Bonjour ! Comment êtes vous après cette déception ? - On fait l’effort de se remobiliser parce qu’on a un match important qui arrive samedi, avec un autre objectif du club qui est la qualification en Ligue des Champions, c’était l’objectif principal en début de saison. On n’a pas trop le temps d’être déçus mais il est clair que cette défaite fait mal, le fait de ne pas avoir ramené cette coupe de France ça fait mal, et même si on essaye de mettre la meilleure humeur possible pour se reconcentrer sur la Ligue des Champions. Trois jours, c’est court pour évacuer... On va le faire au fil de la semaine en essayant de se préparer au mieux. Maintenant la coupe de France est passée, elle est perdue, on ne la rattrapera pas. Il n’y a que Saint-Étienne qui est très, très, très important maintenant parce que l’objectif est la qualification en Ligue des Champions et on doit faire un résultat là-bas.
Saint-Étienne n’a plus rien à jouer ? - Quand une équipe reçoit l’OM c’est une façon de briller une dernière fois devant son public, donc je pense que ça sera aussi difficile que de jouer contre une équipe qui joue encore quelque chose. Vous avez rebondi la saison dernière, vous pensez rebondir cette année ? Oui on l’espère. On avait gagné à Auxerre je crois. Si on pouvait encore gagner à l’extérieur ça serait une bonne chose. Mais on avait aussi fait match nul à domicile contre Strasbourg et nul à Bordeaux… On n’a plus trop le temps de s’apitoyer sur notre sort, il reste deux matchs. On s’était fixé pour objectif de gagner la coupe et de gagner les deux derniers matchs. C’était difficile comme objectif à atteindre, on a raté le premier, à nous d’essayer d’accrocher le deuxième. Maintenant, dire qu’on n’est pas abattus ça serait mentir. Autant l’année dernière on a été déçus, mais cette année, vu la physionomie du match on est forcément abattus. Mais il faut qu’on fasse des efforts sur nous-mêmes au niveau du groupe pour se remobiliser rapidement. Maintenant ce n’est pas simple. Elle a du mal à passer, celle là. Il y a eu une grosse déception parce que c’était une coupe de France que tout le monde souhaitait. On est malheureux, on a rendu des gens malheureux, on ne peut pas dire que toutes les conditions étaient réunies pour qu’on la gagne, mais celle-là tout le monde nous voyait la ramener, on était favoris, on a joué dans un stade aux trois quarts marseillais, on a mené au score deux fois, tout ça fait qu’on est tous déçus. Il n’y a pas eu de cassure mais une grosse déception. La meilleure thérapie c’est d'aller faire un résultat à Saint-Étienne.
Que vas-tu dire aux joueurs avant ce match ? - On se soigne, j’essaye de me soigner le plus vite possible. Mais il est clair qu’il faut que j’essaye de me soigner un peu plus vite que les autres, forcément je vais avoir un rôle important à jouer mais comme tout le monde, je pense que vendredi, samedi, on aura j’espère évacué tout ça et on sera concentrés sur Saint-Étienne. Le discours sera toujours positif, on essayera de le faire toujours le meilleur possible. Je ne peux pas vous dire ce que je vais dire samedi mais il est clair qu’on avait pris conscience que cette coupe de France était importante et il faut prendre conscience que, peut-être que si on devait comparer les deux compétitions en début de championnat, il est plus important de jouer une Ligue des Champions que… Je parle de la saison, là on était en finale donc forcément vous dire qu’on ne voulait pas la gagner c’est pas vrai, ça aurait été formidable pour le club parce que c’est un titre, mais en début de saison, l’objectif c’était la Ligue des Champions parce que la coupe de France amène un titre mais ça vous emmène en coupe de l’UEFA et ça ne vous fait pas jouer contre les grandes équipes et ce n’est pas aussi stimulant sur une saison. Au niveau du club, financièrement, c’est pas la même chose et pour nous joueurs, jouer la Ligue des Champions, surtout à Marseille, c’est ce qu’il y a de plus beau. Donc, là on a la possibilité d’y être, on a deux points d’avance ce n’est pas négligeable, mais il ne faut pas penser que ces deux points nous donnent du crédit pour la suite du championnat. Il reste deux matchs. On sait qu’en prenant 4 points on sera sûrement en Ligue des Champions... maintenant on ne va pas calculer où on va prendre ces quatre points mais il est clair que ça passe par un bon résultat à Saint-Étienne et ensuite une confirmation contre Sedan.
