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Après une large qualification étriquée obtenue chez l'actuel 5ème au classement de la Ligue1 (enfin dans son stade en tout cas). Après un lancement réussi de la fusée Dj’bril couplée à son nouveau moteur fonctionnant au Ribery, ce nouveau matériau non nucléaire aux propriétés explosives, mais ultra instable en période de mercato, je me suis levé des deux pieds, l'air naïf, en ce dimanche 7 Janvier, vers 14h de la matinée. Un sourire presque béat illuminait mon faciès de supporteur, heureux de mon sort de sportif par procuration. Hier soir j'avais poker.
Décidément ce club cultive son atypisme. Sans attendre des concerts de louanges, je pensais trouver ce matin un peu d’entousiasme, un brin d’optimisme dans les compte rendu de la soirée sportive de la veille. Que nenni ! Ce matin, au milieu des critiques et autres remises en question, j'apprend que notre nouvelle icône aux cheveux peroxydés est mêlée à une sombre histoire de mœurs et qu’à la fin de la semaine la boutique sera vendue. Ouf, heureusement on n’a pas encore viré l’entraîneur… Hier soir donc, j’avais poker.
C’est curieux vous me direz, voilà deux semaines que l’on a pas eu l’occasion de voir nos biquettes à l’œuvre et pourtant j’ai décidé de passer ce samedi de reprise autour d’une table de jeu. Pur hasard du calendrier? Oui, car chez nous les Quaker on aime le Poker ! Et aujourd’hui c’est l’épiphanie. Chaque premier samedi de l’année dans la communauté on prépare des galettes de frangipane, on s’installe autour d’une table, on bat les cartes et on tente de tirer des Rois. C’est une coutume, on s'y pli. En plus de la galette, cette année, on a un 32ème de finale de la Coupe de France. Pas celle de Mr Clémentine où on favorise les grosses écuries de sa Ligue 1 Orange, non, l’autre, celle où ce sont les vrais footballeurs qui font le pestacle, ceussent qui transpirent avec des vraies gouttes de sueur qui valent pas des milliards, les mêmes qui sont boulangers à Cambrai ou maçons à Mâcon. Les amateurs sont sous les projecteurs. Mais pas pour toutes les caméras, et pas sur tout les écrans. C’est France 3 et Eurosport, docteurs es amateurisme, qui s’occupent de la retransmission. En bon joueur de poker j’ai mon premier coup de chance, mon hôte du soir est câblé, et doté d’un plasma de taille fantasmagorique. Je suis juste en face mais un peu trop prés du géant écran, j’ai presque l’impression d’être sur le terrain… Du côté de Villeneuve d’Ascq on s’apprête à donner le coup d’envoi des réjouissances, à l’abri des chaumières, chez les Quaker, les joueurs prennent position autour du rectangle vert, ce soir tout le monde souhaite voir du beau jeu.
Pas facile d’être au four et au moulin, j’essaye donc tant bien que mal de suivre mes cartes et l’entrée en matière de nos ouailles. En ce début de match notre OM démarre sur un mode appliqué, du côte de Cambrai on y met du coeur. Le coeur il m'en manque un pour toucher une couleur, je perd mes premiers jetons...de toutes façons la soirée sera longue, le poker c'est comme les travaux, on sait quand ça commence jamais quand ça fini. Donc pas d’affolement. Y’a du carburant pour la nuit, mon petit fournisseur de marocain est bien achalandé en ce début d’année. Ambiance parfumée. Si pour Montand, du sien, les effluves de cigares se mariaient aux vapeurs de whisky, aujourd’hui durant les parties, chez les Quaker, c’est Jeanne Marie qui officie. Galette oblige, on arrose le tout à coup de Cidre. D’aucun diront qu’à côté de l’alcool de bûcheron écossais, avec notre brevage normand on passe un peu pour de pâles freluquets, alors on boit du brut, parce qu’on n’est pas des payday.
Sur le terrain le duo de choc se met en action, Ribery pour Cissé première, ça s’annonce tranquille me dis-je, les biquettes ont pris de bonnes résolutions. Mais si on chasse le naturel on fini souvent mégalo. Et à trop se contempler l’embouligue on en oublie souvent l’essentiel, continuer sur le métier à remettre notre ouvrage. En bon fauteur de trouble Cambrai égalise. Je touche un As Roi, relance, suis relancé, il tombe un mauvais flop, scénario catastrophe. Et pourtant, pas de panique dans les rangs, cette équipe fait preuve d’orgueil, elle ne flanche pas, ce soir David ne battra pas Goliath. Le duo de choc n’est pas encore magique mais déjà efficace, à l’image de Cissé qui touche une paire puis un brelan de buts. On respire. Cambrai s’écroule, l’OM et Maoulida déroulent. Le coup de sifflet final retenti. Le public cri et les phocéens passent. Sans gloire mais le sentiment du devoir accompli. Moi, pour me refaire il me reste la nuit. Écrit par foutcheubol Réagir sur le Forum |