Quand Jeannot était petit, il n’était pas grand, il montrait son cul à tous les passants. Un jour, un monsieur lui dit : " Voudrais-tu le cacher ", il lui répondit : " Voudrais-tu le lécher ". Oops, je me suis trompé. Je recommence.
Quand Jeannot était petit, il était très petit. Très petit et grassouillet, et il était affligé d’une très grosse tête. Comme il venait de Mostaganem, il masquait cette difformité sous un fez double (ce qui équivaut à une bonne paire de fez). Pour se moquer de lui, ses camarades l’appelaient le petit Poussah.
Un jour, un
grand satyre entraîna même le petit Poussah et ses trois frères au fin
fond de l’oasis de l’El Kebir pour les perdre. Heureusement, Jeannot
avait semé des graines de couscous et des merguez tout au long du
parcours. Et finalement il réussit à retrouver au bout du chemin ses
parents.
Vous comprendrez aisément l’aversion de Jeannot pour
les contes à dormir debout avec leurs lots de monstres en tout genre,
ogres, croquemitaines ou vampires. La férocité de ces derniers le
terrorisait tout particulièrement. Quand sa maman lui racontait des
histoires, il ne pouvait s’empêcher de les voir partout :
" Drapé dans l'ombre du crépuscule blafard, Revenant du néant, je suis le vent Amer qui gémit, ivre de sang. Comme mes sombres frères les cafards, Une nuit, je me glisserai sous La porte de ta chambre. Alors, je soulèverai tes cheveux d'ambre:
Nue sera ta gorge, nu sera ton cou. Oseras-tu porter ton regard Sur mon âme damnée, Froide et vide de toute éternité? Ecouteras-tu ce souffle qui t'égare? Rouge et chaude est ta vie qui s'échappe, Aspirée par une force plus ancienne que la mort. Tu ne sentiras que l'amertume d'un baiser qui mord Une chair pâle que ma langue lape.
Vois! Il t'attend, l'immonde tombeau Accablé par l'humidité fétide. Moi, je suis la pourriture livide, Purulente, qui suinte entre les dalles du caveau. Ici le vol de la chauve-souris noire Rebondit dans la nuit que je hante. Elle crache une bave sanglante Sur le vide infect des miroirs. "
Cette
phobie devenant tel, le docteur essaya de lui soigner le mal en lui
bourrant l’oignon de suppositoire à l’ail. Mais pour que la gousse
glisse encore aurait-il fallu que Jeannot ne pousse, du coup le médecin
lui préconisa un régime à base d’aïoli. Ses parents durent s’exiler
dans le sud de la France à Marseille et au fil des années tout rentra
dans l’ordre.
Bien des années plus tard, alors qu’il dirigeait
le club de son cœur, l’Ohaime, le sort s’acharna de nouveau sur lui,
lorsque le tirage de la coupe UEFA désigna le Dinamo Bucarest.
Bucarest,
capitale de la Roumanie, patrie de l’absurde par excellence qui enfanta
les plus grands génies de Ionesco à Gheorghe Hagi, le Maradona des
Carpates, aux pires monstres de Ceausescu à Vlad Tepes III. Vlad
Tepes, le sang de Jeannot ne fît qu’un tour à l’évocation de ce pervers
qui ne pouvait atteindre la jouissance qu’en faisant souffrir et dont
une légende dit qu’il reviendra régner sur la Roumanie.
Vlad
Tepes, celui qui adore les jeux de maux et les infusions sanguines
faute à son anémie récurrente, le Prince des Ténèbres, l’illustre Drake
Ula (littéralement le fils du Dragon), l’empaleur de Bucarest.
Attention à ne pas confondre avec Gunther X, Hank Ula (fils d’Hank),
l’empaleur de Budapest dont la filmographie n’a pas d’égal : Trois
hommes et un cul fin, Roger Rabite, Pinocchio.
Ce jeudi, les
ténèbres s’empareront de Marseille, on clouera les chouettes aux portes
pour écarter le mauvais sort, les chiens hurleront à la mort. Vlad
Tepes revient et il a choisit la cité phocéenne pour son retour.
Voyant
grelotter Jeannot dans sa doudoune à l’intérieur du vestiaire de la
Commanderie, Pape et José, inquiets, prirent des nouvelles. Il leur
raconta, alors, la vieille légende du treize. Vlad Tepes, comme tous
les Roumains, était très superstitieux, selon la très vieille légende
du treize, il semble que ce chiffre portait malheur. Vlady, pour les
intimes, dans un grand soucis du détail et n’y portant pas spécialement
attention, décida de faire empaler un homme sur treize. Ainsi il ne
perdait qu’une quantité négligeable de ses effectifs et s’assurait la
qualité et la loyauté des hommes restants.
Pape était abasourdi,
José quant à lui pensa appliquer la méthode à Gimenez, un peu dur
certes mais si Christian peut servir au collectif, ma foi pourquoi pas.
Pape
très pâle, voulait protéger ses joueurs et décida d’opter pour le
maillot first ciel et blanc, ils arboreront le crucifix au nez et à la
barbe de ces buveurs de sang. José, l’homme qui n’avait peur de rien,
préféra préparer sa pique de bois juste au cas ou. Et quand le nigaud
s’aiguise le pieu, le chauve sourit.
Tous les moyens sont bons
pour contrer ces manieurs de ballons venus de l’Est et les empêcher de
s’approcher de notre divin chauve. La défense devra être attentive pour
repousser les attaques tranchantes et éviter les crochets incisifs de
Nikolescu, le tortionnaire d’Everton.
De toute manière, dans le
pire des scénarii, Jeannot pourra toujours compter sur sa créature à
fermeture éclair, Frank Einstein, génie de la métaphysique
footbalistique à la tête de l’art, pour vaincre les forces du mal et
renvoyer Vlad Tepes Outre Tombe. Réagir sur le forum |