L’intervention de RLD vous a surpris samedi ? - Je pense qu’il était touché comme tout le monde. C’était difficile pour lui comme pour nous. Comment ne pas être déçu avec tout ça ? Moi c’est la troisième que je perds en 4 ans, mais celle là… La première contre Valence, voilà. Valence était supérieur, on a eu des circonstances avec un carton rouge. L’année dernière, Paris... mais cette année elle est difficile à avaler. On peut comprendre que lui soit un peu ... ça fait tant d’années qu’il attend ça ! Il l’a vue. Même moi le capitaine, pendant dix minutes, je me voyais aller la chercher ; après c’est le cauchemar. Je pense que lui avait cette vision des choses, comme tout le groupe. Il y a avait vraiment un abattement des les vestiaires qui était vraiment important. Lui, a suivi tout le monde. Même les gens fans de Marseille, même vous journalistes, si vous êtes fans de Marseille vous deviez être déçus.
Comment avez-vous perdu cette coupe ? - Aux penalties. On la tient à cinq minutes de la fin, après on n’est pas capables de garder le score. Le penalty, c’est un peu la roulette russe. J’ai entendu untel ou untel aurait dû tirer... Zico, Platini, Pelé ne vous ramènent pas forcément la coupe de France ! Un penalty ce n’est pas ça qui fait qu’on l’a perdue… On l’a perdue avant. On la perd dans cette prolongation, tout simplement.
En championnat vous êtes revenus au score... - Mais là, aller chercher un 3ème but à la 126ème minute c’était compliqué. Mais c’est vrai qu’on n’a pas su gérer notre avantage. Jusqu’à aujourd’hui, on cherche les explications. C’est difficile à vivre, à revoir les images, on parle de Sochaux à la télé... que voulez vous que je dise ?
Des joueurs sont plus touchés que d’autres, comme Zubar ? - Non, il n’y a pas de degré au niveau de la douleur. Il n’y a que ceux qui ne tirent pas qui ne ratent pas. «Zub» a tiré, il ne l’a pas raté, c’est Richert qui l’a arrêté. Son penalty est bien tiré et on ne peut pas condamner quelqu’un qui a pris l’initiative d’aller tirer, mais je peux comprendre aussi que vous posiez la question. Il doit être déçu comme tout le monde mais c’est un abattement collectif parce qu’on avait une envie collective, on l’a préparée comme jamais, il y a eu une super bonne préparation au niveau du collectif, du groupe, du staff, tout le monde a été mis dans les meilleures conditions possibles pour cette finale, il ne manquait rien pour être dans les meilleures conditions possibles le jour de cette finale.
