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Diouf part II: «Je préfère ma semaine après Saint-Etienne l’année dernière»

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Écrit par Georges Profond   
16-08-2007
DioufComment analyses-tu le début de saison du groupe ?
Il est clair que quand la réussite n’est pas là, que les résultats ne sont pas tout à fait conformes à ce qu’on attend, on se pose des questions. Si on avait les réponses, le problème ne se poserait plus. Je pense qu’aucun d’entre vous ne pourrait aujourd’hui nous susurrer une réponse définitive dans ce qui apparemment semble ne pas aller dans la machine Olympienne. C’est vrai que la responsabilité nous incombe et c’est à nous, et pas à vous, de trouver des solutions. Mais on s’y penche. On essaye de réfléchir aujourd’hui, de comprendre un peu.

 

Qu’est ce qui fait que la machine n’est pas véritablement partie ?
Beaucoup de raisons peuvent être avancées. La première, qui n’est pas la moindre, c’est peut-être des raisons d’ordre psychologique. On peut penser que de porter la lourde étiquette de favori, quelque part ça peut être paralysant. C’est vrai que quand, comme en ce début de saison, le calendrier a été présenté de manière tout à fait favorable pour notre équipe, c’est aussi qu’on le veuille ou pas, une autre forme de, pas de pression, mais d’incommodité.

Quand on rencontre une équipe qui monte comme Strasbourg d’entrée, quand on rencontre une équipe comme Valenciennes ou comme Caen, c’est vrai qu’à la lecture première du calendrier, on avait tout de suite l’impression qu’au terme de cette première série de 4 ou 5 premiers matchs, l’équipe devait quasiment compter le maximum de points. Hors il s’avère que ce n’est pas le cas. Ça ajoute à la responsabilité des joueurs et les uns et les autres ont tellement envie de bien faire que parfois, on sait que à vouloir trop prouver, finalement on ne prouve rien. Mais il y a aujourd’hui je pense, un manque de confiance au fil du groupe et ce manque de confiance là peut s’effacer avec une victoire probante et moi je me fais d’autant moins de souci qu’en tout état de cause, le championnat commence à peine. On n’en est qu’à la troisième journée.

Souvenez vous la saison dernière. On commence le championnat en boulet de canon, après on traverse cette période très difficile de deux mois que vous avez tous vécu en plein hiver. On est relégué des prétendants aux places d’honneur et qui a vécu plus ou moins les ambitions qui étaient les nôtres. A 7 journées de la fin quand Lens est venu nous battre ici et comptait plus de dix points d’avance sur nous, à ce moment-là personne n’aurait osé parier un kopeck sur la possibilité que l’OM aurait de finir à la 2e place.

Je pense qu’aujourd’hui c’est prématuré de tirer des bilans ou d‘être alarmiste. Je pense que l’OM a un effectif de qualité. En suivant ce que vous avez dit, je n’avais pas vu autant de qualité dans l’effectif mais vous m‘avez ouvert les yeux. Donc je continue à penser que cet effectif est de qualité puisque vous vous êtes de qualité et vous connaissez bien votre métier, donc si vous l’avez dit, il faut le croire, laissons le temps au temps, et on verra.

Mais il n’y a pas d’améliorations dans le jeu ?
Je suis d’accord, mais moi ce que j’aimerais qu’on m’explique ce qu’est le fond de jeu. Le fond de jeu c’est l’explication commode qu’on peut coller à un échec. Est-ce que le fond de jeu c’est une philosophie de jeu, c’est-à-dire une définition d’un jeu collectif, ou est-ce que le fond de jeu c’est cette manière que parfois certaines équipes utilisent, des passes redoublement, on se donne la balle latéralement. Quand on m’expliquera ce qu’est le fond de jeu, je commencerai à comprendre.

C’est vrai que cette équipe-là aujourd’hui ne s’est pas encore exprimée complètement sur le plan collectif et sur le plan individuel. On a beau manquer de fond de jeu, quand les individualités s’expriment pleinement et sont en pleine possession de leurs moyens, elles sont capables d’assurer des résultats. C’est vrai que quand les individualités s’expriment véritablement à leur tempo à leur carat le plus fort, en règle générale le collectif suit. On peut oser plus parce qu’on se retrouve plus, sur le plan physique on est tous sur le même point. Etre physiquement au point, c’est quand même avoir cette capacité de courir longtemps, le plus longtemps possible, c’est être tactiquement au point, sauter haut et aller vite. Après les choses s’enchaînent.

