Dernière minute du temps additionnel… Ecce homo… Didier Drogba pose lentement sa balle sur le disque de craie blanche, prend quelques pas d’élan dans un silence de muerte, et d’une frappe chirugicale, libère tout un peuple en fusion… Aux enfants de la chance qui ont enfin connu les transes… Le Vel’ se pâme, chavire, et ravale les sifflets qu’ils semblait pourtant devoir réserver à ses favoris quelques instants plus tôt… Victoire inespérée, euphorisante, arrachée avec les tripes à l’issue d’un combat physique intense - sept cartons jaunes… Un derby, un vrai de vrai !
A l’exception de Sytchev remplacé par Mido, Perrin reconduit l’équipe résolument offensive battue la semaine précédente à la Beaujoire, avec Vachousek et Marlet en milieux excentrés et confiance renouvelée au duo de mobylettes Meriem-Johansen à la récupération - ce qui confirme que Sylvain N’Diaye n’est décidément pas dans les p’tits papiers du coach… Face à eux, des Niçois lourdement handicapés par l’absence programmée de deux ex-olympiens (Eric Roy et Pancho Abardonado) et par celle plus inattendue de leur inoxydable capitaine José Cobos, contraignant Gernot Rohr à revoir complètement son organisation… Ainsi, Olivier Echouafni, dernière recrue des Aiglons et autre vieille connaissance du Vel’, recule en défense centrale alors que cette vieille canaille de Rohr décide, audace suprême, de jouer avec deux attaquants pour la première fois de la saison à l’extérieur…
La première période débute péniblement pour des Olympiens laborieux, chloroformés par des azuréens paraissant peu affectés par les absences et s’appuyant sur leurs points forts - solidarité, combativité, rigueur défensive. L’OM bafouille, cafouille, brouillonne… A la 35ème minute, sur un long dégagement de l’arrière-garde niçoise, Meité nous gratifie d’un amorti de la poitrine (?) ubuesque, le ballon ricochant cinq à six mètres devant son fier poitrail… Cherrad récupère, file sur l’aile droite, son centre est freiné par le malheureux Abdoulaye et se mue en offrande pour l’increvable Lilian Laslandes, lancé comme une fusée et auteur d’un superbe missile en demi-volée des 25 mètres sur lequel Runje ne peut strictement rien… Le bébé se présente mal, d’autant que la réaction marseillaise reste poussive là où les contres du hérisson niçois sont incisifs… Pitau puis Cherrad sont ainsi tout près de plomber un peu plus l’ambiance juste avant la mi-temps, qui intervient sous les sifflets d’un public inquiet d’entrevoir le spectre d’une troisième défaite de rang se dessiner
Sans doute chaleureusement secoués par le jovial Alain Perrin dans les vestiaires, les joueurs marseillais sont de retour avec de toutes autres intentions dans cette seconde période. Sous l’impulsion d’un Meriem omniprésent, le jeu olympien devient plus fluide et plus tranchant, tandis que les Niçois baissent de pied physiquement. A plusieurs reprises, Mido exhorte les supporters à ‘’mettre le feu’’… Les corners se multiplient, Grégorini fait le boulot, quand il n’est pas sauvé par son poteau comme sur ce coup de boule de DVB (48 ème). La défense expérimentale des Aiglons va finir par céder une première fois sur un corner délivré par Meriem sur lequel Grégorini se troue superbement, laissant Mido remiser de la tête pour Drogba, lequel, après un contrôle de la cuisse, expédie le ballon au fond avec un calme sidérant (59 ème)… La suite n’est plus qu’un crispant attaque-défense, dans un Vel’ chauffé à blanc… Sytchev remplace un discret Johansen, mais rien ne rentre…Grégorini effectue un arrêt miraculeux devant Mido (89 ème), les hommes de Gernot Rohr pensent tenir le point qu’ils étaient venus chercher… 93ème minute, longue ouverture de Meriem (encore) pour Mido, accroché par Traoré…Sytchev récupère et, seul aux six mètres devant Grégorini, délivre une frappe d’avorton détournée sans difficulté par le portier niçois… Tandis que le jeune Russe s’écroule de dépit, l’arbitre revient à la faute (indiscutable) et siffle le penalty que tout un stade, porté à incandescence, espérait… Didier Drogba ne fuit pas ses responsabilités, demande le ballon, inspire lentement, s’élance…
Qui est ‘’in’’ ? Qui est ‘’out’’ ?
In, Didier Drogba, serial buteur, sang froid de crotale, Mister Iceberg ! In, Mido, altruiste, technique, combatif, chaud comme la braise In, Camel Meriem, plaque tournante de l’équipe…bientôt le taulier ?
Out, Stepan Vachousek, trois petits matches et puis s’endort ? Out, Abdoulaye Meité, encore un ballon perdu devenu décisif Out, Steve Marlet, inconstant et inconsistant… Réagir sur le forum |