La contine nous disait : Nous n’irons plus aubois. N’empêche ! Il s’en est passé des choses à Troyes, dans l’Aube. C’est en 1184 avant que Jésus ne crie, que la guerre s’y est déclarée. Pour une raison certes un peu stupide. Qui aurait cru que le vol de la recette de la poire belle-Hélène puisse infliger tant de meurtrissures ?
Heureusement qu’en ces temps de belligérance, quelques héros locaux purent, grâce à leur ingéniosité, trouver quelques habiles subterfuges pour que cesse la guerre. Ulysse, brillant jockey du cru, eut l’idée de construire une écurie de petits poneys. Mais, comme gromèle le paysan aubois avant de faire chabrot : « Petit poney deviendra grand chevall, s'il fait son travail, en somme... ». Donc bénis soient les chevaux de Troyes. Sans eux, il ne fait aucun doute qu'Ulysse se faisait tanner la peau du derche issa-fissa.
Autre fait marquant. C’est presque la seule ville de France ,avec Sète, à pouvoir se targuer d’avoir donné son nom à un chiffre. 3, quelle majestuosité dans ce chiffre ! Plus qu'un coeur mal dessiné. Une espèce de fessier ouvert attendant patiemment le rut. Quand on avale quelques kilomètres supplémentaires, on arrive à compter jusqu'à Sens, en direction du trou du cul du monde. Ce n'est pas un hasard.
Au rayon des anecdotes gastronomiques, nous passerons outre les poncifs qui veulent réduire cette modeste cité à peau d'andouillette. L'Aube, c'est aussi la naissance du premier oeuf comestible. Un poussin poussait fort pour rompre les parois de sa gangue étroite, dans le poulailler de Mathieu. Le bienveillant fermier n'ayant le coeur à manger l'oisillon, choisit d'attendre la prochaine fournée pour mettre au jour sa brillante trouvaille : ravir des oeufs, avant que mère poule ne veille sur oeuf et ainsi débarrasser cet acte de toute violence superflue. Mais dans le tracteur de Mathieu, la poule embarquée dans un tas de foin commençait à se trémousser du tafanàri. Et Mathieu fouette son poney pour qu'il presse le pas. Mathieux ne voulais pas d'une couvée apatride, batârdisée à cause d'un trop long parcours sur une nationale. Jamais d'oeufs sans Troyes, qu'il disait...
Et le football là dedans ? Rien. Jusqu’à ce que Mr De Fursac se penche sur le berceau d’un bambin en lui prononçant ces mots doubs : « tu Perrin pour attendre ». Et le représentant du costard trois pièces spécial pelouse, véritable Algoflash des prés carrés, a réussi à propulser les Troyens jusqu’à l’élite. L'andouillette coulissait donc bel et bien...
Jean-Marc fure-lent succède donc à Alain Perrin, qui embrassait trop vite. Sa mission, il l’a acceptée, sinon il ne serait pas entraineur de Troyes , il serait resté à Libourne, saint et serein. S'il a décidé de promouvoir le Baguépi , c'est pour mieux mener ses hommes à la baguette. Et sur la place, y'a du grain à moudre. Pas question faire un recrutement avec deux mies molles. Jouez Aubois, raisonnez buvette ! Il faut être digne de la passe d'armes et succéder sans honte aux valeureux Boutal et Djukic, qui ont satisfait jadis, les miches les plus exigeantes. Nos femmes, elles, restent sceptiques quant aux vertus de l'amour à Troyes. Alors on retourne aux Bois!
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