Le dernier titre de l’OM remonte à 1993, douze ans déjà et depuis, rien, nada, peau de zob comme qui dirait Clara Morgane. L’OM a bien failli gagner le championnat en 1999, ramener une coupe UEFA en 2004 mais seulement failli, c’est bien là le problème.
L’OM vit une de ses plus grandes traversées du désert. Lorsqu’il a fallu remplacer Philippe Troussier, le globe trotter, le choix s’est logiquement porté sur Jeannot Fernandez, le Pied noir, marcheur infatigable et travailleur de l’ombre. Tout ce qu’il fallait pour créer une nouvelle dynamique à Marseille et essayer de se mettre en position de contester l’hégémonie de Lyon d’ici deux ou trois ans, le temps de l’éternelle reconstruction.
Quand Jeannot prit les commandes, tout était à reconstruire, les résultats du début de saison l’ont même mis au pied du mur. Il n’hésita pas à donner de lui-même et fut même obligé de faire du babouche à babouche pour insuffler de l’air à cette équipe à l’agonie. Après des semelles et des semelles d’effort, et à force d’abnégation, il réussit même à créer un semblant de collectif compétitif permettant de pointer à trois points du second à l’heure d’affronter Lyon.
Inespéré, tant le recrutement des deux pieds nickelés Gimenez et Mendoza n’a rien apporté. La faillite de ces deux transferts a donc poussé, logiquement, José Anigo et Pape Diouf à se mettre à la quête d’une pointure en attaque au mercato, d’un cador de classe mondial, d’un serial buteur. Chercher…, demander à deux aveugles de vous ramener un avant centre de haut niveau, plutôt leur confier une canne blanche et un Labrador. Du coup un mercato peu épicé, Maoulida, Bonnissel, pas de quoi chier des coucous suisses tout ça.
Jeannot, quant à lui, change beaucoup de chaussures car pour ramener des titres, il faut se chausser pour marcher sur la chaussée. Or chaussure sur chaussée égale semelle surchauffée, c’est chose sûre. Donc usure. Une usure physique et mentale tant la tâche semble ardue et ce n’est pas avec des tongs que l’on escalade l’Everest. Au mieux, peut-on aligner une gigue sur la pelouse du Vélodrome. C’est donc bien les cordonniers les plus mal chaussés.
Quant à l’Olympique Lyonnais, c’est tout le contraire, à l’image de son président Jean-Michel Aulas où les succès d’année en année lui collent aux semelles. En effet, cela marche très fort pour lui et malgré cela il est insatiable.
Aulas, comment pourrions-nous le décrire ? C’est un business man, un brin manipulateur, toujours de mauvaise foi, un mégalomane, un égocentrique, un bon président quoi., comme on les aime du côté de Marseille.
Ah ! Jean Mi, quand le président du club de rugby de Lyon souhaite faire construire un stade et trouve le terrain, Aulas crie aux loups, convainc les investisseurs que son projet est plus rentable du coup l’OL aura son stade et le LOU … Gerland. Jean Mi c’est tout pour lui, le commun des mortels trouvera qu’il s’agit là de pratiques aux relents nauséabonds, d’autres diront qu’il est au contraire partisan du tout à l’ego. Jean-Michel est prévoyant, et pour se prémunir contre les fins de moi difficiles, il a tout un attirail de produits made in OL pour se rappeler que c’est quelqu’un d’important. Quand il veut se faire tailler une brosse, il va à OL coiffure. Il ne prend que des OL taxi. Il mange du Saint Marcellin OL avec du Beaujolais OL. A la maison il met ses charentaises OL. Et le soir avant de mettre son pyjama OL, il file aux toilettes, baisse son slip kangourou OL et fait son tournicotin estampillé OL.
Jean-Michel, c’est le Don King du football français, le pauv’ Kong du G14. Pour lui le trip, ce n’est pas de monter sur le toit de l’Empire State Building, non, uniquement monter sur le toit de l’Europe. Pour se faire, il prend les meilleurs joueurs français et déniche quelques perles étrangères comme Tapie à son apogée.
Tiens, parlons en de l’effectif de l’OL, que des pointures, des joueurs de classe comme on aimerait en avoir par chez nous.
Il y a ce Carew auquel l’OM devra faire preuve de la plus extrême prudence. Non pas que Carew soit un individu à la violence fruste et incontrôlée, mais enfin son gabarit, l’étonnante corpulence de ses deltoïdes, l’invraisemblable protubérance de ses pectoraux et l’affolant renflement de ses moyens adducteurs parlent d’eux-mêmes et dissuadent le plus intrépide de provoquer gratuitement l’animal en le traitant de dégonflé.
Et que dire de Juninho Pernambucano, le virtuose de la parabolique dans la lucarne, de la feuille morte virevoltante. Quel régal de voir un tel joueur fouler chaque semaine les prés de France et de Navarre.
Mais ce match c’est aussi l’occasion des retrouvailles, quel bonheur quand je pense à l’autre tête de placenta, fraîchement élu ballon de plomb et qui s’élime ses dents de castor sur le banc lyonnais. Dur dur d’être footballeur Jordy, t’inquiètes la coupe du monde passe à la télé.
Enfin, je ne pourrais faire cet édito sans aborder le Duel : le Divin chauve face à la Blonde échevelée, Fabulous Fab versus Ultra Bright Greg, deux stars de la claquette qui vont s’entredéchirer pour le strapontin de numéro un français, pour Fabien, la déchire, c’est déjà fait.
Quant à Greg, lui un arriviste, certainement pas, un ambitieux, sûrement, il revendique la place de numéro un et c’est normal. Quand Greg était plus jeune et demandait à sa maman : « Dis Maman, je suis un arriviste ». Sa maman lui répondait alors « Mais non mon fils, tu n’es pas un arriviste, mais fermes la bouche tu rayes le parquet.»
L’issue du match est toute trouvée pour la majorité des gens. Entre une équipe de pieds bots et l’invincible armada, il n’y a pas photo. Mais bon, l’OM a ses talents, son talent… Ribéry et son bon pied bon œil, pourtant pas évident le bon œil avec sa gueule de biais. Et faites moi confiance, ce gars là, il sait se servir de ses pieds. Quand à Jeannot, avec son air pantouflard, qui nous fait irrésistiblement penser à un Basset Hound en mal d’exercice, il n’a pas perdu la main quand il s’agit de faire tomber les grosses équipes. Alors, allez l’OM et faites nous rêver. Réagir sur le forum |