Inutile de chercher plus loin un match rempli de tension, d’enjeux multiples et de risques pour un club en cette soirée de finales retour de Coupe Intertoto. L’OM rencontrait ce soir La Corogne pour une place en Coupe de l’UEFA, compétition qui lui avait déjà valu de participer à deux finales perdues en 1999 et 2004. Etaient-ce là un intérêt et des souvenirs assez forts pour déclencher la révolte phocéenne et semer la panique dans une arrière-garde espagnole sereine tout un long d’un match aller où Niang avait brillé par un manque de lucidité dans le dernier geste ?
On se demandait une énième fois avant le début de match quel serait le
visage de cet OM mené 2-0, tant aimé durant des lustres et devenu tant
haï par l’image sportive véhiculée au fil des défaites et des
non-matches. On se torturait sur l’évidence qu’il ne faudrait
certainement pas encaisser de but pour songer une seconde à la
qualification…
Lors, il ne fallait pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre la
situation délicate dans laquelle s’étaient fourrés les olympiens. Au
XXème siècle, « l’Olympique » avait tant prêché l’honneur des titres,
le sens de la victoire, l’abnégation, la force tranquille, la solidité
tactique ou encore la magie de l’Europe, qu’on ne les voyait pas finir
crucifiés de cette manière sordide dès le début du XXIè. Une ultime
question perdurait : l’OM allait-il refuser ce destin tragique et faire
plaisir à ses supporters et à son coach en remportant cette
confrontation qualificative pour l’UEFA ? Rien ne laissait présager une
issue favorable avant le coup d’envoi…
Composition des équipes
Olympique de Marseille : 4-3-2-1 : Carrasso – Beye, Meïte, Nakata, Taiwo – Lamouchi, Delfim, Oruma, - Mendoza, Ribery - Niang
Entraîneur : Jean FERNANDEZ
Déportivo La Corogne : 4-4-2 : Molina - Manuel Pablo, Andrade, Juanma,
Capdevilla - De Guzman, Duscher, Scaloni, Munitis - Ruben, Tristan
Entraîneur : Joaquin CAPARROS
L’arbitre M.IVANOV peut lancer cette finale retour de Coupe Intertoto
dans des conditions très agréables (soleil sans nébulosité, température
de 23° et vent nord nord ouest soufflant à 35 km/h de moyenne) au coup
de sifflet initial.
I/ Boires et déboires olympiens
Dès la 4ème minute, Ribery fait son show à 30 mètres
des buts galiciens dans l’axe. Il est fauché par la défense centrale
donnant ainsi à Taiwo une petite occasion de montrer sa lourde frappe.
Le boulet de canon du jeune nigérian ne peut être capté par le portier
espagnol qui repousse sur Ribery seul aux 6 mètres. Ce dernier ne se
fait pas prier pour convertir l’offrande en but du plat du gauche pour
le 1-0.
Il ne faut attendre que 3 minutes pour voir la
réaction du Dépor. Munitis obtient un coup franc sur le côté gauche
après une deuxième faute consécutive de Beye sur sa personne. Son
centre est repris à l’entrée de la surface par Tristan qui trouve
Carrasso sur la trajectoire, bien placé sur sa ligne. Mais le gardien
marseillais ne peut que dévier le ballon sur Andrade démarqué aux
abords de la ligne phocéenne. Il égalise de près sans se poser de
question. 1-1
Le match est très physique et, sur un pied levé un peu haut par Ribery,
les esprits s’échauffent avec son vis-à-vis Duscher. Après un petit
moment de flottement, les deux joueurs voient rouge par M.Ivanov et
vont retrouver les douches après dix minutes de jeu.
A la 15ème, Lamouchi et Scaloni sont avertis pour un surplus de
nervosité et de contestation. Le coup franc de Mendoza dans la foulée
de la droite vers la gauche est bien tiré mais passe au-dessus de la
transversale. Le Déportivo obtient un coup franc à son tour à 30 mètres
des buts de Carrasso à la 20ème minute. La combinaison est superbe et
permet à Munitis de s’essayer de loin. Sa frappe est trop puissante
pour inquiéter le gardien de l’OM.
