Je ne peux pas dire grand chose dans la mesure où une décision a été rendue par le comité d’Ethique dont on connaît les conséquences en tout cas sur le plan mathématique pour nous. Nous n’avons pas reçu les attendus, les documents de ce comité pour les étudier de manière à pouvoir adopter une attitude qui puisse être cohérente.
Nous avons simplement enregistré les sanctions qui nous frappent évidemment avec l’idée arrêtée de devoir faire appel mais nous n’avons pas encore tous
les éléments qui puissent nous permettre d’aborder la question avec le
maximum d’objectivité.
Vous pensez récupérer ce point retiré ?
Si nous pensions quelque part que la sanction qui nous frappe relevait
de la logique, était normale, nous n’entreprendrions aucune autre
démarche. Notre sentiment très fortement ancré est que la sanction nous
paraît hors de propos, disproportionnée, c’est pourquoi nous allons
faire en sorte de récupérer le point.
Votre allié c’est le PSG ?
Dans cette affaire, je pense que chacun de son côté à ses arguments. Je
ne connais pas ceux du PSG. Ce que je sais c’est que nous nous en avons
et c’est cela que nous comptons faire valoir de manière à être attendu.
On ne recherche pas une alliance ni avec le PSG ni avec qui que ce soit
d’autre, la seule chose que nous souhaitons nous c’est un juste retour
des choses.
L’appel est suspensif ?
Je n’ai pas tous les attendus. Sur ce point-là, je ne peux pas être définitif dans ma réponse. Il faut voir.
C’était jugé d’avance ?
Chacun est libre de le penser. Quand la réunion s’est tenue avec les
membres du comité d’Ethique, il m’a semblé en tout cas, c’est que j’ai
ressenti très profondément à ce moment-là, c’est que, à leurs yeux, les
torts n’étaient pas de notre côté. On a entendu leurs questions, ils
ont aussi entendu nos réponses, les réponses des dirigeants du PSG, à
ce moment-là on pouvait légitimement penser que notre responsabilité
dans ce qui s’est passé, dans ce qu’on a appelé une pantalonnade, a été
très nettement amoindrie. Aussi nous avons été stupéfaits lorsque les
sanctions ont été connues. Avaient-elles étaient prises avant tout et
le fait de nous attendre ne participait que du cérémonial ? Il n’est
pas interdit de le penser.
Vous n’avez pas peur que ce Comité se borne et que la sanction soit maintenue ?
Que le Comité se borne à sa sanction est une chose, qu’il existe par
ailleurs des recours qui puissent nous permettre de nous faire entendre
et en définitive de nous donner raison, c’est une autre chose. Ce
comité a donné une sanction aujourd’hui, mais il y a d’autres instances
qui nous attendrons s’il y a besoin et nous irons jusqu’à la dernière
des instances pour nous faire entendre.
Jusqu’au CIO ?
S’il y a nécessité. Si le conseil fédéral de discipline attendait notre
appel dans un premier temps, il n’y aurait peut-être pas besoin d’aller
jusque-là. Mais il est évident que nous comptons épuiser tous les
recours qui pourraient être mis à notre disposition.
Rocheteau vous reproche de ne pas avoir respecté l’éthique ? Que n’avez-vous pas respecté ?
Je reste moi-même encore confondu par cette déclaration. En fait
d’éthique, j’attends qu’on me montre dans quel aspect nous aurions mis
un coup de canif dans cette éthique. Donc il faut attendre les attendus
qui seront peut-être beaucoup plus explicites. Je préfère attendre
d’avoir tous les éléments avant de répondre à cette question. Ça serait
spéculer. Mais c’est vrai que cette déclaration peut paraître
surprenante.
Les sanctions qui vous frappent ?
Je n’en connais pas les modalités exactes, mais je pense que ce n’est pas la sanction la plus préoccupante aujourd’hui.
Vous n’êtes pas interdit de gérer ?
C’est ce qui me semble oui. Je pourrais aussi assister aux matchs.
Peut-être que je n’irai pas saluer les arbitres et leur souhaiter la
bienvenue au stade, comme je le fais habituellement. Je ne pourrais pas
avant le match bavarder avec certains journalistes puisque je serai
interdit de terrain, ou de banc mais, pour le reste, la vie continue.
On va consulter nos spécialistes en droit du sport et en droit tout
court et ce sont eux qui détermineront la démarche à entreprendre. On
le fera, mais rien n’est exclu.
Tu as vu ce coup venir ?
On peut penser à tout et à son contraire. À mon sens évidemment je
savais que le comité ne ferait pas que gesticuler, mais je ne pensais
pas non plus que les sanctions prendraient cette forme-là.
Ça vous donne des regrets ?
Aucun regret. Si on doit agir en tant que responsable pour avoir des
regrets les jours d’après, je pense qu’on se montre inférieur à ses
attributions.
La responsabilité éventuelle de Thiriez a été évoquée ?
Autant que je me souvienne non. Il y avait là deux coupables entre
guillemets, le PSG et l’OM. Si je n’ai pas manqué d’attention, la ligue
n’a pas été mise en question.
Vous avez parlé avec le PSG des accords à prendre ?
