Cette fois-ci nous y sommes ! Les contours de L’étrange cadeau d’après Noël de monsieur Jack commencent à se dessiner. Non il n’est pas là pour faire parler du génocide arménien, non il n’est pas là pour remettre le sirop d’érable au goût du jour, non il n’est pas là non plus en tant que concessionnaire BMW pour vendre des 4x4 noirs Kachkar, soyons honnête envers nous même, il est là pour faire du pognon !
Oui madame, dans quelques mois JK et ses acolytes anonymes vous proposeront d’entrer dans les salons de coiffure tout neufs du Vélodrome Inc. Ltd. pour vous faire une petite mise en pli façon Nasri avec une couleur Djibrilienne pendant que monsieur sera au stade.
Oui monsieur, plus besoin de s’agglutiner dans les couloirs de la RTM pour rejoindre le parking de La Joliette les soirs de match car les taxis OM Inc. Ltd. seront là pour vous raccompagner, non sans avoir fait un détour par l’OM Donald’s où Ronald Mac Zubar vous attendra pour vous faire goûter aux joies du dernier Chicken Mac OM (ketchup mayo à gogo pour les afficionado ou sauce blanche pour les derniers irréductibles).
Nous y voilà donc. En ce début d’année 2007, soucieuse de mimer son ennemi intime mis aux mains des retraités américains de Miami, Marseille se mets donc à la mode capitaliste. Car du cash il en a Kachkar (ça c’est fait), mais certainement jamais assez. Il est donc ici pour faire fructifier. Récolter du blé, du flouz, des pépettes. Finie la belle époque romantique du gentil mécène suisse prêt à tout pour sa danseuse méditerranéenne préférée. Kachkar tente de cacher une vénalité trop exhubérante par des discours à l’apparence passionnée. Mais plus personne n'est dupe! Il nous l’a d'ailleur dit en arrivant : ‘RLD ? trop passif’ et Jack ce qu’il aime avant tout, c’est les benef’ fils !
Après tout, Marseille n’était-elle pas prédestinée à tomber dans les mains du grand capitalisme américain ? Ben oui Edmond. Of course Momond ! L’un des virages de son stade n’est-il pas peuplé de Yankee ? ! Si ça n’est pas un signe du destin… Et pourtant, déja Edmond tonne : ‘Et le prix de mon abonnement alors ?’ Du calme Edmond. Keep cool Eddy. Don’t worry, be happy et surtout boit ton OM Cola maxi. Quelle importance ça a d’abord le prix du billet ? C’est quoi qui t’intéresse Momond ? What are you kiffing about Momond ? Une place pas chère pour voir mister Jean Carmet ? Mais pourquoi tu vas pas voir jouer la CFA alors ?
Moi man, je te propose du grand pestacle, un vrai show à l’américaine avec son et lumière et des mister freeze à la mi-temps. Mais attention, be careful, je suis pas là pour mettre des bulles dans ton pastis. Je veux respecter les traditions locales, l’arrivée du ballon se fera par les airs en gabian téléguidé et chaque ‘big match’ sera précédé d’un concert de Moussu T avec téton apparent. C’est ça le business moderne. C’est ça la force du capitalisme : sa capacité d’adaptation, son pouvoir de persuasion, sa force de pénétration… Y fait un peu la tête Edmond, mais après tout tant pis. J’ajouterai le prix qu’il se dit, et dimanche après midi on n'ira plus au ciné, j'amènerai les p'tis au parc Borely. Le bonheur a un coût, alors les mômes on s’en fout.
Il se demande quand même comment nous en sommes arrivés là Edmond, comment on ne l’a pas vu venir ? Pourtant Kachkar il nous l’a dit quand il a débarqué sur nos côtes, je me souviens de cette interview du vieux Georges à La Commanderie : Georges : ‘Vous réalisez la pression de la ville, des supporteurs ?’ JK : ‘Les supporteurs, c’est l’une des raisons pour lesquelles je fais cet investissement. Monsieur Dreyfus m’a invité à quelques matchs mais je crois que je regardais plus les supporteurs que le match sur le terrain.’ (extrait d’opiOM.net Janvier 2007). C’est pas que le soccer ça ne le passionne pas (à vrai dire son truc à Jack c’est le ‘Hockii’) mais JK c’est une véritable machine à chiffres, une calculette ambulante. Alors tu penses, ces 60000 fanatiques prêts à tout pour leur club ça a fait déraper tout ses calculs à Jack. Il multipliait, multipliait, multiplait, si bien qu’à l’entrée des joueurs c’est un billet géant de 500$ qu’il a cru voir se déployer dans le virage sud…
Merde qui se dit Edmond, j’ai été vraiment trop con ! Mais il est déja trop tard. Edmond fini ses chips ramollies et son soda éventé, assis sur son fauteuil rembourré en tribune Ganay Ltd., sa casquette aux couleurs du club bien vissée sur la tête, son équipe de l’OM Inc. Ltd. est en tête de la French League Clémentine (prononcer Clémentaïne), et ce pour la 3ème année consécutive. Franchement Edmond il pensait pas que profiteur pouvait rimer avec bienfaiteur. Il est content, et pourtant. Au fond de lui flotte un sentiment de nostalie, c’est pas que le petit Thomas lui manque, non, mais c’est comme si son foot avait un drôle de goût, un truc amer qui reste au fond de la gorge, celui peut-être qu’on garde en bouche quand on suce ses doigts après avoir manipuler trop de pièces de monnaie. Mais c’est pas grave, Edmond y se dit qu’un jour, ça finira bien par passer.