Vous pensez que l’équipe peut rebondir samedi, elle sera assez forte pour gagner ? - Elle doit l’être, en tout cas... Avoir la possibilité de jouer la Ligue des Champions, ça ne se présente pas tous les ans. La dernière fois, c’était en 2003… Quand on a la possibilité de la jouer et d’être dans une aussi bonne position que nous, c’est Lens et Bordeaux qui se posent des questions aujourd’hui, pas Marseille qui a deux points d’avance. A Marseille, on peut se poser la question d’une démobilisation ou d’un abattement après la défaite en coupe de France, mais aujourd’hui on est dans la meilleure position possible…
Comment voyez vous ce match ? - Compliqué comme chaque fois qu’on joue à Saint-Étienne. On connaît la rivalité entre les deux clubs, on sait qu’il y aura une grosse ambiance, eux n’ont pas grand chose à jouer mais je connais quelques joueurs qui seront motivés. Certains joueurs vont partir, c’est leur dernier match à domicile… On annonce qu’ils aligneront une équipe bis… Oui mon père va jouer… je ne crois pas du tout à ça… Comme Bordeaux, c’est des clubs difficiles à jouer, ils ont un public extraordinaire comme le notre. Jouer à Lens aussi, c’est difficile. C’est des matchs qui ne sont pas simples. Mais nous, on est dans l’obligation de garder Lens et Bordeaux à distance. On sait ce qu’il nous reste à faire. Il faudra garder un écart, on tient la deuxième place il faut la garder. Ca évitera de faire le tour préliminaire, c’est pas négligeable pour le club. Nous, on s’est battus pour être deuxièmes de ce championnat même si aujourd’hui on est abattus, pour en avoir discuté un peu aujourd’hui on se dit que c’est difficile à avaler, mais l’objectif c’est la Ligue des Champions. L’année prochaine, j’ai envie d’aller jouer à Manchester, à Liverpool, à Milan, au Barça... La réalité est là. On est deuxièmes si on veut jouer de grandes équipes du championnat européen…
Tu es là, alors ? - Il me reste un an et ils ne m’ont pas viré encore…
Avant ce match, ont dirait qu'il faut un esprit de coupe... mais là, que faut-il dire ? - Il faut qu’on soit des guerriers. Il vont nous mettre une grosse pression, il y a un grand public. Il ne faut pas oublier qu’en coupe, ils nous ont battus avec une équipe bis, on en a pris 4... pour moi, il n’y a pas d’équipe bis. On a un acquis. Il faudra défendre ces deux points jusqu’au bout. La meilleure façon c’est de gagner parce qu’il ne faut pas croire que Sedan c’est trois points assurés. La meilleure façon d’être rassurés contre Sedan, c’est de gagner à Saint-Étienne…
La plus mauvaise image ? - Il y en a plusieurs. L’égalisation de Sochaux ! Parce que je vous jure que du but de Djibril jusqu’au but de Sochaux, j’ai vu toutes les minutes défiler sur écran géant. Il y a plein de choses qui me hantent. On a failli gagner à la fin, plein de choses me hantent mais ce qui me hante le plus, c'est d’avoir pensé que collectivement on allait faire plaisir à tant de personnes. C’est quoi cinq minutes dans une vie ? 300 secondes ? Je ne dis pas de bêtise ? Ce n’est pas long si vous comptez jusqu’à 300 mais c’est ce qui nous a manqué. Il nous a manqué 5 minutes de discipline, de rigueur défensive de vice... peut-être de tout ? C’est les ingrédients qu’il faut pour gagner un finale. Quand Milan a perdu la sienne contre Liverpool, à un moment donné il leur a manqué quelque chose et malgré le trois à zéro, ils ont perdu. On est dans la même configuration, on la tenait. Moi je ne vais pas mentir. A la 124ème, je me suis dit tu vas être le capitaine qui va aller chercher un titre depuis 14 ans… Voilà… peut-être que je me suis trop posé la question.
Les supporteurs ? - Avant la colère, c’est l’abattement qui prédomine. La colère, nous on n‘en a pas eu parce qu’on était abattus. C’était vraiment difficile.
La réunion avec Pape ? Je ne sais pas... quelle réunion ? Je ne m’en souviens pas. J’ai dû la rater ! On a discuté, c’était assez glauque, comme après-match. Quand vous venez à un repas où il y a 200 personnes, moi, le silence m’a détruit… C’est ça qui est le plus pesant. Le silence du bus, de l’hôtel, il y avait nos compagnes, des gens avaient amené des amis, c’est ça qui est le plus dur à vivre. On attend la joie et on a le silence. Dans la vie, le plus difficile à vivre c’est le silence.
Réagir sur le forum |