1804 : Début de l’Empire !
2004 : Fin de l’an pire ?
Vêtus de l’habit centenaire, les porteurs du maillot blanc sont en campagne.
Que voilà un déplacement corsé dans la cité de l’hâbleur, notre équipe qui souffre de mille maux va dans l’antre du grand baratineur.
D’un côté des acéistes toujours muets de victoire à domicile, de l’autre des passéistes guère prolixes à l’extérieur. Cette rencontre va-t-elle engendrer d’autres douleurs muettes ? Mais c’est sans compter sur la chanson de Rolland sublime chanson de geste. Quand elle sort de son corps et emplit l’espace, elle résonne, à défaut de raisonner. Faut dire qu’il a du coffre et pas qu’en Suisse. Le Rolland c’est un nettoyeur d’esgourdes, un désensableur de portugaises, un désintégrateur de cérumen, un ramoneur de feuilles de choux. Un impératif commun : régler ses appareils auditifs, José le veuf capillaire est exempté. Négationnistes et nihilistes confondus sont tout ouïe. Un tel organe rend les baffles enceintes. A Ajaccio, quand il élève la voix, un ange passe, plus rarement un Toussaint. Ca pétarade, c’est tous les jours 14 juillet, ça explose comme une résidence secondaire hors saison. Il fait du raffut comme Lomu, il vocifère, il faut s’y faire. Son timbre mouillé de sa langue inimitable il te le colle là. Il trouve toujours le bon angle, le bon coin. C’est qu’il en a fréquenté des coins où il a promené sa grande carcasse de varois bavard roi. ( Munich : Prochaine étape ? ) Il fut le premier à aller se faire voir chez les Grecs, ce Pythéas en culotte courte faisant le voyage à l’envers. Ce libre héros revient jouer en France à Sochaux, puis pratique le double jeu à Monaco. Son vagabondage d’entraîneur lui fait rouler les R dans le Sud Ouest et plus tard à Marseille où il eut diverses fortunes dont une partie, dit-on, de celle de RLD, il élève des manchots aux pays des pingouins, connaît les cheiks aux Émirats, rate des occases au Caucase, enfin bien que mis en examen, il repasse l’Oural qui n’est pas de rattrapage. Face à ce jouteur hors pair, José possède la puissance des sons pas celle des mots, sa tchatche à lui est encore un peu tendre, il met encore trop d’eau dans son vin alors qu’il faudrait de l’hâbleur dans les pinards. D’un côté c’est charpenté, de l’autre ça manque de cuisse. Rolland en roué utilise sa voix, José enroué l’affaibli. L’Anigo en jeune chef de rang se contente de passer le bla-bla, alors qu’on souhaite qu’il parle fermement à ses joueurs, à bâtons rompus. C’est un conteur bleu en panne de gaz. Faut dire qu’il n’est guère secondé. Son Bouchet taille la bavette, parfois le bout de gras, il a le filet mignon, manie la circonlocution, la précaution oratoire en fin politique, la langue de bois s’en craindre les échardes. Habile bonimenteur, il promet l’équipe de la décennie, elle sera peut-être celle de la décade, Hans. Quant au manager sportif lorsque le Pape pontifie, le Diouf palabre. Les joueurs, c’est le silence des agneaux. Les buteurs sont muets ; plus éloquents, les défenseurs se contentent des faits de manches, ils balbutient leur football. Hélas, seul le comptable qui établit les fiches de paye n’est pas ainsi, on aimerait l’entendre crier toutes les fins de mois en représailles : " Aphone la caisse ! " Car des cris il y en a chez les supporters, des interjections, des exclamations, des protestations, des tollés après une tôle, des haros sur le Bouchet, des taïaut ! , des hallalis dans cette enceinte, cette gare de criage, ce théâtre de la Criée. Ils réclament des aboyeurs sur le terrain comme relais de leurs revendications. Ils le font à cor et à CriCri mais ce ne sont pas ses oignons ! La seule chose qu’ils ne peuvent faire …c’est le crier sur les toits. Dans les forums aussi le thon monte avec la mer. Le forumiste s’exprime ouvertement : le Bœuf meugle, l’Éléphant barrit, le Pythéas tique, le Filtre bout, le Seb blatère et même une nuit ne sachant plus à quel sein se vouer Bazon cria : " Tu têtes ? " Seul Paddy reste coi. Prions pour que ce voyage au pays de Napoléon constitue un bon aparté, qu’enfin cessant de faire causette devant les Thénardiers, les agneaux musèlent leurs prédateurs. Qu’en souvenir de Marius l’Ajaccien, ils rentrent de cette île aux trésors avec un air conquérant, un air à vif, voire un air de Bœuf ! Une prise de parole au royaume du silence : " Allez l’OMerta ". Ne subsistera que ce papier bavard pour effacer les tâches. Réagir sur le forum |