Le Depor, pourtant habitué au temps so British qui règne en Galice, a sombré mardi corps et âmes dans la tempête marseillaise. Partis sereins grâce aux anticipations de la météo qui leur prévoyait un périple sans surprises, ils n’étaient pas préparés à réagir quand le grain s’est levé. Les vagues olympiennes ont ravagé les cages du pauvre Molina, et le Vélodrome en fusion pouvait savourer. Dans le Grand Enrhumeur, ce sont les Espagnols qui ont finalement sorti les mouchoirs...
Cette
soirée mémorable a revigoré tout un peuple et on l’espère permettra de
sortir le navire olympien du Vieux Port dans lequel il était en rade
depuis la reprise. Samedi, la venue des Corses de l’AC Ajaccio est
l’occasion de larguer enfin les amarres! Il semble en effet impensable de voir les Marseillais rester à quai
après la folle soirée vécue mardi. Un tel match dantesque ne peut avoir
comme effet que de les faire virer de bord pour les remettre sur le bon
cap sportif. Le moral n’est plus en berne, la confiance est là, on peut
espérer que la saison soit enfin lancée. L’OM, qui s’est découvert une
âme de guerrier européen, serait bien avisé de transposer ces bonnes
sensations dans le championnat domestique. La pénurie en points
commence en effet à devenir inquiétante et le spectre du ravageur
score-but n’est plus très loin. Depuis mars 2005, Marseille n’a pas
remporté les 3 points de la victoire, ce qui est risible pour un club
de ce tonnage... Face à ce terrible constat, le supporter olympien
était à l’image de Géricault, médusé... Heureusement, dans l’ambiance
électrique d’un Vél digne des plus grands soirs, le sourire est revenu
sur les lèvres de tous les fidèles suiveurs en même temps que le groupe
faisait le plein de confiance. Comme toute série connait une fin (sauf
“Les Feux de l’Amour”, mais c’est l’exception qui confirme la règle),
tout le monde veut croire que la venue d’Ajaccio permettra enfin de
briser le cycle.
Après la goleada de mardi, un groupe s’est peut-être révélé. Un groupe
certes limité en nombre et parfois en qualité, mais qui a fait preuve
d’indéniables qualités mentales. Il faudra surfer sur cette vague
euphorisante pour enfin concrétiser en championnat. On pourra dans
cette optique compter sur notre trio d’hommes forts, qui ont tous trois
rejoint l’équipage en cours de route cet été.
Wilson “le Piston” est le taulier de la salle des machines.
Infatigable, c’est lui qui impulse la cadence au navire de Phocée, qui
gère les accélérations, les changements de rythme. Il a vite su se
rendre indispensable par son activité débordante. Son problème, c’est
les ITT... Il a une fâcheuse tendance à se faire porter pâle un jour
sur deux!
A côté de lui, le capitaine Crochet n’était qu’un enfant de choeur. Le
Rib, le pirate de la mer du Nord, est chargé d’arraisonner les navires
adverses. Vif, sûr de ses gestes, un peu délingo, il est parfait pour
percer les défenses... quand il n’est pas aux fers dans la cale pour
insubordination...
Mamadou, c’est le nouveau préposé à la pêche. Les anciens dépositaires
du poste n’ont pas surmonté la pression de ce poste délicat car
essentiel, et le navire recherchait inlassablement un successeur à un
ancien as parti exercer ses talents pour la perfide Albion. Niang, il
est sur le pont 24h/24, ne ménage pas ses efforts , il est obnubilé par
les gaules, fougeux à en percer les filets, un vrai fou furieux! Bien
intégré dans sa nouvelle équipe, il lui manque encore la justesse du
geste des vieux loups de mer diraient ses détracteurs... Mais au vu de
ses premières statistiques, sa campagne de pêche 2005-06 pourrait bien
rentrer dans les annales.
Et à la manière des 3 Mousquetaires qui étaient en fait 4, on peut
ajouter à ce trio l’appelé de dernière minute, un jeune Albanais
rugueux et travailleur, spécialiste ès nettoyage minutieux de surfaces.
Dans un monde marin qui met toujours en exergue de petites traditions
plus ou moins raisonnées, le Lorik aura la fonction honorifique et
symbolique de “patte de lapin”. Quand on a dans le coeur une ville dont
la devise est “Fluctuat nec Mergetur”, on voit mal son intégration
faire sombrer le navire phocéen...
Mais il faut rester sur nos gardes, le raffiot monté de bric et de broc
par Rolland "la grosse Bouée" a prouvé par le passé qu’il pouvait faire
presque aussi bien que les fleurons de la flotte française. Favorable
aux pavillons de complaisance, Ajaccio a recruté en masse loin de son
île, dont une énorme colonie venue du Braziou. C’est un peu normal que
Rodrigo, Edson and co aient réussi à s’adapter, au pays de Samba le
Marin, on nait avec un gouvernail entre les mains, et accesoirement
avec un ballon entre les petons... Alors vous pensez bien que sur la
goélette corse, ils allaient s’amuser comme des fous, même André Luiz
(rien à voir avec notre Dédé Tronche Plate national...) a réussi à
convertir quelques pénos!
Marseille, une sorte de Titanic du ballon rond, a même été envoyé par
le fond un soir d’avril 2005 par un iceberg qui avait traversé la
Méditerranée dans le sillage d’un ferry non gréviste de la SNCM. Avant
d’aller côtoyer les profondeurs (du classement), l’OM s’était même fait
détroussier par la bande à Rolland, qui connait la chanson... Et si les
icebergs se promènent surtout au début du printemps, il faudra qu’en
cette fin d’été la vigie olypienne garde toute sa lucidité et son
attention, un accident est si vite arrivé!
Mardi, dans un feu d’artifices (dans les deux sens du terme), l’OM a
rallumé le moteur en grande pompe. Comme tout bons marins à
l‘inauguration, les joueurs ont même fait couler le champagne sur la
Koke, il parait que ça porte bonheur... Maintenant que les machines se
sont réveillées d’un long silence, il n’a plus qu’à prendre enfin le
départ vers des destinations dorées.
Avant de viser les grands tours du monde vers les paradis lointains ou
sauvages (le territoire des Lyons par exemple), on se contenterait déjà
d’aller caboter le long des côtes européennes une fois de plus l’an
prochain.
ll existe plusieurs routes maritimes connues connus pour aller visiter
le Vieux Incontinent, mais la plus efficace reste la voie dite
classique, en 38 étapes. Plus longue (et ouais!) que le Parcours Mamba
et moins riche en émotion que la vieille voie FFF, cette voie de
caboteurs récompense à coup sûr un bon équipage drivé par par un bon
skipper.
On saura sur la durée si on nous a vraiment mené(s ? ) en bateau, mais
en tout cas depuis mardi tout le monde est chaud de chez chaud. Plus le
temps de tergiverser maintenant, faut larguer les amarres!!!
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