Il est de bon ton, suivant sa condition, d’adopter un profil bas, de rentrer dans le rang, de jouer au béni-oui-oui.
On endosse l’habit du cajoleur, on adule avec sa bouche de miel, on caresse dans le sens du poil, on monseigneurise, on lèche-bottise et en bon génuflecteur on a l’échine souple.
Sur la totalité du territoire national l’hégémonisme lyonnais fait des ravages !
Dame! Quatre années de domination laissent des séquelles, cette tutelle pèse et hypnotise les quelques velléitaires un brin frondeurs. Les médias menés par de bons capitaines naviguent avec pertinence vent arrière, on gonfle la baudruche, on exagère le trait avec duplicité, on salue, on remercie, on jure foi et hommage au puissant. Nombreux en prennent ombrage, rongés de jalousie, bavant d’envie devant cette insolente réussite, ils n’attendent qu’une chose:le faux pas, celui qui précipitera le présomptueux vers un rang plus conforme à leurs aspirations. C’est ainsi que l’accroc donna les crocs ! Une défaite en terre milanaise suffit aux opprimés pour jubiler. Les temps changent, ils sortent leur joker, dorénavant il faudra compter avec l’atout San Siro! Dis Tonton pourquoi tu tousses ? Merci Milan ! Mais comment se satisfaire du malheur des autres si ce n’est pour taire ses propres faiblesses ? Regardons la vérité en face, ne nous réfugions plus dans un hypothétique souvenir doré, la jouissance que l'on éprouve secrètement devant le malheur d'autrui est révélatrice de ce malaise qui nous ronge. La défaite lyonnaise ne fait que momentanément notre bonheur... Faut croire que l’on ne déteste vraiment ses défauts que lorsqu’on les voit vraiment en action chez autrui ! Se réjouir du malheur des autres montre à quel point nous sommes devenus médiocres ! Tel le cancre qui se réjouit d’une mauvaise note du fayot de la classe, on en vient à sombrer dans la bassesse ! Ne croyons pas que nous pouvons réduire notre sentiment de frustration en rendant les autres malheureux. Ne cherchons pas à diminuer notre malheur en contribuant au malheur des autres et en nous valorisant par cette contribution. Croyez-moi, la compassion est une thérapie contre la rage. Faisons du souci du bonheur d’autrui une partie du bonheur individuel. Nous avons les défauts d'autrui dans l'oeil, et les nôtres dans le dos disait Sénèque Appuyons-nous sur les défaites de nos rivaux pour construire nos victoires. L’occasion se présente, ultime tournant dans une saison chaotique l'Olympique de Marseille, qui n'a pas été couronné depuis 1989 en Coupe de France, rêve d'un 11e trophée d'autant plus que les derniers résultats en championnat ont réduit à néant les derniers espoirs européens. Alors saurons-nous puiser dans nos ultimes ressources pour tenir tête à un grand d’Europe ? Nos rivaux d’un soir vont-ils appréhender avec autant d’envie cette épreuve nationale alors qu’ils ont rêvés d’un destin plus glorieux ? Il y a autant de différence entre la prestigieuse Coupe d’Europe et la modeste Coupe de France qu’entre un prestigieux champagne et un vulgaire mousseux... Coupe et coupette, mais qu’importe le flacon ! Les médias vont sans nul doute éclairer ce choc à travers l’ultime confrontation entre les deux prétendants au titre de gardien numéro 1 de la sélection . Mais la guerre des goals ne mérite pas un César même un con pressé ! A propos, cet affrontement se déroulera sous l’oeil avisé d’un célèbre lyonnais qui se souvient de ce 12 juin 1976 où l’OM affronte l’OL au Parc des Princes en finale de la Coupe de France , de ce tir improbable à la 66ème minute de Raoul Noguès, un centre raté à la trajectoire incertaine qui se transforma en lob victorieux ! Le match était plié les marseillais enfonçant le clou en fin de match par Boubacar aux caractéristiques Nianguesque... Fernandez s’en souvient aussi lui qui occupait avec abnégation un poste de milieu défensif et portait déjà en lui ses caractéristiques, opiniâtreté et don de soi ! ( A Lyon ils en font plutôt commerce !) Hélas, nous manquons cruellement de Tontons flingueurs et si Bernard Lacombe en 1976 ne connaissait pas Raoul il a de grandes certitudes sur le potentiel de son équipe. Une défense de fer, un milieu royal, une attaque mitraillette. De quoi être rassuré pour les affrontements hexagonaux ! L’OL a du mal avec les quarts mais l’OM aussi avec l’écart..... qui le sépare d‘une équipe de haut niveau! Faut-il pour autant partir battu ? Dans le fait d’être champion il y a une sorte de désespoir infini, on est gagnant mais pour combien de temps ? Ne fait-on pas que retarder l’échéance d’une ultime défaite ? Avec des mots on arrive toujours à s’en sortir mais parfois ils se montrent cruels, alors par pitié, Ô bon douanier, pas de titre blessant mercredi matin du genre:
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