Il faut qu’il y ait une expression individuelle complète pour que l’expression collective puisse se dérouler. On a fait des matchs qui n’étaient pas pleins, à Strasbourg, ici contre Rennes, ou surtout hier en première mi-temps, mais c’est l’expression individuelle des uns et des autres qui donne cette impression de pauvreté collective.

Pourtant je ne connais pas d’équipe qui avait cette capacité collective d’imposer son rythme d’imposer son jeu à un adversaire sans l’utilisation des qualités individuelles des uns et des autres. Quand les joueurs s’exprimeront pleinement, quand ils auront retrouvé la confiance et qu’ils exprimeront ce pourquoi on les a pris et pourquoi vous-même avez pensé qu’on avait fait un bon recrutement, forcement le collectif va suivre.

C’est dû à l’implication des joueurs ou à la manière dont ils sont utilisés ?
La question peut se poser de savoir si les joueurs sont utilisés rationnellement. Mais si j’en crois une expérience récente, c’est-à-dire la saison dernière, c’est avec le même entraîneur que l’équipe type a été configurée. Donc, a priori, il doit savoir l’utilisation qu’il doit faire de chaque joueur. Je ne crois pas aujourd’hui à une mauvaise utilisation. Il y a chez les uns et les autres aujourd’hui une sorte de retenue due à plusieurs facteurs, qui font qu’aujourd’hui on n’a pas cette expression totale.

Je reste persuadé que les choses vont aller mieux. Il y a des risques quand on est à Marseille. A Marseille, l’impatience et l’empressement font partie du décor. Quand les résultats ne sont pas là, le public est impatient, grognon, et c’est vrai qu’il peut avoir une manifestation bruyante qui peut aussi être paralysante pour les joueurs et qui peut ne pas faciliter le retour à un rythme de croisière. C’est un risque. Vous me demanderiez aujourd’hui mon souci c’est celui-là.

J’ai peur qu’il y ait une telle impatience que le public manifeste cette impatience et que ça arrive à paralyser les joueurs. C’est mon seul souci. Si on y va d’un rythme et d’un pas cohérent tous ensemble, si on admet ensemble en analysant et non pas en faisant de l’information spectacle, si on veut admettre les choses, il faut comprendre qu’on ne peut pas du jour au lendemain, présenter une équipe qui pétarade. Ce n’est pas possible. Si les joueurs sont bons, si le recrutement vous a paru cohérent et intelligent, laissez nous ce petit moment nécessaire pour peut-être faire les réajustements nécessaires.

Il arrivera un moment où il sera temps de faire un bilan. On ne peut pas le faire après trois journées. Ce n’est pas difficile aujourd’hui de critiquer vertement les prestations et ce qui se passe et à la lueur d’un succès qui peut se dessiner rapidement, de dire la machine s’est relancée. On ne va pas expliquer pourquoi la machine s’est enrayée. On n’expliquera pas plus pour la machine s’est subitement mise à marcher. Je crois que c’est parfois dans l’observation, le discernement qu’on peut arriver à essayer de comprendre les choses.

Mais les erreurs de Beye hier ?
Le but qu’on prend, l’égalisation de Valenciennes, c’est une erreur individuelle. Si cette erreur n’avait pas été commise, on aurait peut-être pu gagner. Voilà une explication qui me paraît en tout cas rationnelle. On pouvait ne pas être très bon à Valenciennes et peut-être qu’on aurait pu sortir vainqueur à condition de ne pas commettre d’erreur individuelle. On en a commis une, on l’a payé cash. Dans le football aussi l’erreur fait partie du jeu et pour cette erreur-là, à mon avis l’explication retenue est un manque certain de concentration.

Le mercato est terminé ?
Tant qu’on n’est pas au 31 le mercato reste ouvert. Il peut y avoir des départs qui n’appelleraient pas de nouvelles arrivées. Sur ce point, je reste prudent.

Tu parles de réajustements. Un autre attaquant est possible ?
On va faire le point. On va laisser passer un certain nombre de matchs. On pense au match de dimanche, on va se rencontrer de nouveau et discuter pour voir ce qui apparaitrait à nos yeux comme un élément à corriger.

Dimanche il faut gagner ?
Il faut toujours gagner. Tous les matchs sont importants. Espérons que ce match soit le déclic. C’est un match important qu’il faut gagner.

