Comme le prétend un mammifère marin de mes connaissances:la mer est aussi profonde dans le calme comme dans la tempête.
Ce somptueux début de saison semble confirmer l’adage. Le bonheur c’est parfois un bon lit chaud quand nous sommes épuisés,un grand verre d‘eau fraîche lorsqu‘on a soif
C'est une série de succès quand on en a été rassasié. Jouir enfin des victoires après une si longue attente est la seule chose qui compte: c’est le comble du bonheur. Les lendemains de victoire, le supporter olympien est envahi par un flot d’émotions indicatrices de satisfaction,de joie et de plaisir. On éprouve une grande satisfaction dans tous les secteurs névralgiques de notre vie, on sourit à son voisin qu‘on ignorait jadis, on supporte les longues journées de travail sans rechigner, on vit une expérience paisible. Et si l’on comble un manque criant en occupant la tête du championnat devant l’ogre lyonnais on touche à la béatitude... Effet secondaire de cette baie attitude, on ouvre toutes grandes les portes et les fenêtres dans un souci de communication jubilatoire, on a envie de partager, d’associer, d’échanger, le bonheur ne se vit pas en égoïste. Chez certains c’est carrément l’euphorie, l’excitation se transforme en fièvre passionnée, ils tutoient l’extase. Cette volonté intime absorbe tous les autres sentiments. En ce moment, dans la cité phocéenne,les transports extatiques sont les seuls transports en commun qui ne souffrent d’aucun retard. Chez d’autres, plus tranquilles, on savoure avec délectation, une victoire chez l’éternel rival, la jouissance est intellectuelle, avec la manière, elle est esthétique ! Ce vif plaisir des sens engendre un état où la volupté côtoie le ravissement, l’enchantement l’émerveillement, la situation est tellement extraordinaire qu’on ne sait plus s’il faut s’en étonner ou se contenter d’admirer. Loin de toutes les turbulences passées, du remue-ménage RLDien annuel, des tempêtes médiatiques, c’est le calme plat. La mer est bonace, dit-on chez les marins, antienne phonétiquement colportée chez les pères verts en évoquant la mère supérieure de Mama Cass. Faut-il pour autant condamner l’abbé attitude ? Ce calme olympien ne risque-t-il pas de nous plonger dans un néfaste ronron ? On en vient à souhaiter une opposition plus coriace où les vertus olympiennes s’en trouveraient renforcées. Dans le lièvre qu’on court: on n’en voudrait pas, s’il été offert suivant Blaise Pascal, le supporter marseillais a l’appétit grandissant, il rêve de l’Europe et de ses joutes enflammées, de ces succès par la plus petite marge sur des terrains improbables, dans des stades champêtres, aux forceps, autant que des triomphes romains dans l’arène du boulevard Michelet. Il ne se complait pas dans l‘aisance, le bien-être ne peut-être que passager. Ce confort qui nous a libéré du rythme des saisons, ne nous a-t-il pas parallèlement éloigné du bonheur ? Le Noël du mois d’août excellent pour le négoce est catastrophique pour le bonheur. Cette habitude de manger des tomates en hiver et de fêter Noël en été nous fait croire que les moments exquis de la vie se fabriquent en série et sont disponibles en toute saison au supermarché de la béatitude. Cette maîtrise du début de saison apporte néanmoins du baume au coeur des Marseillais. Face au Lyonnais, historiquement maître de soie, l’OM rayonne et prend du galon. Qu’il semble loin le temps où nous filions du mauvais coton, l’effectif est enfin étoffé et le supporter n’est plus froissé depuis que la victoire ne fait plus un pli, les mauvais coucheurs repasseront ! Mais sera-ce le cas contre les Bohémiens Moraves ? Ne vont-ils pas nous donner du fil à retordre ? Le revers est démodé dans la ligne automne hiver de la maison olympienne et nous avons suffisamment fait tapisserie en Europe. Dans un Vélodrome qui s’habille du dernier cri, il importera aux patrons de prendre les bonnes mesures, à nos défenseurs d’empêcher les adversaires de se faufiler, à nos attaquants de multiplier les crochets et nous ne toléreront les reprises que si elles sont de hautes volées! Mais, même si le scénario ne s’écrivait pas ainsi, la roue continuera de tourner car le supporter marseillais a appris la patience,la tolérance, pour le parisien également la tôle est rance ! Ce n’est pas cette série de victoires qui nous fera connaître les tchèques. Quant à notre équipe favorite, depuis son agréable changement de statut il sera alors toujours temps d’interroger le dictionnaire pour connaître le nom de ce glorieux club si tranquillement haut perché . J’entends déjà la paronymique interrogation: Quillet, qui est quillé quiet ?
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