Le monstroplantureux Nigérian est un cas à part dans le monde du football. Recruté sur cassette-vidéo, il n'a pas achevé son cursus de formation aux Lobi Stars. Ce qui permettait à l'OM de le recruter pour une Bouchet de pain, l'OM misant sur un potentiel athlétique à faire pâlir d'envie Marion Jones, et qui ne demande qu'à s'épanouir avec l'accumulation des matchs. Les rencontres, justement, il les a accumulées plus souvent qu'à son tour la saison dernière, qu'il avait terminée sur de néanmoins solides rotules. Au point de promettre le jeune Alain Cantareil, formé à l'OM, au banc de touche. Il a aussi accumulé les boulettes défensives, faute à un sens plus que limité du placement. Mais s'il est fréquemment - de moins en moins - surpris par les ballons qui partent dans son dos, il se rattrappe par de fulguro-pions et des buts décisifs. Ce qui pour un latéral gauche, n'est pas si courant... Si Taye Taïwo cadrait ne serait-ce que 50% de ses tirs, il trônerait loin devant Pauletta au classement des buteurs. Souvent raillé pour l'imprécision de ses mines, il semble corriger le tir cette saison. Mais c'est au prix de quelques drames. Une rumeur ramenée au niveau de la légende urbaine lui prête un total de huit homicides involontaires. Huit abonnés en virages et plus d'une trentaine de gabians seraient décédés des suites de ses tentatives infructueuses. Taye Taïwo ne laisse personne indifférent. Doté d'une personnalité attachante, il se sent bien à Marseille et évolue comme un poisson dans l'eau salée des vestiaires olympiens. Certains ne jurent que par lui. D'autres le cantonnent à une promesse qui ne sera jamais tenue. (Le syndrôme Yobo n'y est pas étranger). Tête de Turc désignée des supporteurs les plus impatients, le protégé de José Anigo et Pape Diouf a failli quitter le navire olympien à l'intersaison. Valence lui a fait du pied. L'OM, à deux doigts de perdre Ribéry, a voulu contenir l'hémorragie en lui offrant une prolongation de contrat mirrobolante. Et une promesse de transfert ?