Vous allez réunir les joueurs ?
On ne sait jamais quel est le bon moment pour réunir tout le monde. On le suppose parfois. Avant notre match à Saint-Etienne j’avais estimé qu’il fallait parler ce soir-là avec les joueurs d’une manière très forte. Je l’ai fait. Aujourd’hui je n’estime pas qu’il faille réunir tout le monde après le match à Valenciennes et avant le match contre Nancy. Arrivera le moment où il faudra peut-être parler avec les uns et les autres essayer d’approfondir la réflexion certainement.

Tu na pas envie de pousser un coup de gueule ?
Si j’étais sûr qu’en poussant une gueulante j’allais gagner dimanche… Il ne suffit pas de parler à un groupe de joueur pour dire, j’ai parlé, j’ai tapé sur la table. Si tu gueules et que ton équipe perd le dimanche suivant, à quoi ça sert ? Quand on veut faire passer un message, il y a une méthode. Quand vous avez face à vous 20 ou 25 joueurs et que vous tenez un discours uniforme, chaque joueur pensera que le discours ne lui appartient pas mais qu’il appartient au voisin d’à côté.

À un moment donné pour faire passer son message, il y a d’autres méthodes que celle qui consiste à regrouper tout le monde et à pousser des gueulantes. Il y a un discours d’ordre collectif qu’on peut tenir mais il y a aussi des démarches individuelles à entreprendre pour que chacun ait conscience de ce qui est l’objectif recherché. Avant Saint-Etienne, j’ai eu l’impression d’être entendu et écouté. Dans le vestiaire par moments, j’ai aussi l’impression que le discours tenu par Albert Emon est entendu. Ça a été le cas à Troyes la saison dernière après une première mi-temps catastrophique. Pareil à Saint-Etienne. C’est en fonction des moments.

C’est vrai que les mots peuvent compter. Mais tenir un discours pour dire "j’ai parlé aux joueurs" souvent le discours est comme ce témoin qu’on passe à l’autre. Les joueurs ne l’écoutent pas vraiment. Chacun à sa personnalité, sa manière de voir les choses mais le but recherché est l’efficacité.

Tu vas parler individuellement à certains ?
Non je ne pense pas qu’il y en ait besoin... je peux parler aux joueurs au téléphone aussi.

On a vu José Anigo au bord du terrain, il peut aider Emon justement à parler aux joueurs ?
José répondrait le mieux, mais José est très proche du groupe, de l’équipe. Vous n’êtes pas là tous les jours, vous le regrettez, je sais, j’ai connu le temps béni où on était tous les jours auprès des joueurs et on entrait dans les vestiaires, aujourd’hui il y a des jours d’ouverture mais peut-être que les jours d’ouverture José est là et vous ne le voyez pas.

José pourrait pousser un coup de gueule ?
Non il a cette réputation d’être un sanguin, mais José est un modérateur. Je vous étonne. Il a un fond beaucoup plus important que ses coups de gueule.

Emon n’est pas menacé ?
J’attendais la question. Je savais qu’elle viendrait. Après trois matchs, Albert Emon menacé alors qu’il nous a mené en Champions League... Attendons, nous avons tout le temps. Ce qui ne m’empêche pas de redire ce que j’ai toujours dit : la situation d’un entraîneur est toujours fonction d’un contexte. Je le dis toujours. L’année dernière quand on me demandait si Albert et moi on allait sauter, j’entendais que Mourinho sauterait, peut-être que Wenger sauterait, j’étais en bonne compagnie.

Si l’OM perd dimanche ?
On continuera notre vie, on va essayer de trouver des solutions, on va se mettre des carapaces parce qu’on sait que les coups vont venir, on essayera d’être très fort comme on l’a fait dans certaines périodes de turbulences, on essayera de repartir. On éprouvera de la déception de l’amertume, c’est vrai. Mais je ne peux pas dire qu’on doit impérativement gagner par tous les moyens...

Je veux gagner dimanche, je crois que certains d’entre vos aussi, malheureusement le résultat, ça ne se décrète pas. On va tout faire pour que ce soit positif, mais si le résultat n’était pas là je ne vais pas dire Emon casse-toi, pousser une gueulante. Il faudra réfléchir, essayer d’avancer encore en sachant qu’on va vivre une semaine terrible, une semaine pénible une semaine pas agréable. Je préfère ma semaine après Saint-Etienne l’année dernière.

 

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