On serait allé vite. Non c’est la troisième partie de la sanction qui
apparaît aux yeux de ces Messieurs du Comité d’Ethique comme la
sanction la plus importante à leurs yeux, nous n’en connaissons pas le
contenu exactement, sinon l’énoncé, il me paraît sage d’attendre de
savoir ce que voudrait dire cette sorte de convention qui devrait être
signée entre les deux parties. Cela peut aussi laisser perplexe dans un
premier temps dans la mesure où il y a aussi des règlements généraux et
je vois très difficilement comment on peut dans un même mouvement
devoir respecter les mouvements généraux et dans un autre faire du un
contre un avec le PSG. Ça me paraît un peu surréaliste, mais je n’ai
pas tous les éléments pour donner une appréciation objective. Mais ça
laisse la porte ouverte à toute sorte d’interprétation. Il y a une
forme d’étonnement qu’on peut avoir mais soyons patients le temps
d’étudier tout ça en profondeur.
Le championnat risque de s’achever sans qu’on sache combien de points auront l’OM et le PSG ?
Nous on défendra nos intérêts jusqu’à la pointe du jour. Après chacun
prendra ses responsabilités. Les organisateurs du championnat ont
pensé, je pense à cette éventualité, donc il leur revient à envisager
la suite des évènements.
Cette
sanction pourrait permettre d’atténuer les différents entre l’OM et le
PSG. Si ça n’avait pas été l’OM et le PSG les sanctions auraient-elles
été aussi lourdes ? Très sincèrement moi je pense de toute
façon que l’atmosphère général qui préside à ces rencontres PSG OM OM
PSG n’étaient pas très saine. Je ne connais pas une personne passionnée
de football qui puisse se réjouir de ces confrontations avant
lesquelles, au cours desquelles, après lesquelles, il y a toujours
matière à parler ou à palabrer. Il faut à un moment donné avoir le
courage de chercher des solutions pour essayer d’assainir tout ce qui
se passe autour de ces rencontres. Loin de moi l’idée de mettre en
avant la sanction pour dire ce que j’ai dit. Je répète une conviction
chevillée en moi, on ne peut pas décemment pour les joueurs, les
amoureux du football, le public, continuer à alimenter une espèce de
haine qui gouvernerait les relations entre les deux clubs ; Il ne me
paraît pas sain de continuer sur cette lancée-là. Ce sont les
circonstances qui me font dire ça aujourd’hui mais pas les sanctions.
Le moral de l’équipe est touché ?
Je ne pense pas qu’il y ait matière à s’inquiéter. À Marseille de toute
façon ce qui est le mal, c’est le bien. On a l’habitude des pataquès.
Les joueurs sont habitués à ça et ça peut constituer une sorte de
doping.
Vous avez parlé aux joueurs ?
Même en tenant compte mathématiquement du point qui nous manque
aujourd’hui, il y a toujours matière à faire quelque chose. José Anigo
a rencontré les joueurs ce matin. Il leur a demandé que la direction et
les supporters attendaient qu’ils continuent sur la lancé qui est la
leur, la victoire acquise à Nantes. Ils se sont pris au jeu de la
dernière ligne droite. On a la capacité de terminer la saison en
beauté. Il y a la coupe de France, ces différents matchs en championnat
qui peuvent nous amener à accrocher qui sait une place Européenne, même
si initialement l’objectif n’était pas d’accrocher cette place-là. On
avait souhaité reconstruire avant de stabiliser la saison prochaine
vers le haut du classement, je pense que cette énième péripétie n’est
pas faite pour déconcentrer ou démotiver les joueurs.
Encore une année agitée pour la fonction du Président de l’OM ?
Nous sommes dans le droit-fil de la vie Olympienne ; Il faut savoir
intégrer ces éléments-là dans la vie du club. C’est peut-être ce qui
nourri son aura. Je retiens qu’où que j’aille avec l’équipe, neuf fois
sur dix nous battons les records d’affluence. Ces matchs sont les plus
prisés des téléspectateurs.
Canal plus a eu un poids dans cette décision ?
Je ne peux pas répondre à ça. Les dirigeants de canal m’avaient très
clairement laissés entendre qu’ils n’avaient rien contre nous. Canal
semblait plus en vouloir à la Ligue.
Le fait que Canal s’éloigne du PSG est une bonne chose ?
Il revient aux dirigeants du PSG de répondre.
Le club a été sanctionné par le spectacle offert ou par le fait de ne pas envoyer ses joueurs et ses supporters à Paris ?
Je n’ai pas eu de pensée particulière. Je ne m’attendais pas à cette sanction. Il faut connaître les motivations. J’attends.
La Ligue qui modifie le règlement avant la réunion de cette commission ?
Ca montre que pour le moins il y a eu un vide sur lequel on a pu
s’appuyer pour légitimer la position qui était la nôtre. Après si on
veut approfondir le problème c’est une manière de reconnaître que les
torts n’étaient pas du côté Olympien.
Lorsqu’on a pris la décision nous savions que nous nous exposions à une
défaite lourde, magistrale. Ce jour-là les aléas du sportif ne nous ont
pas été défavorables, on ne peut pas nous accuser d’avoir faussé le
championnat. Si on avait perdu les gens auraient fait semblant à ce
moment-là d’oublier que nous avions tout à fait prévu ce risque-là et
que cela ne nous aurait pas empêché d’adopter la position de principe
que nous avions adoptée. Simplement il y aurait eu ici ou là des éclats
de rire, probablement aussi d’autres formes de critiques mais c’était
le prix que nous étions prêt à payer. Le score du match reste pour moi
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