Carrasso : « Contre Toulouse il faudra montrer autre chose »
29-09-2006
Bonjour. Mauvaise soirée ?
Oui, mauvaise soirée, soirée qu’on n’aime pas vivre quand on est footballeur mais c’est arrivé. Voilà. C’est des matchs un peu bizarres pour un gardien de but. C’est des matchs où vraiment on subit. C’est assez particulier. C’est la première fois que ça m’arrive et c’est l’effet inverse de ce qu’on a vu contre la Corogne l’année dernière. Ca fait partie du jeu.
Comment expliquer la fébrilité défensive ? Pour moi c’est une fébrilité collective. Je pense qu’on a essayé d’être appliqué, mais que par moments. Après le deuxième but qu’on marque, je pense que le tournant c’est ce penalty. On a senti l’équipe de Marseille reculer d’un cran. A partir de ce moment là c’est devenu beaucoup, beaucoup plus difficile.
Tu ne vas pas aimer la question, les défenseurs centraux de l’OM ont failli hier ? Il ne faudra pas recruter un libéro ? Je ne peux pas moi parler de ça. Je joue tous les jours avec ces joueurs, je ne vais pas commencer à dire il faut telle ou telle personne. Sur le match d’hier on a perdu tous nos duels, on le voit sur les buts : c’est trois coups de têtes, trois centres. Il y a beaucoup de buts qui arrivent sur les centres et hier on a payé bien comme il le faut. C’est vrai plutôt que de parler de recrutement ou autre, moi je préfèrerais que tout le monde se ressaisisse et marche vers l’avant. Aujourd’hui ce n’est pas l’actualité. Il faut se battre avec les moyens qu’on a. Hier ça n’a pas été très, très joli, on sort par la petite porte, on est déçu ça c’est clair. Mais j’espère que tout le monde sera comme moi. En sortant de cette salle de presse, en rentrant à la maison, il faut oublier l’UEFA et se concentrer sur ce qui va se passer. Je pense qu’aujourd’hui on est deuxième du championnat et on ne peut pas laisser passer ça. Pour moi l’objectif il est dimanche. On a beau se poser 36 fois la question, pour l’instant on est hors de l’UEFA, c’est passé tout juste à chaque fois, et cette fois ce n’est pas passé.
Les seuls responsables ce sont les joueurs
Le manque d’humilité mis en avant par le président ? On ne peut rien reprocher au staff. Il a raison. Vous gagnez 1-0 à l’aller, vous menez deux fois au score, vous n’avez pas le droit de perdre. Tout le monde a le droit de réagir comme ça. Ils ont raison. Les seuls responsables ce sont les joueurs et ça va être à nous, comme à chaque fois, de réagir. On est dans un club où on ne peut pas se laisser aller. Réagir c’est ce qui a fait notre force chaque fois que l’OM a marché. Il faudra réagir dès dimanche, c’est ce qui est le plus important.
Ca met une pression particulière sur ce match contre Toulouse ? Moi je ne vois pas ça comme une pression. Par contre il faudra être concentré beaucoup plus que d’habitude. Aujourd’hui on n’a plus de coupe d’Europe. Il nous reste les coupes nationales et le championnat. On se met dans la tête qu’aujourd’hui on aura le temps de travailler, le temps de récupérer, il n’y aura pas de fatigue entre les matchs, c’est ça qui est important et contre Toulouse, même si on est fatigué, il va falloir courir sur la tête c’est pas un problème.
La jeunesse de l’équipe... C’est vrai que sur ce point là, on peut dire que le club est plus jeune par exemple que l’année dernière et au niveau européen on voit peut-être plus la différence. Dès fois la jeunesse est un peu arrogante et tout mais on a vu qu’elle était capable d’apporter énormément de choses depuis le début de ce championnat. En coupe d’Europe on a toujours été en difficulté. On n’a pas vécu un match tranquille cette année. Voilà, l’aventure est terminée. Par la suite, on verra si c’est un bien ou un mal d’avoir été éliminé.
Habib a mis le point sur le manque de caractère ? On ne peut avoir aucune excuse au niveau physique. On ne peut pas dire on était fatigué, on en a pris trois en une demie heure. Habib a raison. On n’a pas eu le caractère nécessaire. A Niepro c’est passé parce que le caractère était différent, à Berne on prend une barre à la dernière seconde, peut être parce qu’on le méritait et que l’état d’esprit était différent, peut-être qu’hier il n’y a pas eu cet orgueil et cette volonté de s’arracher sur les derniers ballons. C’est significatif. On prend un but à la dernière seconde, il y a trois joueurs seuls au milieu qui ont tout le loisir de faire ce qu’ils veulent. A partir de ce moment là, il faut se dire qu’on n’a pas mérité du tout de passer en coupe de l’UEFA.