Capdevila y va ensuite de son carton jaune sur un tacle trop appuyé
face à Mendoza. Cinq minutes après, un coup franc est obtenu par Taiwo
aux abords de la surface galicienne. Lamouchi décale Oruma qui feinte
puis tire puissamment à ras de terre. Son ballon, légèrement dévié par
Niang, manque le cadre de justesse. A la 30ème, Nakata hérite de son
carton jaune pour avoir retenu Munitis par le bras alors qu’il s’en
allait dans la profondeur. Il est imité par Juanma 9 minutes plus tard
: il a ceinturé Oruma.
A la 43ème, après un bon jeu de passes entre Taiwo, Lamouchi et Niang,
l’avant centre olympien se bat pour rentrer dans la surface en
conservant le ballon. Arrivé au bout de son action, il frappe à ras de
terre mais son tir croisé est bien stoppé par Molina. Quatre minutes
passent, un centre de Taiwo de la gauche vers la droite est repris par
Niang aux 6 mètres de la tête, mais il met le cuir à droite du cadre.
II/ Tensions, cartons et soubresauts de la deuxième période…
A la 48ème, De Guzman prend un carton jaune sur une obstruction face à
Wilson Oruma le long de la ligne de touche gauche. Deux minutes plus
tard, ce même Oruma centre fort vers Meïté après un corner mal dégagé.
Le stoppeur ivoirien laisse filer le ballon sans conviction devant la
ligne de but de Molina. Six minutes plus tard, Delfim, décalé par
Lamouchi s’essaye des 30 mètres plein axe. Son ballon passe légèrement
au-dessus.
Une frappe tendue d’Andrade de 45 m fait passer un léger frisson dans
le stade à la 59ème, mais elle n'inquiète finalement pas Cedric
Carrasso. Une minute après, c’est Pablo qui hérite d’un carton jaune
pour contestation. A la 61ème, un pied trop haut d’Andrade sur Niang
dans la surface donne un bon coup franc indirect à l’OM. C’était sans
compter l’inexpérience de Taiwo qui shoote directement malgré le bras
levé de M.Ivanov.
Sur un corner de Mendoza à la 65ème minute, Meïte
s’élève plus haut que son défenseur pour loger la balle au fond des
filets du Déportivo. Le but est accordé malgré la petite faute non
signalée par l’arbitre. 2-1
A la 71ème Acuna est averti pour une méchante faute sur Oruma. Son
compère Capdevila vient contester la décision et se retrouve expulsé
par M.Ivanov qui devient décidément la star du match ! Les espagnols se
retrouvent à 9 contre 11 dans un climat de vives tensions entre les
joueurs mais aussi entre les bancs de touche.
A la 75ème, centre de Batlles de la droite vers la
gauche pour Niang bien placé dans la surface espagnole. La mauvaise
sortie de Molina permet à Niang de ramener définitivement l’espoir dans
le camp olympien : le ballon ricoche sur sa poitrine avant de finir sa
course au fond des filets pour le 3 buts à 1 !!!
Les galiciens ne s’en laissent pas compter et tentent de repartir en
contre. Sur l’un d’eux, De Guzman se retrouve en bonne position mais
loupe complètement le ballon qui atterrit dans les mains de Carrasso
(78ème). A la 81ème , Meïte reçoit à son tour un carton jaune pour
avoir déstabilisé Munitis par derrière.
Une minute passe, Taiwo hérite d’un bon ballon dans
la surface côté gauche. Il fait parler encore sa puissance sur une
frappe complètement ratée, mais son ballon dévié par Acuna se dirige
tout droit vers Niang bien démarqué à 7 mètres des filets de Molina. Sa
reprise du plat du pied droit vient se loger dans la lucarne du portier
galicien pour le 4ème but qualifiant les olympiens pour l’UEFA ! 4-1
Mais il était dit que l’OM ne s’arrêterait pas là : Oruma récupère un
ballon de Batlles après un petit numéro de Niang sur le flanc droit de
l’attaque phocéenne. Il perfore littéralement la défense du Dépor,
émoussée par tant d’émotions, avant de propulser le cuir dans le petit
filet droit de Molina pour clôturer la marque à 5 buts à 1 en faveur du
club français qui s’ouvre les portes de l’UEFA sans trembler…
Analyse
Quelle que soit l’opinion de chacun sur cette équipe phocéenne, elle
aura déjà apporter un peu de bonheur en ce début de saison par
l’intermédiaire de ses prestations en Coupe Intertoto ! Premier «
trophée » de la saison pour des phocéens très loin de ce qu’ils ont
montré ce soir lorsqu’ils abordent une rencontre de championnat. Tout
n’a pas été parfait, une fois de plus, mais dans le jeu, l’OM a montré
des dispositions tout autres : patience tactique, maîtrise collective
aux moments clés, hargne individuelle des cadres de l’équipe, et ils
ont ainsi provoqué leur propre chance !
