Pour une histoire de coupe, toute affaire cessante Je me rends illico, dans un salon détente. Les paroles du merlan sont très souvent barbantes Décrivant en détail les nouvelles récentes. C’est le meilleur endroit des phrases confidentes, Des potins de quartier, murmures de bacchantes.
Mon capilliculteur, aujourd’hui parlemente Avec un limougeaud à la touffe abondante. Il est question de foot, de ce match contre Nantes… « Cette compétition est bien appétissante ! »
Susurre mon artiste, prunelles pétillantes. « J’ai bien connu jadis, l’épopée triomphante De Colombes, puis du Parc, ces souvenirs me hantent... J’ai encore les cassettes de ces équipes gagnantes, Des tonnes de pellicules qu’aucun shampoing n’exempte ! Nous avions des purs-sangs et pas des rossinantes Du peppermint glacé, pas d’sirop à la menthe… Tailler les favoris n’était pas chose fréquente On manque de toupet, l’équipe est trop prudente Il n’y a plus de stars, que des étoiles filantes… » « Pardon ! » l’interrompe-je d’une voix bien prudente Son coupe-chou effilé freinant toute beuglante… Lui crêper le chignon, entrer dans la tourmente C’est inapproprié, alors je parlemente. Je passe la pommade, d’abord je complimente Cette frange rebelle qui rêve des nonantes. Il faut avoir du cran sans prendre la tangente Et savoir faire front aux narines fumantes. Eviter la friction, sauf celle de l’aguichante Shampouineuse du salon à l’allure indécente. « Je partage vos idées, mais comme dirait Dante, Avant le Paradis, il faut que ça fermente, On a quitté l’enfer et ses boucles fumantes Nous sommes dans le boudoir, loin des flammes ardentes. Même si ça vous défrise, une progression lente Comme pour le bon vin, il faut que ça décante. Il faut être patient pour remonter la pente, Placide et résigné, attendre que ça cimente… » Mais ces résolutions sans doute outrecuidantes Pour mon tailleur de cils sont bien impertinentes. « J’ai beau être coiffeur, j’aime pas être dans l’attente ! » Eructe-t-il furax, la colère impatiente. « Je veux vite retrouver, là, séance tenante Les ciseaux retournés qui semaient l’épouvante Tous ces coups francs brossés à la courbe éloquente, Ce public adoré, cette foule grondante Pas cette sombre masse, éteinte, agonisante, Mon équipe, ma passion, cette ambiance géante Pas ce piètre amalgame, trop souvent sur la jante A croire que l’adresse est en poste restante… Un chef qui donne une âme à l’équipe dirigeante Mes souliers en croco, pas ces tongues dansantes… »
Depuis que j’ai ouïe les phrases traumatisantes Du sanguin Figaro, tout son discours me hante. Mais doit-on pour autant, laisser au dépôt-vente Nos fraîches ambitions et notre foi vivante L’audace inaltérable et la flamme combattante ?
Oublions le merlan aux phrases rhumatisantes C’est un poisson d’avril, je suis sûr qu’il plaisante !
Nos joueurs sont les maîtres de tribunes ferventes, Les vrais inspirateurs des voix assourdissantes Celles qui sublimeront cette équipe renaissante. Et ces chants pour les Champs, car la gloire est vivante Pour porter jusqu’au bout la famille conquérante…
PS : A moi les rimes en CHO pour poursuivre le show !
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