Fanny, nue sous sa nuisette de satin rose, attendait impatiemment la venue de Lolo, son ami garagiste qui devait venir réparer le trou de serrure de son oste-in dans laquelle une clef, était malencontreusement restée coincée.
« Il devait sans doute manquer un peu de lubrifiant dans le trou » lui avait expliqué Lolo. Une perle de sueur, vestige récurent d’une nuit bien trop agitée s’écoulait paisiblement entre ses deux roteiros.
Ils étaient fiers et droits comme deux anciens combattants rescapés d’une salve meurtrière, essayant pour quelques instants encore de sauver leur équilibre précaire en prenant appui l’un sur l’autre. Pour combien de temps? Fanny n’était plus une enfant. Elle le savait depuis trop longtemps déjà. Marseillaise exilée à Toulouse, sa nouvelle ville de cœur (et quel cœur !) Fanfan, comme l’appelait Lolo, à l’image de sa chère ville rose qui l’avait adoptée, avait tout connu de la grandeur et du déclin. Du faste des nuits chaudes du capitole, où elle avait cru trouver un beau dix pour ses soirées spéciales « Thé et fessée », au trou béant laissé par le passage des pervers de l’éprouvette de chez AZF, tout ceci n’avait plus guère de secret pour elle.
On sonnait. Fanny fit un bon. Elle se retrouva droite sur deux magnifiques cuisses dont le galbe n’était pas sans rappeler les formes ovoïdes des ballons du stade toulousains. Ne manquait plus que la fermeté d’une main sure et conquérante pour venir placer la balle dans l’en-but.
C’était Lolo. Il était là, dehors, une main appuyée sur l’encadrement de la porte, l’autre traînant du côté de la sonnette qu’il venait de titiller. La supportrice olympienne qu’était Fanny avait la nette impression de l’avoir toujours connu. Lorsqu’ils se sont rencontrés, à Marseille, lui était déjà tellement si prompt à se rendre serviable, tantôt pour un coup de main, tantôt pour un coup au fond des filets, tantôt pour…un coup.
Alors qu’il éprouvait le besoin de retourner au pays, de monter un garage et de revoir l’essaim des siens et les seins des siennes, elle avait décidé de le suivre. Non pas qu’elle se sentait particulièrement attachée à lui, car Fanny avait tout pour réussir sa carrière chez Téfal, mais il s’agissait là d’une simple histoire de garagiste crevante de banalité: un piston et une culasse prévus pour coulisser de concert, ça ne se sépare pas.
José, le chef d’atelier du garage Lada de Marseille dans lequel bossait Lolo avait pourtant bien essayé de s’y employer : récupérer le cœur de la supportrice olympienne et surtout tout ce qu’il y avait autour, n’aurait pas été pour lui déplaire. Il espérait pouvoir se rapprocher un peu plus de Fanny en éloignant Lolo et en exigeant sa mutation. Cela ne fit que les rapprocher encore un peu plus. Fanfan suivit Lolo à Toulouse.
Lolo était là, raide comme un chichi au milieu du salon, et comme toujours, son regard témoignait d’une grande hésitation. Il n’était pas de cette race d’homme fiers et sûrs d’eux, capable de deblaterer tout un argumentaire de vendeur de foire pour faire succomber les femmes. Non, lui était plutôt du genre discret, capable de se faire oublier pendant près d’une heure et demie avant de créer la surprise en envoyant une bonne grosse frappe au fond des cuisses, faisant mouche à coup sur.
« Alors, t’as un soucis avec ton trou de serrure ? »
Lolo n’eut pas le temps de finir sa phrase que Fanfan l’avait déjà envoyé valdinguer dans les creux abyssaux du canapé. Il était coincé là, tel une mouche dans une toile d'araignée et n’avait plus qu’à succomber à tous les desideratas de Fanny s'il ne voulait pas se faire croquer. C’est elle qui tenait la corde du string ce soir. L’olympienne avait bien l’intention de faire le jeu, de ne laisser aucun espace à Lolo. Elle avait réussi à faire venir le Toulousain chez elle, elle comptait bien lui faire découvrir la ville en rose.
« Qui ne saute pas n’est pas Marseillaaaaiiiiiis !!!»
Se mit-elle alors à hurler. Lolo s’accompli de son devoir en laissant la Marseillaise prendre le dessus, et, afin de respecter la consigne chantée, accomplir ce qu’elle hurlait alors dans les oreilles de Lolo…pas de doute, elle était bien Marseillaise.
Ce soir, il avait décidé de tenter une grosse frappe, elle avait décidé ne pas relacher la pression sur le porteur des ballons. Elle gagnerait, à coup sur, c’était écrit dans les anales. Réagir sur le forum |