Ce serait mentir que de taxer l’OM d’un excellent début de match avec
cette égalisation venue trop vite contrecarrer les plans d’une équipe
qui voulait surtout revenir à 2-2 sur l’ensemble des deux
confrontations. Il a fallu surtout un coup de pouce du destin et de
l’arbitrage (décidément de seconde zone en Intertoto) pour avoir un
score des plus flatteurs en faveur des marseillais qui ont prouvé
qu’ils pouvaient réserver encore bien des joies et des surprises cette
saison. Ils ont eu le mérite de se battre et de mettre leurs occasions
au fond des filets en deuxième période face à une équipe rapidement
réduite à 9 voire à 8 après une blessure mal venue de Munitis, qui fut
un poison pour les défenseurs olympiens jusqu’à lors.
L’équipe a paru beaucoup plus compacte, beaucoup mieux dans sa partie
et mieux organisée qu’elle ne le fut lors d’autres mi-temps
précédentes. Si le premier temps fut un round d’observation, du coups
pour coups et de la lente montée de la nervosité, le second fut celui
de la descente aux enfers de La Corogne face à une bête blessée qui
n’en demandait pas tant ! L’OM s’en est donné à cœur joie, comme pour
se débarrasser de sa couronne d’épines qu’on lui avait dressée sur la
tête avant de lui promettre la crucifixion sur la place publique de
France et de Navarre, en passant par la scène européenne.
Que nenni ce soir, puisque les marseillais ont fait preuve d’une
immense soif de victoire pour aller arracher une qualification à des
espagnols dépassés par les 20 dernières minutes brillantes d’un
collectif olympien plus sûr de lui dès lors que son adversaire était
amoindri. C’est finalement la loi du jeu et l’OM pourra se targuer de
l’argument que rares furent les tentatives ou autres occasions
galiciennes alors que ces derniers ont voulu chercher les
méditerranéens sur le terrain de la provocation. Ils tombèrent sur un
os, et auraient certainement dû se concentrer sur leur jeu et sur leur
défense pour s’empêcher des lendemains qui ne chanteront point du côté
du Riazor !
Le Stade Vélodrome a enfin pu s’enflammer grâce aux chevauchées d’Oruma
en très grande forme, sur les dribbles de Niang, les tacles de Beye,
les récupérations (si, si !!!) de Lamouchi et autre Delfim. On a
vraiment senti une équipe capable d’accélérer, de jouer en une touche,
de porter rapidement le danger vers l’avant et ce sans l’une de ses
pièces maîtresses, en la personne de Ribéry, très vite exclu dans cette
rencontre où il avait marqué et déjà commencé à mettre le feu aux
poudres.
Ce soir, le Vélodrome n’a donc pas assisté à la crucifixion de l’OM,
mais bien à celle d’un Déportivo La Corogne qui a sûrement pris la
grosse tête durant ces deux semaines, fort de son avance de deux buts
qui a volé en éclat après le doublé d’un Niang qui s’avère peut-être le
prochain grand avant-centre du club.
L’ OM s’est débarrassé ce soir de sa couronne d’épines non sans se
faire quelques frayeurs défensives qui rappellent que rien n’est jamais
acquis, qu’il faut prudence garder, et encore travailler pour
reproduire des matches de ce standing au cours d’une Coupe UEFA
2005-2006 qui peut devenir un objectif intéressant. Bref, ce soir, l’OM
a allégé le fardeau qu'on lui avait prêté depuis 4 matches, tout en
sachant que, pour ne pas porter tout le malheur de ses supporters, il
faudra sortir du chemin de croix et s’avancer vers la lumière des
sommets du football national et européen…
Mathildien75 (Porte-bonheur officiel de la fumerie pour la Coupe d'Europe)
PS : désolé pour le titre avec le mot "pines" mais je voulais vanner ces galiciens prétentieux !!!
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