame Agnès, un nuage de lait dans votre thé ? J'envisage de changer la passementerie, et peut-être même de paysager à la française le parc du Haillan...
- Président, il fait un rien frisquet dans votre bureau...
- Hum ? Ah oui, c'est une vieille technique, mon interlocuteur est mal assis, et son regard est plus bas que le mien d'au moins un mètre, (j'ai fait une exception pour vous, ma chère), j'insuffle de l'air froid dans la pièce jusqu'à ce qu'il frissone, le seul chauffage est dissimulé sous mon bureau, qui semble bouillir...
- Je dois vous dire qu'un petit demi-sel est venu me proposer une enveloppe conséquente, doublée d'une autre dissimulée dans un jardinet de pavillon afin que je quitte le club...
- On ne quitte pas le club, Madame Agnès, on meurt...
- C'est ce que j'ai répondu à ce Monsieur Bernès, bien chétivement pourvu, en moustache du moins, et vêtu comme un souillon. Il exige que j'exerce mon art de façon, disons..., défaillante ici, vous comprenez ? Et qu'ensuite je vienne en Provence, exclusivement. Il m'a dit agir pour le compte de ce moissonneur-batteur médiatique qui vous poursuit de son zèle autant hargneux qu'imbécile, cet agité du bocal parisien de Marseille, auquel les médias mangent dans la main...
- Madame Agnès, vous vous échauffez. Laissons le vulgaire se comporter en voyou, nous n'appartenons pas au même monde.
- Il est sûr que, né dans la rue, l'élévation c'est le trottoir, en passant par le caniveau...
- Bien dit, ma chère, que diriez-vous d'une partie de chasse au médiateux dans le Parc, je vois justement ces manants de Canal +, l'Equipe et France-Football qui s'approchent de nos fenêtres ?
- Remisez votre calibre 12, Cher Président, vous devriez chasser ces gueux à courre, avec sonnerie au cor, meute, piqueux et valets de pied en grande tenue club, monté sur un fougueux destrier vous seriez beau et grand comme l'antique..
- Excellent conseil, encore une fois, Madame Agnès, je compte y réfléchir... Ah, que voulez-vous, je vous prédis que d'ici vingt ans, le football sera dirigé par de fort petites gens, assoifés de gloriole, de pouvoir et surtout d'argent, capables de marcher sur les têtes des autres de laisser leurs mamans au tapin pour une signature prestigieuse dans l'effectif, et aussi que ces satanés médias feront la pluie et le beau temps, d'ailleurs ils tiendront les cordons de la bourse... Ce petit jeune flagorneur d'Pierre Mondy, qui ne manque jamais une occasion de me sucer les orteils, m'en paraît être le prototype...