On nous a assez rabattu les oreilles avec l’angoisse du gardien de but au moment du penalty. Mais quand écrirons-nous un livre de référence sur la solitude du Cissé au cours d’un match ? Selon le dictionnaire en ligne, la solitude vient de « solus », et cela ne veut pas dire qu’on a trouvé la réponse à une question à force de retourner le problème, mais cela correspond à l’état d’une personne seule, retirée du monde. Robinson Crusoé était donc seul sur son île, au moins jusqu’au Vendredi.
Entention, nous dit ce même dico, il ne faut pas confondre la solitude et l’isolement. Comme il ne faut pas confondre l’isolement de l’isolation. Nous voilà mis en garde. Car l’isolement est une solitude subie. L’isolement est donc voulu par les autres. Ah ! Mais alors, Cissé est seul ou isolé ?
« Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre ? » pourrait se plaindre un Djibrill isolé du reste du monde, tel un amnésique empruntant les sens interdit chez Ikéa, à la recherche d’un Bureau Tovik. Encore une fois, attention ! Même si il s’est un jour demandé « dans quel état j’erre », Grégory Coupet ne souffre pas de solitude mais d’inquiétude quant à la localisation de sa troisième phalange de son index gauche, séparée du reste de sa main. . S'il avait eu Pape Diouf comme président, le portier lyonnais aurait été averti : "il n'est pas bon de placer son doigt entre l'arbre et l'écorce".
Recentrons le débat ! Le poète irlandais aux calembours bons et aux anagrammes moins bons aurait pu nous raconter comment solliciter un Cissé seul si celui-ci s’essouffle en susurrant des soupirs à ses sourcilleux soucis. Soucis de Strasbourg aurait rajouté cétacé. Nous nous contenterons de nous demander ce qu’il peut bien passer par sa tête blonde pendant un match. Car à force de courir dans le vide et de voir passer les ballons au dessus de ça tête, ça doit laisser le temps de penser. Ui ! Mille fois Ui ! Etre seul est aussi une forme de rendez-vous intime avec soi-même, une façon parfois douloureuse mais pourtant bénéfique de s'offrir un petit voyage intérieur, de partir à sa propre rencontre. Pour apprendre à mieux se connaître. Pour apprendre aussi à vivre pour soi, et non pas uniquement à travers les autres. Pour penser aux prochaines jantes de la voiture. Penser au prochain mix qu’il fera avec M Pokora. Penser à téléphoner à Willou avant fin Aout. Penser à sa prochaine coupe de cheveux. Se demander si Djamel mérite vraiment Mélissa. Penser que l’autre n’aurait jamais du utiliser son 50-50 avec une question si facile. Penser à acheter une baguette, pas trop cuite, en rentrant du stade, sinon, ça risque de gueuler à la maison. Penser à renouveler l’abonnement à Okapi. Penser à appeler le plombier, parce que y’en a marre de se laver les dents avec les pieds qui trempent. Penser qu’il y a toujours plus seul que soi et aussitôt penser à François Bayrou ou Maxime Gremetz. De toutes façons, ça se voit qu’il pense beaucoup, il ne fait pas de nœuds à ses mouchoirs.
En fait, c’est peut-être Brassens qui a le mieux décrit un match de Cissé (pardon Mama).
Le Cissé dans le mauvais temps Qu'il avait donc du courageC'était un Cissé aux cheveux blancTous derrière et lui devant |