Quelle est ton analyse avec le recul ? Mon analyse n’est pas gravissime, on ne s’habitude pas à ça mais on a toujours certains doutes. A partir de là on n’est pas étonné. Il faut avancer, il faut continuer. Certains joueurs n’avaient pas eu le temps de récupérer de leurs matchs internationaux ? Non. Il ne faut pas entrer dans ces détails. Il ne faut plus parler comme ça.
Il faut savoir que Lorik peut être le joueur le plus fatigué de tous. Il a joué tard en Bulgarie. Les horaires d’avions n’étaient pas bons, il n’a pas fait de décrassage, il avait mal au pied, depuis mercredi soir il n’avait plus couru. Il a juste marché hier matin. Mais on voit son état d’esprit. Après le reste en s’en fout. Qu’on ait des erreurs techniques, importantes, je suis d’accord mais à un moment donné il ne faut pas mettre l’excuse sur la fatigué, sur ci ou sur ça. C’est comme ça. A nous d’en tirer les leçons nécessaire pour l’avenir. L’avenir est de 56 jours. Cinquante six jours, huit matchs, en espérant en faire encore deux de plus. Donc c’est tracé maintenant. On est sur la ligne droite, on ne va pas s’arrêter comme ça…
Sans Beye et Rodriguez la défense est… Beye, Rodriguez et Ribéry. Il ne faut pas l’oublier parce que c’est très important, on ne le souligne pas assez. Je n’enlève rien aux autres. Mais on sait qu’un effectif c’est très important et actuellement c’est vrai que défensivement il a fallu… On a gagné avec Civelli, on a gagné avec César, on a gagné des matchs avec Civelli et César. Maintenant hier ça n’a pas été terrible je le reconnais, mais c’est comme ça. César avait joué deux matchs, je l’ai vu avec son équipe nationale il était très bien mentalement et physiquement. Peut-être qu’il était fatigué hier soir, il n’était pas à son niveau. Renato était très nerveux, ça fait très longtemps qu’il n’avait pas joué… On ne va pas chercher midi à quatorze heures. On n’a pas été bon du tout…
Tu as parlé avec eux ? Non je vais attendre un peu. Mon souci c’est de récupérer les blessés, de faire une équipe compétitive, d’aligner les joueurs les plus compétiteurs contre Lille parce que ça sera un match très difficile.
Les blessés ? Rodriguez va intégrer le groupe mardi. On peut penser que Franck qui a fait une bonne préparation ce matin peut avoir la possibilité d’être dans le groupe dimanche prochain, ça va aller de mieux en mieux…
Comment vous expliquez cet état d’esprit des joueurs, ce manque de combativité ? Ecoutez il y a une chose importante… Dites moi peut-être vous vous êtes trompé dans la composition de l’équipe, peut être ci ou ça, mais les joueurs je ne les attaque pas. Il vont jouer dimanche, ils vont jouer la qualification pour la finale de Coupe de France, c’est eux qui vont jouer, c’est pas moi. Donc vous pouvez me taper dessus, ce n’est pas grave. Je peux encaisser, mais on ne touche pas aux joueurs. Ils sont passé au travers hier, je le reconnais, peut-être qu’on est tous passé au travers hier, mais on laisse les joueurs tranquilles, ils ont encore un mois et demi de championnat à faire. Ils ont fait 42 matchs. On en a fait des bons et des mauvais. On a une équipe très irrégulière au niveau des résultats, on le sait maintenant, on est persuadé de ça, à nous de trouver la bonne formule pour les derniers matchs de championnat et les deux matchs de coupe... en touchant du bois.
Dans les défaites je me reproche toujours tout. Je dis toujours que les défaites appartiennent à l’entraîneur et les victoires aux joueurs parce qu’ils ont des matchs à faire, une carrière à faire. Moi je fais des composition d’équipes, il est possible que je me soit trompé hier soir, peut-être que l’équilibre n’était pas parfait mais moi je ne veux pas qu’on tape sur les joueurs parce qu’on a besoin d’eux jusqu’à la fin de la saison… Après c’est nous qui ferons le bilan.
Quand tu dis l’équilibre ? Quand je dis l’équilibre je dis l’équilibre dans le jeu. Au niveau des passes, au niveau du fil conducteur au niveau du jeu, peut-être qu’il l’était moins, mais j’ai vu des joueurs très en dessous de leur valeur hier. Donc à partir de là, le fil conducteur il ne peut pas fonctionner. C’est tout à fait normal alors on change mais ce n’est pas suffisant…
Mais vous ne les engueulez pas dans le vestiaire ? Mais ça c’est personnel. C’est entre eux et moi. Ils savent ce que je pense, je leur ai dit ne vous en faite pas…
Sur ce match quelle est ton explication ? Pour moi ce n’est que mental. On peut penser que ce match est très difficile à faire, certes, c’est une équipe de valeur, elle a battu de belles équipes, c’est une équipe qui se cherchait aussi parce qu’elle n’avait pas marqué depuis 6 matchs et nous on est rentré en leur donnant la possibilité d’avoir une occasion au bout de 10 secondes de jeu. Il y a un ballon qui est passé devant les buts, si un joueur est là, il la met au fond. Pourtant avant le match on avait dit attention, dès le coup de sifflet de l’arbitre, on essaye d’être agressif sur le porteur du ballon, on essaye d’être dans leur moitié, de ne pas les laisser communiquer entre eux…etc etc. On s’est aperçu au bout de 10 secondes on a eu une occasion contre nous. Ca ne détermine pas le match mais ça veut dire que d’entrée on n’a pas été mentalement prêt pour subir un match de ce niveau là.