On a parlé de suffisance... Je pense qu’il a tellement était dit que si on marquait un but ou que si on menait au score là bas, tout irait bien et que ça déroulerait. Peut-être que le fait de dire des choses comme ça, on se met tout seul dans une position de confort qui nous a été préjudiciable hier. C’est malheureux et c’est comme ça.
Dans le groupe ? C’est un peu ce qui se disait de partout. Pas que dans le vestiaire. Peut-être que le manque d’expérience à ce niveau fait que tout le monde a cru ça.
Toulouse ? C’est une très belle équipe qui fait un très bon début de championnat, elle aussi. Ils sont à 4 points derrière nous, on les reçoit au Vélodrome, l’important c’est qu’on les laisse derrière. On a rencontré cette équipe en amical, on a vu qu’elle avait de la qualité. Il faut que tout ça nous serve à franchir cet obstacle.
La défense De toute façon les chiffres parlent. On a fait six matchs en prenant 2 buts et là on en prend 6 en deux matchs. Donc il y a quelque chose qui ne va pas. C’est les mêmes joueurs qui ont fait ce début de championnat, personne n’a rien volé au niveau des points. Aujourd’hui on marque 3 buts, on en prend 6. Il y a quelque chose qui ne va pas mais c’est loin d’être un problème. Il ne faut pas oublier ce qui c’est passé, on a vécu une mauvaise semaine, mais c’est ça le football. Aujourd’hui le football il faut se remettre en question tous les trois jours ou toutes les semaines, il n’y a jamais de vérité de match, on en a eu la preuve. Il faut le prouver dimanche.
L’état d’esprit se forge sur le long terme mais on ne peut pas le perdre en deux jours
L’OM n’est plus un bloc ? Il ne faut pas dire c’est plus un bloc. C’est peut-être dû à ce bon début de saison, un peu la jeunesse, tout le monde qui croyait que ça irait facilement. On se relâche certains matchs et c’est ce qui a été peut-être amplifié par le fait de mener au score je ne sais pas. On a vu, l’année dernière déjà, que dans cette coupe d’UEFA il n’y a pas de petites équipes, surtout dans les pays de l’Est. Eux n’ont rien à perdre, ils se jettent dans la bataille et peut-être que hier on ne s’est pas assez jeté. Mais il ne faut pas non plus s'alarmer. Oui c’est un objectif du club qui n’a pas été atteint par les joueurs, mais l’autre objectif c’est le championnat. Aujourd’hui on a la chance d’être deuxième, je ne pense pas qu’on ait volé un point et ce match contre Toulouse avant une trêve est, pour moi, le plus important.
Il faut changer d’état d’esprit ? Je pense que ce n’est pas une question sur le long terme. Je pense que c’est simplement une préparation avant le match. L’état d’esprit se forge sur le long terme mais on ne peut pas le perdre en deux jours. Au fond de la tête tout le monde a envie de se racheter et de montrer autre chose.
La victoire lèverait les doutes ? En championnat on savait qu’on allait perdre un match à un moment donné. Ca a été à Nantes, ça fera peut-être du bien au groupe, ce qui est plus embêtant c’est la défaite d’hier soir. Pour ça, pour l’orgueil personnel, pour tout ce club à qui on doit beaucoup, dimanche contre Toulouse il faudra montrer autre chose surtout au niveau de l’état d’esprit. On n’est pas obligé de bien jouer, de faire du beau jeu et de faire plaisir à tout le monde. Par contre on doit gagner quitte à défendre pendant 95 minutes. Si on a une minute pour marquer un but et qu’on marque… le football c’est ça maintenant. Il n’y a pas de facilité. On n’a pas toujours bien joué. On a fait de très bons match à l’extérieur mais je me souviens d’un matchs contre Rennes ou on n’avait pas très bien joué mais ou on avait gagné. Il faut se reposer sur ces bases qu’on avait : d’abord défendre. On sait qu’à n’importe quel moment on peut marquer. On le sait. C’est comme ça que ça marche le football. C’est comme ça que nous on a envie de fonctionner. On va reprendre ça à zéro. Ce qui est passé est passé, il faut revenir sur le droit chemin.