C’est bien plus qu’un apéritif qui attend nos marseillais en ce mercredi soir au Vélodrome. Et si l’OM veut faire passer ce Porto pour un simple vin doux, les joueurs devront ressortir la panoplie européenne aperçue à Liverpool plutôt que celle de Ligue 1 déployée dimanche soir dernier face à leurs concurrents directs du moment pour le maintien. Car c’est bien un tout autre combat qui attend nos biquettes pour les grands débuts à domicile d’Eric le diable rouge dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs de notre vieux continent. Aux vertus morales nécessaires à toute équipe qui lutte pour s’extirper des places de relégables, il conviendra d’ajouter une once de qualité dans les pieds de nos footballeurs.
Bref, faut qu’on ce bouge ! En face, c’est le leader tranquille du championnat portugais qui se profile. Nos oailles devront le mettre, le oïa, si elles veulent se donner un peu plus de certitudes dans leur jeu et dans une éventuelle qualification pour les 1/8ème de finale. Histoire de prouver, une fois de plus, que le particularisme marseillais existe bel et bien. Et que si l’on se plait à défendre par monts et par Baux les valeurs régionales, on aime aussi, dans la cité phocéenne, se mettre à l’heure européenne dès qu’il s’agit de football.
Un particularisme si particulier que l’on annonce même, sans être devin, un stade au ¼ vide. Garçon, il serait temps de nous remettre une tournée ! Il ne devrait donc y avoir « que » 45000 fidèles parmi les plus fidèles pour se rassembler dans l’antre du Boulevard Michelet. Un comble pour un club qui a si peu l’occasion de goûter aux plaisirs de la Champion’s et qui s’est maintes fois embrasé pour cette compétition. A l’instar d’un Georges, le mâle est profond ! me souffle Brigitte, une femme de flic. Et si un vent mauvais souffle en coulisses, où la lutte pour le pouvoir fait rage au plus haut des instances du club, on ne peut mettre cette désaffection du public sur le compte d’un mistral trop incisif ou d’une fraîcheur automnale trop saisissante. Marseille a mal à son publi’, et son Glaoui part en sucette. OM, si tu veux me revoir bander, Quaresma zigounette ! (copyright l'homme qui murmurait à l'oreille des monochevaux) Les supporters ont donc ajouté le soupir à leur répertoire musical. A l’approche de l’hiver ils font comme les cigales, remballent tambours et cymbales, et vont plutôt au concert s’il reste à claquer 100 balles. On boude une victoire pourtant si rare en championnat et l’on snobe un match pourtant si crucial dans l'optique de pouvoir faire se prolonger nos rêves de grandeur. Alors oui, cela dénote d’un certain ras le bol général, et n’en déplaise au Pape, les fidèles en ont marre de porter la croix ! 14 ans à courir derrière un trophée ça use les caligae ! Il n’empêche, tout bon supporter qui se respecte suivra cette rencontre avec intérêt, et même si cela se fera dans le plus grand des secrets ou tout du moins dans plus d'intimité qu'à l'accoutumée. Car s’il a appris à feindre l’indifférence, le supporter phocéen ne saura jamais étouffer, ni même contenir sa passion. Et s’ils ne sont que 45000 pèlerins dans les gradins, on en comptera certainement quelques millions devant les postes de télévisions. Tous et toutes à n’espérer qu’une seule et même chose :
Que l’OM prolonge le goût du vainqueur, et que Porto conserve celui du vin cuit ! Réagir sur le forum. |