 Morne plaine, morte saison ? Morne plaine certainement, morte saison, pas encore. L’exploit de notre Olympique a gonflé nos cœurs de fierté et d’orgueil pimentant une fin de saison bien terne. Les canons ont coulé à flot, les vapeurs enivrantes d’hydromel et les beaux jours m’ont permis de tâter de l’oursonne slovène. Après ce match fort en émotion, au saut du lit ne me vis-je pas asséné par l’impétueuse slovène : «C’est pas que je m’emmerde, mais il est tard!»
Quel culot, l’euphorie retomba bien vite. Sur le chemin du retour, en pensant à la prochaine étape : Nancy, je me suis dis : « Ce n’est pas qu’il est tard mais je m’emmerde. »
Nous revoilà replongé de nouveau dans les méandres de ce championnat à la médiocrité crasse où la course à l’Europe est pipée d’avance faute à une magistrature debout qui apprécie les barreaux de chaises et maniant l’éthique à sa convenance.
Ainsi l’OM s’est vu infligé un point de pénalité dans son baroud d’honneur à Paris après avoir scrupuleusement respecté le règlement. Dans le même temps, au détour d’un coin de nappe, on refaçonne à la va vite le calendrier de fin de saison, faussant complètement la fin de championnat et le sprint final pour la course au dernier strapontin pour la Ligue des Champions.
Comment peut-il en être autrement, lorsque pour finir le championnat au plus vite, on intercale la coupe de France et celle de la Ligue, au lieu de terminer la saison par ces mêmes coupes. Absurde, le fait de mobiliser dix-huit équipes jusqu’au 13 mai alors que seules six équipes sont concernées. Pauvres internationaux, pauvre Fédération, pauvre Ligue, ce week-end, on connaîtra d’avance l’issue d’un Nantes-Auxerre, d’un Nice-Rennes ou encore d’un OM-Nancy où les équipes qui n’ont plus rien à espérer de cette ligue 1, se projetteront vers leur échéance de fin de semaine.
Pauvre éthique, Laszlo Bolonï peut faire son pataquès en toute impunité et mettre en doute l’intégrité du bras armé de la Ligue sans que celle-ci ne s’en offusque.
Pauvre Ligue, n’en jetez plus la coupe est pleine.
L’OM s’apprête donc à se lancer dans ce sprint final, si important pour la saison prochaine, sur un parcours semé d’embûches.
L’OM est dans le viseur et pas uniquement celui de la justice mais celui des supporteurs. La coupe est pleine de masses prêtes à bondir pour demander à Pape Diouf de se tirer ailleurs.
L’OM est dans le viseur des journalistes dont les plus lourds sont comme les canons, sans recul. A la différence près, où on ne connaît pas de journalistes à tube court, du moins qui l’avouent.
Les phocéens devront, donc, éviter le piège Nancéen pour continuer d’espérer aux grandes oreilles. L’AS Nancy Lorraine est, quant à elle, en roue libre. Depuis le 18 février dernier et sa dernière victoire face à Troyes, Nancy est assuré de son avenir en Ligue 1. Elle a enchaîné, alors, cinq matchs nuls et deux défaites, marquant la bagatelle de trois buts. Impressionnant de médiocrité.
Certes, si aujourd’hui, l’OM se trouve dos au mur, le club ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Quand il eut fallu gagner, l’attaque s’enraya faute à des artificiers incapables d’ajuster la mire. Alors pour ceux qui pensent que vous n’aurez pas la Lorraine en attendant l’Alsace, aux armes, aux canons, six matchs, six fûts, six caisses, la main dans le fût, six mains dans la caisse. Chargez les canons et sonnez la chevauchée des vaches qui rient et tirez les boulets au plus juste pour écrire une nouvelle page d’histoire. |