Comptes & Légendes du Vieux-Port,semaine du 9 au 15 avril
Allez, trinquonS !
dimanche 9 avril
Sale défaitE
Ce jour du seigneur traîne des relents de 1er janvier au matin. L'odeur de la fête à la roumaine est montée à nous. La migraine en serre-tête, on doit évacuer les derniers restes de ce qui aurait dû être un bon réveillon. Mais la fête des petits Olympiens a mal tourné.
L'OM tousse quand Camel
s'infiltre. Pourquoi s'entêter à sortir précisément le soir où
visiblement tu n'es pas l'ami des femmes? A portée de main, le whiskey
qu'au cas où tu ne touches pas canette. Deux trois passes bien
senties... Le bourbon l'emporte... La gazelle au regard aguicheur s'est
tapé un bonobo.
lundi 10 avril Lignes de l'ameN
La gitane de
Saint-André m'empoigne la main. D'une voix rauque, presque rôtée, elle
m'annonce un 50/50. Il va falloir prier, dit-elle avec un sourire
éclatant comme un demi-strike. Deux Olympiques se disputent un même
destin, un même jour. Il y a engambi dans les astres. On ne voit rien
d'écrit sur la boule de Cris. La coupe de Franck, c'est pas gagné.
mardi 11 avril Victoria d'avriL
En avril, ne se découvre pas
Delfim. Ces trois jours de mistral auront été prémonitoires. Le vent a
bel et bien tourné. La quenelle blonde est restée figée. Sa sortie en
dehors de sa surface n'a interpellé personne. A trop viser la
postérité, Aulas a déjà un pied dans Lacombe. Houiller fait grise mine.
Marseille n'a pas voulu partager son Olympe. L'OM regagne les choeurs
avec des méthodes un peu moins cathodiques.
mercredi 12 avril Babe el weB "A Gemenos car j'aime l'os". Gina
Stone-Martin est arrivée la veille dans la ville fleurie. Elle a des
seins en poires et le visage d'une bar-maid. Son T-shirt Fruit of the
Loom lui moule le bouquet façon soirée mousse. C'est son flower-power à
elle. Pas étonnant de la retrouver là, pendue au cou du serveur. La
plantureuse sauceuse veille au grouin. OpiOM tuera le cochon en
famille. Poil à la pub, aurait dit Gottainer, dans une chanson qui
avait aussi un air. Gina soigne son underground. Gina promène ses
doigts sur ses deux sous chics. Elle tond elle même son gazon. No pasaran les poils pubiens. Un président riche, ce n'est pas pour demain.
jeudi 13 avril Boumiane rhapsodiE
La
Pithie de Saint-André s'est montrée plus affirmative. Les lignes de ma
main sont limpides. Ribéry lui a fait recouvrer son fluide. La présence
de l'ésotérique Raymond Domenech y est sans doute pour beaucoup. La
gitane, dans une bouffée d'optimisme, me parle d'un grand stade au nom
à coucher dehors. Mais avant de s'y rendre, il faudra battre les
Bretons. Le Stade Rennais se rend au Vel'. Et n'y sera sans doute pas
aussi maladroit que la dernière fois. Nul doute que les Marseillais
réserveront à Bolöni des salves dignes d'un triomphe roumain. Car Lazlö
nous en veut. A Rennes, l'hautain tue le temps comme il pleut. Il
déraille. Paris se rapproche à la vitesse du grand train.
Bifurquera-t-il vers l'ouest ? Qui a dit que Bölöni était une pâte ? Et
Céline Dion retrouvera-t-elle son mari rennais ?
vendredi 14 avril Underground zerO
Le
weekend arrive enfin. Celui qui flâne à quatorze heures n'est plus un
tricard. Avec mes horaires de harki à la retraite, je m'en réjouis.
Assis en tailleur sur le ban public et repu de kébab, je me résous à
sacrifier au rite bien contemporain de l'english pub. Une entrave à
l'underground, sans Londres d'un doute. Dix minutes à poireauter sans
que personne ne me calcule au comptoir. Je me venge sournoisement en
commandant un café-verre. Jé dépanne d'une blonde un maigrichon noyé au
Pernod; trois volumes de pastis pour un volumes d'os. Tout autour, il y
a cette nuée de Georges clônés. Les mêmes coiffures de jeunes qui le
valent bien, tous sapés comme des mannequins de chez H&M. Je me
rends compte que j'ai vieilli. J'ai fait la bascule... Le jean's est la
nouvelle pantalonnade de l'esprit contestataire. Le revival des
lunettes style Beuchat bat son plein. Tu veux pas un tuba, avais-je
envie de leur demander. Elles aussi, ont toutes la même ganache. Elles
se la jouent grands canons. Elles doivent en tirer des boulets... Le
pub, c'est vraiment pas roots.
samedi 15 avril Dense du ventrE
Et un, et
deux, et trois doublés ! Le Vélodrome est digne de la Bombonera. On
donne de la voix du Nord au Sud. Même les Jean Bouin se découennent le
tafanàri sur la Ola. Il y a moulon de klaxons sur la ville. Il
soufflent un vacarme bienfaisant. Le mouchoir blanc est relégué au rang
de clean ex. Moulon de sopalin ! On peut donc sereinement envisager une
triple ration de döner-kébab. Autant n'en porte le ventre, chez le fin
gourmet. L'ogre lyonnais est sacré champion. Mais nous, on s'en fout.
On danse la panse pleine et on consomme l'ivresse jusqu'au demi final.