Le quotidien ce sont des soucis et des hommes, tristes affaires de personnes. Un troupeau de jambes de bois affairés à se tirer dans les pattes. Petits, grands, gros, laids, malins ou bien secrets, en tout cas bien mal accordés.
Tout en
haut trône le monarque, tête pensante et bien pansée, du type qui
observe sans rien voir. Un habitué des banquets de banquiers et autres
histoires de gros saouls, de ceux qui entreprennent au fil du barreau
la mise en scène de leurs petits pouvoirs. Emporté sur un flot de
grandes cuvées sans jamais l'intention de décuver, c'est la tête au
fond du tonneau qu'il mène la barque. Un coup à droite, un coup à
gauche, enfin toujours un coup en trop... Et le navire entier tangue et
tourne comme une girouette dans le vent, qu'il pleuve, qu'il vende ou
qu'il achète. La tête ailleurs en quelques sortes... mais qui laisse
tout le monde en proie aux migraines.
Le bras armé a donc été
contracté pour marquer quelques poings avant la limite. La main à la
patte afin de récupérer les billes dilapidées par quelques autres. Pour
le prix d'un louis c'est un gentil bourreau qui vous débite les têtes,
comme un censeur pour l'échafaud. Et que l'on se rassure puisque
l'ancien boxeur n'a pas l'intention de prendre de gants pour en finir
avec le chaos.
Tête de bille et sac de noeuds. D'aucun l'ont
ronde et bien huilée... Cracheurs de feu à la face des caméras ou de
bile à l'abri des quolibets. Où est tu José? On le dit fer de lance
pour une poignée de combattants. Les vieux de la vieille garde de notre
dame, bataillon d'imbéciles entêtés aux desseins des plus obtus. Chacun
roule pour sa pomme dans ce nid de serpents puisque plus rien n'est
défendu. Les vers sont dans le fruit... Branle-bas de quidams qu'on ne
connaît ni d'Adam ni d'Eve mais qui se croient dans leur jardin
d'Eden... Par les temps qui courent Dieu le père est bien négligent.
Tandis
que le pape, le vrai, a toujours la tête sur le billot, dans l'attente
d'un mouvement d'humeur venu d'en haut. La sanction tombera comme un
couperet... en pleine poire. L'attente le noeud au ventre avant de
finir dans un sac. "Roule ta bille et passe ton chemin" entendra-t-il
tantôt. Manque de calot pour l'agent de change, le poker menteur est
plus qu'une rude bataille. Le poignet qui coince, pas vraiment une
bonne main... alors pioche, passe et se couche. En attendant que belote
et rebelote.
S'agissant de se sauver il n'est pas aussi
prévoyant qu'une autre tête à claques déjà mise sous papier cadeau,
destination Tokyo, avant d'entamer un brin nonchalant la danse de blanc
sorcier et sorcier blanc. Voilà notre sauveur largement émoussé qui
n'offre maintenant plus que longues diatribes creuses et envolées
critiques. Sans queue ni bec, l'oiseau, et pas non plus enclin au zèle.
C'est
qu'en coulisses ça se trémousse et se détrousse. Alors que sous les
projecteurs ne brillent que les planches à trousser. Les drames se
nouent et se dénouent, toujours selon deux actes, décrivant la punition
interminable d'une agonie hebdomadaire. Les premiers rôles sont
enrhumés et les figurants dans leur sujet... Tels des hommes troncs
handicapés du chef. Qu'elle soit déjà partie ou encore attendue, ce
n'est pas au présent qu'est la tête, et pas demain qu'elle le sera.
Cul-de-sac pour les culs de jattes alors qu'on rêve d'un coup de pied
au derrière.
Pendant ce temps-là beaucoup ne rêvent plus,
simples spectateurs désespérés. Ils n'ont plus toute leur tête depuis
que d'autres se la sont payée. Le prix était modique, juste une
promesse de l'envoyer dans les étoiles. Mais ce n'était sûrement pas de
cette façon qu'ils envisageaient de la perdre. Le détournement, au
fond, c'est l'abus de biens socios. Un abonnement pour le néant
puisqu'au Vélodrome il n'y a plus guère que dans la semoule que l'on
pédale. Alors à défaut d'avoir su résoudre l'équation du succès, on
n'en retiendra pas moins que zéro plus zéro, ce n'est que la coupe à
toto. Sûrement pas la plus belle, mais l'occasion, peut-être, de
construire une équipe avant Noël...
Ce petit théâtre de
comédies de bouvard n'en aura donc jamais assez de couper des grosse
têtes. En attendant les nouvelles du casting de la saison prochaine...
Même si le propre du lieu n'est autre que le comble de la salle, à
défaut de faire ovation, il faudrait voir à mettre la holà. Réagir sur le forum |