En ces temps de crise du pouvoir d’achat il est souvent difficile pour le quidam de boucler ses fins de mois. Lorsqu’on s’appelle l’OM la crise économique se fait également ressentir, pour peu qu’avec son cabas on parcourt le marché à la recherche d’un pendant à son Cissé, la vue du prix du kilo de Fred vous passe l’envie de vous payer des cerises. En bon Président, le Pape a donc décidé de prendre des mesures radicales. A l’instar de tout salarié moyen qui gère sa petite "entreprise" familiale et qui en a marre de passer ses vacances à La Bourboule et ne jure que par le soleil des tropiques, un régime sec s’impose. Trêve de faste, suppression du superflu, retour à l’essentiel afin de s’offrir l’objet de ses désirs, un grand attaquant. Première mesure concrète : Marseille se rendra à Nancy en bus.
----Voilà donc le groupe des 18 joueurs rassemblé sur le parking de La Commanderie et prêt à embarquer. La surprise passée, l’hypothèse d’une blague du belge écartée, chacun se résignait à avaler les quelques 700 km qui séparent Marseille de Nancy dans un superbe autobus négocié au black par le Pape grâce à son cousin qui bosse chez Cartreize. Fidèle à sa réputation d’éternel satisfait, Bonnart eut cette réflexion emplie de sagesse : « On ira moins vite qu’avec ma 307 mais les fauteuils sont certainement plus confortables ». Ce à quoi Oruma répondit : « Mouais bof, on est quand même mieux sur les nouveaux Recaro du Vél’ ». Et José d’enchaîner : « Quand on sert qu’à couper les oranges et qu’on n’est pas foutu d’être sélectionné pour la CAN on évite de la ramener, encore une réflexion et on te lâche à Dijon ».
----Soucieux de se rendre utile, Bébert s’était proposé comme chauffeur. « J’ai déja conduit le J9 à Henry pour faire les foins, et un bus c’est pas plus compliqué, ça reste un volant et quatre roues» qu’il disait. Soucieux d’économiser le prix du chauffeur, le Pape avait acquiescé. C’est alors que Gerets poussa sa première gueulante du matin après avoir flanqué un grand coup de savate à Cissé qui s’apprêtait à monter. « Espèce de résidu d’œuf clair ! Branleur de chien mort !» éructa le belge. « Combien de fois je vous ai dit que l’entraîneur passe en premier !? Et je veux tous vous voir en rang par deux avant de grimper !». Il lâche rien le lion de Rekkem… Le coach s’installa donc devant, le petit Valbuena, jouant des coudes, était le premier à s’engouffrer derrière lui et vint s’installer à ses côtés, sa gourde de Sirop Sport dans la main droite, son Okapi sur les genoux. Chacun trouvait sa place et les binômes se formaient. Seul le Pape alla directement squatter la largeur des cinq sièges arrières afin de terminer sa nuit. Economiser certes, mais sûrement pas son temps de sommeil. Le moteur diesel se mit en branle et tout ce petit monde s’engageait rapidement sur l’Autoroute du soleil, direction La Meurthe-et-Moselle.
----A peine parti Samir se plaignit assez rapidement de hauts le coeur, il réclama expressément la place de Cissé, juste derrière le chauffeur, parce que c’est son meilleur poste, parce qu’on voit mieux la route et parce que d’abord c’est lui « les bijoux de famille » qu’il a dit le Pape, et que si on veut pas lui donner y part au Real avant la fin du mercato. Djibril en bon camarade ne fit pas d’esclandre. Tous vaquaient à leurs occupations. Dans le fond les plus anciens jouaient aux cartes, José se montrait fin tacticien, comme quoi tout arrive. Les autres, plus ou moins jeunes, s’affrontaient sur leurs PSP, Akalé signant un doublé, comme quoi grâce à Konami tout est possible. Cana et Cheyrou, les faux jumeaux mais vrais gosses beaux discutaient chiffons, baume après rasage et eaux de toilette. Boudewijn, seul à parler espagnol et officiellement traducteur le plus cher de la L1, s’était placé aux côtés de Krupoviesa. Tentant de lui expliquer tous les bénéfices des nouveaux produits Norwich Union : « moins risqués qu’un PEA et plus attractifs qu’un PER », tout un programme. L’argentin semblait contrarié. Visiblement encore agacé par le déroulement de sa première prestation la semaine précédente. D’après José, plus que l’expulsion c’est son tacle raté qu’il n’a pas digéré. En Argentine, Pagis ne se serait jamais relevé…
----Remontant toujours l’A7, au passage de Vienne Rodriguez demanda ce qu’on foutait en Autriche. Bébert choisit ce moment pour marquer la pause. Malgré la fraîcheur encore toute hivernale le Pape ordonna qu’on dresse les nappes et que ce midi ça serait sandwiches et Cola pour tous. Y’a pas de petites économies, surtout quand on n’a pas les moyens de se payer German Denis. En bon soldat, Bonnart était prêt à faire l’impasse sur le repas. Valbuena se proposait d’offrir sa canette à Gerets qui refusa, non sans l’envoyer aussitôt chercher de l’eau, au trop. Le repas frugal était vite expédié. Grenelle Givet se chargeait de trier les déchets avant d’aller les jeter et tout ce beau monde remontait à bord pour la fin du trajet. José recompta ses ouailles et on s’aperçu que Ziani était resté sur le parking de La Commanderie. « Ma foi tant pis » qu'il dit. Bébert, lui, trouvait que ça roulait pas mal pour un mardi, et qu’à cette allure on prendrait sûrement l’apéro sur Nancy. Réagir sur le forum.
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