L’équipe adversaire a été efficace dans le jeu, elle gardait bien le ballon, nous on ne s’est procuré aucune occasion valable en première mi-temps. On n’a pas débordé une fois, donc on ne peut pas répondre à beaucoup de choses… On n’a pas eu une bonne période, des corners, des frappes. On a eu simplement deux ou trois possibilités mais c’est pas suffisant. Pas suffisant pour inquiéter cette équipe, pour la faire douter et donc c’est nous qu’on doutait, plus que cette équipe là.
Comment tu expliques le réveil dans les 20 dernières minutes ? A deux à zéro pour l’équipe adverse, elle recule… elle nous a laissé les trois quart du terrain. Ils étaient 9 ou 9 ans leurs 18 mètres. Ca nous a laissé la possibilité de tourner autour, d’avoir des centres, autrement ça aurait été plus difficile…
Tu y as cru ? On y a cru parce qu’il a eu des possibilités, mais là aussi il y a eu un manque d’agressivité. Quand je vois la tête de Saifi à la télévision, on sent que c’est un mec hargneux, plein de haine qui veut mettre le ballon au fond des filets…
Ce qui n’a pas été le cas de Pagis ? Ca n’a pas été le cas de nous pendant le match… .... Voilà messieurs
Attendez vous pouvez nous parler de Lille ? On les connaît les Lillois, C’est une maîtrise tactique énorme, une équipe qui a joué la Champions League cette année, qui a fait trembler le Manchester United à domicile donc, on sait qu’on joue contre une équipe à vocation actuellement. Lille est une équipe qui se replace au rond central à la perte du ballon, par contre quand elle a le ballon, ça va très vite devant. Ca va vite sur les côtés aussi, c’est un match qui va me plaire énormément…
Quelles sont les consignes ? Gagner, gagner…
Comment les jouer ? L’esprit libéré. Se dire qu’on a certaines valeurs nous aussi, tant mieux, le Vélodrome transcende certains de nos joueurs tant mieux. On espère être à la hauteur de ce match.
Après la victoire contre Nice on pouvait espérer mieux à Lorient mais ça n’a pas été le cas ? Non. Mais ça fait tellement de fois que ça nous arrive… C’est vrai que dans la maîtrise au niveau des compositions d’équipes faites à l’extérieur, on a presque tout essayé. De temps en temps ça a marché, de temps en temps ça n’a pas marché. Avec des joueurs nouveaux, avec l’équipe que peut-être tout le monde veut voir… On est allé à Toulouse avec une équipe bien équilibrée, je le pensais, on en a pris 3 et on n’a pas tiré une fois au but. En coupe de la Ligue à Saint-Étienne c’était trois attaquants, trois milieux à vocation défensive où on aurait pu penser qu’on allait être en sécurité défensive, on en a pris 4. Il y a des fois où on a joué avec 5 ou 6 attaquants et on n’a pas gagné quand même. Donc ça bascule toujours du mauvais côté.
Comment vous faite pour garder le moral ? Vous savez il y a un monsieur qui est chômeur depuis 3 ans et demi. C’est un entraîneur, il est passionné de football et c’est difficile pour lui en ce moment…. C’est vrai que le football est magnifique mais la vie est extraordinaire. La vie est extraordinaire.
Un mot sur Nasri ? Je ne lis pas, je ne sais pas… Je n’ai rien à dire là-dessus. Joker…
Là ça devient compliqué ? Je vais te dire simplement, on va essayer de gagner les 8 derniers matchs, on est presque obligé. Il n’y a plus rien à faire que de gagner les matchs.
C’est rageant ? C’est rageant depuis un certain temps, on a perdu 6 points contre Lens qui est devant nous largement, on a perdu à Bordeaux avec des occasions, au Mans avec un but refusé. C’est rageant depuis le début de l’année ... C’est comme ça. Peut-être que nous on n’est pas assez compétiteur et compétitif. Il ne faut pas nous enlever ce qu’on mérite, là on n’est pas assez méritant pour avoir 64 ou 65 points actuellement. Il faut un peut plus.
Méritant ? Oui méritant déterminé, tu peux prendre le mot que tu veux parce que c’est une vérité. Il faut en faire beaucoup plus pour avoir des points supplémentaires. Il faut en faire beaucoup plus… Hier j’ai souffert. De la défaite, je souffre énormément quand il y a des défaites, mais je souffre au niveau du jeu. J’ai vu onze marseillais, et ceux qui sont entrés, avec pas de sourire, pas de joie, pas de jeu, pas de plaisir, rien. Pour moi le football c’est pas ça. Le football on peut perdre comme à Bordeaux mais on a joué. Même si on donné un peu à l’adversaire on s’est créé des choses, du jeu on a provoqué, on a driblé, on est rentré, on a essayer de frapper avec détermination, avec envie avec le plaisir que ça donne d’être joueur de football professionnel et moi entraîneur. C’est un plaisir qu’on vit. Hier c’est de la frustration totale et moi je n’accepte pas ça.
Mais quand tes joueurs embrassent les adversaires avant le match, dans le couloir tu ne dis rien ? On va leur dire on rentre dans le couloir attention on ne dit bonjour à plus personne. On a déjà discuté de ça. Moi j’aurais eu mon frère en face en tant que joueur, je veux gagner pour mon équipe. Ce n’est pas pour autant que je ne vais pas embraser mon frère dans le couloir. Après on se bat pour le ballon, dans les duels. Il ne faut pas tout mélanger non plus. Mais il est possible aussi qu’on ait une équipe qui ne fait peur à personne. C’est une évidence. A partir du moment où une équipe comme nous ne fait peur à personne, tout le monde pense pouvoir nous battre… J’ai répondu à ta question… Merci Messieurs Réagir sur le forum |